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Suite à l’article de Biquette au sujet du masochisme, j’ai eu envie de te parler d’une émission ô combien conspuée par la majorité des pmettes. Et oui, il y a quelques temps, je suis tombée par le plus grand des hasards sur l’émission Babyboom, sur la TNT. Je dois avouer qu’avec Chéri, on a toujours zappé frénétiquement dès qu’on tombait sur ce genre d’émission, en se disant que ça ne servait à rien de se faire du mal. C’était un peu notre instinct de survie qui s’exprimait.

Sauf que ce jour-là, Chéri était au boulot. Il faut bien qu’il y en ait un qui bosse dans cette baraque… Car oui, je l’avoue, je n’ai pas repris aujourd’hui comme j’aurais dû… (Je vous raconterai ultérieurement le super rdv chez la remplaçante de ma doc, qui vaut quand même son pesant de cacahuètes!)Depuis le transfert, j’ai eu beaucoup de tiraillements et samedi soir, j’ai trouvé de légères pertes de sang dans mon fond de culotte. Autant vous dire que la perspective d’aller m’accroupir toute la sainte journée à hauteur de mes élèves et de les amener à la piscine en prenant le risque de me prendre des coups dans le bide, très peu pour moi. Je crois que j’ai besoin d’être fixée pour reprendre une vie « normale ». Là, c’est comme si ma vie avait été mise entre parenthèse depuis le 9 avril, et qu’elle était suspendue dans un monde parallèle. Je me suis évidemment assurée que les enfants auraient la même remplaçante et je reprendrais quoiqu’il arrive après les résultats. Mais pour le moment, je n’ai aucune énergie pour tenir une journée de classe entière…

Pour en revenir à Babyboom, j’ai laissé une chance à ce docu-réalité. Il faut dire qu’une phrase m’a interpelé. Il s’agit d’une citation d’Audrey Hepburn:

« Le plus difficile dans la maternité, c’est cette inquiétude intérieure que l’on ne doit pas montrer. »

Etonnamment (ou pas), cette phrase m’a immédiatement percuté. Je me suis dit que finalement, nous autres, pmettes, on doit si souvent porter un masque pour ne pas montrer ce qu’on ressent au plus profond de nous… Nous sommes des mères, si ce n’est aux yeux de l’état civil, du moins dans nos cœurs et dans nos tripes. Et nous sommes inquiètes pour les enfants que nous n’avons pas, comme une mère l’est pour les enfants qu’elle a mis au monde…

Bref, j’ai donc regardé Babyboom pour la première fois. Il s’agissait de l’épisode 1 de la saison 1: « La première fois ». Je te passe le ptit couple un peu neuneu qui m’a bien fait marrer. Nan, il faut quand même que je te raconte… Sans déconner, la gamine avait 16 ans, son mec 20 ans et il était manifestement du genre ptit délinquant. Elle a voulu un enfant au bout d’un mois de relation. Il s’est dit que ça allait ptet lui éviter d’aller en taule, donc il l’a engrossé (bien entendu, aussitôt dit, aussitôt fait!). Et donc on assistait à l’accueil du bébé dans leur vie d’ado. Ils étaient naïfs, maladroits, inconscients, mais finalement assez touchants. Et je vous assure que je ne les ai pas envié un quart de seconde (si ce n’est d’avoir procréer si vite !!!).

Est venu le reportage sur Estelle et Serdar, ce couple qui après des années d’espoirs et de PMA, s’apprêtait à accueillir ses jumeaux… Leurs regards, leurs gestes, leurs larmes… Tout m’a touché !!!! Et eux, oui, je les ai envié !! Parce que leur amour était si beau et si pur… Ils avaient traversé tant d’épreuves ensemble, soudés, que je n’ai pu empêcher de me projeter. Je me suis vue, moi, Julys, avec Chéri, dans cette petite salle de travail, les 4 fers en l’air, en train d’accueillir notre enfant… Et j’ai chialé tout ce que j’ai pu !! Mais ce n’était pas des larmes de tristesse ou de désespoir. Au contraire, Estelle et Serdar m’ont donné envie d’y croire et d’espérer, jusqu’au bout. Après 7 ans de combat, ils ont gagné la bataille… Ben moi je trouve ça juste ultra encourageant !!!! Ca n’a fait que me conforter un peu plus dans le « Un jour, je serai maman… »

