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Notre première rencontre a été riche en émotion et m’a donné l’occasion de me libérer de la culpabilité envahissante que je portais. Culpabilité de ne pas être fichue de porter la vie, culpabilité de ne pas avoir réussi à protéger la vie d’un petit ange, culpabilité de ne pas avoir sauver ma mère… Bref, je culpabilisais presque d’exister bordel !!  Je m’étais sentie terriblement légère lorsque j’étais rentrée chez moi suite à cette première rencontre. Mais j’avais peur que cette sensation de légèreté ne soit qu’éphémère.

Et bien pour le moment, on peut dire que les effets se font toujours sentir !! OUF

La deuxième rencontre avec la magicienne a été très particulière. J’ai de nouveau été accueillie par Blue Moon, son chien au yeux lupins. Cette fois, point d’eau magnétisée: shit !!! Je me serais bien envoyé un p’tit verre derrière la cravate !!

Elle m’a alors demandé quel était l’objectif du jour. Mon objectif était simple: je voulais être prête pour affronter la rentrée qui s’annonçait haute en couleur !! Elle m’a alors demandé d’être plus précise et, au fil de nos échanges, mon objectif est devenu plus clair: « Je veux être plus efficace et moins exigeante avec moi-même et avec les autres. » Ce à quoi elle a répondu qu’en étant moins exigeante avec moi-même, je serai forcément moins exigeante avec les autres…

Elle a alors repris ses incantations mystiques, en bougeant ses mains et en marmonnant des paroles inaudibles. Je l’observais, dubitative. Je me disais que j’étais quand même bien barrée pour être ici, dans cette pièce, avec ce drôle de personnage à qui je confiais d’une certaine façon une partie de moi-même. J’étais partagée entre l’envie d’éclater de rire en prenant mes jambes à mon cou, et l’envie d’aller plus loin pour voir ce qu’elle allait pouvoir faire pour moi cette fois-ci.

Elle a fini par me donner une phrase: « Je peux être tenace, je peux être réfléchie », en me demandant ce que ça m’évoquait. Euh… pas grand chose… Réfléchie, je le suis !! Un peu trop même… J’aimerais trouver le bouton « pause » pour mettre mon cerveau en stand by parfois… Tenace, je crois l’être aussi. Ma vie a montré que je l’étais je crois.

Elle m’a alors demandé de répéter cette phrase plusieurs fois, tandis qu’elle reprenait ses incantations. Et là, elle m’a dit avoir très mal à la tête et a commencé à fléchir physiquement. C’était assez impressionnant et j’étais presque flippée… Puis elle m’a demandé si j’avais mal à la tête. Non, de ce côté-là, RAS. Par contre, j’ai un peu mal aux ovaires, mais on s’en fout.

Elle m’a alors expliqué que réfléchir pouvait avoir plusieurs sens:
– re-fléchir, comme fléchir de nouveau, s’affaiblir…;
– réfléchir, comme la réflexion dans le miroir = apprendre à s’aimer,
– réfléchir, comme cogiter.

Elle m’a alors expliqué que c’était important parfois d’accepter de fléchir pour mieux se relever et m’a compté cette jolie fable de Jean de la Fontaine, « Le chêne et le roseau ».

Le Chêne un jour dit au Roseau :
« Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas.
Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. « Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts.

Dans cette fable, c’est le chêne, raide et inflexible, qui finit par rompre à force de refuser de plier. Alors que le fragile roseau, faible et chancelant, se laisse plier au moindre coup de vent pour mieux se redresser ensuite.

Ouaouw !!! Comme quoi, Jeannot, il ne disait pas que des bêtises… Cette fable m’a beaucoup parlé, parce qu’en effet j’ai longtemps essayé d’être chêne, en refusant de courber l’échine. Aujourd’hui, j’accepte mes forces et mes faiblesses, mes joies et mes peines, mes peurs et mes espoirs.

S’en est suivi un échange avec moi-même, où je devais répéter ce qui suit, à maintes reprises (un peu en mode méthode Coué quoi): « Je fais ce que je peux, comme je peux, ni plus, ni moins ».

Et ben vous savez quoi? Le jour de la rentrée, avec tout ce que j’avais à gérer comme charges émotionnelles et comme taf, je me suis répété cette phrase des dizaines de fois. Et non seulement j’ai accepté de fléchir sous le regard bienveillant de mes ptits loups, mais en plus, j’ai accepté de ne faire que ce que je pouvais, ni plus, ni moins. Et la journée s’est finalement merveilleusement déroulée…

C’est fou mais du coup, ça rend ma vie tellement moins stressante d’apprendre à raisonner de cette façon !! Et puis finalement, je me rends compte qu’en faisant ce que je peux et en arrêtant les « Il faut que…, Y a qu’à…, Faut qu’on (faux con)… », ben j’ai l’impression de gagner en confiance, surtout que je vois que du coup, je suis véritablement plus efficace.

La suite au prochain épisode…

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