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Depuis notre retour sur le caillou, le ciel pleure… Il pleure à chaudes larmes, alors que mes yeux et mon coeur sont secs comme la pierre…

Hier, tu n’es pas sans ignorer que c’était la fête des pères. Je ne peux pas souhaiter la fête des mères, alors je mets un point d’honneur à ne jamais oublier d’appeler mon paternel le jour J. J’avais prévu d’envoyer un mail commun pour annoncer l’issue de cette der des der à ceux qui étaient au courant, mais finalement, j’ai bien été obligée de l’annoncer de vive voix à mon père, qui n’a pas internet (oui, oui, ça existe encore!).

Quand, après un long silence, il a fini par me dire avec une voix remplie de tristesse ce: « Je suis déçu… », ça m’a fendu le coeur…

Tu imagines bien qu’en venant des confins de l’océan indien, cette suite ne va pas être simple…

On s’est posé beaucoup de questions ces derniers jours avec Chéri. Où? Quand? Quoi? Avec quel argent?

A la question du « où? », après avoir envisagé brièvement l’Afrique du Sud, on a trouvé trop peu d’information pour l’envisager sérieusement. Du coup, on a jeté notre dévolu sur la République Tchèque !!

Quant au « quand? », au début, on avait parlé du mois de mars 2016. Sauf que c’est si loin !! Chéri pensait que ce serait bien qu’on prenne un peu de temps pour digérer tout ça, quand moi je focalisais sur le temps qui passe et, envahie de panique, je me disais que je voulais tenter une FIV do dès que possible. Genre: « Qu’on en finisse au plus vite !!!! » Après tout, 3 ans qu’on a commencé notre parcours pmesque et on a perdu déjà beaucoup beaucoup trop de temps !! Des pauses, on s’en est accordé déjà pas mal, alors je n’ai plus envie d’attendre et je veux être fixée sur ce que sera la suite…

J’ai 34 ans aujourd’hui et j’aurais voulu être mère avant mes 35 ans… Mais dans la vie, il y a ce qu’on voudrait et ce qu’on peut…

Notre réalité financière, géographique et professionnelle nous empêchera donc de réaliser ce souhait. Tant pis !

On s’était donc fixé un retour express en janvier, mais après une nuit d’insomnie, j’ai réalisé que je ne pouvais pas envisager de ne pas voir nos familles en venant en Europe, et que donc plutôt que de ne rentrer qu’une semaine en janvier (rapport aux obligations pro de Chéri), on partirait comme convenu initialement en mars 2016, en passant une semaine en RT et une semaine en famille. Et ce durant les vacances scolaires, pour que ça ne pénalise pas ma future classe de CM2…

A la question du « quoi? », là, c’est un peu plus compliqué… On sait que mes ovocytes sont pourris. Mais on sait aussi que les spermatozoïdes de Chéri ne sont pas vraiment de grands compétiteurs. A la question: « FIV do simple ou double don? », on s’est donc un peu interrogé…

On a alors comparé les prix, puisqu’on a aussi des contraintes financières non négligeables (2000€ de billet d’avion, ça fait mal…).

Il se trouve que le don simple, c’est 4500€. Alors que le double don, c’est 1680€ pour 2 embryons…

Là, je me dis: « Celui qui me lit doit halluciner qu’on envisage un double don pour des raisons financières… »

Sauf que:

1. On a quand même d’autres raisons de l’envisager, dans la mesure où nos gamètes se sont donnés le mots pour être tout pourris.

2. On a toujours dit que nous n’étions pas attachés à nos gènes et c’est d’ailleurs Chéri qui insiste le plus pour qu’on ait recours au double don!

3. On ignore totalement si, en cas d’échec, on aura le courage ou l’argent pour se relancer indéfiniment et on pense, peut-être naïvement, que le double don devrait augmenter substantiellement nos chances de réussite…

Alors évidemment, on se questionne à fond !! Enfin surtout moi… On a déjà obtenu l’agrément pour une adoption. On a donc déjà accepté et envisagé l’idée de ne pas transmettre nos gènes à nos enfants. D’ailleurs, ce projet n’a jamais été mis de côté dans nos coeurs, puisque, si la PMA en France s’était soldée par une réussite, on aurait malgré tout maintenu notre candidature à l’adoption !! On la maintiendrait de la même façon si la FIV do fonctionnait…

Ceci étant, je ne peux pas ne pas me questionner sur ce choix. N’est-ce pas égoïste d’imposer le double don à un enfant, si le corps médical jugeait qu’ils pouvaient tirer quelque chose des gamètes de Chéri? Quelles pourraient être les conséquences du double don sur l’enfant? Elles sont très claires dans mon esprit dans le cadre d’une adoption, mais beaucoup moins dans le cadre d’une FIV do, dans la mesure où on porte l’enfant durant toute la grossesse. Du coup, est-ce qu’il peut y avoir une incidence quelconque?

Bref, comme tu le vois, on sait à peu près où on va, mais ça cogite pas mal dans la maison jaune…

Ce qui nous effraie, c’est de ne pas avoir les moyens financiers d’acheter notre enfant. Parce que oui, je suis navrée de le dire, mais tant qu’en France le don ne sera pas davantage mis à l’honneur et que les centres AMP feront perdre autant de temps à leurs patients (bordel, si j’avais su, on aurait pas grillé toutes nos cartouches en écoutant leurs: « Ca va marcher! »), on sera obligé d’aller acheter nos enfants à l’étranger !!! Oui, oui, acheter !! Genre, aller faire du shopping pour ramener dans ses valises, à défaut d’un beau sac à main, un possible bébé… Ou 2; tant qu’à faire !!

Sauf qu’une bagnole, quand tu dépenses 10000 boules chez le concessionnaire pour l’acquérir, tu as la garantie de repartir avec les clés en main… Mais un bébé, c’est sans garantie aucune !!

Alors oui, on te dit qu’il y a 65% de chances pour que ça fonctionne… Donc tu as envie d’y croire !! Mais dans un coin de ta tête, tu repenses à toutes ces fois où on t’a dit ce: « Ca va marcher, c’est certain! » Alors que non seulement ça n’a pas marché, mais ça a un peu été de mal en pis…

Tiens, d’ailleurs, c’est le temps des bilans. On a calculé que sur 44 ovocytes ponctionnés et 12 embryons transférés, on avait eu un soupçon d’accroche (si tant est qu’à 14 ui on puisse parler d’une réelle accroche…) !! Je me demande donc ce qui a toujours rendu les docs aussi optimistes…

Même le Dr Miracle a continué de maintenir que ça allait marcher, nous incitant à retenter avec lui !! Il nous a même dit: « Qu’est-ce que je regrette de ne pas vous avoir rencontré avant! Continuez putain! Vous êtes jeunes! »

Mais sans garantie aucune, on préfère au moins investir sur un taux de réussite plus encourageant… Car oui, c’est un investissement sur l’avenir !!

Si Dr Miracle me donnait la garantie qu’on allait dépenser tout notre fric pour quelque chose, peut-être qu’on se questionnerait. Et encore… Je dois admettre que de toute façon, je ne peux plus envisager, à l’heure actuelle, de repasser par des semaines d’injections ou des anesthésies générales épuisantes. Trop c’est trop !!

Du coup, on a répondu au questionnaire médical envoyé par Reprofit, on a déjà checké les billets d’avion et pré-réservé les hébergements et on attend la suite patiemment en se demandant juste…:

c'est quand le bonheur

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