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Aujourd’hui, j’ai eu un débat avec une de mes très bonne copine.

Il faut que je vous la présente. Cette fille a été ma témoin lors de notre mariage civil. Cette sublime et lumineuse personne est issue de l’union d’une allemande et d’un algérien. Je vous laisse imaginer le métissage qui en découle… La vie s’est montrée dure avec elle, mais elle porte en elle la même niak qui me fait avancer chaque jour un peu plus loin et du coup, la vie la récompense jour après jour.

Elle est en couple avec un anesthésiste beau comme un Dieu et ils passent leur vie à parcourir le monde en amoureux. Le rêve quoi !!

Aujourd’hui, lorsqu’elle a refusé la bière et la cigarette gentiment proposées, j’ai capté que ça ne lui ressemblait pas. J’ai donc demandé tout de go: « T’es enceinte??? » BINGO !!!

J’ai un peu l’impression d’être cernée… Mais je suis vraiment et sincèrement heureuse pour elle, pour eux… Leur bébé sera juste magnifique, c’est une évidence !!

Cette nana représente un peu l’espoir que même avec des grosses claques dans la gueule, on peut toujours garder le cap et se relever plus fort et plus heureux… Il suffit de s’en donner les moyens et de continuer à y croire…

Elle m’a expliqué qu’ils avaient mis 9 mois et qu’elle commençait à flipper. Puis elle m’a raconté le test positif, les 1ères annonces, etc…

Elle m’a dit que sa grossesse, assez récente (2 mois et demie), était extrêmement difficile pour elle à dissimuler. Qu’elle avait envie de crier son bonheur sur tous les toits, mais que par superstition, ils avaient choisi de ne le confier qu’à quelques personnes.

J’ai moi-même longtemps pensé, comme tout le monde, que les annonces avant 3 mois étaient peut-être risquées, me disant: « Elle est folle cette nana !! Et si… »
Mais depuis que j’ai suivi ma formation en psychogénéalogie, je vois les choses autrement. Pourquoi cacher le bonheur d’être enceinte?

Oui, la vie comporte toujours un risque !! On peut traverser la route demain et se faire renverser par une bagnole. On peut choper une sale maladie et s’éteindre en quelques mois. On peut porter la vie 2 semaines, 3 mois, 6 mois et voir son rêve s’envoler, brutalement, douloureusement…

Mais bordel, en attendant, quand la vie est là, pourquoi ne pas juste se délecter? Est-ce que vraiment ça protège de s’interdire d’y croire? Pour avoir testé: non !! On finit juste avec le remord de ne pas y avoir suffisamment cru et de peut-être avoir influé sur le résultat final…

Bref, donc depuis quelques temps, j’ai changé d’avis. Parce que j’ai la conviction que pour ne plus nier les fausses couches et donner toutes leurs places à ces milliers d’étoiles parties trop tôt, on se doit de ne pas faire comme si elles n’avaient pas exister !!

Parce qu’on mérite de ne pas rester seules avec nos souffrances une fois la vie envolée…

Parce qu’on a le droit de se réjouir, en acceptant que oui, peut-être, ce bonheur reste fragile, mais il est là !!!

J’ai également la certitude que pour faire avancer les choses, on gagnerait à parler davantage de nos parcours, sans honte ni tabou. La PMA, les fausses couches, les traitements, les idées reçues… On est des missionnaires les girls, bordel !! Il n’y a que de cette façon qu’on pourra faire avancer les choses…

Alors oui, si on se sent trop fragiles pour assumer les remarques déplacées ou autres maladresses, c’est sans doute préférable de garder le silence. Mais si on se tait par honte ou peur du regard de l’autre, je crois qu’on fait peut-être fausse route…

Si un jour je suis enceinte, je ne pense pas que je le cacherais… Comment d’ailleurs le pourrais-je, alcoolique comme je suis? Oui, il y aura toujours un risque que je tombe de très haut, mais je refuse de nier le petit bout de vie qui grandira en moi… Il a le droit d’exister, quoiqu’il arrive par la suite !!

Et quand on s’intéresse à la psychogénéalogie, quoiqu’il en soit, même si on n’a pas reconnu ce début de grossesse, elle pourra impacter les générations futures…

Se pose également la question du deuil. Comment faire le deuil de quelqu’un qu’on a empêché d’exister et qui n’a pas été reconnu, par soi et/ou par son entourage? Ca ne peut passer que par la parole… En parler, c’est déjà bien, reconnaitre, c’est encore mieux…

Certains thérapeutes invitent d’ailleurs leur patiente à nommer l’enfant perdu. Je crois que si ça nous parle, c’est peut-être un bon moyen pour commencer à le reconnaitre et le faire exister…

Je sais que nous sommes nombreuses à avoir été confrontée à la perte prématurée d’un enfant, certaine au tout début de grossesse, d’autres bien plus tard…

Mais il me semble important d’évoquer l’après fausse-couche et le pendant-grossesse qu’on sera toutes amenées à revivre bientôt. (« Tou dou dou ! Le paquebot à destination d’Eden est sur le point d’entrer au port… Veuillez préparer vos bagages! »)

étoiles

 

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