Tout est question de regard. On a tous la possibilité de changer notre regard sur les évènements. Voir ce couple heureux et se contenter de l’envier, ou se dire qu’après tout, ils sont un bel exemple de ce qui peut nous arriver…

Je vais te faire une confidence: contrairement à ce que tu pourrais penser, je regarde très peu la télé. Je trouve qu’il y a un ramassis de conneries sans intérêt. Mais en ce moment, quand les télécommandes décident de fonctionner (rapport à l’épisode du chat…), j’ai l’impression de capter plein de messages. Comme celui de la catcheuse l’autre jour.

Ben hier, quand on a allumé la télé avec Chéri en début de soirée, après avoir passé la journée à bosser sur notre mariage, je suis tombée sur ça:

Mon ventre vide

Mireille est une femme, à n’en pas douter. Une très belle femme! Après des années de combat, semé de douloureux obstacles (fausses-couche, geu, ablation des trompes, etc…), elle raconte dans ce témoignage poignant comment son couple n’a pas résisté… Comment elle a parfois flirté avec la folie, ayant les idées les plus sombres et les envies les plus folles. Elle envoie un message important: « Oui, on peut vivre le ventre vide tout en étant épanouie ».

En guise de conclusion, elle prodigue un conseil si vrai, si juste, si sage: « Ne vous oubliez pas pendant ce parcours de combattant. Et dans ce « vous », c’est vous, la femme qui traverse ça, et vous le couple. »

A ces mots, Chéri et moi, on s’est regardé les yeux embués de larmes, en tendant nos deux mains l’un vers l’autre.

Je veux porter la vie, définitivement et férocement. Mais pas au prix de ma propre vie… Je ne veux pas que ce désir prenne toute la place et m’emprisonne. Après l’échec de la FIV 2, je me souviens avoir dit à Chéri que j’avais l’impression de gâcher les plus belles années de ma vie. On m’a toujours seriné que la trentaine, c’était les plus belles années. Et à ce moment-là, j’étais submergée par le chagrin… Triste constat, n’est-ce pas?

Je voudrais définitivement parvenir à vivre au jour le jour, ici et maintenant, sans essayer de me projeter dans le passé (source de culpabilité, regret, etc…), ni dans le futur (qui suscite angoisse, incertitude, etc…).

Et aujourd’hui, en ce jour, en cette heure, je continue d’espérer, même si j’y crois un peu moins. C’est déjà pas si mal, non?

 

 

***

 

PS: Alors je te raconte le rdv avec la remplaçante de mon doc !! La nana devait finir sa thèse vu son jeune âge (ce qui, amies thésardes, ne me gêne aucunement, soyons au clair avec ça!). Et je te le donne en mille: elle était……………en cloque !! Là j’ai très vite compris qu’elle ne comprendrait rien… Je lui refais donc tout notre historique, en lui expliquant le transfert, les tiraillements, les pertes, la peur, l’attente… Et là, que me dit-elle?  « Vous savez, le stress, ça n’arrange rien… Souvent, quand les couples arrêtent d’y penser, c’est là que ça marche !! Je connais un tas de couples, quand ils ont adopté, blablabla… » OMG !!!! J’ai gardé mon calme en lui rappelant que nous étions en procédure d’adoption, que je ne m’inquiétais pas le moins du monde sur le fait d’être mère un jour, que simplement, ces « miracles » ne représentaient QUE 3% bordel de marde!!! et que bosser avec des petits dont les parents ne s’occupent pas, en ce moment, c’était juste un peu difficile pour moi… Et je n’ai eu qu’une envie, en sortant, c’est d’y retourner avec le manifeste de Bamp !!!

 

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