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Oui, je culpabilise… Comme une gamine qui aurait été prise en faute en train de chaparder des bonbecs à l’épicerie du coin…

« De quoi? », me diras-tu. De tout !!

Je culpabilise parce que même si toutes les pmettes s’accordent à dire que ce n’est pas dans la tête, mais bien dans les gamètes, j’en suis venue, pour ma part, à donner raison à tous ces autres évoqués dans mon acte I: la colère. C’est d’ailleurs pour cette raison que je leur en veux autant, à ces autres !! Ils sont si nombreux à s’être immiscés dans mes pensées, qu’ils ont fini par me faire douter de moi-même…

Oui, ils ont réussi à avoir un certain pouvoir, jusqu’à me laisser croire que c’était dans ma tête… Bordel, c’est dur à admettre !!! Et pourtant, je m’en suis tellement persuadée qu’aujourd’hui, cette idée est tenace… J’ai beau me dire que non, c’est uniquement dans nos gamètes, mais non: je porte cette culpabilité…

Et je la porte seule, puisqu’on m’a transféré de beaux embryons que je n’ai pas été fichue d’accueillir dans mon dedans de moi !! Chéri n’y est donc pour rien… Ce n’est pas dans sa tête à lui…

D’ailleurs, s’ils sont si nombreux à connaître Gertrude, alors pourquoi je ne deviendrais pas une Gertrude moi aussi, hein???

Il suffit de débloquer les verrous inconscients !! J’aime tellement ce « il suffit »

Du coup, j’y travaille… Avec beaucoup d’application et d’assiduité. Mais j’ai l’impression d’être une mauvaise élève, puisque ça ne marche toujours pas…

Et puis, je culpabilise encore plus, parce que je n’arrive pas à donner toutes ses chances à cette future tentative, oubliant totalement que ce ne sera pas une continuité, mais bien un nouveau départ. On ne prend pas les mêmes et on recommence !! Non, là, toutes les données seront nouvelles !! Sauf que je n’arrive pas à me dire qu’on a de vraies chances…

Alors j’entends ce fameux « Il faut y croire! », encore une injonction!, et je m’autoflagelle encore plus, en me disant que c’est très très mal que je n’arrive pas à y croire… Vilaine fille, va !! Si c’est encore un échec, tu ne devras t’en prendre qu’à toi-même !!

Enfin, je culpabilise surtout parce que j’ai le sentiment de ne pas avoir optimisé nos chances. Et donc d’être directement responsable de ce qui nous arrive… Bouh la vilaine !!! Ce sera cent coups de martinet pour la peine !!!

Je m’explique… Quand je dis que je me sens directement responsable de notre absence d’enfant (parce que c’est bien de cela dont il s’agit…), c’est tout simplement parce que j’ai arrêté de croire à notre propre pouvoir procréatif.

Quand pendant des années, tu essayes de « baiser utile », et qu’à la fin de chaque maudit cycle tu te manges un J1 dans la tronche, ben tu en viens à te protéger connement en refusant de prendre le risque d’être de nouveau déçue… Et donc, libido en berne,  tu ne fais même plus l’effort de t’envoyer en l’air (ou si peu…) et tu délègues tout à la médecine, qui, après tout, doit bien être fichue de fabriquer de beaux bébés synthétiques !! Ce qui ramène tes chances à peau de chagrin, hors essais médicaux, évidemment…

Sauf que même la médecine ne peut rien pour toi… Du coup, tu te dis que t’as gâché toutes tes chances, même les plus naturelles… Et, à la fois, tu te dis que la majorité des copines qui sont en parcours PMA (sauf Gertrude hein 😉 ), tombent en cloque grâce à cette fameuse médecine !! Ce qui veut dire qu’on aurait beau avoir tout donné chaque mois, il y a quand même des chances pour que ça n’ait rien changé au résultat in fine

On n’y arrive pas parce qu’on n’a pas de bol. C’est la faute à pas de chance ! Oui, mais « Et si…? »

Donc il y a cette culpabilité d’avoir tout délégué à la médecine, celle de ne plus avoir cru en nous, en tant que reproducteurs, mais surtout, celle d’avoir privé Chéri d’une vie sexuelle débordante et pimentée… C’est ce dernier point qui s’avère être le plus indigeste me concernant. Il est loin le temps où on multipliait les galipettes pour le simple plaisir hédoniste…

culpabilité

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