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Aujourd’hui, je me sens bien pitoyable… Bon, il faut bien l’admettre, je n’ai jamais, d’aussi loin que je me souvienne, débordée d’une confiance absolue en moi. Mais la pma et son cortège d’échecs à répétition n’ont fait que voir mon estime de moi-même chuter au fil des mois, au gré des désillusions.

Dans la vie, on a deux types de pensée qui se bousculent souvent dans notre esprit. Ce qu’on ressent inconsciemment, au plus profond de notre être, et ce dont on se persuade consciemment, comme pour ne pas sombrer dans la partie obscure de nos états d’âme.

Depuis que le diagnostic d’OPK a été posé, j’ai toujours tenté de relativiser les évènements, de rationnaliser ma pensée, en me persuadant que je ne suis pas responsable, que c’est la nature qui est en cause. Voilà pour le côté conscient.

Alors qu’est-ce que me dit mon inconscient quand il se réveille ponctuellement (bizarrement, celui-ci a tendance à se rappeler à mon bon souvenir à chaque fin de cycle, juste avant J1…)? Ben il me dit que je ne suis pas fichue de donner un enfant à mon chéri et que décidément, cet homme si prévenant, beau généreux, beau, patient, valorisant, beau, dévoué que beaucoup m’envient, serait bien plus heureux avec une femme plus belle, plus intelligente et surtout………. plus fertile !!!

Et comme je ne sais pas taire ce que je ressens, ben je lui ai dis !! Et il m’a répondu cette si jolie phrase: « Je préfère passer ma vie à tes côtés sans enfant, plutôt qu’avec des enfants sans toi… »

En tout cas, je vous rassure, j’arrive assez rapidement (vers J3…) à chasser ces vilaines pensées et à reprendre le chemin de la rationnalisation.

Sauf qu’aujourd’hui, je me sens vraiment en-dessous de tout (début des spottings hier: vous croyez qu’il y a un lien?)… Chéri vient d’avoir ses 35 printemps. Comme chaque année, on projetait de ne pas le célébrer et comme chaque année, on a cédé à la pression des amis qui trouvent que, quelque soit l’âge, un anniversaire, ça se fête !!

Sauf qu’on ne sait pas faire les choses à moitié… On aurait pu le fêter en petit comité, autour d’un bon repas confectionné avec amour par mes soins, mais au lieu de ça, c’est une vingtaine de personnes qui débarquent dans quelques heures pour honorer mon homme…

Je devrais m’en réjouir !! C’est son anniversaire, je l’aime, je ne souhaite que son bonheur… Mais non seulement je ne me réjouis pas, mais en plus, je l’exprime !!

Au réveil, ce matin, j’ai dit à chéri que je n’étais vraiment pas motivée… Ce n’est pas que je refuse l’idée de fêter son anniversaire, mais je n’ai aucune motivation, ni pour cuisiner pour un régiment, ni pour faire la bringue, ni pour voir du monde.

Comment aurait été mon week-end idéal? Tranquille et serein… On aurait loué une petite chambre d’hôte dans les hauts, pour retrouver fraîcheur et quiétude… On aurait parlé des heures, lovés au creux du lit, en s’octroyant un dîner gargantuesque tout en savourant un bon verre une bonne bouteille de vin (un grand cru de Bourgogne, tant qu’à faire!). On aurait probablement, au réveil, choisi d’aller se balader dans la nature, et pourquoi pas aller enfin contempler le volcan, au lever du soleil (depuis le temps qu’on en parle!)…

Mais, en lieu et place du week-end romantique, nous voila partis pour une grosse soirée beuverie. Ca en jette moins, non?

Je suis tellement épuisée, lessivée, exténuée… Les insomnies accompagnent mes nuits depuis des mois et ne me quittent plus… Ces réveils nocturnes laissent place à la cogitation. Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé le bouton « pause » pour faire taire cette hyperactivation cérébrale.

Alors chaque matin, bon pied, bon œil, je me lève tel un zombie pour aller à l’école. Parfois, au réveil, je dis à chéri, sur un ton plaintif: « J’ai pas envie d’aller à l’école! », tel un enfant qui fait un caprice. Mais aller à l’école, pourtant, ça me fait du bien !! Au moins, au contact de mes petits loups, le temps défile et je ne pense à rien d’autre.

Ce sont des enfants adorables, tous plus mignons les uns que les autres, jamais avares de compliment (du style: « Maîtresse? T’es beeeelllle!! »). Certains, plus réservés, ont le compliment discret et se confient à leur parent: « Maîtresse, elle est toujours gentille! »

Paradoxalement, pourtant, je m’épuise à leur contact. Ils débordent d’une énergie que je n’ai pas et sont extrêmement bruyants. Or, ma tolérance au bruit, ces derniers mois, est particulièrement limitée. Mais ce qui m’épuise le plus, et je l’ai déjà exprimé, c’est l’incompétence de certains parents… Hier, il a fallu attendre vingt minutes que le « grand » frère de Kellian vienne le chercher… Quand j’ai contacté la mère génitrice, elle m’a répondu qu’elle arrivait: tu parles !!!!!

Donc ben voila, du coup, je suis à bout de souffle et je m’apprête à passer une épuisante merveilleuse soirée dans laquelle on va célébrer la venue au monde de mon namoureux, sans aucun entrain.

Quelle égoïste !!

 

 

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