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Suite au premier entretien pour l’adoption, avec Mme Bienveillance, chéri et moi avons été confortés dans notre souhait de devenir parents adoptifs. Nous avons donc poursuivi cette nouvelle aventure en rencontrant la psychologue en charge de notre dossier fin novembre.

Cet entretien a été particulièrement surprenant. Alors que nous pensions être accueillis en couple, puisque notre projet est bien un projet à deux, la psychologue, Mme Douceur, a souhaité nous recevoir, dans un premier temps, chacun séparément. Je me souviens avoir eu l’impression qu’on m’arrachait une partie de moi-même à ce moment-là, comme si chéri était d’une certaine façon exclu du projet. Et puis quelle angoisse !!! Me retrouver seule, confrontée à la psy, qui sans doute analyserait la moindre chose que je dirais, sans le soutien indispensable de mon amour… Parce que oui, sa présence est indispensable dans ce processus. Souvent, nous nous soutenons en serrant si fort nos mains, comme pour se donner du courage. Et cette main caressant délicatement et amoureusement le dos crispé par une question un tantinet bouleversante, quoi de plus rassurant?

Finalement, avec le recul, je comprends qu’elle ait eu besoin de nous recevoir séparément. C’était sans doute pour vérifier qu’à titre individuel, chacun était vraiment impliqué dans ce projet et qu’on était suffisamment cohérent dans notre vision de l’adoption. J’aurais simplement apprécié qu’on soit prévenu…

Elle m’a donc reçu d’abord. Que le temps a dû paraître long pour chéri !!! L’entretien s’est plutôt bien déroulé. J’étais à l’aise et surtout confiante. J’ai dû une fois de plus me raconter. Evoquer la genèse de mon désir d’adopter, puis mon enfance, mon éducation, mes joies et mes tourments… Bien évidemment, la psy a cherché à connaitre mes origines et donc qui étaient mes parents. J’ai donc raconté mon père, puis ma mère. Quand j’ai dû évoquer les causes de son décès, encore une fois, une angoisse s’est emparée de moi. J’ai tellement peur que la commission nous juge sur mon passé !! Après tout, un enfant adopté se trimballe souvent avec une valise assez lourde. Est-ce que le fait de devoir charger encore plus la valise de notre futur enfant avec mon histoire personnelle ne peut pas être rédhibitoire?

Sa réaction m’a beaucoup touchée. Elle s’est montré empathique, sans jamais être dans le jugement. Elle s’est contenté de me dire: « Ca a dû être une période très difficile pour vous… ». J’ai acquiescé, en disant qu’elle m’avait aussi rendue plus forte : fin de cette discussion. OUF

Puis le sujet de la PMA est venu sur le tapis. Je m’y attendais: c’est incontournable. Alors j’ai répété qu’après des mois d’essais infructueux, d’espoirs et de désespoirs, nous n’étions plus prêts à mener ce combat si douloureux. Que depuis que nous avions commencé les démarches pour l’adoption, notre volonté d’adopter n’avait fait que se renforcer. Entendons-nous bien: certains pourraient penser que ce mensonge n’est pas du tout raisonnable, mais à mes yeux, ce n’est pas vraiment un mensonge… J’aime chéri, je veux fonder une famille avec lui. Nous avons traversé des épreuves que je ne souhaite pas à mon pire ennemi. J’ai toujours voulu adopter et j’ignore jusqu’où j’irai dans ce parcours pmesque. Quelles sont nos limites? Chaque échec nous a davantage « abîmé » et ce n’est pas impossible, en cas de nouvel échec à fiv 3, qu’on baisse les bras et qu’on abandonne cette voie-là… Donc j’estime que je n’ai pas menti. Car oui, nous allons tenté une 3ème fiv, mais au jour d’aujourd’hui, aucun de nous ne peut jurer qu’il y en aura une 4ème voire une 5ème… Et l’horloge tourne, marde !!!

Mme Douceur a ensuite accueilli chéri, le temps pour moi d’aller m’en griller une (j’ai arrêté depuis 1 semaine aujourd’hui !!! yeaaaaah). Ce qui a été rassurant, lors de notre debriefing gourmand (cf petit rituel post entretien), c’est qu’on a tenu exactement le même discours (par rapport à l’adoption, à la pma…) et qu’on s’est montré on ne peut plus cohérent, sans même avoir eu l’occasion de se concerter avant !!

Finalement, on a enfin été réuni pour parler plus en détail de notre histoire, nos familles, notre projet. Certaines questions ont alors été soulevées:
– Comment réagiriez-vous si votre enfant, en pleine crise d’ado, vous dit: « De toute façon t’es pas ma mère/mon père !!! »
– Comment réagissent vos familles par rapport à ce projet?
– Est-ce que le fait que votre enfant ait une couleur de peau différente de la vôtre peut être un problème pour vous, pour vos familles?
– Pensez-vous conserver le prénom d’origine de votre enfant?
– Etes-vous prêt à faire le deuil du nourrisson?

Bref, autant de questions auxquelles nous n’avions pas forcément toujours pensé, mais pour lesquelles nous avons donné un avis.

En conclusion, Mme Douceur nous a dit que le plus important pour la commission, c’était de confier un enfant dans un foyer sécurisant et communicatif et que d’après elle, on réunissait tous les critères…

Bref, c’était la première rencontre avec Mme Douceur. On la revoit fin janvier pour la suite…

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