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« Les jours passent et ne se ressemblent pas. » Je vous l’ai pas déjà dit celle-là?

Je vous ai quitté hier littéralement abattue par ce que ma sœur m’avait dit. J’ai hésité à partager tout ça avec vous, parce que c’est toujours difficile de savoir où poser les limites de ce qu’on s’autorise à exprimer ou pas. J’ai ouvert ce blog il y a quelques mois maintenant, pour mettre des mots sur mes maux. Mais mes mots sont des maux de pmette, soit, mais aussi ceux d’une jeune trentenaire qui se pose des questions existentielles (les dites questions sûrement soulevées par ce manque d’enfant…) et d’une femme qui grandit au fil des mois et des années (vous remarquerez que je n’ai pas utilisé le terme « vieillir »).

Les années passent et on évolue. J’aime à penser que, comme une bonne bouteille de vin, en prenant de l’âge, on se bonifie.

Bref, hier, j’ai donc éprouvé le besoin d’extérioriser toute cette colère (MA colère) que j’avais ressenti en écoutant ma sœur. Puis je vous ai lu. Et j’ai compris que ce qui me blessait le plus, outre cette impression d’être jugée et incomprise, c’était le fait que j’avais pour ma part vraiment l’impression d’évoluer au fil des mois et qu’en une fraction de seconde, elle me renvoyait en pleine tronche qu’en fait je stagnais !!! Outch

J’ai donc énormément chialé parlé avec Chéri. Je suis une vraie cocotte-minute: il suffit que je lâche la pression pour que les choses se posent et que je reprenne mon bonhomme de chemin. Quand Chéri m’a dit qu’il avait vu une évolution fulgurante au fil des mois et qu’il était vraiment fier de moi, de ma façon de toujours avancer en me battant et en allant de l’avant, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps !! C’était des larmes de soulagement, non des larmes de tristesse…

Puis j’ai compris que finalement, à travers ce blog, vous me connaissiez sûrement mieux que pas mal de mes proches et sur le coup, ça m’a fait chialer de plus belle. Sauf que je trouve ça beau et touchant finalement. J’aime cette virtualité des liens qui les rend plus forts. J’aime cet anonymat total qui nous préserve du jugement de l’autre. Comme si, finalement, ici et maintenant, on pouvait sans crainte exprimer tout ce qu’on voulait. Cet espace est un lieu d’exutoire et il me fait un bien fou !! Finalement, plus besoin d’un psy… Vous êtes toutes mes psys !! 😉

J’ai compris depuis hier pourquoi ma sœur a insinué que j’entretenais mon mal-être. Elle n’a jamais eu le courage de consulter quelqu’un (parce que oui, il en faut du courage pour se confronter à soi-même et à ses démons!) et a déjà exprimé par le passé l’admiration qu’elle me portait par rapport au travail d’introspection que je menais depuis des années. Mais je crois que pour elle, les choses sont si douloureuses qu’elle préfère les taire et les enfouir au fond de sa mémoire. Le problème, c’est que d’une certaine manière, même sans lui parler de mes avancées, je lui renvois forcément tout ça en pleine tronche. Et je pense que c’est difficile pour elle. C’est comme si je la forçais à sortir sa tête du sable où elle s’est tranquillement réfugié pour ne rien voir et que je l’obligeais à regarder la vérité en face. C’est violent !!

Je ne reviendrais pas sur notre histoire, qui est ce qu’elle est. Par contre, j’ai la conviction (qui n’engage que moi) que cette histoire a eu des conséquences directes sur notre fertilité. Ma sœur a été pmette… Je suis aujourd’hui pmette… Quant à mon frère, sa femme a fait plusieurs fausses-couche, dont la dernière à presque 5 mois de grossesse !! Il s’appelait Colin… Je ne crois pas aux coïncidences de la vie…

Après, je peux comprendre que c’est peut-être trop douloureux d’aller chercher des réponses et je ne jugerai jamais la personne qui ne se sent pas prête, pour X ou Y raison, à aller mettre les deux mains dans le cambouis. Il faut toujours agir pour se préserver, sans jamais forcer les choses.

Et j’accepte le fait d’avoir été responsable de ressentir les choses comme je les ai ressenties hier. Si ça m’a autant touché, ce n’est sans doute pas anodin…

Ce qui est certain, c’est que je sens que j’ai avancé ces dernières semaines. Notamment vis-à-vis de la PMA. Alors que je ne croyais plus du tout à la possibilité que ça fonctionne, je me surprends à y croire de nouveau !! Peut-être pas cette fois, peut-être la prochaine, ou celle encore d’après. Mais ça marchera un jour… Il faut juste que je me donne du temps. Parce que finalement, ce temps qui passe, je peux en faire un allié. Il m’aide à me construire et à grandir chaque jour un peu plus.

Je sais que parfois, certaines d’entre vous se posent des questions sur d’éventuelle(s) pause(s). Je crois qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il faut suivre son instinct et se faire confiance. Mais on est nombreux à avoir oublié de suivre notre intuition…

Pour ma part, la pause de 6 mois qu’on s’est imposé (oui, oui!! Il a fallu qu’on se l’impose, non sans douleur) a été plus que bénéfique. Ca m’a vraiment permis de voir les choses différemment et d’arrêter de me mettre la pression !! Parce que oui, parfois, on veut tellement courir après le temps qui passe qu’on se met une putain de pression sur les épaules !! Et que finalement, ça ne nous fait pas avancer plus vite… Je crois qu’on finit par être tellement focaliser sur ce désir dévorant qu’on s’en oublie totalement…

Aujourd’hui, j’ai la conviction que je deviendrai mère un jour. Quand et par quel moyen? L’avenir le dira… Et vous savez quoi, j’en viens même à penser qu’un bébé couette, ce n’est pas impossible… Certaines parmi vous n’y croyaient plus, et pourtant, il est venu !!

J’ai l’impression d’avoir repris ma vie en main, en arrêtant de chercher à tout contrôler et en me laissant un peu porter. D’ailleurs, après des mois de grève du poney (enfin, le poney était un peu flemmard dirons-nous…), on reprend les activités hippiques. Et ce n’est même plus une question de procréation !! Point de courbe de température, de TO (de toute façon, je m’y suis toujours refusée…), plus d’autorisation préalable du doc !! Le poney, c’est désormais quand on veut où on veut, juste pour le plaisir, pas pour un bébé…

Ok, on va pas se mentir: si le ptit merdeux qui se fait attendre depuis des plombes décide de pointer le bout de son nez à l’improviste, on sera bien content… Mais ce n’est plus le but.

Moralité de l’histoire: « Faites l’amour, pas la guerre! »

 

 

 

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