Je ne suis plus très présente. Bon, plus du tout serait plus honnête. Pourtant, vous êtes présents dans mes pensées si souvent.

Cette blogo a été une vraie bulle d’oxygène quand on avait l’impression de couler… Elle permettait de ne pas se laisser envahir par le sentiment de solitude. Ensemble, on était tellement plus fort(e)s !!

J’ai souvent l’impression d’avoir abandonné lâchement le navire qui des années m’a permis de rester à flots.

L’arrivée de notre puce a été si soudaine que ça a été un véritable tsunami émotionnel. Mes journées étaient déjà bien remplies avant Elle, elles le sont d’autant plus aujourd’hui.

On a mis du temps à faire imprimer nos faire-parts et, au final, le rythme de nos vies nous dépassant totalement, nous en avons laissé un certain nombre dans une boîte en carton, oubliant de les envoyer… Ils sont toujours là, mais je n’ose plus les faire partir, évidemment…

Les premiers mois ont été bouleversants. J’étais si heureuse de découvrir notre fille et, à la fois, j’avais parfois du mal à prendre mes marques dans cette nouvelle vie.

Je crois que ce qui m’envahissait le plus, c’était ce sentiment de ne plus du tout avoir du temps pour moi… J’en avais pour ma fille, pour mon boulot, pour mon association, pour mon mari… Mais je me disais souvent: « Et moi dans tout ça ? » Avec un immense sentiment de culpabilité, puisque j’aurais tout simplement dû savourer ma nouvelle condition de maman.

« Tu as attendu 6 ans et demi, alors maintenant, profite et tais-toi !! », me soufflait une petite voix intérieure.

Il n’empêche que j’ai décidé de consulter une psychologue qui m’accompagne à devenir la femme, la mère, l’enseignante, l’épouse, etc que je suis.

Notre fille est un rayon de soleil. Elle va déjà sur ses 14 mois et progresse de jour en jour. La voir grandir et s’épanouir est un vrai bonheur.

Comme Mouchette, nous avons enfin reçu notre convocation au tribunal. Mais nous nous préparons à passer un moment pas très agréable.

Il faut savoir que cette partie purement administrative peut être difficile à vivre. Nous avons très bien vécu tout notre parcours, entourés uniquement par des personnes bienveillantes, mais cette étape n’est pas si simple.

Il y a eu ce dossier à remplir pour déposer au tribunal. La demande d’adoption plénière, dans laquelle on devait cocher une case qui stipulait qu’on n’avait pas d’enfant. WTF ?! J’ai bugué au moment de cocher. Parce que oui, on avait un enfant. Qui gazouillait et riait depuis des mois dans notre maison jaune.

Il a fallu également réécrire un pamphlet sur nos « motivations ». Oui oui !! Notre bébé était dans nos vies depuis 6 mois qu’on devait exprimer en quelques lignes les raisons qui motivaient notre envie de toujours La garder près de nous, en devenant officiellement ses parents…

Le côté officiel de l’adoption est dérangeant. Est-ce que cela signifie qu’avant le jugement, comme le stipule l’état civil de l’enfant, nous ne sommes que des parents « officieux »?

Nous savons que le passage au tribunal risque fort d’être très impersonnel et purement administratif. On risque de nous redemander pour une énième fois de justifier notre souhait d’adopter… Nous nous y préparons. J’espère rester calme, souriante et détendue. Mais d’avance, j’appréhende…

Que faudra-t-il pour être considérée comme la maman de mon enfant ? Enfant dont je prends le plus grand soin depuis bientôt un an ? Un simple papier signé par un juge fera donc de nous ses parents ?

Nous sommes ses parents depuis toujours. Nous étions destinés à Elle. Et inversement. Nous sommes persuadés que c’était Elle et pas une autre qui nous attendait. Tout ce parcours pour arriver jusqu’à Elle a pris sens le jour où la sonnerie du téléphone a résonné sur le caillou.

Nous ne nous laisserons pas déposséder de notre parentalité, tout administrative que soit cette étape.

En conclusion, je partage avec vous ce texte où tout est dit…:

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