Blogueuse compulsive, je ne pensais pas devenir une lectrice de l’ombre très occasionnelle… Car oui, je l’avoue, je trie sur le volet les articles que je lis, et ils sont de plus en plus rares. Je n’en suis pas fière, et je ne le revendique pas, simplement, c’est ma manière à moi de me protéger…

J’ai reçu des mails de certaines personnes qui voulaient avoir de mes nouvelles. Je n’ai même pas pris le temps de répondre parce que je n’arrive pas à savoir quoi dire. Parfois, on n’arrive plus à trouver les mots…  Je profite donc de cette tribune pour vous remercier pour vos pensées et m’excuser pour mon absence de réponse.

A la question: « Comment vais-je? », je dirais que je vais. Ni bien, ni mal. Les jours passent très vite et je me noie dans le travail. A raison de 50h par semaine, tout est devenu secondaire. Je n’ai plus d’énergie que pour me consacrer à l’essentiel. Et l’essentiel consiste à dormir, manger, bosser.

Conséquence plutôt positive: tout me glisse dessus! Même ma collègue incapable d’être bienveillante avec le fils qu’elle a accueilli depuis 9 mois déjà… Je mets des choses en place pour le préserver et lui montrer que dans ce bas-monde, des personnes bienveillantes existent, mais le reste, ça ne m’appartient pas… Donc: next !!

J’ai décidé de commencer par changer ce qui peut l’être et qui est à ma portée. Autrement dit, pas grand chose… Et d’arrêter de vouloir sauver la veuve et l’orphelin, tout en m’épuisant à vouloir rendre le monde meilleur. Le monde est ce qu’il est et, en toute humilité, j’ai appris à reconnaître que ce n’est pas moi, Julys, depuis mon petit caillou, qui vais révolutionner la face du monde. Tant d’autres ne se sentent même pas concernés par ce qui pourtant mériterait bien qu’on se batte! Et d’ailleurs, il y a tant de nobles combats si on y réfléchit bien !! Bref…

On ne sait toujours pas où demain va nous mener, mais on est concentré sur ici et maintenant. Impossible de se projeter pour le moment, ni dans un sens, ni dans un autre. La raison est simple: j’ai passé des années à essayer de digérer mon passé, puis des années à me projeter sur une future maternité. Et dans tout ça, je n’ai jamais vécu l’instant présent! Pourtant, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment: ne plus penser à hier ni à demain. Juste me concentrer sur aujourd’hui, en avançant au jour le jour.

Plus que jamais, je me sens donc en total décalage avec la blogosphère. Parce que dans le fond, et c’est bien légitime, la plupart des articles traitent de préoccupations sur l’avenir.

Quand on est dans l’attente, on se demande combien de temps cela va encore durer. Quand on est dans l’action, on se demande combien on va avoir de follicules, quelle taille ils feront, s’ils seront de qualité… Quand on a mis un orteil dans le train, notre présent est conditionné aux futurs examens sanguins ou échographiques et on retient son souffle en ne pensant qu’à demain.

Bref, quelque part, en plein parcours pmesque ou donesque, la vie se conjugue au futur.

D’ailleurs, je compatis sincèrement pour toutes ces situations que je ne connais que trop bien ou que je peux aisément imaginer.

Et puis, il y a cet impérieux besoin d’être Moi. Non pas que je ne l’ai pas été durant ces années que j’ai passé à me dévoiler ici !! Mais Moi, ce n’est pas la looseuse en série qui pourrait faire un peu pitié et qu’on voudrait pouvoir préserver tel un être un peu fragile… Pas plus que le solide roc qui se serait remis de ses dernières péripéties comme si de rien n’était.

Dans mon entourage, j’ai droit un peu à toutes ces réactions. Ceux dont les silences pesants ne viennent qu’illustrer le malaise et la peur de blesser. Et les autres, a contrario, qui font comme si rien ne s’était passé. Entre les deux attitudes, mon coeur balance… J’ignore ce que je préfère…

Pourtant, je voudrais juste que les gens arrivent à rester authentiques! Mais, à la fois, je sais que c’est compliqué et que, très probablement, j’aurais moi-même du mal à le rester si j’étais à la place de ceux qui me côtoient… J’ai bien conscience que ce n’est pas simple de savoir quoi dire ou faire. Probablement parce qu’il n’y a rien à dire ni rien à faire. Une présence bienveillante, un mail par ci par là qui n’attend pas forcément de réponse, une pensée fugace de temps en temps… Je crois que dans le fond, c’est tout ce dont j’ai besoin.

Il est donc temps pour moi non pas de fermer la porte de ce blog définitivement, car qui sait ce que l’avenir nous réserve?, mais, en tout cas, de fermer les fenêtres temporairement (ou pas)… Et, si d’aventure j’éprouve l’envie dévorante de m’exprimer sur la suite de notre aventure ou sur tout et n’importe quoi, je n’hésiterais pas !! En gros, je suivrais mes envies et picétout. Je crois qu’aujourd’hui, plus que jamais, j’ai le devoir de les écouter…

Alors, avant de retourner dans ma bulle sur la pointe des pieds, je voudrais juste te souhaiter du fond du coeur d’être toujours capable de faire preuve d’empathie et de bienveillance. Bienveillance envers les autres, mais aussi et surtout envers toi-même. C’est sans doute l’une des plus belles qualités humaines !!

Accepter que l’autre soit différent, porter ses chaussures, ne serait-ce que quelques instants, essayer de ne pas le juger , autant que faire se peut (ce n’est pas toujours facile, loin de là !!!) et, surtout, ne pas oublier que nul n’est parfait. L’autre pas plus que moi-même. On fait tous des erreurs et je crois qu’on fait surtout ce qu’on peut, comme on peut.

Par contre, savoir reconnaître ses erreurs est essentiel. Et on en fait tous. Si si !! Comment ça tu n’en n’as jamais fait? Que celui qui prétend ça me jette la première pierre. OUTCH !!!

Je crois qu’on se doit de se remettre en question pour espérer avancer. Et ça passe parfois par écouter ce que l’autre me dit… Enfin, si ce que dit l’autre est intelligible et argumenté hein. Parce que si c’est vulgaire et stérile (et on s’y connaît en stérilité, je te prie de me croire!), on n’a quand même pas que ça à foutre.

Je donne souvent cet exemple à mes élèves: un enfant n’apprend à marcher qu’après être tombé 1 fois, 10 fois, 100 fois… Mais à chaque fois, il réajuste sa démarche pour trouver un équilibre de moins en moins précaire, qui saura lui permettre de mettre un pied devant l’autre… Et oui, l’erreur est non seulement utile, mais indispensable !! Alors bordel, trompons-nous !!!

Il y a quelques mois, j’avais écrit un long laïus qui avait fait débat sur la maladresse… Ca ne m’avait pas valu que des amis d’ailleurs ! 😀 Mais je persiste et signe: pmette/pmec, pb ou milk (je veux pas faire ma féministe, mais pourquoi on ne parle jamais des filk d’ailleurs, hein???), on est toujours le maladroit de quelqu’un !! Les pb n’ont pas l’apanage de la maladresse. Pas plus que les autres.

D’ailleurs, si on y réfléchit bien, ce n’est pas un peu fatiguant ces distinguos abusifs? Pb vs pmette. Fertiles vs infertiles. C1 vs C52. On évolue tous dans un monde suffisamment vaste pour que chacun puisse avoir sa place nom d’une pipe en bois !!

Sur ce, comme on dit par ici: nartrouv !!

paix dalai-lama

 

 

 

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