C’est fou comme quelques semaines d’absence peuvent donner cette impression d’être étrangère dans cet espace que j’ai pourtant alimenté si longtemps… Avant, les mots glissaient entre mes doigts, sur le clavier. Là, je me retrouve confrontée au spectre de la page blanche.

Que dire?

Je suis en vacances depuis deux semaines maintenant et je savoure le bonheur de ne rien faire. Ou de ne faire que ce dont j’ai envie (ce qui revient à ne pas faire grand chose…).

Pour savourer des instants à deux, Chéri a fait le viaduc (il a posé le vendredi et le lundi) et nous en avons profité pour nous évader une nuit dans un hôtel en bord de mer, pour célébrer nos 10 ans d’amour. On est d’ailleurs déjà entré dans la 11ème année…

Je me suis amusée à résumer ces 10 dernières années tandis qu’on était lové l’un contre l’autre. C’est tellement émouvant !! Certes, il y a eu ces trop nombreux échecs. Toutes ces larmes partagées. Mais il y a aussi eu tous ces fous rire, ces jolis instants volés, ces voyages inoubliables, ces espoirs ténus…

Ces deux dernières semaines, j’ai de nouveau pris le temps de réfléchir à notre projet parental. On a du coup commencé à regarder de nouveau les billets d’avion, juste au cas où, pour la RT… Puis, j’en suis arrivée à la conclusion que je n’envisageais pas de retourner en RT tant qu’on n’aurait pas montré notre dossier au Dr D, cette magicienne qui a aidé tant de couples en perdition à écrire une jolie suite à leur histoire. ❤

En décembre, on devait partir quelques jours dans une île voisine. Mais, une nuit comme les autres, je me suis réveillée brutalement avec la certitude que nous devions revoir nos plans en envisageant de rentrer passer les fêtes en famille, en couplant notre passage en Europe avec une rencontre avec Dr D et un voyage vers une destination inconnue.

Quelques jours plus tard, je prenais nos billets pour la métropole (merci aux incessants aller-retour des deux dernières années qui nous ont permis de financer un billet sur les deux avec les miles!) et je contactais le cabinet parisien pour fixer un rendez-vous, qui aura lieu le 5 janvier, jour de notre retour d’Islande.

Parallèlement, nous avons bouclé toutes les démarches pour être officiellement inscrits sur la liste des receveuses d’ovocytes. J’ignorais d’ailleurs totalement à quel point c’était un parcours du combattant en France !!

On a dû rencontré la présidente du tribunal de grande instance elle-même, qui nous a lu tout un tas d’articles de loi déshumanisants nous disant qu’en signant le papier, on s’engageait à ne pas revenir sur notre parentalité à la naissance de l’enfant, blablabla…

On a préféré en rire, mais franchement, c’était on ne peut plus froid et impersonnel. Très administratif quoi !

On a aussi occupé notre temps libre à rencontrer la généticienne, qui nous a annoncé qu’en fait, on n’était pas obligé de la rencontrer puisqu’on s’était déjà vu dans le cadre de la PMA. Chose importante: elle m’a dit que je devais absolument récupérer les résultats médicaux de mon frère, qui en une petite année à multiplier les phlébites (pas moins de 3, dont une qui a évolué en embolie pulmonaire…). Sauf qu’elle ne connait pas mon frère, qui n’est jamais allé chercher ses résultats et qui refuse qu’on lui parle de sa santé !! L’envie de le solliciter pour lui dire que j’ai besoin de ses résultats ne m’enchante pas le moins du monde… D’autant que je le lui ai déjà signalé…

Pour compléter ce dossier de receveuse, on a également dû rencontrer la psychologue de l’hôpital. Nous avons dû ressasser une sempiternelle fois nos histoires et notre histoire et j’avoue que ça nous a bien gonflé quand elle nous a annoncé qu’en général, elle recevait les couples deux fois avant de fournir le certificat, saint graal pour être inscrit officiellement donc.

Nous y sommes retournés hier et cet entretien a été centré sur l’enfant. Comment aborder la question du don (ou de l’adoption) avec lui?

Nous étions au clair vis-à-vis de cette question, puisque pour nous, hors de question qu’il y ait le moindre secret autour de la naissance de notre cerise. Ceci étant, elle nous a amené à réfléchir sur la nécessité de savoir comment le dire.

Pour faire court, selon elle, il ne faut pas vouloir dire les choses brutalement au nom de la transparence. L’idée est donc d’en parler quand on est prêt, tout en n’éludant pas les questions de l’enfant.

Ce qui est essentiel est d’accueillir la question de l’enfant, en lui disant « J’entends ta question, elle est très importante », sans être contraint d’y répondre dans l’immédiateté. On peut ainsi différer la réponse en disant à l’enfant: « Je vais répondre à ta question, quand j’aurais les mots/quand je serais prêt, … »

L’idée est surtout de ne pas lui mentir. Lui dire que oui, il y a quelque chose qu’il doit savoir, mais le lui dire surtout quand on/il sera prêt.

