C’est par une magnifique journée ensoleillée que nous sommes allés à la rencontre de notre princesse.

Le matin, nous avons pris notre temps pour faire sa valise et la nôtre, sans précipitation. 

Juste avant le fameux appel, après des années de silence, nous avions recommencé à faire résonner les murs de la maison jaune au rythme des musiques qu’on aime. C’est donc en musique que nous avons passé cette dernière matinée sans notre puce.

Une heure de routes sineuses nous aura permis d’arriver jusqu’à Elle. La bienheureuse dormait dans son couffin quand on la découverte pour la première fois. 

On la regardait avec étonnement, sans trop réaliser que ce petit être était notre fille.

La Tatie, qui a pris soin d’Elle depuis sa sortie de la maternité, nous a alors raconté notre puce. 

C’est un bébé très calme, qui ne pleure que très rarement. Elle est très curieuse et adore observer ce qui l’entoure. Depuis peu, elle se montre bavarde. « C’est le top !« , je cite.

Tandis qu’Elle dormait, on n’a pas pu résister à la tentation de caresser sa peau. Elle est si douce…

Peu de temps après, elle s’est réveillée. J’ai essayé de la prendre dans mes bras mais elle était perturbée. J’ai eu peur…

Chéri a pris le relais et a su l’apaiser. J’ai été rassurée. 

Il faut comprendre que les premiers instants, je ne réalisais pas du tout. 

Vu qu’Elle râlait un peu, Tatie a commencé à lui donner le biberon. Et là… On s’est adoptée…

C’est difficile de décrire cette sensation qui m’a envahie. Je me suis mise à sa hauteur et j’ai plongé mon regard dans le sien. Et là, sans mot, on s’est parlé… Elle me fixait avec ses pupilles noires corbeau et ne me lâchait plus du regard. J’ai alors su que j’étais en train de devenir sa maman. On s’est dit 1000 choses en un regard rempli d’intensité…

Après que Chéri ait tenté de la prendre et de la calmer (Elle râlait de nouveau), j’ai finalement eu l’honneur de lui donner la fin de son premier biberon avec nous. Tandis qu’Elle suçotait dans le vide, j’ai osé retirer le biberon. Et Elle s’est mise à pleurer.

Tatie, tentant de la rassurer, a été submergée d’émotions et a fondu en larmes. C’était vraiment bouleversant… C’était la première fois, en 4 bébés, qu’elle craquait comme ça. 

Elle ne l’avait jamais vu pleurer… Elle s’est excusée mais je lui ai dit, les yeux bien humides, qu’on comprenait et qu’on avait une immense gratitude pour elle qui a pris soin de notre princesse depuis le début…

Après s’être ressaisie, elle a pris le temps de lui réexpliquer qu’elle nous la confiait parce qu’elle l’aimait et qu’elle savait qu’on lui offrirait une belle vie et qu’on prendrait soin d’Elle.

J’ai vraiment adoré que chaque adulte autour d’Elle prenne le temps de lui parler, de lui expliquer. Mme Dévouée, l’éducatrice, lui a dit ceci, avec une infinie douceur : « Tu te souviens de moi ? Je suis venue te chercher pour t’amener chez ta tatie et je t’avais expliqué que Tatie prendrait soin de toi le temps que je te trouve des parents. Ils sont là aujourd’hui. Papa et maman Julys. Tu vas voir: ils vont te donner beaucoup d’amour et tout ce dont tu as besoin. »

Puis elle lui a expliqué le déroulé de la semaine. 

Après la décharge émotionnelle de Tatie, Elle s’est apaisée. J’ai senti son petit corps se détendre et s’agripper à mon t-shirt. 

Nous sommes restés dans l’intimité de sa chambre tous les 3, et on lui a parlé à notre tour. Lui expliquant que sa maman de ventre l’avait accueilli dans son ventre et qu’on l’avait nous porté des années dans notre coeur. Que nous avons dû être patient parce que c’était Elle et nous… Et qu’on allait tout faire pour la rendre heureuse et prendre soin d’Elle.

C’était un vrai beau moment. On sentait qu’elle écoutait chaque mot prononcé en continuant de s’agripper à mon t-shirt. 

Je l’ai couverte de bisous et de caresses, humant son odeur pour l’emporter avec moi au gîte. 

On a pu profiter encore quelques instants d’Elle. Première couche changée avec succès ! 

Puis est venu l’heure de se séparer. Tranquillement posée sur son tapis d’éveil, on a pris le temps, chacun notre tour, de lui dire au revoir. Lui expliquant qu’on ne la quittait que pour un dodo et qu’on reviendrait vite pour apprendre à la connaître. Qu’on avait hâte de la retrouver. Elle nous écoutait attentivement, captivée, nous regardant avec ses yeux brillants. 

Voilà…

C’était le premier jour du reste de notre vie… Tout en douceur et en tendresse…

Nous sommes pressés de la revoir et encore plus de la voir remplir la chambre vide de la maison jaune… Sa chambre…

Vendredi, nous refermerons cette pièce, remplis d’amour et de reconnaissance. 

On est parents boréal !! 

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