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Ce matin, j’ai reçu les résultats tant attendus de la biopsie dans ma boîte aux lettres. Et c’est con, mais je crois que lire ces chiffres en demie-teinte m’a blasé un peu plus…

Pourquoi rien n’est jamais franc avec moi? Jamais blanc ni noir, mais toujours en nuances de gris… Hé, ho, je te vois venir !! Ne me parle pas de Christian Grey !!

Je réussis à avoir un taux BHCG positif (une seule fois hein, faut pas déconner!), et il est de 14 ui… J’ai une AMH pas terrible, mais pas catastrophique non plus (ou alors je suis dans le déni?): 1.17… J’ai une légère adénomyose et quelques synéchies qui laissent penser à une endométriose débutante…

Bref, je cumule, mais sans vraiment avoir une problématique bien ciblée !!

Les taux du jour sont les suivants:

résultats ML

Pour résumer, mes interleukine-18 sont très légèrement au-dessus, de 0.02, mais ce n’est pas flagrant flagrant tu en conviendras !! Du coup, ce qui semble indiqué dans mon cas, c’est de la cortisone 20mg… Sauf que ça ne révolutionnera rien, je le sais, puisque j’en ai déjà pris par le passé !! C’est bien simple: je crois avoir tout tenté, mis à part les intralipides et le Lovenox.

Donc je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. J’ai l’impression de me battre pour essayer de donner du sens à l’insensé, comme si je n’arrivais pas à juste accepter la réalité.

Du coup, à J-59 du D-Day (que le temps passe vite!!!), j’en viens à me demander si je suis réellement prête pour le don. Dans le fond, je le sais, je le suis !! Mais je crois que je me mets beaucoup trop de pression et que la peur est grandissante…

Et puis c’est bien joli d’éliminer toutes les problématiques en optant pour le double don directement, mais finalement, en cas d’échec, est-ce que je ne vais pas totalement culpabiliser en me disant que le problème, c’est moi??? Mon utérus ou ma tête, mais c’est moi…

Bref, tu l’auras compris, j’en ai plein le dos !! Depuis le début de mon lumbago, je suis allée voir  deux fois mon ostéo habituelle, mais vu les résultats peu probants, j’ai décidé de lui être infidèle.

Je me suis tournée vers un homme, fort sympathique de prime abord. Cette rencontre a été étonnante. Selon lui, 3 facteurs expliquent les douleurs lombaires: le surmenage professionnel, la peur et la sexualité…

Ah ben autant te dire que j’ai tiré le gros lot !!! Je suis en plein dedans…

En faisant un point sur le début de mes douleurs, je lui ai expliqué que le blocage a démarré quelques jours après la reprise de la pilule. Et là, très spontanément, il m’a regardé en me disant: « Mais émotionnellement, c’est une sacrée claque de reprendre la pilule après tant d’années d’essais ! C’est comme admettre que vous n’avez pas réussi… » Et là, face à la compréhension de cet homme, les larmes sont montées… Il m’a dit: « Vous voyez, c’est encore fort en émotions pour vous… »

Bon, après m’avoir manipulé dans tous les sens, il m’a dit qu’à 98% mon lumbago était d’origine organique et que la reprise de la pilule, hormonalement, a totalement bouleversé mon corps. Ce qui est totalement vrai puisque depuis que je la reprends, j’ai des douleurs atroces que je situais au niveau des ovaires, mais qui seraient plutôt rénales selon lui. Ajouté à cela parfois des troubles du transit, quelques épisodes migraineux et la nausée… Bref, c’est le bonheur !!!

Pour couronner le tout, je n’ai plus mes règles, alors que je ne prends pas cette pilule en continue… Ca ne semble pas perturber plus que ça la RT, donc rien de préoccupant. Si ce n’est que du coup, bordel, j’ai mal au dos !!!

Avant de nous quitter, il s’est fendu de quelques conseils…

Pour commencer, il m’a dit d’exprimer mes ressentis avec mes amis et ma famille et de ne pas rester seule avec ça. Ce à quoi j’ai répondu que plus personne ne posait de questions, et que, dans le fond, notre parcours était devenu un méga tabou… Il m’a répondu: « Mais parce que les gens ne savent pas comment aborder ce qui est une souffrance pour vous… Alors prenez les devants, et parlez-en! » Mouais…

Dans le fond, je le sais, il a raison !! Tout ce qui ne s’exprime pas  s’imprime… Mais bon, je suis lasse de parler de ça, d’autant plus que j’ai l’impression de tourner en rond et de ne pas du tout avancer depuis des mois voire des années…

Il a aussi partagé une théorie à laquelle je crois dur comme fer, selon laquelle ce n’est pas nous qui choisissons nos enfants, mais ce sont eux qui nous choisissent. Nous n’avons absolument aucune maîtrise sur tout ça, et c’est ce qu’il faut accepter…

Alors oui, je le sais !! Je l’ai d’ailleurs déjà exprimé… Mais il y a ce que je sais consciemment et ce que j’essaye d’étouffer inconsciemment…

Récemment, lors d’une séance avec Mme Feeling, que je consulte depuis bientôt un an, j’exprimais le fait que la scène finale du film Ghost, qui était diffusé la veille de ce rendez-vous et que j’avais regardé pour la énième fois (On ne se moque pas !! J’ai un côté girly très développé parfois…), m’était difficilement supportable. Tu te souviens, cette scène-là:

Quand je l’ai regardé, j’ai littéralement fondu en larmes et mes sanglots étaient incontrôlables.

Mme Feeling m’a alors invité à faire une séance d’hypnose dans laquelle elle m’a, pour la faire courte, fait rejouer la scène avec, en lieu et place du beau et ténébreux Patrick Swayze, ma maman…

Autant te dire que ça a été beaucoup moins glamour et romantique, mais si riche en émotions !! Et si utile…

Finalement, Mme Feeling m’a expliqué qu’elle attendait cette séance depuis longtemps, mais que je m’étais littéralement coupée de mes ressentis par rapport à la perte de ma maman. D’ailleurs, elle m’a rappelé que lors de notre toute première rencontre, elle m’avait demandé de compléter cette phrase: « Quand je pense à ma mère, je… »

Et je n’avais pas été capable de compléter la phrase, étant totalement coupée de mes sentiments et de mes émotions !!!

Je crois que quand je vis des moments difficiles, mon instinct de survie me pousse à couper avec ce que je ressens profondément. Parce que c’est juste trop…

Et j’ai l’impression que je recommence à me couper de ce que je ressens avec ce qu’on vit aujourd’hui dans notre parcours.

Quand j’en parle, je n’ai aucun mal à mettre des mots dessus. Mais ce que j’exprime reste factuel et il n’y a plus de place pour l’émotionnel… Et si je dois être tout à fait honnête, j’ai l’impression que cela a débuté avec le dernier échec de FIV 4…

On n’en parle même plus avec Chéri, et j’ai l’impression qu’un fossé est en train de se creuser entre nous… C’est comme si on n’avait plus rien à dire sur le sujet: tout est déjà dit…

Alors voilà, ce post décousu pour dire qu’il va falloir que ça sorte, d’une manière ou d’une autre. Quand et comment, je ne sais pas, mais je le sens au fond de moi.

Sauf que parfois, les mots ne suffisent plus pour exprimer ce que le coeur n’arrive plus à chuchoter…

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