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Hier, 5h58. On arrive à l’heure prévue au centre. Le jour vient tout juste de se lever. Chéri me jette sur le trottoir pendant qu’il effectue quelques manoeuvres pour garer son char d’assaut.

L’été arrivant à grands pas, je suis contente de constater qu’avec mon débardeur, je n’ai aucun frisson. Il fait bon! Arrivée devant les portes de la clinique, malgré ce court instant de réjouissance, les larmes me montent aux yeux. Il est 5h58 et 4 personnes sont déjà en train de faire le pied de grue devant les portes, boréal de marde !! 4 nanas qui se sont levées elles aussi à l’aube, dont certaines que j’ai déjà croisées…

Quand Chéri me rejoint, j’ai du mal à refouler mes larmes. J’ai une furieuse envie de prendre mes jambes à mon cou parce que putain, ça aurait dû marcher cette fois et que marde de marde, j’en peux plus de cette attente interminable !! Le plus difficile, je crois que ce n’est plus tant l’attente de l’enfant… C’est l’attente quotidienne pour se faite endochatter, pour se faire piquer, pour voir tel ou tel ponte qui jettera un regard condescendant sur notre dossier… Toutes ces heures passées dans la même salle d’attente ultra climatisée… C’est tout CA qui me sort par les trous de nez…

Si, arrivés au centre, on avait un passe-droit qui nous faisait éviter ces heures d’attente, je crois que ça rendrait les choses beaucoup plus faciles… Quand, hier soir, on a expliqué tout ça à un couple d’amis hyperfertile, ils étaient abasourdis et trouvaient ça insupportables. A qui le dites-vous !!

C’est donc avec plaisir que j’ai répondu au questionnaire laissé par une étudiante sage-femme dans la salle d’attente. Au moins, ça m’a occupé 5 minutes. J’avais envie de la contacter pour lui dire que son questionnaire était très mal pensé, mais bon, je me suis contentée de répondre aux questions.

Puis je me suis plongée dans ce livre que je dévore depuis quelques temps: « Réparer les vivants », de Maylis de Kerangal. Je n’ai donc pas entendu quand Dr Dino nous a appelé. Ce qui l’a fait marrer. Il n’a pas ri longtemps, parce que cette fois, il a bien compris que je n’étais pas d’humeur…

Il était emmardé pour nous. Un nouvel échec !! Oui, celui de trop…?

J’ai ravalé mes larmes en lui disant que je n’en pouvais plus. Que j’en venais à espérer qu’il me dise que ça ne marcherait jamais. Que j’avais envie de passer à autre chose.

Il m’a répondu: « Mais je ne peux pas vous dire ça… Vous avez encore au moins 2 ou 3 tentatives. Si à la fin de ces tentatives, vers juin, on n’a toujours pas réussi, alors, on prendra une décision. Mais pas maintenant! »

« Oui mais c’est si dur de n’avoir aucune explication Dr Dino », lui a-t-on dit en choeur, moi, les larmes aux yeux.

Alors on lui ai reparlé des fragments, de mon frangin et ma frangine, qui ont aussi galéré pour se reproduire, de cette ICSI qui s’est transformée en FIV classique, des ces 40 ovocytes ponctionnés, de l’IMSI…

Comme toujours, il a écouté. Il m’a quand même demandé si j’avais vu un psy. Je lui ai dis que j’avais vu celui avec lequel ils travaillent plus ou moins, suite à la GEU. Sauf que je n’ai pas envie d’aller le revoir. En l’état actuel des choses, il n’y a que moi qui puisse m’aider, j’en ai la conviction profonde. Même le meilleur des psys ne pourra trouver les mots pour me rassurer…

Donc il a repris points après points.

Les pertes d’ovocytes et les fragments sont sûrement liés à la qualité ovocytaire. D’ailleurs, il penche davantage sur cette explication, dans la mesure où on a mis plein de choses en place pour contourner les problèmes implantatoires… Mais c’est compliqué pour lui de nous orienter sur un don, dans la mesure où on obtient quelques blastos…

La piste génétique, il faut creuser. Il nous a prescrit (ENFIN) le fameux caryotype et nous allons rencontrer le généticien très prochainement.

L’ICSI a été choisie parce qu’à FIV 2, ils ont obtenu des embryons et 1 blasto en FIV classique.

Quant à l’IMSI, il m’a dit qu’il y aurait énormément d’attente !! Qu’en effet, on ne pouvait pas exclure cette piste totalement, mais que seul Montpellier faisait de l’IMSI. J’ai alors évoqué Poissy. Il n’était pas au courant, mais m’a invité à les appeler pour avoir quelques informations…

Il pense aussi que ça n’est pas exclu que ce soit lié à la fragmentation de l’ADN, qu’on n’a jamais testé. Mais il nous a dit que de toute façon, si c’était ça, ce qui serait préconisé ce serait a priori le traitement que prend déjà Chéri…

Il a reparlé de Matr*ce L*b, mais pour le moment, on n’a pas eu envie, peut-être à tort… Le truc, c’est que ML semble toujours recommander un peu les mêmes traitements, non?

D’ailleurs, je profite de cet article pour demander à toutes celles qui ont subi une biopsie avec ML de me faire un petit récapitulatif des préconisations qu’elles ont reçu, si possible. Ce serait adorable de leurs parts… J’ai juste besoin de savoir si ça vaut le coup de perdre a minima 400€, sachant qu’en testant les traitements, on peut peut-être réussir…?

Bref, donc pour le moment, on va investiguer davantage. J’ai fait une prise de sang hier pour vérifier tout un tas de pathologies illisibles sur l’ordo. Je devrais avoir les résultats d’ici 3 semaines.

Pour le caryotype, on va prendre rdv dès que possible.

L’idée, c’est d’attendre tous ces résultats avant de lancer le TEC. On laisse donc filer un cycle, et c’est mieux comme ça.

Parce qu’après avoir refoulé mes larmes devant le centre, puis dans le cabinet de Dr Dino, je me suis retrouvée à les retenir une fois de plus au labo. Quand la secrétaire m’a dit: « Je suis désolée, je ne connais pas trop les codes parce qu’on fait rarement ce type de recherches… » Là, je me suis sentie vraiment atypique !! Elles se sont mises à 2 sur le dossier, en me regardant l’air gêné, pour que je puisse enfin faire mon prélèvement sanguin.

L’infirmière, quant à elle, très aimable, m’a demandé pour quels symptômes je faisais ces investigations. « L’infertilité… » Emmerdée, elle m’a demandé si j’avais déjà fait une FIV. « 3… » Là, elle a semblé vraiment touchée que ça n’ait jamais marché. Et, à la fois, ça m’a émue, mais aussi peinée. Parce que finalement, face à mon ventre vide, les gens sont souvent gênés et attristés. Comme moi quoi…

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