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Après un week-end tout en sérénité, je prends enfin le temps de venir partager avec vous ce qui a été pour moi une excellente nouvelle.  Après la 3ème prise de sang (en 3 jours!!!), nous avons pu constater (je dis nous, parce que je deviens aussi experte que Dr Dino, qui ne m’a rien appris quand il a donné le feu vert !!) que le pic de LH ayant eu lieu jeudi, j’ai donc eu une belle ovulation naturelle vendredi…

Je ne suis donc pas peu fière de vous annoncer que j’ai accompli ma mission two fingers in the nose !! J’ai ovulé toute seule comme une grande bordel !! Youhouuuu

Je savais donc dès vendredi que, si tout se passe bien d’ici là, le TEC aurait lieu mercredi, avec Dr Bisounours.  Mercredi… C’est aussi le jour, sauf changement de dernière minute intempestif (il n’y a pas intérêt vu qu’elle nous a déjà planté 2 fois de suite!!!), du bilan avec Mme Douceur, la psychologue en charge de notre dossier de demande d’agrément pour l’adoption.

Autant te dire, lecteur, que mercredi, qu’on appelle communément la journée des enfants, sera pour nous la journée de NOTRE enfant. A cette idée, je suis tout sourire…

Pour couronner le tout, après une énième prise de sang samedi, qui consistait à contrôler mon taux de progestérone et éventuellement voir si j’avais besoin de m’enfiler des bonbons choupettes, j’ai eu l’immense bonheur d’apprendre que cette fois-ci, point besoin d’investir dans des Vaniush: ce TEC sera 100% pur bio !!!

Comme j’ai décidé de prendre ce TEC step by step, je me félicite d’avoir franchi la première étape avec brio (ben quoi,  c’est pas de la prétention !! Pour ta gouverne, c’est pas tous les mois que j’ovule donc bon, il faut bien que je me félicite …). Maintenant, j’attends la 2ème étape avec impatience et sérénité. 2ème étape qui aura donc lieu mercredi, avec la décongélation de notre petit bout de vie, suspendu depuis bientôt 7 mois entre deux mondes: notre monde terrien, chaud et humide, et un monde aseptisé, baignant dans un froid sec rempli d’azote liquide. Ce petit bout de vie, il est resté figé depuis des mois dans cette cuve du centre AMP, ainsi que dans notre cœur. J’espère que le prochain réceptacle sera mon utérus et qu’il y restera non pas 7, mais 9 mois bien au chaud. Parce que c’est là qu’est sa place: ce monde aussi naturel et biologique que mon ovulation (nan mais j’en reviens toujours pas !!).

En attendant, avant de faire de la place à cet enfant, qui ne sera pas forcément celui-ci (l’avenir nous le dira bien assez tôt…), j’ai compris qu’il fallait déjà que je fasse de la place à l’enfant que j’ai été moi-même. Depuis que j’ai accouché de ma colère, je me sens vide et un peu perdue. C’est un peu comme si j’avais toujours vécu la vie de quelqu’un d’autre et que d’un coup, on me demandait de vivre la mienne. Comme un enfant qui vient au monde et qui découvre tous les possibles qui s’offrent à lui… Enfants, on a nos parents pour nous guider !! Mais moi, je suis seule face à moi-même…

J’ai donc compris qu’il fallait que je fasse de la place pour accueillir mon enfant intérieur. Cet enfant qui n’a jamais pu exister (parce que dans mon histoire de vie, point de place à l’enfance, l’insouciance, etc…). Que je le nourrisse, que je le rassure, que je l’aime… Ce n’est peut-être qu’après ça que je pourrais accueillir NOTRE enfant.

Holly_Sierra-Madre_Natura2

Et parce qu’en chacun de nous il y a un enfant qui s’est oublié en chemin, voici un court extrait tiré de « La vie humaine », de  André Comte-Sponville :

« Cet homme, à peine plus vieux que moi, que je salue poliment dans l’ascenseur, sait-il que c’est un petit garçon qui lui parle, un peu intimidé, un peu gêné d’avoir à parler à une grande personne, comme si lui-même en était une, et surpris, oui, presque flatté, malgré ses 50 ans, que l’autre semble y croire? Guère plus, sans doute, que je ne connais le petit garçon que mon voisin est resté pour lui-même, ignoré de tous, et comme absurdement enfoui sous les traits d’un presque sexagénaire… Il n’y a pas de grandes personnes. Il n’y a que des enfants qui font semblant d’avoir grandi, ou qui ont grandi, en effet, mais sans pouvoir y croire tout à fait, sans parvenir à effacer l’enfant qu’ils furent, qu’ils demeurent, qu’ils portent en eux ou qui les porte… »

 

 

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