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Ce week-end, j’ai suivi un stage en psychogénéalogie. Je suis convaincue qu’on porte tous des mémoires du passé qui nous dépassent… Même si ces transmissions transgénérationnelles sont comme un programme inscrit dans notre histoire, nous pouvons guérir de ces mémoires blessées.

C’est ce que j’ai essayé de faire à travers ce stage.

Il y a quelques temps, j’évoquais ma peur de perdre un enfant. Et ben vous savez quoi? Après ce stage, je comprends mieux pourquoi et je pense avoir trouvé un début d’explication de nos innombrables échecs pmesques !! Oui, oui… Le « C’est dans la tête » que je me refusais d’admettre parce qu’il était si culpabilisant !! Là, je me dis que c’est ptet dans ma tête, mais que je n’y suis pour rien: c’est ce qu’on m’a transmis. Opk ou pas, troubles ovulatoires ou pas, oats fluctuant ou pas, je pense que quelque chose de plus fort et de plus puissant agit sur nos difficultés de procréation.
Ce quelque chose est une croyance qui m’a donc été transmise de génération en génération. Et point besoin de remonter bien haut dans l’arbre généalogique pour s’en rendre compte !!

Pour résumer, sur 3 générations, on découvre pas moins de 13 enfants morts (ivg, fausse-couche, enfants morts) !!! En analysant tout ça, j’ai pris conscience que dans cet arbre, la vie et la mort sont constamment liées. Donc, en donnant la vie, je prends le risque de donner la mort, de perdre quelqu’un ou de mourir moi-même…

Je sais, ça paraît un peu barré, mais j’ai la conviction d’avoir trouvé ma réponse !!!

Il n’y a plus qu’à changer ma croyance et ça, je n’ai pas encore trouvé comment…

Ce qui est sûr, c’est qu’avant ce stage, je commençais vraiment à penser de plus en plus à la fin (ou le break illimité) de notre aventure pmesque. J’en ai parlé à plusieurs reprises avec Chéri ces derniers temps. Il n’a « pas plus envie que ça de continuer » (je cite) non plus. Je crois que pour le moment, on en a marre. On est usé. Et on n’a pas envie de s’entêter dans cette voie-là.

On préfère se donner d’autres chances. Les essais à la maison, l’adoption… Ne pas perdre de vue notre rêve de devenir parent, mais prendre un autre chemin, du moins temporairement, pour y arriver.

Alors on fera quand même ce TEC quoiqu’il advienne, parce que, comme je le disais récemment, cette fusion de nous existe bel et bien et on a envie de lui donner une chance… En plus, ce TEC se fera avec très peu de contraintes, donc allons-y !! J’ignore complètement ce qui se passera et quelle sera l’issue, mais je suis confiante… Les choses se passeront comme elles doivent se passer.

Et si, vers mes 35 ans, on n’a toujours pas notre enfant, je pense que dans ces cas-là on retentera peut-être les 2 dernières FIV et les 3 IAC qu’on aura sous le coude.

C’est fou mais l’écrire m’angoisse (peur qu’on prenne la mauvaise décision) et me soulage à la fois !! Rien n’est figé, mais aujourd’hui, je ressens vraiment les choses comme ça. Je crois que j’ai besoin de m’accorder du temps, pour guérir de ces croyances, pour grandir, pour apprendre des autres et de moi-même. Ce temps qui m’effrayait au début des essais, j’en ai fait mon allié et je me sens beaucoup plus sereine désormais.

Je crois que finalement, la mort tragique de mon petit K. en janvier a fait remonter beaucoup de mes peurs à la surface et c’est aussi douloureux que positif. Cet enfant qui tombera sans doute bien vite dans l’oubli m’aura fait un merveilleux cadeau en tirant sa révérence: il m’aura permis d’ouvrir les yeux sur moi-même et de grandir !!

Et vous savez quoi? Cerise sur le gâteau!! Je suis heureuse parce que Chéri et moi, dans notre arbre, nous sommes le point de soulagement respectif de l’autre. C’est comme si notre union coupait le lien avec ce qui s’est passé avant… Et justement, notre mariage aura lieu un jour hautement symbolique dans la famille, qu’on ignorait totalement jusqu’ici !! Le jour où ma grand-mère paternelle s’est éteinte.

Cette femme aux cheveux gris, remontés en chignon, était à la tête d’une famille de 7 enfants. Elle avait perdu 2 enfants, l’un suite à une fausse-couche, l’autre 1 mois après sa naissance, de la maladie bleue. Elle n’était pas très loquace et expressive (sauf quand elle jouait à la belote lors des déjeuners dominicaux en famille). Beaucoup disent que je lui ressemble physiquement (sans le chignon et les cheveux gris hein !!). Elle est décédée subitement 2 mois après la mort accidentelle d’un de ses fils, lui-même décédé le jour de mon 12ème anniversaire… Ce dernier était né un 22 février, jour de début de mon stage…

La boucle est bouclée comme on dit !! Par notre mariage, c’est comme si on permettait à toute ma famille paternelle de faire ce double-deuil. Ce jour-là ne sera plus marqué par une tragédie: on en fera quelque chose de joli…

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