Il est 5h… Je n’arrive plus à trouver le sommeil. J’aimerais te dire que c’est lié à l’excitation d’une rencontre imminente avec notre enfant. Te raconter l’appel qui aurait tout fait basculer.

Mais non…

Ce qui a tout fait basculer et qui m’empêche de me rendormir, c’est ce sms découvert dans la nuit. Celui envoyé par ce couple d’amis « qui ne s’attendait pas à ce que ça marche du premier coup »…  Dont j’ai suivi la grossesse, allant même jusqu’à préparer avec la future maman l’arrivée de nos bébés respectifs.

Je n’ai rien dit quand elle trouvait normal que je ne puisse pas bénéficier du même congé maternité que toutes ces femmes qui ont porté la vie. Ben oui, « tu ne vas pas accoucher toi! » J’ai presque trouvé cela risible. Si si !! J’ai appris à rire de tout. Parce que rire rend les maladresses moins douloureuses et les mots moins piquants.

Pour ceux que cela questionnerait, j’aurai droit à 10 semaines. Aucun report possible ni congé patho évidemment !! Parce qu’en plus, je ne vais pas allaiter, MOI…

Bref donc j’ai passé 9 mois à parler layettes avec eux, à aller acheter du tissus pour qu’elle puisse confectionner des mignonneries pour nos bébés.

Au début de cette grossesse, on a évoqué la question du prénom. En disant, comme à chaque annonce, qu’on vivrait très mal le fait de se faire « voler » notre prénom, choisi avant même que la plupart des couples nous entourant ne se projettent vers la parentalité.

Bienveillants, ils nous avaient demandé l’initiale et le nombre de lettres du prénom du garçon  (attendant eux-mêmes un petit mec). Quand on leur avait dit, donnant des indications sur la longueur du prénom et sa sonorité (tant de syllabes, tel son final), ils avaient répondu soulagés que ce n’était pas dans leur liste. Ouf général !! On a pu souffler et trinquer !!

Alors j’ignore ce qu’il s’est passé dans leur tête, mais il semblerait qu’ils aient changé d’avis puisqu’ils se sont contre tout attente appropriés ce prénom qu’on protégeait amoureusement depuis des années. Ce prénom qu’on chérissait depuis le premier jour où, émus, nous l’avions répété en boucle pour mieux le faire nôtre, pour mieux le faire sien…

L’ironie veut qu’on se le fasse souffler au vol à quelques semaines de l’arrivée de notre petit, par le dernier couple qui, dans tout notre entourage confondu, n’avait pas encore d’enfant…

Je vis plutôt bien l’échec de la PMA. Je me projette avec un plaisir non dissimulé vers une parentalité adoptive. Tous ces mois de préparation de la chambre ont été un vrai bonheur !!

Ces derniers jours, un cap décisif a été franchi puisqu’on a contacté des assistantes maternelles. On se l’est enfin autorisé !!

Sur cette prometteuse lancée, j’ai même créé l’ébauche de ce qui sera notre liste d’adoption. J’ai pris beaucoup de plaisir à choisir chaque mot contenu dans l’image d’illustration que je partage avec toi en avant-première.

Et pourtant… Il a suffit d’un sms pour que mon ventre se noue, que mes yeux s’humidifient et que la tristesse ne m’envahisse… Je n’avais pas connu ce sentiment depuis tellement longtemps !! Au moins, cela prouve que je suis vivante et que je ne suis pas qu’une automate qui se laisserait entraîner par les aléas de la vie…

Ce qui est certain, c’est qu’on ne changera pas de prénom. Je l’ai annoncé dans mon sms de félicitations. Leur disant que c’était un magnifique prénom et que notre enfant, si c’est un garçon, porterait le même.

Ce qui pique ce n’est donc pas tant le fait que cela perturbe nos plans. Ce n’est pas envisageable ! Mais plus le fait qu’ils aient la primeur d’annoncer ce prénom assez rare…

Tu me diras: la parentalité n’est pas une compétition après tout. Je te répondrais heureusement !! Sans quoi on aurait fini bon dernier… Sans médaille ni bouquet de fleurs…

Bon, comme dit Chéri, toujours philosophe: « Yapluka avoir une fille !! »

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