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On en est là… L’attente… Longue, tantôt angoissante, tantôt apaisante…

Depuis le 17 septembre 2013, date de la dernière prise de sang douloureusement négative, nous sommes en « vacances » pmesques. Au début, c’était particulièrement difficile. La frénésie des traitements et des examens intrusifs avaient laissé place, subitement, à un vide intersidéral. Après des mois de visites au centre AMP, de rencontres avec divers spécialistes (acupuncteurs, magnétiseurs, maître reïki, ostéo, anesthésiste…), de piquouzes, de larmes et d’espoirs, d’un coup, plus RIEN !!

Il a fallu qu’on réapprenne à vivre. Et à aimer cette vie. Qu’on comble ce vide. Qu’on accepte l’attente. Qu’on apprécie ce temps qui passe, sans avoir cette fâcheuse impression de perdre notre temps… Tout doucement, on a donc repris une vie sociale. Tout doucement, on a réappris à vivre à deux: chéri, moi et picétout. Ni doc, ni labo. Rien que lui, nos chats et moi. Il a fallu un temps de réadaptation, mais je crois qu’on a plutôt bien réussi.

Je me sens de nouveau moins distante avec Chéri. J’ai envie et besoin de ses bras autour de moi. J’apprécie chaque moment de complicité qu’on partage. On rit, on discute, on s’aime. On grandit ensemble.

Aujourd’hui, on s’apprête à reprendre le chemin de la pma et je me sens mi-figue, mi-raisin.

J’aurai voulu que tout ça n’ait jamais existé. J’aurai voulu qu’on soit sur le point de célébrer les 2 ans de notre enfant. Qu’on se pose des questions existentielles du style: « A la rentrée prochaine, on l’inscrit en Très Petite Section ou on attend la Petite Section? » au lieu de « On fait le TEC avant ou après le voyage de noce? ».

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu…

Alors aujourd’hui, je suis terrifiée. J’ai peur que cette douceur qui a refait surface dans nos vies ne s’envole avec la reprise des hostilités. Peur de ne pas réussir à me relever si, in fine, l’issue n’est pas aussi jolie qu’on l’espère. Peur de l’inconnu.
Et, paradoxalement, j’ai envie de reprendre le combat. D’affronter la réalité et de me battre jusqu’au bout. Pour ne rien regretter. Pour continuer d’avancer, même si parfois en avançant on recule ou on stagne.

Depuis quelques nuits, à l’approche du prochain rdv avec Dr Bisounours (qu’il faut qu’on prenne sans tarder…), je rêve de cette reprise. Cette nuit, je me rendais seule au rdv de contrôle. Dr Bisounours m’annonçait que je venais pil poil au bon moment et qu’on commençait le décapeptyl le soir-même. Je ne me sentais pas prête et j’avais l’impression que quelque chose clochait. Mais je subissais, sans piper mot. Finalement, Chéri débarquait dans le cabinet pour connaitre la suite des réjouissances. Stressée, je lui expliquais qu’on devait commencer direct. Mais, un éclair de génie traversa mon esprit. Je demandais donc à Dr Bisounours quand serait prévu le transfert, si je commençais le déca directement. Il me répondait le 9 mars. Ok, donc en plein voyage de noce !! WTF?? Du coup, on décidait de reporter.

Ce rêve montre bien les doutes que j’ai en ce moment. Peut-être aussi la confiance en Dr Bisounours qui s’est un peu étiolée au fil des mois et des échecs… Le fait que je subisse aussi un peu tout ça, sans vraiment avoir le choix.

Mais, finalement, ce qui m’envahit en ce moment, plus que la peur et les doutes, c’est la résignation. Alea jacta est, n’est-ce pas? Je crois qu’on ne maîtrise rien et que, quelque part, la suite est déjà écrite pour nous. Reste plus qu’à aller au bout pour savoir à quel sauce on va être mangé.

En tout cas, dans tout ce marasme pmesque, heureusement qu’on a la chance de pouvoir se projeter sur un autre chemin pour avoir notre enfant. C’est vraiment rassurant !! Parce que quoiqu’il arrive, on a vraiment envie d’aller au bout de ce chemin-là également…

Mais la route est encore longue et je me sens vraiment fatiguée… (Ok, j’ai une bonne crève qui n’arrange rien…)

Pendant longtemps, je ne donnais aucune chance à cette poussière de vie qui nous attend patiemment au frais depuis le 8 septembre 2013. On n’a pas le droit de le condamner d’avance. Parce que c’est un petit bout de nous, qui a été suffisamment fort et courageux pour atteindre le plus beau stade embryonnaire: blastocyste J6 !! Nan mais c’est pas un peu la grande classe internationale ça??

Bref, on va y retourner, bon pied, bon œil et on va essayer d’y croire. Il le vaut bien, non?

Par expérience, je sais qu’y croire ou ne pas y croire, ça ne change pas grand chose au résultat. Ni à la douleur ressentie en cas d’échec. J’ai testé pour vous. Fiv 1 : on y croit dur comme fer et patatra: un +++ qui nous fait vivre un calvaire; Tec fiv 1: on n’y croit pas le moins du monde et patatra: un – – – qui nous accable de douleur; Fiv 2: on y croit encore plus, vu qu’il y avait eu accroche à la 1ère et patatra: un – – – qui nous aura contraint à des mois de recul pour se relever…

Se donner le droit d’y croire, ça fait du bien et, comme dirait l’autre, il n’y a pas de mal à se faire du bien !!

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