Pour réfléchir à cette question depuis bien longtemps, je m’étais toujours dit qu’on ne mentirait pas, au nom de cette sacro-sainte vérité à laquelle je suis tant attachée. Mais je crois qu’il faut avant tout penser à l’enfant et à la manière de lui dire les choses, sans le brusquer avec une vérité qui pourrait être difficile à entendre pour lui, si nous-mêmes nous ne prenons pas le temps de savoir comment la dire.

Au final, on était donc plutôt content de cet ultime échange avec la psy.

Enfin (j’ai gardé le meilleur pour la fin), nous avons revu Mme Bienveillance. On lui a confié nos craintes et notre peur que cela n’aboutisse jamais. Mais on est reparti enhardi par une nouvelle remplie d’espoir…

Nous faisons parti des 15 prochains dossiers qui seront présentés au conseil de famille !!! Sachant qu’elle en présente 6 par 6 et que, d’après elle, compte tenu de notre jeune âge (nous sommes les plus jeunes, et c’est un critère important apparemment), de nos rapports très positifs (2 avis très favorables), de notre situation (couple hétérosexuel marié: j’ai ainsi appris que les couples homosexuels, même mariés, n’avaient aucune chance, ce que Mme Bienveillance elle-même déplore évidemment…), nous avons un des meilleurs dossiers…

On est sorti de cet entretien en se surprenant à rêver: « Dans 3 ou 4 bébés, ce sera peut-être notre tour… »

Ce n’est pas sans émotion que j’écris cette dernière phrase… Nous n’avons jamais été aussi prêt du but !! 3 ou 4 bébés, nom d’une pipe en bois !!! Mais bon, gardons les pieds sur terre… Depuis le début de l’année, il n’y a eu que 2 naissances. Donc c’est très aléatoire et ça peut arriver très vite, comme dans longtemps…

Ce que nous avons appris, c’est qu’à partir du jour où nous recevrons l’appel, tout va s’accélérer. Pour la faire courte, une semaine plus tard, nous devrions rentrer à la maison avec notre cerise…

Du coup, c’est à la fois angoissant et excitant !! Evidemment, cela soulève des tonnes de questions: Serons-nous prêt? Comment préparer l’accueil en si peu de temps (heureusement qu’on a déjà commencé la décoration avant la RT…)? Saurons-nous l’aimer (et réciproquement)? Comment gérer la transition entre les années de vide et la semaine où tout bascule?

Bref, ça cogite… Mais je crois que c’est plutôt sain de se poser ce genre de question.

Du coup, on a décidé de continuer notre vie et de profiter de tous ces moments seuls et à deux.

Chéri se prépare pour une course importante de 63 kilomètres. De mon côté, je prends le temps de fabriquer mes cosmétiques maison, ainsi que les produits d’entretien très prochainement. Je m’occupe aussi de ma décoration intérieure en faisant ce que je n’ai jamais le temps de faire quand je bosse. Comme, par exemple, fabriquer ma tête de lit en bois de palette, terminer le cadre de notre paroi de douche et confectionner des étagères à partir de vieux tiroirs recyclés.

Pour couronner le tout, je suis famille d’accueil pour deux chatons minuscules qui avaient à peine 2 mois quand je les ai récupérés. C’est assez chronophage… L’un d’entre eux me prend pour sa maman et il tête chaque partie de mon bras ou mon cou de manière compulsive, ce qui me fait totalement craquer !!

Avant eux, j’ai eu la chance de sauver un chiot de 2 mois et demi, lui aussi condamné à un triste sort…

Il est parti en métropole, dans un refuge. Si parmi vous quelqu’un vient à passer par Aix-en-Provence et qu’il a une forte envie d’adopter un adorable chiot royal bourbon made in Réunion, qu’il n’hésite pas !! Ce loulou est un amour !!

Que la séparation a été douloureuse d’ailleurs !! J’ai pleuré pendant deux jours… J’ai compris le transfert que j’avais fait sur lui lorsque j’ai dû m’en séparer… Il remplissait la maison jaune par sa présence quelque peu envahissante et il logeait dans cette chambre d’enfant toujours vide après tant d’années…

Je suis d’ailleurs  de plus en plus impliquée dans la protection animale. On peut dire qu’ici, il y a vraiment du boulot à ce niveau-là… La situation est presque hors de contrôle et les cas d’abandons, de maltraitance (voire de torture) et d’euthanasie se multiplient. Donc, si certains parmi vous sont intéressés par cette cause et veulent apporter un peu d’aide, elle sera bienvenue !! Nous arrivons à faire partir de plus en plus de chats/chiens en métropole, et nous avons parfois besoin d’un covoiturage, ou d’une famille d’accueil temporaire (1 ou 2 jours) pour les loulous qui sont en transit sur Paris, avant de rejoindre la province.

Bref, je lance une bouteille à la mer…

Pour conclure, aux travailleurs, je souhaite bon courage. Et aux vacanciers: bonnes vacances !!

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