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Je connais cette femme depuis des années. C’est elle que je suis allée voir quand j’ai enchaîné plusieurs lumbagos (j’en avais plein le dos…) et c’est elle que je suis allée voir lorsque nous avons débuté les premiers protocoles de FIV. Elle, c’est mon ostéo, Mme Fofolle. La cinquantaine, elle paraît bien avoir 10 ans de moins !! Un corps superbe, svelte et gaîné par des heures de danse, sa grande passion, Mme Fofolle est une vraie pile électrique qui ne compte pas ses heures. Du matin 8h jusqu’au soir 20h voire 21h, elle reçoit ses patients, qui viennent de loin pour confier leur corps entre ses mains expertes.

Mme Fofolle est une incorrigible bavarde, donc je te laisse imaginer nos rendez-vous… Parce que tu t’en doutes, je ne donne pas ma part au chien en terme de bavardages… C’est d’ailleurs les remarques qui revenaient le plus souvent, durant toute ma scolarité, sur mes bulletins scolaires: « Bavarde trop! »

Bref, donc ce matin, une vive douleur au pied, que je traîne depuis la fameuse randonnée à Mafate, m’a amenée à l’appeler en lui demandant si elle pouvait me recevoir. Elle m’a dit de passer à 12h30, soit 15 minutes plus tard. Well, well, well: j’aime Mme Fofolle !!!

Quand je suis arrivée, on a fait le point sur ma vie. Elle m’a demandé comment se passait nos travaux, etc, etc. La dernière fois qu’on l’avait croisé, c’était à Le Roi Merlin. Elle était venue me faire la bise pour prendre des nouvelles, ce que j’avais trouvé adorable. En tant que grande bricoleuse, Le Roi Merlin est sa deuxième maison à elle aussi apparemment… « Et vos envies prennent vie… »

J’ai donc profité de ma visite du jour pour lui dire qu’on allait faire notre dernière tentative en métropole et elle m’a questionnée pour savoir où nous allions, se montrant très intéressée. Il faut dire qu’on vient de la même région: le monde est petit !! Et qu’elle connait bien Lyon, puisque j’ai appris aujourd’hui-même qu’elle a subi plusieurs FIV là-bas…

Et la voilà qui s’est confiée à moi sur son si long parcours, couronné d’échecs, jusqu’à l’ultime échec… Son mari était OATS sévère et il avait une maladie incurable. Ils ont été suivi en PMA de 1993 à 1998. 5 longues années… Elle m’expliquait toutes ces fois où elle se piquait (elle a une formation médicale à la base), en étant reconnaissante de ne pas avoir eu à recourir à une infirmière. Bien que quand elle devait se faire les intramusculaires dans le fessier, elle a admis que c’était parfois galère, parce qu’elle n’arrivait pas psychologiquement à introduire l’aiguille, sachant très bien que ça allait occasionner des douleurs…

Et puis, c’était une autre époque, comme elle me disait, et ils tâtonnaient sérieusement… Elle avait des doses de cheval et elle se piquait parfois pendant des semaines pour qu’au final on lui annonce l’arrêt du protocole car le centre fermait !!! Imagine donc qu’avant, il y avait encore moins d’humanité que maintenant !!! Personnellement, je ne pensais pas que c’était possible, mais si…

Elle m’a raconté la culpabilité de son mari. Le transfert qu’ils ont fait sur leurs nombreux neveux et nièces. La maladie de son homme. Son décès en 2002…

Confidence pour confidence, j’ai alors osé lui demander comment elle avait vécu l’ultime tentative. Ce moment où on lui a annoncé que c’en était terminé, et qu’ils n’auraient pour le coup jamais d’enfant.

Le plus sincèrement du monde, elle m’a répondu qu’elle ne se souvenait pas, mais qu’elle avait toujours eu pour habitude de prendre les choses du bon côté. Et qu’elle était à cette époque tellement focalisée sur la maladie de son mari que finalement, elle n’avait pas eu trop le temps de se poser des questions par rapport à ce projet de vie contrarié.

