Je crois que des années à me dévoiler ici, sur la toile, ont fait que tu dois commencer à me connaître maintenant… J’ai un peu l’impression, parfois, de m’être mise à nue, mais j’espère n’avoir jamais été impudique. Si je devais faire une comparaison, j’espère davantage être une reine de l’effeuillage qu’une reine du strip tease.

Bref, tu ne seras donc sans doute pas surpris quand je te dirais qu’hier, contre toute attente, alors que notre coeur était bien lourd, on est allé à ce concert qu’on avait réservé depuis des semaines, bien avant d’imaginer l’issue de cette der des der.

On voulait surtout découvrir cet artiste qu’on ne connaissait pas mais qu’on avait envie de découvrir. Son nom? Ben Mazué. Retenez ce nom !

Arrivés avec un léger retard, c’est LA chanson que je voulais entendre qu’il a entonné quand nous avons pris place dans la salle bondée. « 35 ans », c’est son titre… Et figure-toi que demain, jour de mon anniversaire, je serai à 1 an des 35 ans… Oui, si tu n’es pas trop mauvais en calcul, tu sauras en déduire le nombre de mes printemps.

Je partage cette chanson avec toi:


Un trottoir sale sous tes pieds, tu marches d’un pas soutenu, c’est la nuit.
T’aurais voulu rentrer peinard dans un taxi mais t’en as pas trouvé,
Du coup, tu vois ceux pour qui c’est déjà le matin, ça t’ennuie.
Tu te souviens du temps où ça te faisait plutôt marrer.
T’as plus 20 ans.
Pourtant, pour t’accrocher à cette époque, tu vis de la même façon.
La même façon pour toi, c’est les mêmes lieux, les mêmes projets, les mêmes personnes,
Et les mêmes addictions.
T’as plus 20 ans mais tout ce que tu vois autour de toi, te rappelle que t’es pas plus avancée.
Et les bonheurs de cette vie-là, à 35 piges, se sont bien dégradés.


Autant te dire que j’ai versé ma petite larme… Mais tout en retenue, chuis pas une chochotte nan mé o !!

Puis il a enchaîné sur une chanson qu’il a écrite en hommage à sa mère… Hum, il me cherche ou bien?

Avant d’entonner sa chanson, intitulée « Vivant », il a lu une lettre que sa mère, depuis le paradis, lui a écrit, pour le remercier pour cet hommage. Bon, tu imagines bien que là, ça a été le drame. J’ai fondu en larmes !! C’était si… poignant !! Parce que ni glauque, ni pathétique. Drôle, au contraire, et rempli de pudeur…

Bref, il a choisi des mots qui me parlent. Parce que évidemment j’ai pensé à la mère que j’ai moi-même perdu, mais aussi à la mère que je ne deviendrais pas encore, ou du moins pas tout de suite, pas comme ça… C’est donc en larmes que j’ai savouré chaque mot de cette chanson:


Je t’écris depuis ma chambre
Depuis le mois d’septembre
Depuis que les choses ont changé
Je t’écris les mains qui tremblent
C’est plus facile de s’interdire d’l’évoquer
Je pense à toi mille fois par an
J’essaie pas d’faire autrement
Même s’ils me disent de laisser
Le temps faire ses affaires
Pour te garder vivante
Je te raconterai l’ardente épopée
De ton équipe d’hier

Je ne pallierai pas l’absence
C’est tout le bien que je me souhaite
De rappeler ton élégance
De faire tout pour que ça reste
Je ne pallierai pas l’absence
C’est tout le bien que je me souhaite
De rappeler ton élégance aux gens
De faire tout pour que ça reste vivant
Vivant

Je t’écris depuis mon antre
Depuis le mois d’novembre
Depuis que le froid s’est pointé
Après l’déni vient la colère
Comme je suis pas très énervé
Je m’dis qu’j’ai pas trop avancé
Mais on grandit ça c’est normal
Chaque fois je réalise que je peux pas
T’appeler pour ces progrès
J’me dis qu’la mort mène d’un regret
Mais aussitôt j’réalise

Je ne pallierai pas l’absence
C’est tout le bien que je me souhaite
De rappeler ton élégance
De faire tout pour que ça reste
Je ne pallierai pas l’absence
C’est tout le bien que je me souhaite
De rappeler ton élégance aux gens
De faire tout pour que ça reste vivant vivant
Vivant

Je t’écris du 23ème étage
Je t’parle comme on parle au mirage
Et je me souviens
Que quand j’t’ai dit de mourir sereine
Que je serai solide que j’ai de la peine
Mais que tu m’as donné les armes
Tes réponses mon credo
Sont gravées sur mes abdos
Ce n’est pas comme ça qu’on tourne la page
Tes conseils tatoués
Cicatrisés au sel
Dans chacun de mes virages
Y aura ton visage

