Mots-clefs

, ,

Juin 2011, nous décidons de faire un bébé…

Juin 2012, nous poussons la porte de notre premier centre PMA…

Janvier 2015, on apprend que le sperme de compétition de Chéri (qui aurait pu être donneur, dixit Dr Dino), a en fait 0% de grade 1, 1% de grade 2, 23% de grade 3 et tout le reste de grade 4… Au même moment, j’apprends que mon AMH est de 1.17…

Juin 2015, nous terminons notre parcours par un cuisant échec en FIV 4 dans ce centre rempli de promesses…

Entre 2012 et 2015, on aura été de surprises en surprises, espérant toujours avoir vécu le pire, mais en n’étant pourtant pas vraiment épargnés par la guigne…

Nous sommes des guignards. Une mauvaise fée s’est penchée sur mon berceau à la naissance. Il n’y a pas d’autres explications sans déconner…

Octobre 2012, je subis une hystérocoelioscopie, durant laquelle Dr Bisounours a prévu d’ouvrir mon col obstrué, le dit col qui n’a pas permis de faire l’hystérosalpintruc.

Au passage, il en profite donc pour tout explorer. A cette occasion, il découvre quelques adhérences, mais il met cela sur le compte d’une opération de l’appendicite dans mon enfance, après avoir vérifié que je n’avais jamais subi d’IVG ou de fausse couche…

J’ai depuis eu 3 IAC, 4 FIV, 3 TEV, pas moins de 12 embryons transférés, sans jamais aucun résultat supérieur à 14 ui (c’est arrivé une fois, suite à FIV 1…).

Alors quand aujourd’hui je suis partie faire mon IRM, à la fois je n’avais pas envie d’avoir encore une surprise et à la fois j’avais l’espoir qu’on trouve peut-être quelques bribes d’explications supplémentaires…

C’est en transe que je me suis réveillée ce matin, faisant une crise à Chéri qui me laissait subir ça toute seule, alors que j’étais au même niveau de saturation que lui et que je me pliais pourtant à toute cette marde (les examens, les cachetons, la pilule…).

J’ai exprimé le fait que je me sens de plus en plus seule au monde, où que je sois et quoique je fasse. Et à cette idée, j’avais mal…

Une merveilleuse personne si cher à mon coeur m’a énormément soutenu durant toute la matinée et, si je sais qu’elle ne me lira probablement pas, je tiens malgré tout à la remercier du plus profond de mon coeur.

Ca a été difficile de se résoudre à faire ce lavement avant de partir à la clinique… J’ai trouvé ça si… dégradant !! Mais je n’ai pas réfléchi: mode auto activé.

Ca a été difficile d’apprendre que je devais m’injecter deux énormes seringues de gel moi-même, par voie vaginale et rectale, et ce dans une pauvre cabine de radiologie, avec un put*** de lumbago… Mais je n’ai pas réfléchi: mode auto activé.

Ca a été difficile de rentrer dans cette grosse boîte bruyante, sentant mon rythme cardiaque s’emballer et ma respiration devenir haletante. Là, j’ai réfléchi !! J’ai pensé à ma fée, qui était là pour me tenir la main. J’ai pensé à Chéri, qui avait finalement décidé de m’accompagner, et qui m’attendait sagement dans la salle d’attente. Et, plus que jamais, j’ai pensé à eux, ces petits pour lesquels on se bat depuis déjà bien trop longtemps…

Je me suis raccrochée très fort à tout l’amour que je leur portais et que je portais à leur papa. Et j’ai visualisé cette scène, qui m’a tant apaisé, que je n’entendais plus les bip bip de l’appareil… Il y avait moi, sur un lac immense et sublime. J’étais agenouillée sur une petite embarcation de fortune un peu bancale, et je ramais de toutes mes forces. Je ramais, je ramais, je ramais… Je ne pensais plus et j’étais concentrée sur ce que j’allais trouver sur l’autre rive, persuadée de faire la rencontre de mes enfants. Et puis j’ai atteint l’autre berge… Mon petit garçon n’était pas là cette fois, mais il y avait cette petite fille, si heureuse de me voir venir à sa rencontre, et qui me sautait dans les bras !!! Je me suis alors dit que tout ça avait du sens. Et que je ne le faisais que par amour…

Soudain, la machine m’a extirpée de ma rêverie et l’infirmière est venue m’injecter un produit atroce dans le bras. Tellement atroce que sur une échelle de 0 à 10, sur l’instant, j’ai eu l’impression d’être à 7-8… Le pire, c’est qu’elle m’a replacée dans la boîte sans que je ne puisse bouger et caresser ce bras douloureux… Ca a été un supplice…

Alors, pour la première fois de ma vie, je me suis fait une merveilleuse déclaration d’amour à moi-même. Je me suis dit que j’étais fière de moi et que j’étais très courageuse d’encaisser tout ça. Et que bordel, je m’aimais vraiment très très fort. Pour ça et pour tout le reste…

En sortant de ce gros tube austère, j’ai signalé à l’infirmière que j’avais très mal au bras. Elle a cherché à me rassurer en me disant que ce n’était pas gonflé, donc que le produit n’était pas passé à côté… Et sinon, tu ne peux pas me dire si ça arrive et si ça va durer longtemps grognasse???

Bref, je te passe la longue attente avant les résultats pour rentrer dans le vif du sujet.

J’avais déjà rencontré la jolie doc. Elle a un accent des pays de l’Est… Décidément, à croire que tout me ramène à l’Est… Quand elle a appris qu’on partait bientôt en RT, elle s’est exclamée: « Oh, c’est chez moi !! Enfin presque, je viens de Slovaquie!! »

Elle a été adorable et m’a dit qu’elle ne voulait pas que je dise que mes ovocytes n’étaient pas de bonne qualité. Que les médecines naturelles pouvaient vraiment m’aider. Qu’elle voulait me revoir avec un beau bébé.

Après quoi, elle m’a dit qu’elle voyait une légère adénomyose, mais que la pilule pouvait diminuer les effets, ce qui fausserait peut-être un peu l’IRM… Elle a aussi parlé d’une légère endométriose, ayant vu des synéchies au niveau utérus-rectum (si j’ai bien tout compris).

Je n’ai pas réagi, parce qu’elle m’a assuré que pour elle, ça n’expliquait pas les échecs d’implantation.

Mais arrivée dans la voiture, j’ai craqué…

Putain, 3 ans et demi de PMA, 3 IAC, 4 FIV, 3 TEC, 12 embryons transférés et seulement maintenant on pose un diagnostic sur ce qui, pourtant, aurait pu être diagnostiqué en octobre 2012 suite à la coelioscopie???

Je n’ai pas pleuré longtemps, parce qu’on a vite été rattrapé par un tas de choses à faire. Et depuis, je me suis remise en mode autruche.

Je ne peux pas dire que je suis triste, ni même en colère. Je crois que je suis résignée…

La bonne nouvelle du jour, c’est que je vais devoir faire cette maudite hystéroscopie début janvier, parce que la doc a été dans le sens de Dr Poule et elle pense que ça pourrait permettre, entre autre, d’enlever les synéchies…

Bref, on a la certitude que nous vivons nos derniers mois de PMA et vraiment, plus que jamais, on a hâte d’en finir !! 2016 signera la fin des hostilités, avec ou sans grossesse, mais vraiment, je crois qu’on est arrivé à un tel stade qu’on est près à tout, tant qu’on est fixé une bonne fois pour toute…

Publicités