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Hier était une de ces journées pour laquelle j’aurais voulu arrêter le temps. Délicieusement délicieuse. En bientôt 8 ans d’amour, Chéri et moi n’avions jamais éprouvé le besoin ni l’envie de célébrer la Saint-Valentin. On est un peu anti-fêtes-commerciales en fait. Mais ça, c’était avant l’année 2013 et ses rebondissements pas glop du tout…

Jusqu’ici, on se disait qu’on n’avait pas besoin d’une journée dédiée à l’amour, puisqu’on s’aimait tous les jours de l’année. Se faire des cadeaux improvisés, ça nous ressemble. Dîner en tête à tête autour d’un petit resto romantique, ça nous ressemble aussi. Se faire des mamours et de grandes déclarations, c’est tout nous !! Bref, nous n’avions pas besoin de St Valentin dans nos vies.

Mais cette année, cette fête des amoureux a été l’occasion de nous retrouver (même si on ne s’était pas perdus, entendons-nous bien!). On essaye de mettre toutes les touches positives possibles et imaginables dans nos vies, pour se raccrocher aux jolies choses.

C’est donc dans un bel élan de positivisme que cette journée a commencé. Chéri avait déposé un paquet sur le canapé du salon et, à mon réveil, j’ai eu le plaisir de découvrir la jolie surprise. Quel bonheur !!!
J’ai du coup pris mon temps avant de déballer le cadeau (un super sac à main vert sapin qui claque, pour les curieuses!) et on s’est échangé des mots d’amour gnangnans, en se bécotant façon guimauve. Il n’en fallait pas plus pour que ma journée commence sous les meilleurs hospices !!

A l’école, tout s’est merveilleusement déroulé. Je me suis amusée à dire aux enfants que c’était la fête des amoureux et à voir leur réaction de dégoût quand je leur ai demandé s’ils avaient des Valentins ou Valentines… J’ai été émue quand une petite fille m’a confié qu’elle était amoureuse et que dans ses yeux brillaient des étoiles. Ca m’a ramené des années en arrière, quand j’étais moi aussi en grande section et que j’étais folle amoureuse d’un dénommé Tristan. Je me serais damnée pour devenir son Yseult !! (Même si on est bien d’accord, je ne voulais pas d’une fin tragique hein !!) Puis l’année d’après, aux oubliettes le Tristan !! La passion est aussi passionnée qu’éphémère à cet âge-là !!

A la fin de la journée, sur le chemin du retour, j’ai observé un très jeune couple avec un enfant et une pensée aussi fugace que rassurante m’a alors traversé l’esprit: « Je peux être heureuse, avec ou sans enfant ». Quand j’ai retrouvé Chéri, je lui ai confié la carte de St Valentin que j’avais confectionné moi-même. Elle n’était pas parfaite, mais il a été très touché. Puis nous sommes allés au resto. Pas un resto romantique, mais plutôt un genre de cantine malgache sobre voire rudimentaire. C’est un endroit qui nous correspond assez bien aussi. Nous avons beaucoup échangé et nous avons véritablement apprécié cette soirée sans enfant…

Durant cette soirée, moi qui refoule nombre de souvenirs de mon enfance, je les ai laissés refaire surface. Et ils étaient plutôt plaisants. J’ignore pourquoi ils ont refait surface ce soir-là, mais c’était très chouette. Jusqu’à ce que, au fil de la discussion, je comprenne que j’avais des doutes sur la poursuite de la PMA. Des doutes sur le fait de porter la vie un jour. Mais ce n’étaient pas des doutes désagréables, juste un constat.

J’ai perdu beaucoup de personnes que j’aimais. Parfois de manière soudaine et violente. Parfois par trahison. Et je crois que j’ai peur, terriblement peur de perdre l’enfant que je mettrais au monde… Je me souviens que ma magicienne m’avait dit que probablement  je protégeais cet enfant en l’empêchant d’arriver. Mais finalement, je crois que c’est moi que je protège… Et vous savez quoi? J’accepte cette possibilité…

Maintenant, j’ai très peur que la poursuite de la pma et la possible réussite (même si ce serait merveilleux, mais on est jamais à l’abri de drame jusqu’à la naissance…), remette en cause notre projet d’adoption. Or, je porte ce projet dans mon cœur depuis si longtemps !!! Et puis j’ai reçu plusieurs témoignages de personnes qui ont adopté des bébés assez rapidement ici (9 mois pour l’une, 2 ans pour l’autre)…

Lors d’un entretien avec Mme Douceur, elle m’avait fait remarqué que par rapport à l’adoption, j’avais un parcours atypique. J’ai notamment côtoyé une petite fille pupille de l’état, ce qui apparemment est assez rare. Comme si c’était vraiment mon chemin depuis longtemps !!

Alors les questions que je me pose sont: « En continuant la PMA, est-ce qu’on ne condamne pas ce beau projet? Et si on attendait d’adopter avant de se relancer dans la PMA? Mais ne sera-t-il pas trop tard d’ici là? »

Avec Chéri, on s’était déjà dit qu’on tenterait tout et qu’on laisserait les choses se faire comme elles doivent se faire, mais j’avoue que j’ai peur qu’on prenne la mauvaise décision… Si seulement on pouvait lire dans l’avenir !!! Si seulement on pouvait être sûr d’avoir un enfant en 9 mois par le biais de l’adoption, on attendrait certainement pour poursuivre notre parcours pmesque… Et de la même façon, si on savait que la PMA était vouée à l’échec, on arrêterait sûrement les frais !! Mais bon, la vie est ainsi faite: on ne peut pas savoir et c’est comme ça. Les réponses viendront sûrement d’elles-mêmes…?!

Bref, tout va bien par chez nous. Je me pose beaucoup de questions mais, paradoxalement, elles ne m’angoissent pas plus que ça et je suis plutôt sereine (pour le moment).

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