« Le plus grand obstacle à la vie est l’attente qui espère demain et néglige aujourd’hui » – Sénèque

Voilà une phrase qui résume bien ce que je ressens en ce moment… Dans l’attente, est-ce qu’on vit? Je n’ai pas l’impression… On conjugue notre vie au futur sans même plus prêter attention au présent ! Et j’ai l’impression que c’est un peu à ça que se résume la vie d’une pmette…

Avec Chéri, on n’a pas vraiment reparlé de l’échéance du 7 mai et de la possible biopsie pré FIV 3. Je crois que d’un commun accord et sans avoir besoin d’en parlé, on a compris que pour le moment, on n’avait pas la tête à ça. Lui croule sous le boulot et moi je croule sous l’envie de vivre sans prise de tête pmesque. Donc ça nous va bien !

Depuis l’échec du dernier TEC, je reprends contact avec tout ce que j’aimais faire avant notre entrée en PMA !! Tel jour, je confectionne de succulents petits plats; tel autre, j’oublie tout et je m’enferme dans une bulle de bien-être en chantant mes chansons préférés pendant des heures. Cet échec est aussi l’occasion de : participer à une journée dédiée au shopping entre copines; improviser des soirées arrosées entre amis; préparer notre déco de mariage; prendre contact avec des constructeurs pour notre future maison; prendre du plaisir à bosser et se sentir plus efficace; visionner des films stockés depuis belle lurette sur notre disque dur; me former et apprendre toujours plus, en vue de ma reconversion professionnelle, faire de jolies rencontres, etc…

J’ignore quelle sera la suite. Ou, du moins, j’ignore quand aura lieu cette suite. A priori, en septembre. On n’aura pas été très reproductif en 1 an, mais franchement, ça m’est complètement égal !! La PMA n’est pas un marathon et le vainqueur n’est pas forcément celui qui franchit la ligne en 1er. Celui qui fait montre d’une bonne dose d’endurance est tout aussi méritant, même s’il s’essouffle un peu plus longtemps. Donc on va arrêter de courir après ce temps qui passe, parce que de toute façon, ça ne changera rien au résultat… Autant arrêter de se mettre la pression et se dire que peu importe que je sois en cloque à 33, 34 ou 35 ans, voire même jamais, l’essentiel est qu’un jour je sois maman !!

Si je regarde le chemin parcouru depuis qu’on a poussé la porte du cabinet de Dr Bisounours, il y a maintenant quasi 2 ans, je suis fière ! Fière d’avoir su me relever, la tête haute, après chaque échec. Fière d’avoir dépassé les moments de doute par rapport à mon couple, en ne laissant pas la PMA me voler mon amour. Fière d’avoir toujours essayé de comprendre les hyperfertiles ou autres maladroits, et d’avoir résisté à la tentation de couper tout lien social. Fière de continuer à espérer, malgré les nombreuses désillusions. Fière de pouvoir toujours rire, aimer et être heureuse. Fière d’avoir toujours essayé de me montrer pédagogue en expliquant à notre entourage leurs phrases déplacées. Fière d’avoir réussi, la plupart du temps, à me raccrocher aux belles choses. Fière d’avoir formulé des vœux pour moi, mais aussi pour mes copines. Heureuse que certains de mes vœux aient été exaucés (Titpouce, 28JEDB, Zappp, Miss Kangourou, Mme Pimpin, To Drop…). Fière, malgré parfois un petit pincement au cœur, de ne pas avoir cédé à l’aigritude et d’être toujours capable de me réjouir pour les copinautes qui montent dans le train et, mieux, celles qui en sortent (Boulle de Mousse). Fière d’être encore capable de me réjouir pour les copines fertiles. Fière de m’être impliquée dans le combat de Bamp!!!! en devenant référente région et en m’impliquant à mon petit niveau pour essayer de faire évoluer les choses. Pour résumer: je suis fière d’avoir autant grandi grâce à la PMA.

Récemment, Bounty écrivait un article sur la PMA qui rend con. Elle a si bien décrit ce qu’on ressent au lendemain d’un échec… Je voulais à mon tour écrire un billet qui montre que, malgré ces phases de découragement et de colère bien légitimes (que j’ai moi  aussi vécu après chaque échec et que je vivrais probablement encore…), la seule chose que la PMA ne pourra jamais nous enlever, c’est notre libre arbitre. Nous avons le choix de réagir de telle ou telle manière, de laisser la douleur prendre toute la place, de se laisser aller et sombrer, en se concentrant toujours sur ce verre à moitié vide. Mais on peut aussi changer son regard, parce que finalement, tout est question de perspective…

Regardez ces images éminemment connues:

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Que voyez-vous? Des musiciens ou un couple de vieux?

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Que voyez-vous? Une vieille dame ou une jeune femme dans la fleur de l’âge?

Parfois, on en vient à oublier la chance qu’on a de juste être vivant, en bonne santé, avec un toit sur la tête, une famille imparfaite mais aimante, des amis qui font de leur mieux et un amour irremplaçable. C’est déjà pas mal, non?

Ca me fait penser à ce naufrage dramatique qui a eu lieu récemment en Corée. Des centaines de morts, pour la plupart lycéens insouciants qui, ne réalisant pas ce qu’ils étaient en train de vivre, plaisantaient de la situation quelques instants seulement avant la tragédie. Qu’auraient-ils fait s’ils avaient pu vivre plus longtemps?

Il y a aussi ce glissement de terrain absolument terrible qui a enseveli un petit village perdu dans les tréfonds de l’Afghanistan. Environ 2000 personnes sont encore portées disparues… Qu’auraient-ils fait s’ils avaient pu vivre plus longtemps?

La vie est fragile et malgré ses turpitudes, elle est bien trop courte pour la gâcher à se morfondre et à se rendre malheureux. A défaut de pouvoir se contenter de ce qu’on n’a pas, contentons-nous de ce qu’on a!

Et vous, de quoi avez-vous vraiment envie dans cette vie?

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