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C’est dur !! Oui, voilà, c’est dit: c’est cruellement dur tout ça !! Je lutte… En permanence… Beaucoup se figurent sans doute que c’est facile pour moi de tenir de beaux discours sur le lâcher prise, le verre à moitié plein ou la quête du bonheur. Peut-être qu’on se dit parfois que je ne suis qu’une donneuse de leçon, oubliant sans doute au passage toutes ces fois où j’ai répété qu’on fait ce qu’on peut comme on peut… Mais je le dis haut et fort: putain, NON, NON, NON, c’est loin d’être facile… Je lutte et je me débats pour en arriver là. C’est un travail de chaque instant et je te prie de croire que j’ai beau tout faire pour essayer de garder la tête hors de l’eau sans sombrer, parfois, comme toi, toi ou toi, je m’essouffle.

D’ailleurs, au moment où je couche ces quelques mots sur cette page vierge, je sens que je manque d’oxygène… Que cette boule dans le ventre prend bien trop de place… Alors oui, je sais ce que c’est d’en chier moi aussi !! Et je le sais depuis des lustres, bien avant la pma… C’est peut-être pour ça que je suis devenue philosophe avec le temps…

Plus on prend de claques, mieux on encaisse les coups.

Je sais donc que la souffrance nous donne parfois envie de tout envoyer valser. De dire merde à qui veut l’entendre en se morfondant dans son coin et en se disant ô combien on est victime d’une effroyable injustice !! On peut même avoir tendance à flirter avec la paranoïa et à se montrer agressif, parce que c’est le seul moyen qu’on a pour cracher notre colère et notre douleur. Je sais tout ça. Je l’ai expérimenté moi-même et je l’ai également vécu à travers ma mère, dépressive chronique…

Sauf que je crois qu’on a aussi parfois tendance à être tellement envahi par sa propre souffrance, qu’on oublie qu’on n’est pas si seul que ça et que finalement, tout autour de nous, on est nombreux à vivre les mêmes galères. Ca n’allège en rien la peine que l’on ressent, puisqu’on est toujours seul face à ce qu’on éprouve, mais pourtant, je crois que c’est important de ne pas se tromper d’ennemie…

En ce moment, j’ai l’impression d’être comme un poisson rouge qui tournerait en rond dans son bocal et qui n’aspirerait qu’à une chose, retrouver de grands espaces pour mieux respirer…

Saut-de-lange

Je me sens prisonnière. Prisonnière de la PMA. Prisonnière de la blogosphère. Prisonnière de ma vie.

Pourtant, oui, je le dis: ça ne va pas si mal que ça, je t’assure !! Probablement parce que je fais tout pour ne pas trop cogiter. Je me lève, je vais bosser, je mange, je m’active dans mon nouveau chez moi, je regarde Breaking Bad et je dors. Et chaque jour je recommence les mêmes rituels, inlassablement.

Je crois que je n’attends plus grand chose de la vie. Ni des autres. Ni de moi-même. J’avance mollement mais sûrement et je vole tous les instants de bonheur que je peux.

Moi non plus, je ne suis pas qu’une pmette. Loin s’en faut !! J’ai d’ailleurs l’impression d’avoir déjà un pied en-dehors de ce parcours et de ne plus être tout à fait une pmette… J’ai souvent lu « pmette un jour, pmette toujours ». Et bien je ne suis pas certaine que ce sera mon cas, pour être tout à fait honnête.

Je crois que je vais avoir un grand besoin de couper avec tout ça. Pas oublier: qui peut? Mais juste passer à autre chose. Reprendre ma vie en main.

J’ai souvent dit que j’avais l’impression d’être spectatrice du bonheur des autres. Désormais, j’ai l’impression d’être spectatrice de ma propre vie. Mais sans douleur. Un peu comme si j’étais anesthésiée. Conséquence des 4 AG en moins de 2 ans peut-être?

