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Hier était prévu de longue date le rendez-vous avec El ProfessOr, sur Lyon.

La journée n’avait pas très bien commencé puisque je me suis réveillée avec une atroce douleur aux cervicales qui m’a obligé à me droguer aux antalgiques. Et, pour couronner le tout, il n’y avait plus d’eau chaude chez mon paternel, où nous avons élus domicile durant notre séjour.

Rdv gynéco sans douche,  tu la visualises la scène un poil gênante?

L’avenir me dira que j’aurais pu ne pas me laver de quinze jours, ça n’aurait pas changé grand chose…

Moi qui crois beaucoup aux signes, je commençais à me dire que ces poisses signifiaient:  » Stop !! Arrêtez de vous entêter avec tout ça… »

On a malgré tout foncé chez mes beaux-parents pour se pomponner, avant de rejoindre quelques amis lyonnais pour le déjeuner.

J’ai été très émue de mettre des visages sur des mots et ça m’a confirmé que malgré la fugacité du moment, quand on se sent bien avec quelqu’un virtuellement, ça ne peut que se confirmer IRL.

Je souhaite le meilleur à vous qui reprenez le chemin de la PMA et j’espère de bonnes nouvelles pour chacun d’entre vous très vite.

Je n’oserais te narguer en te disant que j’ai également eu l’honneur et le privilège de rencontrer Babyack. Calme comme un ange et beau comme un coeur, il est bien moins velu que sur les photos.

J’ai été déçue qu’il n’ait pas de bonnet à cornes. Un mythe s’est effondré.

En tout cas, je lui souhaite une longue et belle vie remplie d’amour. Mais il n’en manque définitivement pas !

Merci à toi Chastar pour ta petite attention. Ça m’a vraiment touchée…

Bon, place au compte-rendu médical.

On est arrivé avec un peu d’avance à la clinique, avec la chance habituelle de ne pas tourner pour trouver une place juste devant l’entrée de cet immense labyrinthe.

Nous, pauvres insulaires habitués à un petit établissement,  on a eu l’étrange impression de passer de la petite entreprise familiale à la multinationale.

Quand on a pénétré dans le secrétariat,  pour annoncer notre arrivée, on a été ébahi par ces centaines de faire-part de naissance recouvrant les murs. Ça n’avait rien d’oppressant et on était subjugué. Ça donnait vraiment envie de se projeter…

Bon, on nous avait très bien décrit le doc, ce qui fait qu’on l’a immédiatement reconnu, derrière son gilet blanc en peau de mouton (il aurait perdu des points aux Reines du Shopping! ).

On est passé avec quelques minutes de retard, juste le temps de faire trois parties de Yam’s. À savoir qu’habituellement, on a le temps de lire le journal, consulter nos mails, organiser notre semaine, lire un peu et faire 15 parties de Yam’s !

Quand il nous a reçu, il nous a fait ce petit signe du doigt sans piper mot, nous invitant à le suivre. J’ai souri. Nous voilà parti à le suivre au pas de course dans le couloir de l’hôpital.

ElProfessOr, on ne peut pas lui enlever, a un énorme charisme !! Sûr de lui, il sait où il veut t’emmener et n’y va pas par quatre chemins. Il a regardé vaguement notre dossier avant de nous dire:

 » Il manque le test de fragmentation de l’ADN et le MSOME pour Mr. « 

Pas peu fière, je lui annonce qu’on avait anticipé et que Mr a rdv mercredi matin. Étonné, il me demande qui nous l’a prescrit. Quand je lui dis que j’avais demandé à Dr Dino si ce serait pertinent, il me coupe la parole en me disant que c’est indispensable. Qu’on peut,  comme me le disait Carotte, avoir un super spermo et un ADN fragmenté ou des résultats catastrophiques au MSOME. Que si les résultats n’étaient pas terribles, Chéri devrait prendre un puissant antioxydant (« Oxyb*ane, c’est de la merde », selon lui) et subir une échographie testiculaire pour vérifier qu’il n’y a pas de varicocèle. Là où Dr Dino nous affirmait qu’il n’y avait aucun risque…

Quant à moi, il m’a prescrit une prise de sang pour vérifier mes AC anti nucléaires. Je vais donc la faire aujourd’hui.

Pour ce qui est du protocole, il introduirait Synarel et garderait Gonal. Menopur, il ne veut pas en entendre parler, « C’est des conneries. « 

Quand je l’ai questionné sur les fragments embryonnaires et les pertes, il a balayé ça en me disant: « Vos ovocytes, vu votre âge et votre Amh, sont parfaits Mme! C’est la fiv qui est responsable. « 

J’ai été un peu désorientée… Selon lui, le taux de fragmentation embryonnaire est davantage imputable aux conditions de culture qu’aux ovocytes.

Quant aux pistes liées à l’implantation, il n’y croit pas non plus. Un embryon qui veut s’implanter s’implantera.

Je suis donc sortie dubitative. D’un côté, il a l’air sûr de lui et m’a affirmé qu’on y arriverait quoiqu’il arrive. Ce qui est aussi le discours de Dr Dino. À la différence qu’il nous a dit que vu que c’était un centre universitaire, on ne serait pas limité par la sécu pour le nombre de tentatives.

On lui a dit qu’on n’était vraiment pas certain d’aller au-delà de fiv 4, parce que c’était vraiment éprouvant. Et il nous a dit, preuve à l’appui, en nous montrant ses stats, qu’en même temps, avec des blastos, il nous donnait plus de 50% de chances. Qu’il faudrait donc sûrement en faire plusieurs.

Dans mon esprit, je me suis dit que si on ne changeait pas de protocole, ça ne vaudrait pas forcément le coup d’engager tant de frais pour faire une tentative si loin de chez nous.

Mais il a eu un argument convaincant.  » J’ai travaillé en Guadeloupe. Allez, combien de fiv sont pratiquées chez vous par an? 200? 300? Ici c’est 2000! Et on a d’excellents résultats! « 

D’un point de vue logistique, il faudrait qu’on soit sur place pendant 2 semaines maximum. « Je suis habitué à travailler à distance. J’ai des patients du monde entier! « 

Tant d’arrogance nous a fait marrer avec Chéri. C’est un sacré personnage !!

Qui a convaincu immédiatement ma moitié. Moi, je ne sais plus à quel saint me vouer.

C’est vraiment difficile cette dernière ligne droite. Surtout quand on nous dit que le chemin peut encore être beaucoup plus long que ce sur quoi on s’était projeté au début des essais…

On va donc passer les examens prescrits. Attendre les résultats. Aller voir ce qu’en dit Grenoble et ce qu’ils proposent. Et éventuellement rencontrer la ponte parisienne.

On avisera après tout ça. L’important sera d’être capable de prendre la décision la plus éclairée possible et de suivre notre intuition, comme on l’a toujours fait jusqu’à présent.

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