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On s’était quitté avec ce « Je fais ce que je peux, comme je peux, ni plus, ni moins »… C’est devenu mon nouveau leitmotiv et dans certaines situations, ça me permet véritablement de relativiser et d’être moins exigeante avec moi-même (professionnellement notamment).

D’un naturel positive, j’essaye toujours de voir le verre à moitié plein, et non à moitié vide. Sauf que parfois, dans mon cycle (et j’ai vraiment l’impression que mes hormones me jouent des tours…), je fléchis. Ca ne dure jamais trop longtemps, mais bordel c’est violent !! Je sais que les spottings vont commencer. J’ai une carence en heures de sommeil (rapport à la maladie des jambes sans repos de chéri qui me réveille toutes les nuits, c qui déclenche mon cerveau; si ce n’est pas les chats qui décident de se fighter entre eux!!).

Du coup, je suis exténuée et le verre commence doucement à se vider dans mon esprit…

« Chassez le naturel, il revient au galop », comme disait l’autre. Je déteste cette expression parce que ça veut dire grosso merdo qu’on ne peut pas changer, parce que même quand on essaye, on est prisonnier de soi-même. Ca contredit toute possibilité d’évolution !! D’un autre côté, elle est si vrai, parfois, cette expression…

Jeudi soir, chéri m’a demandé innocemment si j’avais lu mes mails.

Il faut savoir qu’au lendemain de l’échec de fiv 2, j’ai craqué. Craqué comme rarement. Et je lui avais envoyé un mail l’implorant de m’aider, parce que j’avais cette désagréable sensation de toucher le fond. J’attendais tellement de lui !!! Je crois que j’aurais voulu qu’il prenne ma douleur, mais on est bien d’accord: il ne pouvait pas faire grand chose à ce niveau-là… Pi il avait déjà assez à faire avec sa propre douleur, parce que lui aussi a ramassé ses dents.

On était tous les deux quand on a ouvert le pdf sur internet. Et quand le 1 ui s’est affiché, j’ai été solide, presque résignée et extérieure à tout ça. Mais chéri, lui, a fondu en larmes… Et je l’ai consolé, en le prenant dans mes bras…

Donc, quand 2 jours plus tard j’ai reçu le retour de bâton, j’espérais qu’il puisse lui aussi être là pour m’épauler. Qui d’autre pouvait comprendre ce que je ressentais? Ces sentiments si violents qui s’entrechoquaient: colère, tristesse, peur… A l’époque, je n’avais pas de blog, et je crois avoir ouvert le mien juste après. Il m’a permis de rencontrer de bien belles personnes et je suis à peu près sûre qu’il sera d’une aide précieuse lorsque les hostilités pmesques reprendront…

Bref, donc chéri, dans ce grand moment de détresse, n’avait pas assuré un cachou. J’en avais pleuré de douleur, en lui disant que j’étais persuadée qu’on serait plus fort que la pma, mais que finalement, je me rendais compte qu’elle pouvait quand même nous éloigner et gagner la partie…

Les mois ont défilé et je n’ai jamais eu de réponse à mon mail, seulement une franche explication le soir-même quand, tout penaud, il m’a demandé du bout des lèvres: « Ca va? » « Ben non ça va pas (ducon) !!! »

Et bien jeudi, chéri m’a écrit un trop joli mail… J’ai envie de partager avec vous l’extrait qui m’a le plus touchée:

« Nous concernant, mon esprit est beaucoup tourné en ce moment sur notre désir d’être parent. Quel bonheur ce sera d’élever des enfants avec toi, de pouvoir te contempler, cette petite flamme dans tes yeux, un petit sourire en coin, des gestes de tendresse…..  avec notre enfant dans tes bras. Je sais que nous n’avons aucune certitude mais je ne peux m’empêcher de t’imaginer en train de bercer notre futur bébé. Je veux croire en ce bonheur et j’espère de tout mon cœur que ce vœu s’accomplisse. Je pourrais jeter toutes les lanternes magiques du monde  pour que cela s’accomplisse .Tu seras à coup sûr une merveilleuse maman: attentionnée, compréhensive, tolérante et pleine d’amour. »

Et alors là, des mois de rancœur et de doutes se sont envolés. J’ai compris… Et j’ai beaucoup pleuré aussi… J’ai compris que j’étais si distante avec lui ces derniers temps parce que je n’en pouvais plus de cette vie à deux, qui chaque jour nous montre que notre nid est vide… J’ai compris que même si je n’ai jamais conçu d’avoir un enfant pour combler un vide, ce désir inassouvi rendait le vide insupportable et que je n’avais qu’une envie: le remplir !!! Que quand je regarde les rares photos de nous qui trônent dans le salon (photos qu’on nous a offertes, ce que je trouvais très beau, puisque ça voulait dire que ceux qui nous les ont offertes trouvaient que notre amour méritait bien un encadrement…), j’ai mal !!! Mal qu’on ne soit que deux sur ces photos, mal de cette insouciance perdue, mal de cette distance que les mois d’échecs ont laissé s’installer entre nous…

Et puis des mots que Bounty Caramel et Dame Pivoine ont eu ont alors fait écho en moi. Depuis le début de nos galères pmesques, j’ai très souvent dit « je », au lieu de « nous », excluant totalement chéri de tout ça. Comme si j’étais seule à porter la responsabilité de toute cette marde. Outch: j’ai travaillé la culpabilité vis-à-vis de mon passé, vis-à-vis du petit ange parti trop tôt, mais j’avais omis d’évoquer cette culpabilité-là, qui me bouffe sans même que je ne m’en rende compte. Et pourtant, quand, à plusieurs reprises, j’ai dit à chéri qu’il serait déjà père avec une autre, il m’a toujours assuré qu’il préférait une vie sans enfant, avec moi, plutôt qu’une vie avec des enfants mais sans moi…

Et puis finalement, Dr X a écrit « OATS fluctuant » sur l’ordonnance de caryotype pour chéri: ça veut dire quoi ??? Que s’il n’était pas avec moi, il galérerait peut-être autant? C’est con et égoïste, mais de savoir que les torts puissent être partagés, ça m’enlèverait une sacrée épine du pied…

En tout cas, je mesure la chance que j’ai de l’avoir dans ma vie… Chéri est un être exceptionnel. Doux, valorisant, généreux, respectueux, beau, drôle, intelligent, responsable, fidèle… Il est parfait pour moi !!! Sauf que les mois de galère m’ont fait voir davantage ses défauts que ses qualités. Je me suis aigrie, même (et surtout!!) avec lui…

Je crois que le fond du problème, ce n’est pas lui, mais ce que j’attends de lui dans ce parcours. Sauf qu’il se bat comme un beau lion et que ce n’est pas facile, ni pour lui, ni pour quiconque, de trouver les mots justes ou la bonne réaction pour me consoler dans mes moments de détresse. Il a déjà exprimé plusieurs fois son sentiment d’être impuissant…

Alors depuis notre mise au point et son si joli mail, je n’ai qu’une hâte: partir au loin, pour mieux nous retrouver. Pour, l’espace de quelques jours, oublier toute cette marde et ne plus penser qu’à nous. Je rêve de déambuler des longues heures dans le désert, avec pour seul compagnon de route mon chouchoupinou. ❤

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