On ne va pas se mentir. Les vacances sont quelque peu éprouvantes.

Déjà, il y a tous ces enfants qui nous cernent, certains pas très bien éduqués, mais qu’on ne peut reprendre sans prendre le risque d’entendre le fameux et non moins célèbre: « Tu verras quand t’auras des enfants! », autrement dit: « Aujourd’hui, tu n’es absolument pas légitime pour l’ouvrir! « 

Ce à quoi je serais tentée de répondre que des enfants à qui j’impose chaque jour les règles de base d’une vie en société, j’en ai entre 20 et 30 chaque année !! Je me suis même attachée à éduquer de jeunes enfants déficients qui présentaient de sévères troubles du comportement…

Bref…

Hier avaient lieu les retrouvailles avec 2 de mes témoins de mariage. Celle qui n’a pu assister au mariage à cause du vêlage, et celle qui a failli ne pas venir à cause de violentes contractions dès le début de grossesse.

Depuis, elles ont toutes les deux mis bas. On a donc passé la journée ensemble.

Avant de les rejoindre, j’ai dit timidement à Chéri:  » J’espère qu’elles ne parleront pas que de ça… »

J’étais loin de m’imaginer que ce serait pire que ce que je redoutais !!!

Déjà, plantons le décor… Arrivés au resto avec 2 minutes de retard, je me suis excusée. La première, Superaman, m’a dit: « Pourtant, vous n’avez pas d’enfant vous! »

Bon, je dois la réhabiliter rapidement. Elle s’est vite rendue compte de sa boulette et a été très gênée, me passant sa main dans le dos en me disant: « Je plaisante… »

Elle était vraiment mal… Le sms que j’ai reçu un peu plus tard me l’a confirmé. Elle s’excusait pour sa boulette. Ça m’a énormément touchée. Qu’elle se soit rendue compte sans que je ne dise rien et qu’elle s’en excuse.

Donc continuons sur le resto. Inconsciemment sans doute, je me suis assise entre les deux jeunes mamans, espérant naïvement que ma présence entre elles les dissuaderaient de parler nuit, layettes, popo…

Et bien sache que je me suis pris une mega claque dans la gueule !! Même Chéri, pourtant très détaché et tolérant, a été scotché.

Celle qui vient de pondre n’a ouvert sa grande bouche que pour poser des questions à la plus expérimentée. Et moi, j’étais entre les deux, me plongeant tête perdue dans le menu et interpellant régulièrement Chéri, à l’autre bout de la table, pour parler de tout et de rien.

À un moment, on m’a collé dans les bras celle qui est née quelques jours seulement avant notre mariage.

Je me suis levée un instant parce qu’elle était agitée et vla ti pas que la jeune maman m’a piqué ma place pour mieux questionner Supermaman.

Bon, je ne vais pas vous raconter dans le détail ce repas, mais j’ai sérieusement dû prendre sur moi…

On est allé boire le café chez la soeur lesbienne de Supermaman. Je précise qu’elle est lesbienne parce qu’elle et sa copine ne veulent pas d’enfant. Et putain que je les ai enviées !!! Être tatas, ça leur suffit…

Quand la jeune maman nous a rejoint, tandis que Supermaman donnait le sein à sa petite, elle a tout de suite dit que c’était aussi l’heure pour sa puce.

Intérieurement, j’ai espéré qu’elle allait se contenter du fauteuil laissé adorablement par Superpapa, mais non !! Il lui fallait le canapé… Je me suis dit: « Elle ne va quand même pas oser me virer moi la pauvre infertile !! »

Ben si…

Et de rajouter,  tout en me piquant le coussin qui calait ma fesse gauche: « Toi tu comprends,  hein, Supermaman! »

Je me suis sentie exclue et totalement inconsidérée. Et j’ai compris 2 choses.

La première,  c’est qu’à l’aube de ma fiv 4,  je risque d’essuyer un dernier échec qui,  toute ma vie durant, m’excluera de ces discussions hautement philosophique.

La deuxième,  c’est qu’être exclue de ça me blessait tout autant que ça me rassurait parce que je n’ai aucune envie de finir comme ça, tellement asservie par un petit être que j’en deviendrais odieuse sans m’en rendre compte. Et inintéressante, puisque je n’aurais pas d’autres sujets de conversation…

J’ai déjà écrit au sujet du statut de femme et de maman, et plus les mamans fleurissent autour de moi, plus je réalise que c’est presque incontournable de s’oublier…

J’ai l’impression que la maternité est une vaste secte et si tu n’en fais pas partie,  ben t’es forcément en dehors du cercle.

Si c’est ça, vraiment, je me questionne sur le fait de le vouloir vraiment…

Ce matin, au réveil, je me suis donc réveillée triste et en colère.

Ce sont mes amies et je ne peux plus tout partager avec elles… Je n’en n’ai pas la moindre envie.

Super comme début de journée, n’est-ce pas?

Bon, sur ce,  je dois te laisser. On va passer la journée et la soirée chez mon beauf, avec les 3 enfants pas toujours bien élevés.

Et qu’est-ce qu’on dit?

Youhouuuuuuu

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