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Mars 2013

3 IAC plus tard…  J’ignore pourquoi, mais je sentais bien que les IAC ne serviraient à rien !! Défaitiste, comme façon de voir les choses, hein ? A vrai dire, dans notre cas, ça aura été réaliste !! Alors après, peut-être que la populasse a raison : c’est dans la tête … Et si j’y avais cru, est-ce que je tiendrais déjà notre petit bout dans mes bras, en train de l’admirer dans son sommeil et de rire au moindre gazouillis ? Est-ce de ma faute tout ça ?

Quoiqu’il en soit, connaissant les probabilités d’obtenir une grossesse via cette technique (15% : on se foutrait pas un peu de notre gueule ??? 25% dans la population fertile à chaque cycle, et 15% pour nous, pauvres infertiles, alors qu’on met quand même le bordel là où il faut et qu’il n’y a même pas besoin de trouver le chemin ?!), à la 3ème IAC, je prends mon courage à deux mains pour demander à Dr X quelle serait la suite des festivités. Il me répond que nous pouvons envisager la FIV, même s’il nous reste encore 3 tentatives d’IAC, qu’on peut garder sous le coude en cas d’échec des FIV.

Est-ce par inconscience ou méga conscience du caractère ultra médicalisé de la FIV que je me sens super rassurée ? Pas une once de stress, d’angoisse, de deuil du bébé couette ou autre… Non, je suis intimement persuadée que FIV 1 va marcher et cet immense bonheur élude tout le reste.

Naïve ? Peut-être… Mais bon, il paraît que c’est dans la tête… Donc si ma tête me dit que cette fois sera la bonne, ça sera forcément la bonne, non ?

Et puis, mes merveilleuses nièces sont nées à FIV1 !!! Et la fille de Mme Bidouille aussi… Donc FIV1, sachant que je n’ai QUE des opk, ce n’est forcément qu’une formalité. Finger in the nose !! Des petites piquouses dans le bide ; des petits contrôles endo vaginaux par ci, par là ; un petit tripotage en salle de prélèvement ; des prises de sang ; une anesthésie générale ; plein d’ovocytes forcément tip top ; des fécondations en veux-tu, en voilà ; des embryons de compétition ; un transfert de 2 magnifiques blastos…….. et le tour sera joué !!! Quoi de plus simple ? Et puis c’est bien connu, ma vie n’a été qu’un long fleuve tranquille depuis que j’ai expulsé mon 1er souffle…  (LOL)

(J’ignore si je suis dans le déni de ce qui s’est passé quand je vois tous ces témoignages sur la blogosphère… Parfois, je me fais peur… C’est comme si tout ce qui suit n’avait jamais eu lieu et c’est presque irréel.)

Donc rdv est pris pour FIV1. La ponction a lieu le samedi 16 mars 2013. Si j’étais un produit de grande surface, on pourrait lire, sur mon emballage, mes différents composants : Gonal, Luvéris, Cétrotide, acide folique, vitamine E, Ovitrelle… Le poulet aux hormones n’a qu’à aller se rhabiller, je vous le dis !!! A côté de moi, c’est de la gnognotte !!

Ayant particulièrement bien réagi à la stimulation, j’ai la chance d’avoir 16 ovocytes ponctionnés. Les conditions sont décidément réunies pour obtenir ENFIN nos 2 barres rosées sur ce qui sera pour sûr notre dernier test de grossesse acheté avant longtemps !!

A vrai dire, tout ne s’est pas passé tout à fait comme prévu, mais vous vous en doutez…

Alors que chéri et moi nous attendons à un transfert de blastocytes autour du 21 mars, c’est avec stupeur que le lundi 18 mars nous accueillons l’appel du biologiste. Le verdict tombe, comme un couperet : sur 16 ovocytes ponctionnés, seulement 8 ont commencé à se développer, mais pas de façon optimale… Décision est prise de transférer deux J2 de moyenne qualité, pour ne pas prendre le risque de tout perdre. Je crois que c’est sans doute une des étapes de cette FIV qui aura été la plus douloureuse. Je crois que cet appel a fait s’envoler en éclat toutes mes illusions, mes espoirs, mon optimisme, pour laisser place à l’angoisse, à la peur et au doute…

Mes 2 embryons de moyenne qualité sont fragmentés et on ignore si nous pouvons espérer un TEC, car tous les autres sont « en retard » (dixit le biolo). Bel uppercut !!! Outch… Je suis ko et j’essaye de me reprendre pour rester dans les meilleures conditions possibles pour accueillir ces deux poussières de vie dans mon utérus.