Elle m’a confié son soulagement, à l’idée que son homme était foncièrement opposé à l’adoption. Et quand je lui ai demandé pourquoi elle était soulagée, elle m’a répondu: « Mais parce que si il avait voulu, nous aurions sans doute adopté! Sauf qu’adopter un enfant pour lui imposer la mort prématuré de son père, ça aurait été profondément égoïste! Je voulais avoir un enfant, mais pas à n’importe quel prix. D’ailleurs, on aurait pu continuer je crois, mais on s’est fait une raison et on a décidé d’arrêter. »

Comment t’expliquer à quel point cet échange a été bouleversant pour moi? Au moment de te raconter tout ceci, j’en ai la larme à l’oeil qui pointe…

Son courage, sa générosité, son amour de l’autre… Il y a tant de qualités que j’admire chez Mme Fofolle !!!

Par amour pour cet enfant qu’elle n’a jamais eu, elle a choisi de renoncer… C’est une très belle leçon de vie et je ne pouvais pas ne pas la partager avec toi !! Parce que oui, on pourrait se dire que cette histoire pas si banale est foncièrement triste. Pourtant, je n’en retiens que le positif. Parce que si tu voyais Mme Fofolle, tu verrais en elle une femme pleinement épanouie et heureuse !!

Elle a dû apprendre à vivre seule. Sans enfant et sans mari, quand ce dernier est décédé. Ca n’a pas été facile les premiers temps, surtout quand elle s’est exilée sur le caillou. Et pourtant, aujourd’hui, après avoir retapé l’intégralité de sa maison seule, sans aucune aide extérieure, en passant par l’électricité, les cloisons, les faux-plafonds, etc…, elle a la satisfaction de s’être accomplie professionnellement, amicalement et familialement.

C’est l’heureuse tante d’une tripotée de neveux, grande-tante d’une tripotée de petits-neveux et elle est devenue une très belle femme, dans tous les sens du terme !!

J’ai envie de croire qu’un jour, peut-être, si tel est mon chemin, je pourrais être aussi heureuse et épanouie que Mme Fofolle… Elle m’a prouvée aujourd’hui que ça n’est pas impossible…

possible

Bon, sinon, tu t’en cognes peut-être, mais j’ai encore trouvé le moyen de choper un truc bizarre… Ma douleur provient d’une excroissance osseuse, selon elle, aussi appelé exostose du cuboïde. Les frottements semblent occasionner l’activation des cellules osseuses, qui prolifèrent et provoquent cette excroissance extrêmement douloureuse. Il va donc falloir aller faire cette IRM qui m’avait été prescrite par ma généraliste…

Elle pense que la DHEA n’est pas étrangère à ce phénomène, puisqu’il semblerait qu’avec 75 mg, j’ingurgite chaque jour les doses correspondantes à une gamine âgée entre 10 et 18 ans… Elle m’a même demandé si j’avais de l’acné, ce qui m’a immédiatement fait penser à Carotte !! J’ai de la chance, parce que même ado, je n’ai jamais eu d’acné: me voilà donc épargnée par cet effet secondaire.

Et là, elle me dit: « Tu dois avoir les nerfs à vif non? »

Haaaaaaannnnnnnn !!!! Mais comment elle le sait???

Ben disons que hormonalement, je suis l’équivalent d’une ado… Ce qui donc explique le fait que je suis tendue comme un string à longueur de journée depuis quelques semaines… Moi qui culpabilisais en mettant ça sur le compte du stress pré FIV, niet !!! C’est hormonal !! Je dirais ça à Chéri pour me dédouaner la prochaine fois je me montrerai un poil relou c’est-à-dire tout à l’heure

Quant aux cheveux gras, d’après elle, inutile de vouloir changer de shampoing: étant donné que c’est hormonal, rien n’y fera !! D’autant que les anti cheveux gras sont agressifs apparemment pour le cuir chevelu et qu’ils engendreraient une sécrétion excessive de sébum…

Bref, c’était le petit quart d’heure beauté du jour !!

En conclusion, mon premier shoot de Synarel s’est très bien passé et j’espère vraiment ne pas en oublier… Il a fallu trouver une organisation… Du coup, le matin, ce sera narine droite (pour ne pas me lever du pied gauche…) et le soir, la narine gauche !!

Allez, c’est partiiiiiii…

trèfles

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