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C’est un sourire niais collé sur ma face que je vous écris ces quelques mots: je vais être maman !!! (un jour…)

Hier avait lieu notre 3ème entretien avec Mme Bienveillante. Nous l’avions rencontré une deuxième fois, chez nous, début décembre. Nous avions préparé sa visite en prenant soin de tout bien ranger, de faire un grand ménage de printemps. Chéri avait même pris le temps de tondre !! Quand elle était arrivée, elle avait commencé par faire le tour du propriétaire locataire rapidement puis nous avions commencé l’entretien.

Nous n’avions aucune crainte concernant le jugement qu’elle pourrait porter sur notre intérieur, parce que cet intérieur nous ressemble et qu’on s’y sent bien. Il n’est d’ailleurs pas rare que nos visiteurs nous complimentent. Et en effet, face à sa non réaction, nous avons compris qu’elle ne portait pas un regard négatif a priori.

Ce jour-là, l’entretien avait surtout pour but de dresser le profil de notre futur enfant. A ce stade, on se questionnait encore beaucoup… Au détour de notre échange, nous avions finalement opté pour un enfant de 0 à 4 ans, éventuellement une fratrie, ethnie indifférente, santé à déterminer.

Elle nous a expliqué qu’une fratrie, ça n’était pas toujours très simple à gérer, parce que parfois, l’aîné joue un rôle de protecteur avec l’enfant, ce qui complique un peu les relations familiales… Elle nous a proposé, éventuellement, d’inscrire sur notre projet: « fratrie si jumeaux ». Concernant l’âge, nous savions que nous aurions plus de chance en élargissant notre préférence à 4 ans, même si on savait que chez l’enfant, tout ce qui fera sa personnalité d’adulte se joue souvent avant 3 ans… Nous étions éventuellement prêt à accueillir un enfant malade, si sa maladie n’avait pas de conséquence à long terme sur sa vie future.

A la fin de cet entretien, Mme Bienveillante nous a distribué 2 questionnaires identiques, à remplir par chéri et moi séparément, afin de savoir comment nous nous positionnions chacun vis-à-vis des maladies possibles de notre futur enfant. Il fallait ensuite mettre nos réponses en commun et discuter. Dès qu’elle est partie, nous avons rempli soigneusement notre questionnaire et nous sommes rendus compte une fois de plus que nous étions sur la même longueur d’ondes… Dans ces moments-là, je me dis: « Qu’est-ce que je l’aime! »

Cet entretien nous a donc permis de dresser un vague portrait de notre future progéniture, mais dans notre esprit, rien n’était encore arrêté.

Puis j’ai fait des recherches sur l’adoption et ici j’ai lu qu’un couple avait adopté un bébé de 9 mois, là un bébé de 3 mois… Je me suis donc dit que quand même, ce serait drôlement chouette d’avoir un tout petit… Donc j’en ai parlé à chéri, lui disant que d’après moi, dans ce projet qui nous tient tant à cœur, on ne devait pas laisser place à la stratégie. Qu’on voulait un enfant, oh que oui !!, mais qu’on avait le droit d’assumer nos vraies préférences.

C’est donc plein de convictions que nous nous sommes rendus à notre 3ème rendez-vous hier. Mme Bienveillante nous a reçu dans sa cage son bureau, avec une bonne humeur contagieuse. Bon, il faut dire que de notre côté, juste avant le rdv, on venait d’avoir confirmation qu’on avait bien un findus au freezer. Il devrait donc bien y avoir un tec prochainement… Nous nous sommes bien gardés de lui dire, évidemment…

Cette nouvelle rencontre avec Mme Bienveillante nous a permis d’arrêter le profil de notre futur enfant.

– Ethnie et sexe indifférents.
– Entre 0 et 3 ans (le plus jeune possible).
– Fratrie si jumeaux (les plus jeunes possible).
– Maladie curable médicalement ou chirurgicalement sans séquelles.

Voilà !! Notre (nos?) petit(s) aura (auront) ces critères-là. Bon, ça donne un peu l’impression d’aller faire ses courses à Carrouf’, mais on est bien obligé de donner nos préférences…

Là-dessus, Mme Bienveillante nous a questionné sur notre vision de la parentalité, puis plus spécifiquement de la parentalité adoptive. Un chouette moment, encore… Imaginez l’émotion quand on parlait de nous, oui, de NOUS, en tant que futurs parents… J’ai d’ailleurs dit à un moment donné que je pensais que nous étions de jolies personnes, et que les jolies personnes font forcément de jolis parents (n’est-ce pas ma chère M’dame Pimpin ? 😉 ).

