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Voilà le temps qui s’est écoulé entre le moment où nous avons décidé de faire un bébé et aujourd’hui… Je te l’accorde, ça pique un peu !!

Ce week-end, je vais le passer en célibataire. Chéri sera absent, puisqu’il participe à un salon et qu’il va rentrer à point d’heures tous les jours. Je ne vais donc pas beaucoup le voir, jusqu’à mardi inclus. Et ce matin, au lieu de profiter de lui tant qu’il était là, je me suis montrée juste odieuse. J’ai lu dans ses yeux qu’il ne comprenait pas et qu’il était triste. Alors je l’ai rattrapé au vol et je me suis lovée dans ses bras en lui disant que j’étais désolée, tout en chouinant comme une pauvre fille un peu perdue.

Pourtant, depuis nos discussions, je sens bien qu’il essaye de faire des efforts !! L’autre jour, quand il est rentré du boulot, il a même pris le temps de suspendre un cadeau dans le salon, en faisant en sorte que je ne m’en aperçoive pas. Dans le joli petit sachet en velours rouge, il y avait une jolie paire de boucle d’oreilles sur lesquelles un paille-en-queue en plein vol était gravé.

paille en queue

Un oiseau en plein vol, c’était si symbolique que je n’ai pu m’empêcher de dire à Chéri: « Ca me rappelle tellement la liberté que je voudrais retrouver… »

Il m’a répondu: « J’y ai pensé aussi en les achetant… »

Ce mec est tout simplement extraordinaire !!!! Et dans ces moments-là, je mesure tellement la chance que j’ai de l’avoir dans ma vie…

Le problème, c’est qu’on est tout les deux épuisés. Et du coup, notre couple s’épuise un peu aussi…

La vérité, c’est qu’on a longtemps minimisé notre infertilité. Quand on était en stim simple puis, plus tard, en IAC, on n’était pas inquiets. Chaque échec était difficile, mais à la fois, on ne fondait pas trop d’espoirs sur ces tentatives. Ma soeur nous avait ouvert la voie de l’infertilité et ses 6 IAC avaient lamentablement échoué. Alors, on n’était pas du genre surpris quand la prise de sang pointait un taux BHCG négatif.

Puis vint la FIV 1, celle de tous les espoirs !! Je crois que dans notre esprit, on a vraiment cru que notre parcours s’arrêterait là… Et il s’en est fallu de peu, puisque nous avons pour la première fois eu un taux positif. Faible, mais positif…

S’en est suivi un enfer que j’ai préféré occulté. Et dont je n’ai même pas envie de parler. GEU !! Putain, si seulement cette poussière de vie n’avait pas décidé de jouer à l’exploratrice comme sa mère…

Bref, donc on a été un peu échaudé par cette tentative infructueuse, mais on s’est rassuré, en se disant que ça n’était qu’un putain d’accident de parcours.

Pour FIV 2, j’ai vu toute sorte de spécialistes (ostéo, acu, maître reïki, etc…). On s’est inscrit dans une salle de sport et on avait une assez bonne hygiène de vie. Même que je n’avais pas encore repris la clope !! On s’est donné les moyens, et on y a cru !!! Oh oui, on y a cru… Sauf que VLAN, PAF, BING: on s’est pris une mandale en pleine tronche.

A partir de là, on a commencé à sérieusement douter… Douter de notre réussite, pas de nous !!! Nous, on restait solides comme des rocs. D’ailleurs, pour nous préserver, on décidait de faire une pause d’un an, tout en investissant des projets ultra positifs: mariage, achat immobilier, voyage, adoption… On voulait se battre !!

Ce n’est pas le TEC foireux d’avril qui a entamé notre bonne humeur et notre optimisme. Comme disait Chéri à l’époque: « Ca va marcher! »

Et tu connais la suite… Ca n’a pas marché !! Il ne nous est resté que nos illusions perdues et nos yeux pour pleurer… Nos bras pour se consoler…

Ecrire pour te confier mes doutes m’a énormément apporté !!! Je n’aurais jamais suffisamment de mots pour te remercier… Juste ce petit montage vidéo de piètre qualité (les photos de profil sont vraiment toutes pourrites !!!):

La chanson est celle qui a bercé mon enfance, me laissant croire que la solidarité n’était pas un vain mot…

Je crois que ce qui se joue aujourd’hui dans ma vie, c’est que je suis confrontée au fait que oui, ça ne va peut-être pas marcher finalement, contrairement à ce qu’on a toujours cru. Et forcément, c’est pas très digeste… Tu sais, je n’ai jamais rêvé de devenir milliardaire ou d’être une star de cinéma !! Moi, ce que je voulais, c’était une vie simple…

Je ne rêvais ni de mariage, ni de maison. Je voulais juste trouver l’amour et fonder une famille… Mais je ne me rendais pas compte à quel point fonder une famille est un cadeau de la vie et à quel point chaque grossesse est précieuse !! Je ne réalisais pas tout ça et aujourd’hui, on me demande d’ouvrir les yeux et je voudrais les fermer… Fuir, tout plaquer, pour ne pas voir la réalité en face.

« Ce n’est pas parce que tu changes le cadre que le tableau devient beau… »

Alors oui, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise, puisque tout n’est pas encore fini !! On pourrait se donner du temps pour envisager la suite, sauf que je n’ai plus envie d’attendre. J’ai besoin d’être fixée sur l’issue et d’abréger l’incertitude. Parce que c’est bien elle qui soulève toutes ces questions !!

Lors des entretiens pour l’obtention de l’agrément, j’avais dit ceci à propos de notre couple : « Je suis le feu, il est la glace. » Ca résume bien notre fonctionnement. Je t’avoue que j’avais occulté ces propos, et que c’est l’éduc qui me les a rappelé lors de l’entretien de restitution.

Jusqu’ici, on était donc très complémentaire et je crois qu’on formait un couple très équilibré et équilibrant. Sauf que le déséquilibre de l’infertilité nous rend un peu bancal ces derniers temps…

Mais j’ai toujours comparé l’amour à l’électroménager. Regrettant qu’aujourd’hui, plutôt que de se battre pour réparer la machine, en changeant éventuellement une pièce mineure, on préfère mettre son vieux lave-linge à la déchetterie en investissant dans du tout beau tout neuf. C’est la société de consommation !! Et on en vient à consommer nos amours comme nos vieilles machines… C’est si triste.

Donc pas question d’investir dans du neuf pour le moment !! Je ne peux d’ailleurs pas envisager ma vie sans Chéri…

Je crois qu’il faut surtout que j’accepte l’idée que finalement, fonder notre famille risque d’être beaucoup plus compliqué que ce que je croyais naïvement (oui, t’as raison, il serait temps !!). Il va falloir commencer à envisager notre vie avec, peut-être, l’absence de l’enfant. Qu’on prévoit des plans B…

Sauf que pour le moment, impossible pour moi de me projeter si négativement, puisque rien n’est encore totalement plié et qu’il nous reste des possibles… On va donc aller jusqu’au bout, main dans la main et on avisera après.

Ce que je sais, c’est que si, d’aventure, notre histoire se finissait à deux, ce que je vivrais le plus mal c’est cette peur viscérale de perdre mon amour et de finir ma vie seule… Désespérément seule !!

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