Je n’ai aucune amertume vis-à-vis de quiconque et je crois que j’ai dépassé la colère qui m’a longtemps donné envie de crier à l’injustice en me victimisant. En fait, je crois que je suis clairement résignée. J’ignore totalement si la résignation est une forme de lâcher prise et si c’est plutôt positif ou plutôt négatif, mais en tout cas, je n’ai pas du tout l’impression d’aller mal. Ni d’aller bien d’ailleurs. Je vais, c’est déjà ça… Où, je l’ignore, mais je vais !!

Et c’est dans cet état d’esprit que chaque jour j’essaye d’exercer mon métier, avec le plus de niak possible. Sauf que le monde de l’enfance, qu’on voudrait parfois retrouver, n’est malheureusement pas toujours tout rose… Et j’y suis confrontée bien trop souvent !!

J’ai pris beaucoup de recul par rapport à mon métier, pour me préserver. Sans quoi je crois que j’aurais sombré… Et c’est pour cette raison sans doute que je ne t’ai pas parlé de cette petite, en pleine crise de larmes, qu’on m’a demandé de prendre en charge quelques instants tant elle était en détresse. En quelques secondes, on m’a dressé le portrait de l’enfant en question: placée en famille d’accueil, ses deux parents sont en prison. Youhouuuuu !!!

Qu’est-ce que tu lui dirais, toi, à cette gamine qui, à l’aube de sa vie, est déjà si fragilisée par les épreuves? Tu sais ce que j’ai fait? Pour commencer: RIEN !! J’ai accueilli ses larmes et j’ai eu envie de pleurer avec elle… J’ai posé ma main sur son petit corps secoué de soubresauts et je lui ai dit qu’elle avait le droit de pleurer. Que ce qu’elle vivait, bordel, c’était dur !! Qu’elle avait le droit d’en vouloir à la terre entière. Et qu’elle avait le droit de ressentir le manque de ses parents. Qu’elle avait le droit de les aimer, malgré la distance qui les séparait. Tout comme ils l’aimaient très fort. Puis, quand elle s’est calmée, je lui ai proposé d’écrire une lettre à sa maman, en espérant qu’elle puisse lui être transmise dans sa cellule… Je n’ai rien pu faire de plus et pourtant, quelques minutes plus tard, cette puce retrouvait le sourire parmi ses camarades de classe. Elle avait juste été écoutée…

La semaine dernière, il y a eu cette autre gamine, qui avait déjà tenté d’alerter sa maîtresse sur les violences qu’elle subissait de la part de son père… Au petit matin, un parent d’élève a appelé l’école pour prévenir qu’il avait recueilli la petite, encore en pyjama, pieds nus. Elle s’était réfugiée chez eux précipitamment pour échapper à la violence familiale… Les gendarmes sont allés récupérer l’enfant, qui a été hospitalisée plusieurs jours. Depuis, un signalement a été lancé et les services sociaux sont entrés en action.

Aujourd’hui, il y a eu ce petit, âgé de 9 ans, qui a fait un malaise très impressionnant pendant la récréation. Les yeux écarquillés et injectés de sang, il n’avait plus aucune réaction et n’était plus capable ni de répondre à nos sollicitations verbales, ni de serrer nos mains avec ses petits doigts dépourvus d’énergie. On a dû alerter les pompiers, le placer en PLS (Position Latérale de Sécurité) et tout faire pour le rassurer, ainsi que son frère jumeau, totalement traumatisé par ce deuxième épisode en moins de 6 mois…

Bref, vis ma vie de maîtresse !!

Je pars un peu dans tous les sens pour changer, tout ça pour dire que oui, la vie, c’est horriblement éprouvant parfois mais mon seul moyen de continuer à avancer c’est de me raccrocher comme une sangsue à mes putains de pensées positives un peu niaises, parce que c’est mon moyen à moi de survie.

Alors je continuerais à chanter la vie, parce que je ne veux pas me laisser mourir… JE VEUX VIVRE !!! Et je vivrais…

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