Elle-même nous parlait de plus en plus de bébé, et moins d’enfant. Nous nous projetions donc de plus en plus… Elle nous a demandé comment nous imaginions la première rencontre avec notre bébé. Et là, il a fallu ravaler mes larmes. Mais c’était un chouette moment… On lui a répondu que pour nous, l’essentiel c’était de se donner du temps, de donner du temps à l’enfant. Oui, nous l’aurons attendu TRES longtemps, mais malgré tout, on ne pourra pas lui sauter dessus genre : « Regarde mon bébééééé: c’est mamannnnnn !!! » Non, ce n’est pas si simple… Et quand nous voyons des reportages à la télé de parents adoptifs qui se comportent comme ça dès la 1ère rencontre, en envahissant complètement cet enfant qui ne les a jamais vus, ça nous surprend toujours.
Je pensais également qu’il fallait éviter de pleurer, pour ne pas faire faussement croire à l’enfant que nous étions tristes. Mme Bienveillante m’a dit qu’au contraire, c’était important de laisser vivre ces émotions-là et que généralement, elle était là pour faire le lien. Qu’elle serait là. Nous commencions donc à nous projeter sur un bébé, adopté ici, à La Réunion, avec elle comme accompagnatrice… Ce qui nous paraissait inenvisageable jusqu’à présent nous semblait de plus en plus plausible au fil de notre échange…

Elle nous a ensuite expliqué comment se déroulerait l’adoption concrètement. C’est un conseil de famille, constitué d’un tuteur (travailleur social désigné par le préfet), de représentants de familles adoptives, etc… qui choisit à qui chaque enfant est confié. Les critères ne sont pas forcément liés à la durée de l’attente, mais plutôt au profil des adoptants. Généralement, c’est Mme Bienveillante et son équipe qui sélectionnent quelques dossiers que le conseil de famille va étudier.

Ensuite, on est prévenu qu’on a été sélectionné (genre, comme au « Juste Prix » !!). Mme Bienveillante nous reçoit et nous parle de l’histoire de notre enfant puis elle organise la 1ère rencontre chez la famille d’accueil. Au début, les rencontres sont courtes, chacun essayant de s’apprivoiser (enfant, famille d’accueil, parents adoptifs). Puis elles sont plus fréquentes et plus longues, jusqu’à ce fameux D-Day où Mme Bienveillante ramène l’enfant chez les parents adoptifs. J’aime l’idée que tout se fasse en douceur, dans le calme et la sérénité, en étant toujours accompagné…

Est venu alors l’heure de conclure cet entretien. Et là, Mme Bienveillante nous annonce qu’il n’y aura pas d’autre entretien. Qu’elle sent que notre projet est cohérent, qu’on se pose des questions et qu’on est de belles personnes. Qu’elle n’aura rien d’autre à nous demander parce qu’elle sait que nous serons de bons parents. Que notre prochaine rencontre se fera pour la restitution de ses conclusions. Que si la psychologue, suite à notre entretien du 29 janvier, a également décidé de rendre ses conclusions, nous pourrions espérer voir notre dossier avancer plus vite que prévu, car la commission se tiendrait du coup peut-être avant juillet… J’en ai alors profité pour dire qu’avant notre mariage, ce serait drôlement chouette d’être fixés…

Quel bonheur !!! Mes yeux se voilent de larmes parce que c’est tellement émouvant de s’entendre dire qu’on sera de bons parents. Qu’elle a apprécié notre spontanéité et notre naturel, qui montraient bien que nous n’avions pas appris par cœur les réponses attendues mais qu’on était dans une réelle réflexion. Qu’il y avait de bons et de moins bons agréments (sous-entendu que le nôtre serait très bon…) et qu’il ne fallait pas toujours attendre très longtemps pour avoir un bébé avec un bon agrément. C’est arrivé plusieurs fois qu’un bon agrément s’accompagne que de 2 ans d’attente apparemment…

Nous sommes sortis de cette rencontre heureux et soulagés !! Nous allions avoir un bon agrément et nous allions peut-être pouvoir adopter sur place, nous évitant bien des démarches compliquées… L’attente serait peut-être moins longue que prévu et à la clé, nous aurions peut-être un bébé…

C’est difficile de décrire ce que j’ai ressenti. C’est comme si enfin, je pouvais me projeter sur notre future vie de parents, en ayant la certitude que quoiqu’il arrive, nous aurons notre petit bout… C’est indescriptible et ça me permet de vivre les prochaines échéances pmesques avec tellement moins de pression…

C’est un peu comme si enfin, je voyais la lumière au bout du tunnel… Alors, depuis hier, j’ai ce sourire figé sur mon visage et je me surprends à m’autoriser à être heureuse, de nouveau… Bon, j’appréhende toujours la rentrée lundi, mais d’un point de vue strictement personnel, je suis heureuse…
Le chemin sera encore long, mais quoiqu’il arrive, je vais être maman !!!

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