S’ensuit l’attente… L’angoisse… Les questions… Les symptômes qu’on croit déceler… L’angoisse (ah non, ça je l’ai déjà dit !)… Et ce temps, comme suspendu…

Le 30 mars 2013 arrive enfin !!! Et c’est à l’ouverture du laboratoire que je me présente à peine présentable, pour faire cette prise de sang tant attendue. Les résultats seront visibles sur internet. Bon c’est cool !! Si je dois m’effondrer, je le ferai dignement du coup, et pas devant les deux grognasses jeunes filles de l’accueil.

Quelques heures plus tard (les plus longues !!!), j’ouvre le fichier pdf frénétiquement, avec un mélange d’espoir et d’inquiétude. Et si j’étais enceinte ???? A cet instant, avant de lire le résultat, tout est encore possible… On sait qu’en lisant ce maudit taux BHCG, notre vie va être transformée d’une façon ou d’une autre. Soit on sera au comble du bonheur, soit on saura intimement qu’on risque de devenir une vieille pute aigrie…

Mais la vie n’est pas si simple (cette pute !) Il parait que j’ai une vision binaire des choses de la vie (dixit mon psy) : noires ou blanches, gaies ou tristes, tout ou rien. Et bien non, ma pauvre dame !!! Le gris, ça existe bel et bien !!! Et c’est un beau gris anthracite que j’ai découvert en ouvrant ce putain de fichier pdf !!! Taux :14UI………………………………………

Euh… Comment dire ? L’hystérique que je suis s’empresse de décortiquer tous les forums qui regorgent de témoignages pour savoir si ce taux, qu’elle sait désespérément bas, peut avoir une chance d’évoluer positivement.

Sauf qu’entendons-nous bien : je n’y ai jamais vraiment cru… D’ailleurs, je me souviens avoir appelé le biolo pour savoir si j’avais une chance de voir ce taux évoluer. Il m’a dit : « Ecouter, Mme Julys, pour nous, vous êtes bien enceinte !! » (Alors que ce connard devait bien se douter que ça puait la connerie ce taux de merde…)

Mais putain, qu’est-ce qu’on a espéré avec chéri… Je me souviens avec émotion des moments où, le soir, couchés dans notre lit conjugal, on posait nos mains entrelacées sur mon ventre, en demandant à ce ou ces embryon(s) de s’accrocher…

J’ai tellement espéré mais j’y ai si peu cru… C’est dans la tête ? Ah ben c’est forcément que j’aurais dû y croire… Ceci explique cela…

C’est donc pour ça que, après des prises de sang de contrôle toutes les 48h, le 16 avril, d’un commun accord avec Dr X, nous décidions de tout stopper ? C’est parce que je n’y ai pas assez cru bordel !! Je précise que mon taux évoluait, mais trop lentement. A l’écho, on n’a jamais rien vu, ni dans l’utérus, ni même ailleurs. Des fois, je me dis que, comme ma chienne Mirka quand j’étais enfant, j’ai peut-être bien été fichue de faire une grossesse nerveuse ???

Non, d’après Dr X, je me suis fendue d’une grossesse extra utérine !! Ah ben voyons !! Nous sommes 4% d’infertiles à obtenir cette petite particularité suite à une FIV (VS 1% dans la population fertile) et vu que j’aime l’originalité, ben j’ai sauté sur l’occasion !!

Le 16 avril, donc (soit 1 mois jour pour jour après la ponction), une injection de methotrexate mettait fin définitivement à nos espoirs…

C’est marrant mais j’en parle souvent avec beaucoup de détachement mais quand j’écris ces mots, j’ai toutes les émotions qui refont surface.

Je me souviens comme d’hier de l’infirmière qui ignore pourquoi elle vient cette fois. Quand elle me dit : « On continue alors ? », je me revois m’effondrer comme une petite fille sans réussir à lui expliquer l’inexplicable… Et je la revois, me serrant dans les bras les larmes aux yeux… Ah ben ayé, pour le coup, les larmes sont dans mes yeux maintenant !! C’est malin…

Bref, c’était FIV 1…

 

 

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