Je me souviens comme hier du jour où nous avions posé nos valises dans cette grande et belle maison, des projets et des rêves plein la tête !! Je venais de célébrer mes 30 ans autour d’une soirée déguisée sur le thème « années 80 ». Ce fut l’occasion de fumer mes dernières clopes ce soir-là, puis d’arrêter parce que, tu comprends, on avait dans l’idée d’avoir un bébé…

C’était au mois de juin 2011. L’hiver austral arrivait à grands pas et nous imaginions que l’année suivante nous pourrions transformer notre chambre d’amis en chambre d’enfant.

Durant la première année, nous avons pris soin de décorer notre intérieur. On recevait des amis, dans cette maison du bonheur !! Barbecues, apéros, anniversaires: on ne comptait plus les occasions de faire la bringue… A cette époque, au moindre jour de retard de règle, je fonçais à la première pharmacie du coin pour m’acheter un test de grossesse. Finalement, au fil des mois, j’ai fini par comprendre que la seule utilité de ces tests était de faire couler le sang dans les heures qui suivaient… Ce qui, je te l’accorde, n’était pas totalement inutile.

J’ai commencé à me poser des questions. Et si, comme ma frangine, j’avais des difficultés pour concevoir??? J’ai alors commencé à prendre de l’homéopathie, en vain. Je suis allée chez l’ostéo. Pas mieux ! Ma thérapeute de l’époque m’avait alors conseillé un ami à elle, magnétiseur. Il faisait des miracles apparemment… Point de miracle avec moi malheureusement…

Juin 2012, une ancienne collègue de travail ayant eu vent de nos essais, m’imposait de récupérer son lit bébé parce qu’elle voulait s’en débarrasser. Point le temps de décliner: elle chargeait le meuble dans le coffre de ma voiture sans crier gare.

Remplie d’espoirs, je finis par consulter le centre PMA proche de chez moi, pour m’assurer que tout allait bien. 5 mois de stim simple plus tard, on en était toujours au même stade… Entre temps, à défaut d’accueillir un enfant, on a fini par recueillir deux nouvelles pensionnaires à poils. Je me souviens que pour faciliter leur adaptation dans leur nouveau chez elles, on les avait enfermées quelques jours dans la fameuse chambre d’amis. Chambre dans laquelle on avait fini par monter le fameux lit bébé, parce qu’on avait hébergé quelques semaines des amis avec leur petite d’un an…

Petit à petit, la maison s’est vidée de tout élan de vie… Les bringues ont fini par s’espacer. On n’avait plus vraiment le coeur à festoyer…

Après 3 IAC foirées, en mars 2013, on commençait notre première FIV. Je me souviens de ce jour où, fébrilement, j’ai ouvert les résultats de la prise de sang !! J’étais dans notre salon et je regardais, dubitative, ce taux ridiculement bas, en me disant: « Euh… Ca veut dire quoi??? »

Je me rappelle avoir tourné en rond dans la salle à manger, en appelant Chéri pour le prévenir. « C’est positif, mais… »

Les jours qui ont suivi ont vu notre canapé accueillir des flots de larmes de joie et de désespoir. Un jour les taux augmentaient correctement, et le lendemain, ils stagnaient.

C’est sur ce même canapé, dans cet immense salon dans lequel ne résonnait toujours pas le moindre rire d’enfant, que j’ai reçu toutes mes injections. Celles pour les stimulations, mais aussi celle de méthotrexate qui a mis fin à notre unique petite accroche…

En juin 2013, avec un seul mois à notre actif pour préparer l’évènement, nous choisissions de célébrer notre mariage civil dans notre jardin, au milieu de l’avocatier et des bananiers. Ce fut l’occasion d’une soirée mémorable , sans doute le plus joli souvenir ayant marqué notre vie là-bas.

C’est dans cette grande maison toujours vide de rires d’enfants que nous avons accueilli Mme Bienveillance lors de l’enquête sociale en vue de l’obtention de notre agrément. C’est là-bas encore que j’ai commencé à douter de tout et tout le monde, à commencer par moi et notre couple…

C’est ce lieu que j’ai fini par penser maudit, le jour où nous apprenions que Hercule-Phoenix n’avait pas survécu à la décongélation. Et le même où nous avons nourri tant d’espoirs en ce mois de décembre 2014…

Cette maison, qui avait été un véritable coup de coeur lors de notre première visite, n’abritera jamais le rire de nos enfants… Point de premiers pas dans le jardin fleuri ! Point de première chute non plus ! Et c’est en larmes que j’ai refermé la porte sur ces quatre dernières années de souvenirs parfois heureux, souvent douloureux.

Une page se tourne et c’est à nous d’écrire la suite de l’histoire…

début fin

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