En décembre dernier, les actualités ne parlaient plus que du décès de l' »idole des jeunes », celui qui méritait un hommage national digne d’un chef d’état.

Il était attendu que l’héritage diviserait le si soudé clan H. et que ce conflit ferait couler beaucoup d’encre, les médias se délectant à l’idée de couvrir un conflit familial qui n’appartient pourtant qu’à la sphère privée.

En vrai, je dois avouer que je me fiche totalement de l’héritage de Johnny et des petites spéculations populaires qui donnent raison à untel ou untel.

En revanche, lire des propos si vils sur les deux plus jeunes filles de cet homme qui, quoiqu’on en dise, est responsable de ses choix en ce qui concerne son héritage, c’est juste écoeurant. Les traiter d’étrangères, les affubler de surnoms racistes (Ping et Pong, entre autre…) et remettre en cause leur filiation sous prétexte qu’elles ne sont pas des enfants biologiques, c’est juste à vomir.

Les réseaux sociaux révèlent décidément la face la plus immonde de certains CONcitoyens qui se permettent de parler sans filtre, sans réflexion et sans empathie.

Mais à la fois, je trouve que c’est sociologiquement essentiel de lire certains commentaires. De vraies études de cas ! Qui donnent tellement d’explications sur les raisons qui font que le monde en est là où il en est aujourd’hui…

Avant d’être adoptés, les enfants sont des enfants. Point. Pourquoi toujours stigmatiser ces enfants en précisant leur histoire ? Est-ce qu’on précise dans quelle position a été conçu un enfant biologique ? Est-ce qu’on précise en le présentant que c’est l’enfant biologique de Mr et Mme Tartampion ?

Combien de fois, avant que notre fille ne vienne bouleverser de la plus belle des manières notre quotidien, j’ai entendu autour de moi parler du fils/de la fille « adopté(e) » de tel ou tel couple que je ne connais ni d’Adam ni d’Ève ?

Et bien moi, j’en vois à la pelle des enfants « biologiques » qui souffrent de manque de soins, de carences éducatives, de maltraitance physique ou psychologique… Mais jamais leur filiation n’est précisée ou remise en cause.

En attendant, la grossesse dans un projet d’adoption dure souvent des années d’espoir et d’amour.

Je le savais depuis longtemps qu’on aurait à se battre contre les préjugés et stigmatisations…

Comme le discours des anti-GPA qui prétendent qu’il y a suffisamment d’enfants malheureux dans ce monde pour faire une BA en adoptant. WTF ?? Depuis quand on adopte pour se donner bonne conscience ?!

Quand toute sa vie un enfant entend qu’on ne le considère pas comme l’enfant de ses parents mais comme celui qui a été adopté, forcément qu’il va être confronté à une quête d’identité !!

L’adoption est une merveilleuse aventure. Et une sublime histoire d’amour…

Alors je fais un rêve… Le rêve que tous ceux qui évoqueront notre fille, ne le fassent qu’en présentant ce qu’Elle est vraiment. Une enfant. Avec des qualités et des défauts. Des goûts et des dégoûts. Une personnalité bien à Elle. Un nom et un prénom qui font d’Elle une personne unique. Point. Comme tous les enfants de ce monde dont on ne raconte pas forcément la vie à d’illustres inconnus, comme s’il y avait quelque chose d’exotique à connaître un enfant adopté tant ce n’est pas commun…

Alors je lui promets, à Elle, de toujours me battre pour que notre filiation soit aussi légitime aux yeux de Mr et Mme Tout-le-Monde qu’elle l’est et le restera pour nous.

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