En rentrant dans notre coquette maison jaune, on avait le cœur gros. C’est étrange cette impression qu’on a de ne pas vraiment avoir vécu les événements des dernières semaines, comme si tout ça avait été irréel. Cette sensation de ne jamais être parti… Et pour cause, vu le résultat de tous nos sacrifices, c’est un peu comme si on était parti pour rien…

En même temps, aux yeux de Mr BFF, on partait en vacances… D’ailleurs, alors qu’il a fini par apprendre que notre séjour s’était très mal passé (quand, sur Facebook, il m’a souhaité un bon anniversaire en prenant enfin le temps de prendre des nouvelles… Ma réponse a dû le déranger puisque depuis, silence radio!) Sauf qu’il a croisé Chéri l’autre jour. Et sa seule stupide question a été: « Pas trop dur la fin des vacances? »

Donc c’est ça, on ne fait que revenir de vacances et on reprend le cour normal de notre vie. D’ailleurs, après une nuit quasi blanche dans l’avion et des débuts de spotting à notre arrivée, il a bien fallu se remettre direct au turbin. Le lendemain, je retrouvais mes élèves, et je devais donc préparer un minimum ma journée de classe!! Youpiiiiii !!

Bon, en vrai, ça m’a fait un bien fou… Quand ils m’ont vu arriver, j’ai croulé sous les démonstrations d’affection. Des compliments par ci, des éteintes par là, des « Je suis trop heureuse quand tu es là maîtresse! ». Rien n’aurait pu davantage me porter vers le haut que ces chers petits…

Et puis, j’ai directement posé des limites avec Mme Caliméro quand elle m’a reproché d’émettre une réserve quant à notre présence à ses 40 ans ce soir. J’ai été cash, lui disant: « Ecoute, pour faire court, ce que je vis intérieurement en ce moment correspond sensiblement à ce que je ressentirais si on m’annonçait la mort de mon père ou ma mère (et je sais de quoi je parle, pour l’avoir déjà expérimenté…). Donc je ne préfère pas garantir ma présence parce que si j’ai la tête au fond du sceau demain, je ne me forcerai pas. »

Évidemment, elle n’a rien trouvé à rétorquer…

Finalement, on va y aller à cet anniversaire qu’on aurait dû fêter ensemble au début. Malgré J1 qui a débarqué comme une fleur aujourd’hui…

Mais je dois avouer que si on y va, c’est purement égoïste. C’est parce qu’on fait tout pour ne surtout pas penser…

Je n’ai pas encore réussi à craquer. J’avais probablement déjà lâché entièrement les vannes quand on nous avait annoncé qu’il n’y aurait probablement pas de transfert?!

Du coup, on investi à fond notre déco intérieure!! Et ça fait un bien fou.

On va avoir besoin de beaucoup de temps pour envisager la suite. Pour le moment, dans l’immédiat, on se concentre sur notre maison, pour l’embellir suffisamment pour qu’on s’y sente bien et qu’on y invite Mme Bienveillante, l’éducatrice en charge de notre dossier d’adoption.

Parallèlement, on a pris un premier contact par mail avec Reprofit. Mais c’est si loin géographiquement…!! Et si cher…!! Je ferai un article prochainement à ce sujet…

Sinon, Mme BFF a appelé pour prendre de mes nouvelles. Elle qui aura tant brillé par son absence durant tout ce protocole… Sur le coup, j’ai été presque touchée. Mais quand elle a dit: « Les autres ne peuvent pas comprendre parce qu’ils sont loin de s’imaginer ce qu’on vit. Avant notre seule et unique FIV, on ne se rendait pas compte. Pourtant , ça a été la semaine (entre la ponction et le transfert) la plus longue de ma vie! »

Moi, intérieurement: « Et c’est pour ça que vous n’avez pas juger utile ne serait-ce qu’une seule fois de nous envoyer un message du type: « On pense à vous… » Juste ça bordel !!! »

Bon, elle a conclu la discussion en disant, toute enjouée: « Bon, je t’annonce que vous allez être parrain/marraine d’une petite fille. » Et là, je me suis trouvée bien conne à ne rien osé répondre qu’un simple: « Oh, vous devez être contents! Fini les questions sur les prénoms de garçon du coup… »

Quand Chéri est rentré, on a conclu qu’il fallait vraiment qu’on ait une discussion avec eux… A cette idée, nous sommes évidemment en-chan-té !!

Bon, sur ce, je vais enfiler mon déguisement d’autruche…

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