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Ces temps-ci, tu le sais, je me questionne énormément sur la vie, sur l’amour, sur la PMA, sur la parentalité, sur le désir d’enfant, sur le sens que je dois donner à tout ça. Alors pour compenser tout ce cogitage, je fais des listes !! Et vraiment, ça me fait un bien fou ces listes…

Mais tu imagines bien que les listes n’ont pas de pouvoir magique !! Oui, elles m’aident vraiment à prendre du recul et à relativiser, tout en portant un regard sur le verre à moitié plein. C’est donc précieux. Mais pas magique…

Je me souviens avoir ouvert ce blog suite à l’échec de FIV 2. J’avais l’impression d’être une petite jeune dans ce parcours. Parce que la vérité c’est que j’ai vécu les mois de stim simple, les 4 IAC et la 1ère FIV avec une forme d’insouciance. Je n’étais pas inquiète ni angoissée par l’avenir qui s’offrait à moi, puisque j’ai toujours été confiante et positive, même dans les pires moments de mon existence.

A 17 ans, dans une lettre posthume adressée à ma mère, j’écrivais ceci: « Fais confiance en la vie, elle te le rendra au centuple. »

J’ai bientôt 34 ans et force est de constater que j’ai perdu mon insouciance… Je confiais récemment à Chéri que je n’avais plus confiance en rien: ni en lui, ni en moi, ni en nous, ni en la vie. Pourtant, j’ai compris il y a quelques jours que si, j’avais encore confiance en lui (plus qu’en quiconque), en moi, en nous. Mais plus en la vie, c’est vrai…

Pourtant je l’aime cette vie !! A croire que c’est elle qui ne m’aime pas…

Donc comment faire quand on n’a plus confiance en la vie…?

Et ben figure-toi qu’à défaut de reprendre confiance en elle, je vais apprendre à ne plus rien attendre. De rien ni de personne.

Je suis convaincue que c’est la seule voie pour être vraiment heureux.

Ne pas s’attendre au pire, ni s’attendre au mieux. Juste ne rien attendre du tout et vivre ce qui se présente comme on peut.

Parce que oui, quand tu attends, d’une certaine façon, tu es concentré sur l’avenir, même proche, mais pas sur l’instant présent. Et ça laisse la porte ouverte à bien des déceptions et bien des inquiétudes…

Et ne me dis pas qu’il faut y croire: ça me fâcherait… Ce « il faut » injonctif, mis en lien avec « y croire ». Croire en quoi au juste ? Et si je ne crois pas assez fort, c’est ce qui expliquera le possible échec ? Tout ça n’est pas une question de croyance, parce que dans le fond, qu’on y croit ou pas, je reste absolument persuadée que si un embryon doit s’accrocher, il s’accroche. Point barre ! Il faut accepter qu’on ne maîtrise rien de rien…

Si on a envie d’y croire parce que ça nous fait du bien : tant mieux ! Si on a peur d’y croire et qu’on préfère se protéger : tant mieux aussi ! Au final, peu importe : l’essentiel est de faire ce qu’on peut comme on peut…

Je crois que l’objet de notre attente devient parfois tellement envahissant que malheureusement, on croit qu’il va conditionner notre bonheur. Mais je pense qu’on fait fausse route… La preuve, certaines grossesses, pourtant tant attendues, ne sont pas forcément la clé du bonheur !! Au contraire, elles peuvent générer angoisse, peurs, colère, culpabilité…

Un jour, lors d’un stage, la formatrice avait dit ceci : « On dit souvent que l’espoir fait vivre, mais l’espoir fait surtout attendre et est source d’incertitude. »

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Bref, tous ces questionnements sur l’avenir, forcément, je me dis parfois qu’ils ne m’auraient pas autant obsédée si je n’étais pas à l’aube de notre quatrième et dernière FIV… Ca me semble évident !! Peut-être qu’on se serait posé d’autres questions, évidemment !! Mais je ne suis pas certaine que j’aurais remis l’intégralité de ma vie en question à ce point.

