Voilà, je suis de retour et j’en suis RA-VIE !! Une journée de plus, et je crois que je sautais dans un précipice mafatais tant je n’en pouvais plus…

C’est bien simple: je viens de passer le séjour le plus cauchemardesque de ma vie. Mais comme je ne parle plus d’échec mais d’expérience, malgré tout le négatif que m’aura apporté cette petite parenthèse désenchantée, j’en tire un immense positif.

Le plus important étant que Chéri m’a énormément manqué durant cette semaine de séparation… Oui, oui: c’est extrêmement positif de ressentir le manque de l’autre !!

Niveau temps: rien à redire !! Je reviens même avec de légers coups de soleil… En revanche, niveau ambiance: AU SECOURS !!!! C’est en ces termes que j’ai contacté à plusieurs reprises Chéri par sms pour lui compter mes malheurs…

Bon, pour commencer, il faut que je te brosse le tableau. Imagine trois nanas, dont deux qui ont un réel besoin d’évasion, pour des raisons différentes. L’une qui, ne s’étant jamais éloignée de ses enfants (l’aîné a bientôt 10 ans) plus d’une journée, est à saturation. Elle éprouvait, avant notre départ, un intense besoin de souffler loin de son mec pervers narcissique et de ses deux chiards. L’autre (moi), qui en a ras le bol de focaliser sa vie sur un enfant absent…

Bref, nous voilà donc parties en tête à tête durant les deux premiers jours. Dès le départ, elle s’est montrée négative… Le plus jeune de ses fils était franchement malade (un gros rhume…): j’arrivais à comprendre son inquiétude. Mais du coup, la conséquence a été qu’elle n’a pas profité deux minutes de ce charmant petit gîte niché au milieu de nulle part, tant elle était inquiète de la façon dont son homme allait gérer la situation. Et pas loupé !! Dès le deuxième jour, le dit homme lui envoie un message en disant qu’il a donné triple dose de médocs au gosse pour qu’il le laisse dormir. WTF?????

Et de dire (je cite) qu’il en a rien à foutre que son gamin soit malade mais que lui va craquer car il manque cruellement de sommeil (soit dit en passant, le mec est insomniaque). Que cet enfant est (je recite) un cauchemar !!

Alors tu le vois le plan? La copine en pleine crise de nerfs, en train de me demander de la ramener chez elle pour qu’elle emmène son gamin chez le doc parce que son mec refuse de le faire (le gamin simule, tu comprends…) et qui me dit que cette fois, elle va vraiment le quitter…

J’ai fini par lui proposer qu’on annule les vacances, vu comme ça partait, parce que tu vois, au risque de paraître totalement égoïste, étant en mode survie moi-même, je n’avais besoin que d’une chose: du PO-SI-TIF !!! D’ailleurs, j’ai sans doute été un peu cash, mais je lui ai aussi dit que si cette fois elle retournait avec lui comme si de rien n’était, alors que ses gamins sont clairement en danger, je m’éloignerais d’eux (et d’elle) pour me préserver.

Les nuisibles: OUST !!! Du balai !!! J’ai mon Bonheur à construire moi nan mé o !!!

Bref, je vous passe les détails… On finit par retrouver la troisième acolyte et sur l’instant, ça fait un bien fou !! Sauf qu’elle aussi, elle se retrouve vite le moral plombée par la sempiternelle décision réchauffée de notre amie. Ce qui fait que le lendemain, ça n’était déjà plus autant la joie…

Après une randonnée éprouvante mais qui nous a vidé l’esprit, nous voici au calme dans un des plus beaux endroits du caillou… Un petit paradis auquel on n’accède qu’à pieds ou en hélico pour les feignasses.

Face à nous, imposant, se dresse le plus haut sommet de l’île !! On a la chance d’être aux premières loges pour contempler le coucher et le lever du soleil sur cette montagne majestueuse.

Heureusement, on ne parle pas trop des histoires de coeur des unes et des autres. On se contente de profiter des paysages.

Sauf que vient l’heure de programmer la journée. J’avoue que ne dormant plus du tout que très peu depuis quelques mois, j’envisageais vraiment une journée farniente, dans cet endroit du bout du monde, loin de la ville et de son tumulte. En mode contemplatif: petite balade bucolique, pour prendre des photos par ci par là, tout en prenant le temps de discuter au gré des rencontres que nous ferions en chemin… Genre pas la rando sportive quoi !!! D’autant qu’on avait déjà marché 3h avec 900 m de dénivelé positif, qu’on allait devoir se retaper sur le retour le lendemain…

Bref, finalement, on n’était pas du tout sur la même longueur d’ondes !! On s’était décidé pour une rando plutôt courte qui nous laisserait le temps de faire une petite sieste l’après-midi.

J’ai donc demandé mon chemin à notre hôte qui a bien insisté en disant que si on passait devant tel gîte, c’est qu’on était allé trop loin. Tu connais le film « Les randonneurs »? Ben c’était un peu ça… L’énervement m’a vite gagné quand elles n’ont pas voulu m’écouter lorsqu’on est passé devant le dit gîte-trop-loin et que je leur ai dit qu’on devait faire demi-tour. Mesdames ont pris la liberté de tracer malgré mes avertissements !!

