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Queen a raison. Je questionne moi aussi, parfois, ce désir d’enfant… Parce que force est de constater que dormir quand on veut où on veut, sans avoir à se soucier du petit Paulo, c’est quand même pas désagréable.

Se balader à poil dans son salon, alors qu’une chaleur humide et accablante vous fait dégouliner par tous les pores. Manger ce qu’on veut, quand on veut, où on veut. S’improviser des plateaux télé avec fromage/charcut/vin rouge, ça n’a pas de prix, pas vrai?

Partir en voyage où que ce soit, sans peur du climat ou des problèmes sanitaires (type palu).

Faire des siestes en plein milieu de la journée sans penser à l’heure du biberon de Clara.

Dévorer des films, des livres, des blogs tant qu’on veut, parce que le temps, on en a à revendre !!

Aller à la plage en début d’après-midi, sans avoir peur que bébé se chope un gros coup de chaud ou, pire, que ça le coupe dans sa sieste et qu’il en devienne relou toute la fin de journée…

Bref, vous l’aurez compris, pour certains aspects, moi aussi, je kiffe notre vie de parents sans enfants !!

D’ailleurs, la perspective de ne pas être en cloque pour les fêtes ne me perturbent pas plus que ça… Parce que je pense à toutes les jolies (mais pas toujours glorieuses) choses que je vais pouvoir faire, manger, boire, pour célébrer cette absence de grossesse.

Après, j’ai bien conscience qu’on devient les parents qu’on souhaite être (quoique, pas toujours, puisque des fois la réalité de la vie nous oblige à nous éloigner un peu de nos idéaux…). Mais rien ne nous empêche, une fois parents, de continuer à sortir, à voyager, à manger ce qu’on veut quand on veut où on veut… Tout dépend notre façon de voir et vivre notre parentalité…

En tout cas, ce que je sais, c’est que, même si la vie à deux, pour toutes les raisons sus citées, me plaît énormément, pour certains aspects, elle me lasse parfois… Plus de 8 ans que Chéri et moi nous sommes ensemble !! Alors, on ne va pas se mentir: oui, la routine s’installe un peu dans notre quotidien… Cette routine qui, souvent, est masquée par l’arrivée d’un enfant, parce qu’on n’a pas le temps d’y penser.

Sauf que nous, encore une fois, du temps, on en a à revendre !! Même que des fois, à certaines périodes (en DPO, en post ponction, etc…), il nous est insupportable tellement qu’il nous semble long!!

Donc on a le temps de constater (enfin je prêche pour ma paroisse hein) que la routine s’est immiscée dans nos vies. Malgré les sorties, les bonnes bouffes et tutti quanti.

Par exemple, le réveil de Chéri sonne toujours à la même heure, 47 semaines par an. Tous les matins, il prend ses 5 bonnes minutes avant de se lever. Puis, non sans avoir déposer un baiser sur mes lèvres asséchées par la nuit, il s’occupe de nos 4 boules de poils. Vide les litières, leur donne à manger, avant d’aller prendre sa douche. Ensuite, il prend son petit déjeuner, prépare son déjeuner et s’en va. Pour ne revenir qu’à la nuit tombée, après une journée épuisante.

De mon côté, les journées de boulot sont assez semblables. Sauf que je finis beaucoup plus tôt que Chéri et que tantôt je prépare ma classe pour le lendemain, tantôt je rattrape mon retard sur les blogs. Pendant les vacances, le rythme est différent en ce qui me concerne. Je me laisse vivre et, en bonne hédoniste, fais ce que je veux quand je veux. C’est plutôt agréable.

Il n’empêche que c’est toujours Monsieur qui s’occupe de vider les poubelles et débarrasser la table. Que c’est toujours Madame qui fait les comptes et prépare la popotte.

Dans cette routine, il y a la vie sexual. Pour certains, la routine consiste à baiser sur commande, juste pour être sûr de ne pas rater une ovulation par exemple. Pour d’autres, qui ont tendance à tenir les comptes, ça consiste à consentir un effort pour ne pas brimer l’autre (« Tu te rends compte, on n’a pas encore forniquer de la semaine??? »)

Pour d’autres, ça consiste à ne plus du tout avoir de vie sexuelle !! Et j’avoue, c’est notre cas… 2 ans et 4 mois que notre aventure pmesque a démarré. Et ma libido est aujourd’hui à -20 sur l’échelle du désir. Je culpabilise énormément. Et j’essaye de comprendre aussi. Qu’est-ce qui a bien pu se passer en 2 ans et 4 mois?

Ben en fait, trop de choses…

Certaines évoqueront les câlins programmés. Oui, ce n’est pas le top du glam. Mais je ne pense pas que ce soit l’explication en ce qui me concerne.

Pour d’autres, l’aspect médicalisé de la procréation est rédhibitoire !! Ca n’a pas été le cas me concernant…

Alors j’ai essayé de comprendre ce qui, pour moi, avait réduit ma libido à celle d’une bonne soeur engagée dans les ordres… Et, hier, on a eu une discussion à ce sujet avec Chéri. Parce que le microkiné m’a dit que parfois, la nature faisait que le médical ne fonctionnait pas parce qu’il fallait attendre que les choses viennent naturellement, justement… Mouais…

Ce à quoi, Chéri, tout émoustillé, adhérait sans aucune réserve !! Tu m’étonnes, John !!

Sauf que ça n’est pas si simple… De mon côté, je n’arrive plus à croire que ça puisse arriver naturellement. Donc ce n’est pas une motivation suffisante pour réveiller ma libido.

Et puis surtout, j’ai compris que j’avais juste l’impression, depuis des années, d’avoir été dépossédée de mon corps… J’ai exposé mon frifri à qui voulait, je me suis faite pénétrer par des sondes sans aucun ménagement, j’ai subi un nombre d’injections incalculable dans le ventre, je me suis inséré des doigts dans le vagin pour y déposer des bonbons gluants… Bref, j’ai l’impression d’avoir été salie.

Alors oui, ça me fait terriblement chier que Chéri subisse les conséquences de tout ça, mais je n’arrive pas à me forcer. Lui-même me dit, dans son infinie compassion, qu’en effet ça ne sert à rien.

Mais du coup, notre vie sexuelle est inexistante depuis des mois, sauf quelques rares exceptions qu’on peut inscrire dans le calendrier…

Je pourrais consulter une sexologue pour évoquer tout ça, mais je ne suis pas sûre d’en avoir envie. D’autant qu’à part en me forçant, je ne vois pas comment « débloquer » tout ça…

Je me souviens avoir déjà questionné une copinaute qui m’avait confirmé que pendant la PMA, pendant la grossesse et après la grossesse, sa vie sexuelle était également réduite à peau de chagrin. Mais, apparemment, depuis, c’était revenu…

Alors je me raccroche au fait que ce n’est pas définitif et qu’un jour, je serai sans doute capable de combler de nouveau mon mari boréal !!

 

libido

Et vous, côté sexe, tout va bien?

 

 

 

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