Parce que finalement, et je l’avais déjà évoqué, ce qui rend nos parcours si douloureux, c’est que l’infertilité nous prive de ce besoin fondamental, quasi animal, qui consiste à transmettre la vie !! Sans possibilité de donner la vie, on se sent un peu comme amputé d’une partie de nous-mêmes: cette même partie qui s’est éteinte au fil des taux de BHCG dramatiquement négatifs…

Donc forcément, quand je pense à l’avenir tout proche, je me rends compte qu’on touche à la fin de cette histoire. La PMA sera bientôt derrière nous. Et bon sang que c’est angoissant !!!

Mais l’histoire ne sera pas terminée et ce sera à nous de mettre tout en œuvre pour écrire une jolie suite… On commence à l’envisager, à essayer de se projeter timidement sur l’après…

En tout cas, la certitude que je suis en train d’acquérir ces derniers jours, c’est que ce blog s’arrêtera très certainement avec l’arrêt de notre parcours.

J’ai été très attentive tous ces longs mois aux questions que toi, toi ou toi vous vous posiez lorsque vous montiez dans le train (oui, heureusement, vous avez été nombreuses) et que vous ne saviez plus quoi faire: rester, partir? Je ne m’étais jamais interrogée sur le fait de rester ou partir jusqu’à présent, parce que quelque part, je me disais naïvement que ça n’était qu’une question qu’on se posait quand on obtenait enfin son ticket. Insouciante jusqu’au bout la nana !

Sans doute que vous vous questionniez davantage par souci de préserver celles qui étaient restées à quai, que par rapport au besoin que vous aviez de continuer à écrire la si jolie suite de l’histoire…

Aujourd’hui, si pour moi l’arrêt de ce blog semble inéluctable et évident, c’est sans doute parce que, un peu égoïstement, je pense à mon propre besoin en priorité.

Et évidemment qu’en cas d’échec, j’aurais besoin de me reconstruire. Guérir de ces 4 dernières années qui auront été riches en émotions !! J’ai eu mal, souvent. J’ai appris, beaucoup. J’ai aimé, passionnément. J’ai grandi, démesurément.

Mais comment guérir de la PMA en restant dans ce milieu que j’aurais quitté l’âme en peine ? Je le sais : il y aura un décalage réel entre toutes celles qui commenceront l’aventure ou qui la poursuivront, et moi, restée le ventre vide…

Ca ne signifie évidemment pas que certaines ont moins ou plus leurs places que d’autres !! Loin de moi cette idée !! Simplement, je crois qu’à un moment, il faudra que je laisse la mienne et que je m’en aille sur la pointe des pieds, comme je suis arrivée…

Et puis, on ne va pas se mentir : le fossé existe déjà. C’est incontournable… Même dans ce microcosme qu’est la blogo PMA, alors qu’on vit tous le même manque au départ, il y a forcément un décalage qui se crée au fil du temps, des réussites et des échecs. Je dis ça sans amertume aucune !! C’est un simple constat. Constat qui ne m’empêche pas d’être heureuse pour toutes celles qui ont eu plus de chance que d’autres. Vraiment.

Ca montre aussi aux « jeunes » pmettes que oui, boréal, le plus souvent, ça marche !!!

Je dois avouer d’ailleurs que, parfois, le fait d’appartenir à la classe de la loose, ça me fait non seulement me sentir vieille dans ce parcours, mais en plus ressentir très subrepticement une once de culpabilité à l’idée que certains lecteurs tombent sur ce blog et se disent, un peu paniqués: « Oh putain, pourvu qu’on n’en n’arrive pas à là! »

Oh oui, je ne le souhaite à personne…

Mais bon, place au positivisme: ne pensons pas à demain et profitons d’aujourd’hui !!

Voici une chanson qui met la patate*, parce qu’après tout, jusqu’à preuve du contraire, le combat n’est pas (encore) terminé. Au passage, mate la détermination du groupe à avancer !!

* à écouter sans modération !!

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