J’ai commencé par les suivre, puis, résultat, exaspérée, j’ai fini par me poser sur un rocher, à côté d’une rivière, en me disant qu’elles continueraient sans moi mais que je profiterai de la douceur des lieux. C’était avant qu’elles réalisent qu’on avait fait un détour d’une grosse vingtaine de minutes parce qu’elles ne m’avaient pas écouté.

Et les voilà qui ne m’attendent pas et qui tracent dans la bonne direction !! J’ai fini par leur fausser compagnie sans quoi j’allais perdre définitivement tout le bénéfice de ces vacances…

Du coup, je suis rentrée au gîte ti lamp ti lamp (comme on dit ici), prenant le temps de me poser dans les endroits qui me plaisaient, de marcher à l’allure que je voulais, de prendre de belles photos des paysages… Bref, de PRO-FI-TER !!!

Je t’avoue qu’au début, je pestais sévèrement. Je les trouvais tellement égoïstes que j’étais excédée (j’ai oublié de préciser que je me suis blessée au pied sur le trajet aller et que c’est aussi et surtout pour ça que j’ai fini par faire demi-tour: elles n’en n’ont eu cure!!). J’ai même dû appeler Chéri en plein milieu d’une forêt tropicale désertique, pour lui compter mes malheurs…

Finalement, à moitié en larmes, j’ai réalisé que j’avais vraiment envie de m’enfermer dans une bulle avec lui, loin du monde, sans tous ces autres que je trouve trop souvent égocentriques et égoïstes…

J’ai donc marché seule, comme une âme en peine. Et très vite, j’ai réalisé à quel point c’était plaisant !! Je me suis même sentie forte, notamment lorsqu’il a fallu passer un « obstacle » qu’accompagnée, à l’aller, j’avais eu du mal à surmonter. Seule, j’étais plus téméraire et surtout, je faisais ce que je voulais comme je le voulais, à mon rythme, sans avoir besoin de rendre de comptes à qui que ce soit.

En chemin, je me suis alors arrêtée dans un snack pour boire une boisson fraîche et papoter avec quelques personnes. J’ai même été ravie lorsque la fille des propriétaires est venue s’asseoir en face de moi en me demandant si je voulais jouer au Uno !!! Finalement, je lui ai proposé de lui apprendre à jouer au Yam’s (j’ai toujours des dés dans mon sac, parce qu’en voyage, ça occupe et que c’est léger et pratique à transporter…). On a passé un super moment et c’est totalement rassérénée que j’ai regagné nos pénates !!

Heureusement qu’il y a eu ces doux instants, sans quoi, j’aurais retrouvé mes deux associables (elles n’aiment pas les gens et critiquent tout le monde tout le temps…) en mode totalement vénère…

La dernière nuit approchant, il fallait programmer le voyage retour. Là encore, ça a été épique !!! Je ne rentrerais pas dans les détails, mais vraiment, j’ai eu le sentiment qu’on n’écoutait que le besoin de ces divas et que le mien on s’en tamponnait. Pas faute d’avoir exprimer ce que je voulais hein !! Et dire que c’est moi qui conduisait…

Et pour cette dernière soirée, l’une était en mode « Je veux voir mes enfants parce que je ne supporte plus mon mec totalement psychopathe mais que je suis incapable de les protéger » et l’autre « Je ne veux pas aller à cette compet de sport avec cet entraîneur hystérique qui nous rend tous totalement névrosés »… Youhouuuuuuuu !!!!

C’est bien simple: je n’avais qu’une hâte, me débarrasser de ces deux personnes ô combien négatives et retrouver mes boules de poils et mon amoureux.

T’imagines quand même qu’à aucun moment je n’ai pu me confier sur certaines difficultés que je traversais, parce que les deux étaient trop préoccupées à se complaindre de leurs malheurs !!! Alors qu’il y a une différence fondamentale entre une situation qu’on choisit de subir (un mec trop con, un entraîneur hystéro) et une situation sur laquelle on n’a absolument aucune maîtrise (la PMA…).

Finalement, j’ai largué mes deux divas à l’arrache dans un snack où l’une devait être récupérée par son équipe de sport à la con et où l’autre devait retrouver ses enfants. Je devais la récupérer plus tard en chemin et j’en ai profité pour aller passer du temps avec ce couple d’amis qui vient d’avoir une merveilleuse petite fille, dont les sourires, à eux seuls, ont réussi à me redonner le sourire !!

Bref, je ne vais retenir que le positif de tout ça:

1. Je ne repartirais plus JAMAIS avec ces deux-là.

2. Je crois que je me sens capable de partir en voyage seule prochainement.

3. Chéri m’a manqué démesurément.

4. Pendant ce temps-là, les travaux dans notre nid ont énormément avancé.

5. J’ai finalement pu contempler des paysages magnifiques et eu un contact très intéressant pour la suite de notre histoire de gîte…

marilyn

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