Je ne pallierai pas l’absence
C’est tout le bien que je me souhaite
De rappeler ton élégance
De faire tout pour que ça reste
Je ne pallierai pas l’absence
C’est tout le bien que je me souhaite
De rappeler ton élégance aux gens
De faire tout pour que ça reste
Vivant vivant vivant
Vivant vivant vivant
Vivant vivant vivant
Vivant vivant vivant

De faire tout pour que ça reste


Ensuite, on avait prévu de rentrer, mais on a choisi de prendre une bière et de rester pour le concert de Thiéfaine. On l’avait vu récemment sur le caillou, mais on avait été déçus. Finalement, c’était surtout lié au son qui était, là-bas, franchement pourri ! Hier, c’était un excellent moment… Et j’ai été très nostalgique quand j’ai entendu ça…:


D’avoir voulu vivre avec moi
T’as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendus à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je t’en remets au vent

Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l’existence
Tu m’encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je t’en remets au vent

Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d’amour
J’accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n’ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, Je t’en remets au vent

Ce soir et demain, on remet ça ! On retourne voir Faada Freddy, dont je t’avais déjà parlé il y a quelques semaines, et Asaf Avidan, puis, vendredi, jour de mon anniversaire, on file voir Fauve, qu’on a raté de peu sur le caillou !!

Bon, tu dois te dire que je tourne un peu autour du pot, mais pas du tout… Je ne viens pas pour te parler uniquement de musique, même si elle adoucit les moeurs et que, dans mon cas, c’est ce à quoi je me suis toujours raccrochée quand j’étais en pleine tempête…

D’ailleurs, j’écoute cette chanson à l’instant où j’écris ces quelques mots:


C’est pour te mettre dans l’ambiance…

Voilà, on a eu l’appel de la biolo ! C’est terminé…

game over

Elle nous a dit que notre dernier soldat avait un peu évolué mais qu’il n’était toujours pas transférable… Qu’elle voulait quand même attendre J7, mais que bon, c’était mal barré…

Donc j’ai écrit un sms dans la foulée à Dr Miracle, pour lui dire que dans notre esprit, usés par la machine PMA, on choisissait d’arrêter notre parcours ici. Du coup, ce gros nounours qui réagissait systématiquement dans la minute à chacun de nos messages a fait rappeler la biolo (et non pas sa secrétaire!), pour nous demander de venir demain, à 10h, pour faire le point avec lui avant notre retour sur le caillou.

La biolo nous a dit qu’elle nous rappellerait demain matin, quoiqu’il arrive, pour nous donner des nouvelles du ptit dernier, mais bon, ayé, on a fait notre deuil. Un transfert à J7 ne rimerait à rien…

Enfin, tu comprends bien que quand je dis qu’on a fait notre deuil, je parle du deuil de cette tentative !! Parce que bon, le deuil de l’enfant, tu dois bien te douter qu’on en est loin.

J’admire celles qui ont été suffisamment entêtées pour subir je ne sais combien de ponction et qui, in fine, en ont été récompensées ! Peut-être qu’on aurait fini par l’être aussi, mais je crois qu’il est aussi vital de savoir reconnaître ses propres limites. C’est douloureux, car j’aurais voulu qu’on soit encore plus persévérant, mais on n’en peut plus.

Comme tout notre entourage était au courant de notre dernier combat, il a bien fallu les prévenir. Et c’est une vague d’émotion qui nous a submergé…

Après le « On sait ce que c’est… » de mon beauf, quand on avait quitté prématurément leur soirée d’anniversaire, le lendemain de la ponction, j’ai eu droit à « Courage. Je suis de tout coeur avec vous. Je t’aime. » de ma soeur… Tu sais, celle-là même qui est beaucoup trop pudique pour dévoiler ce qu’elle ressent, surtout quand c’est positif?

Quant à mon frère, dont je ne me suis jamais sentie aussi proche depuis des années, il a décidé d’annuler une grosse soirée prévue de longue date pour qu’on passe le week-end tous ensemble, entre frangins, frangines, beaufs, belledoches, neveu et nièces !!

Rien que pour cette raison, on a bien fait de parcourir 10000 bornes pour tenter cette der des der.

J’appréhende énormément le retour sur le caillou… Terriblement… Et je dois admettre que ce matin, pour la première fois depuis longtemps, on en est venu à envisager de quitter notre caillou et notre maison jaune… Repartir à zéro, ailleurs. Où, on n’en sait rien, mais ailleurs…

En tout cas, cet énième échec aura eu un effet positif puisqu’il nous aura clairement rapproché de nos familles respectives. Les liens dans ma fratrie étaient déjà très forts, mais Chéri a pu échanger à coeur ouvert avec ses parents, hier, pour exprimer tout ce qu’il n’avait jamais osé leur dire jusqu’à présent.

Moralité…:

leçons

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