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Comment résumer en quelques mots l’aventure que l’on vient de vivre ces trois derniers jours?

Si je ne devais retenir qu’un seul mot, je dirais qu’elle fut intense.

Nous avons retrouvé notre ami au style de vie atypique, qui a partagé ces trois jours avec nous. Quand il a fallu nous quitter, sans savoir quand ni où nous nous retrouverions, l’émotion était palpable.

Nous avons également rencontré Anabelle et son homme, avec qui on a passé de vrais bons moments, trop courts malheureusement.

C’est marrant comme certaines rencontres coulent de source. Comme c’est facile d’échanger et de trouver des sujets de discussion (autres que la pma) alors que la veille encore, on ne se connaissait pas.

Et puis, tu t’en doutes, il y a aussi eu LA rencontre.

Elle a eu lieu comme prévu lundi 7 septembre, dans cette clinique où tout est possible.

L’accueil était très agréable. Dans la salle d’attente, un couple tchèque avec sa petite. Ils venaient pour agrandir la famille.

J’ai demandé à notre interlocutrice, qu’on a eu le plaisir de rencontrer après des mois d’échanges, d’où provenait le plus gros de la patientèle. Les couples français arrivent sur le podium, se plaçant en troisième position après les tchèques et les slovaques.

Je crois qu’on a vécu ce moment comme si on était un peu déconnecté de la réalité.

C’était presque irréel d’accueillir deux très beaux embryons sans avoir vraiment donner de notre personne…

On a eu la chance de les voir, nos deux poussières de vie. Une caméra nous a permis de les découvrir avant qu’ils ne soient aspirés par la pipette et transférés au creux de mon utérus.

On a obtenu une photo souvenir de cette petite tâche blanche qu’on aura peut-être la chance de tenir au creux de nos bras dans quelques mois…

En rentrant dans notre appart, qu’on espère être aussi porte-bonheur qu’espéré, on s’est accordé une petite sieste bien méritée avant de passer le reste de la journée à refaire le monde avec notre ami et d’accueillir Anabelle et son homme pour un apéritif sans alcool. Où comment devenir sage comme une image en quelques heures !

Le soir venu, on a un peu déambulé dans les rues de cette ville magnifique qui mérite vraiment une halte.

Malheureusement, on n’a pu avoir qu’un aperçu puisque le jour de notre départ, il neigeait à gros flocons et que les rues étaient trop glissantes pour qu’on apprécie de piétiner sereinement. Surtout en mode couvade…

Au moment du départ, j’étais déjà nostalgique de refermer la porte de cet appartement qui a accueilli nos retrouvailles et nos espoirs. On s’est promis d’y revenir un jour…

Seul bémol, juste avant de partir, j’ai réalisé que j’avais perdu ce petit coeur en cornaline, symbole de fécondité, acheté dans une petite boutique de la ville de mes aïeux, le jour où nous avons rencontré Mr Magnéto.

J’en aurais pleuré, ne voyant dans cette perte que le signe d’un futur échec…

Essayant de ne pas focaliser sur cette perte,  avant de rejoindre Prague, on est allé dans ce petit village tchèque où vit notre ami et c’était un vrai beau moment, rempli de découvertes. J’y reviendrais peut-être ultérieurement…

Et c’est après deux heures et demi de route chaotique que nous sommes enfin arrivés dans la capitale.

Sachant très bien qu’on n’aurait que très peu de temps pour (re)visiter, nous sommes ressortis immédiatement pour se balader dans le quartier dynamique dans lequel on avait élu domicile pour une nuit.

Ce qui est saisissant en RT, c’est son histoire atypique. Comme disait notre ami, après avoir été sous le joug du communisme, le peuple tchèque est aujourd’hui sous le joug du capitalisme sauvage. Ils ont quitté un système qui les privaient de liberté, pour un autre système tout aussi aliénant, mais dans lequel ils ont l’illusion d’être libres…

Ce qui est frappant, c’est tous ces encarts publicitaires, toutes ces façades illuminées (on se croirait à Time Square à certains endroits), toutes ces chaînes de fast food ou autres grandes enseignes qui sont venues envahir le pays.

Dire qu’avant 1989, il n’y avait rien de tout ça…

Bref, fin de la parenthèse historico-économique.

C’est en rentrant à notre hôtel que j’ai vécu un moment très étonnant et émouvant. Tu te souviens du coeur en cornaline que j’évoquais ci-dessus?

En me déshabillant, vla ti pas que j’entends un gros vacarme. Mon coeur !!! Il s’était niché au creux de mon débardeur, juste au niveau de mon ventre. J’ai été vraiment émue et je me suis dit: « C’est un signe… »

Bref, comme tu le vois, je vois des signes partout. Quand je dis que désespérés que nous sommes on serait prêt à aller à Lourdes à cloche-pieds, si seulement ça nous garantissait un bébé !!

C’est sans doute ce qu’on appelle (dés?)espoir?

Bon, parce que malgré cet espoir on reste les rois de la loose internationale, je t’annonce qu’avant de regagner nos pénates, on a appris qu’on n’avait aucun embryon vitrifié.

C’est la douche froide. Voire glacée.

C’est rare. Encore plus en DD. M’est avis qu’un des deux donneurs, sans le savoir, présente sans doute des gamètes un peu pourris…

Mais bon, c’est la vie. C’est notre vie. Et c’est épuisant.

J’en aurais chialé. Parce que tu le sais, c’est notre dernière… Donc 0 embryon vitrifié = fin de partie si jamais…

Mais on n’a pas envie de penser à ça, concentrant tout notre amour et notre énergie pour ces deux espoirs qui sont, on l’espère si fort, encore au creux de moi aujourd’hui.

Évidemment, on ne s’attendait pas à un tel scénario. Du coup, ça remet en question la suite… Mais on n’en n’est pas encore là…

On est un peu fâché, il faut l’avouer. Parce qu’on n’a beau pas vouloir résumer cette aventure à son coût, il faut reconnaître qu’on paye au final aussi cher que tout ceux qui ont plusieurs chances. Ça pique…

Et puis, vu qu’ils ne vitrifient que les très beaux, en optant pour l’adoption embryonnaire (embryons vitrifiés donnés par des couples infertiles), on aurait fait des économies substantielles (1680€ vs 4200€). Tu les vois les glandes???

Bref, ainsi va la vie… Et la vie, plus que jamais, j’espère qu’elle est en train de s’installer en moi…

Ce que je retiens, c’est cet amour démesuré et inconditionnel qui m’a envahie juste après le transfert. J’en ai pleuré d’émotion…

Alors ça ne peut pas être autrement: Martina et Pavel, nos petits, on s’accroche bordel !!!

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