Mots-clefs

Bon, promis, aujourd’hui, je ne ferais pas ma Caliméro again. Nan, j’avais envie de vous parler de ce déjeuner partagé hier avec mes collègues bienveillantes… Forcément, on a parlé don d’ovocytes et stimulation. C’est étrange de pouvoir discuter de Ménopur, Fostimon et tutti quanti avec une PB enceinte à chaque fois en C1 !! Elle voudrait pas me filer ses ovocytes à moi bordel???

Epuisée par les contrôles, les trajets, le traitement…, à chaque fois, je lui dis à quel point je comprends !! Elle a décidé de faire sa ponction sous hypnose. Et là, Elle force encore plus mon admiration… Je n’arrive pas à lui donner de surnom, car Elle est une donneuse anonyme qui n’a rien d’anonyme pour moi.

On a aussi évoqué l’amie pour laquelle elle accepte de donner ses gamètes. La nana en question est mariée depuis 7 ans, en essai depuis 7 ans. Elle a réussi à soudoyer motiver 3 de ses amies à donner leurs ovocytes, ce qui la propulse en tête de la liste d’attente des receveuses !! Sauf que, depuis qu’elle sait qu’elle sera l’une des prochaines, elle a décompensé. Et à l’heure actuelle, elle est hospitalisée en HP… Putain mais la vie n’est jamais simple !!!!

En fait, après des années d’essais infructueux, elle semble terrorisée à l’idée que ça ne fonctionne pas, et à l’idée que ça fonctionne. Elle a peur que la donneuse ne soit pas jolie et vit mal le fait que seul son mari transmette ses gènes à leur enfant. Bref, c’est la panique à bord !!

Alors hier, quand Elle m’a confié tout ça, j’ai eu les larmes aux yeux en salle des profs. Parce que j’ai repensé à cet article dans lequel j’évoquais cette peur de craquer complètement en finissant en HP. Parce que j’ai été touchée par l’histoire de cette future receveuse, qui n’a probablement pas encore fait le deuil du bébé biologique. Parce que je me suis dit que décidément, la vie n’épargnait personne et que peut-être, un jour, ce sera moi, ou toi, ou une autre….

J’en ai donc profité pour évoquer ce qu’on ressent quand on traverse ce parcours du combattant. Entre impuissance, découragement, sensation de vide, peur de la fin (ou du début), épuisement, tristesse, envie… Et j’ai enfin pu leur expliquer mes absences, en leur expliquant que quand on cumule les difficultés, c’est compliqué de tout gérer. Si on fait le bilan, en 6 mois, j’ai enterré un de mes élèves, j’ai vécu un échec pmesque de plus, j’ai cru pouvoir devenir propriétaire puis j’ai compris que ce serait pas gagné, je n’ai pas obtenu de poste, j’ai failli perdre mon Rouroux, j’ai appris que je perdrais prochainement ma minette, j’ai attendu ce putain d’agrément, etc… Bref !!

Et j’ai été touchée par leur réaction emplie d’empathie et de compréhension.

Dans cette petite école perdue aux confins de l’Océan Indien, ce jeudi midi, on était donc 3 femmes, toutes d’âges différents, en train d’évoquer la maternité et la non maternité. Une d’elle, mère de 4 ado, m’a confié que pour les premiers (des jumeaux), ils avaient mis plus d’un an. Ils avaient même, son mari et elle, entamer des examens pour voir s’il n’y avait pas de problème de fertilité. Puis finalement, ils ont été doublement récompensés naturellement. Elle a su si bien expliquer cette impression d’être cerné par des grossesses, cette peur de ne jamais y arriver, etc… Ca m’a touchée… Et je me suis dit que bordel, c’était trop injuste qu’on m’oblige à quitter ce petit cocon professionnel !!!

Voilà, c’était ma petite lueur à moi, dans ces jours bien sombres…

Publicités