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Mai 2013.

Suite à la GEU, après des semaines durant lesquelles on a côtoyé l’enfer sans vraiment s’en rendre compte, c’est décidé: on va proposer notre candidature (oui, oui, comme si on voulait un job) pour devenir parents adoptifs. Chéri vient juste de réaliser qu’après tout, peu importe comment on sera parents : l’essentiel c’est qu’on ait notre enfant un jour…

Juin 2013.

On se marie dans la précipitation mais c’est l’occasion de faire une des meilleures fêtes de notre vie, ici, sur le caillou, entourés de nos amis, dans notre jardin. Notre ami DJ est au top et l’alcool coule à flot !! Et je suis fière parce que j’ai confectionné moi-même ma pièce montée en macarons et toute la déco et que je croule sous les compliments.

Entre septembre 2013 et mai 2014.

C’est l’enquête sociale. On y va sans la moindre pression, persuadés qu’on sera d’excellents parents. On prend tout ce qu’il y a de positif à tirer de ces entretiens et c’est l’occasion de se redécouvrir à chaque fois. On fait le point sur nos histoires personnelles et sur notre histoire de couple. On se questionne sur la parentalité adoptive, sur la rencontre avec notre futur Espoir, sur son profil… Parce que oui, un peu comme au supermarché, on nous laisse entendre qu’on peut choisir le sexe, la couleur, l’origine, la santé de notre futur enfant. Sauf qu’on ne vient pas faire nos courses et qu’on a confiance en l’avenir… Du coup, on se fout bien de son sexe, de sa couleur, de son origine !! La seule limite qu’on se fixe, c’est en reconnaissant qu’on ne se sent pas capable d’élever un enfant porteur d’une maladie incurable. Il ne faut pas déconner !! Malade, pourquoi pas? Mais il faut que ce soit curable… On en aura suffisamment chier pour ne pas prendre le risque de se voir arracher notre Espoir trop vite…

D’ailleurs, ça me fait penser à cette histoire si triste…

Don d’organe: L’impossible décision d’un père pour sauver une seule de ses filles

Comme quoi, on n’est jamais à l’abri de rien !!

Août 2014.

Voici venu le mois le plus riche en émotions de cette dernière décennie. Notre cérémonie laïque est à la fois simple, émouvante et remplie d’amour. De nos amis, de nos familles réunis… Un vrai instant de plénitude suspendu dans le temps ! Quelques jours avant le jour J, on reçoit l’appel tant attendu. Celui qui nous accorde le droit de postuler à l’adoption. On obtient notre agrément « à l’unanimité », selon les dires de Mme Bienveillante. C’est chouette, mais on n’en prend pas encore pleinement la mesure…

Août à Décembre 2014.

C’est le temps de FIV 3 et de son TEV chaotiques… 4 mois pour en venir à bout, après maintes et maintes péripéties… On nous demande à plusieurs reprises où on en est côté adoption. La réponse est: « Nulle part !! » Ben oui, une fois l’agrément en poche, on attend… Encore et encore !! Ayant fait le choix d’une adoption en local, on n’a aucune démarche à accomplir… Juste attendre le fameux appel… Et ça peut prendre un certain temps… 2 ans, 3 ans, voire beaucoup plus… Tout dépend du nombre d’accouchements sous X en fait…

Décembre 2014 à Janvier 2015.

On passe des vacances métropolitaines inscrites sous le signe des fêtes de fin d’année et des nouvelles investigations pmesques. C’est le mois de la grosse claque en pleine tronche. Le mois de l’échec du TEV, qui signe le passage à la tant redoutée FIV 4. Le mois aussi du diagnostic, après 2 ans et demi de PMA… Et, paradoxalement, c’est le mois où on recommence à investir notre projet adoptif… Grâce à un livre commandé quelques semaines plus tôt sur internet et qu’on a fait livrer chez mon paternel. L’auteur, Géraldine Fur, est une photographe au regard si juste; qui sait saisir les instants les plus intimes pour les transcender et les figer sur papier glacé… On lit tous ces témoignages et on se rend compte que, contrairement à tout ce qu’on peut entendre de négatif au sujet de l’adoption autour de nous (tu sais, toujours le cousin de la voisine du boulanger, qui, tu comprends, a adopté avant que Mme tombe enceinte miraculeusement et qui en chie des ronds de chapeau avec son petit… comment dire?… son petit noir!), il existe vraiment de très belles histoires d’amour et d’adoption réciproque !!

Je précise que tous les bénéfices de ce petit chef d’oeuvre sont reversés à AEC action Enfance Cambodge.

Février 2015.

Chéri m’a confié récemment, dans son journal des ressentis qu’il m’écrit ponctuellement, que finalement, il commençait à ressentir l’envie d’entreprendre des démarches à l’étranger… Ce qui, en début de parcours, était inenvisageable !!

J’avoue que je serai tentée… L’idée de voyager, d’aller chercher notre enfant au bout du monde… Mais je crois je me questionne énormément sur le déracinement, sur le coût, sur le temps et l’énergie à mobiliser… On n’est pas vierge dans ce projet d’enfant… On s’apprête à sortir de 3 ans de PMA et de 4 ans d’essais !!! Autant dire qu’on est déjà usé et bien usé…

Bref, je voulais donc apporter une vraie réponse à tous ceux qui me demandent ponctuellement où nous en sommes. Je répondrais donc toujours: « Nulle part… », en rajoutant « …mais on avance. »

On doit prochainement reprendre contact avec Mme Bienveillante pour qu’elle vienne visiter la maison jaune et mettre notre dossier à jour. On en profitera pour lui demander où on en est aujourd’hui en terme de chance…

Je crois qu’au final, peu importe l’avenir… Aujourd’hui, ici et maintenant, je suis persuadée qu’on fera de très bons parents. Et on n’a pas besoin de porter notre enfant durant 9 mois pour l’aimer depuis déjà de longues années…

Avant de clore ce billet, je voudrais partager avec toi ce magnifique diaporama de Géraldine Fur:

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