Un anniversaire assez spécial…

Voilà deux ans hier que, devant notre famille et nos amis réunis, nous nous sommes redit « oui ». C’était de ces journées magiques, qu’on voudrait pouvoir suspendre dans le temps…

Le jour de la Saint-Amour, quel symbole !!

Il se trouve que ces dernières quarante-huit heures ont été riches en émotions et ponctuées de petits cadeaux de la vie me donnant l’illusion que tout était réuni pour célébrer l’évènement.

Pour commencer, il y a quelques jours, une amie m’a contactée sur Facebook pour avoir des informations sur le don d’ovocytes. Je précise que notre relation a été compliquée ces derniers mois (rapport à une grossesse vécue dans un contexte très particulier et annoncée très maladroitement, ou plutôt jamais vraiment annoncée quoi…).

Pour resituer un peu les choses, à l’échec de FIV 4, plutôt que de nous confronter aux « Et alors? » remplis d’espoir de notre entourage, j’avais pris le taureau par les cornes en écrivant un mail annonçant la fin de notre parcours en France, et le possible recours au don.

L’idée n’était évidemment pas de faire un appel aux donneuses potentielles qui seraient susceptibles de me lire, mais juste d’informer sur la suite de notre parcours et de témoigner auprès des gens qui nous étaient proches de la réalité de ce que l’on traversait et que nombre de couples traversent également.

Il se trouve que le 13 novembre 2015, sombre journée dans l’histoire de ce pays, nous étions avec cette amie, qui m’avait questionné sur la suite de notre parcours et sur le don. Elle m’avait alors glissé: « Tu sais, moi, ça ne me dérangerait pas de donner! » J’avais un peu botté en touche parce qu’encore à l’époque, je crois que je ne m’estimais pas suffisamment pour accepter un tel cadeau. J’avais répondu que l’idée que quelqu’un que je connais donne pour moi était difficile parce que sans doute que je me sentirais à jamais redevable, sans jamais pouvoir rendre une aussi belle preuve d’attachement.

Et puis voilà qu’elle m’écrit pour me demander des informations. Je l’appelle pour qu’on en discute et j’apprends qu’elle y pense depuis mon fameux mail, qu’elle s’est déjà renseignée depuis longtemps sur le site http://www.dondovocytes.fr/ et qu’en gros, sa décision est prise, alors même qu’elle vient à peine d’accoucher…

La seule question qu’elle se posait ne concernait pas les démarches, puisqu’elle était déjà bien informée sur le sujet, mais juste savoir en quoi cela nous aiderait. WTF??? J’en suis restée bouche bée…

Son compagnon partage totalement cette envie et ils considèrent tous les deux que c’est tout à fait normal de faire un don quand on a été soi-même gâté par la vie !! C’est fou… Superbement fou…

Bref, donc je dois écrire à Dr Poule pour prendre des renseignements sur la suite et savoir quel est le délai pour le don, dans la mesure où elle a accouché le mois dernier.

C’est dingue parce qu’on n’est plus du tout proactif dans ce long cheminement, et on a l’impression que tout se décante doucement mais sûrement, maintenant qu’on n’attend plus vraiment… Ou plutôt qu’on attend sans attendre !

D’ailleurs, hier, j’ai fait une folie pour célébrer notre anniversaire. Je me suis rendue dans un dépôt vente d’articles de puériculture et j’ai acheté une table à langer et un lit… On s’autorise enfin à devenir parents parce qu’on le sent au fond de nos tripes, ce rêve n’a jamais été aussi proche de se concrétiser…

Et puis, on ne va pas se mentir, mais c’est aussi une manière de nous préparer à l’appel magique. Imaginer qu’on aura qu’une semaine pour tout préparer avant que bébé nous rejoigne dans la maison jaune, c’est beaucoup de stress !! Alors que là, sa petite chambre n’attendra que lui… Evidemment, il nous manquera beaucoup d’affaires, mais comme le disait Mme Bienveillance la dernière fois, « Pour commencer, l’essentiel est qu’il y ait un lit, des couches, de quoi manger et de l’amour! »

Alors c’est complètement dingo, mais je commence à m’autoriser à ressentir ces mots qui m’étaient inconnus jusqu’à présent: « On va avoir un bébé! » Tu y crois, toi qui me lis? ON VA AVOIR UN BEBE !!! J’y ai toujours cru, mais aujourd’hui, c’est une certitude ancrée au plus profond de moi…

D’ailleurs, pour me préparer à cette naissance, comme d’autres lisent Pernoud, pour ma part je dévore « La normalité adoptive », de Johanne Lemieux. J’ai même acheté le deuxième tome de son triptyque sur l’adopteparentalité.

J’ai même le projet de créer mon propre album d’adoption, grâce aux conseils avisés de certains copinautes qui m’ont laissé entendre que je pouvais me lancer. J’adore bricoler, mais je ne suis pas une experte en scrapbooking… Après, comme j’aime les défis, j’ai passé commande et j’attends avec impatience de recevoir mon colis pour me lancer.

Il faut savoir qu’il y a très trop peu d’ouvrages qui traitent de l’adoption. Que ce soit au niveau des albums de jeunesse, que des cadeaux à offrir quand l’enfant adopté est accueilli ou des livres informatifs. C’est là que je réalise à quel point les parents adoptifs sont une minuscule minorité…

Alors toi qui me lis, tu dois être un peu paumé peut-être. Don? Adoption?

A vrai dire, et il en a toujours été question, je répondrais « enfant » !! Peu importe comment il viendra bouleverser notre vie. On privilégie évidemment l’adoption, dans un premier temps. 3 à 4 bébés je le rappelle !!! 😀

Mais on laisse la porte ouverte au don, peut-être pour  petit deuz?

En tout cas, ce que je sais, c’est que je me sens pour le moment plutôt sereine et franchement heureuse de ma vie actuelle.

Les choses se passent comme elles doivent se passer… Ce n’est ni bien, ni mal. C’est juste…

paix place

 

 

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On avance…

C’est fou comme quelques semaines d’absence peuvent donner cette impression d’être étrangère dans cet espace que j’ai pourtant alimenté si longtemps… Avant, les mots glissaient entre mes doigts, sur le clavier. Là, je me retrouve confrontée au spectre de la page blanche.

Que dire?

Je suis en vacances depuis deux semaines maintenant et je savoure le bonheur de ne rien faire. Ou de ne faire que ce dont j’ai envie (ce qui revient à ne pas faire grand chose…).

Pour savourer des instants à deux, Chéri a fait le viaduc (il a posé le vendredi et le lundi) et nous en avons profité pour nous évader une nuit dans un hôtel en bord de mer, pour célébrer nos 10 ans d’amour. On est d’ailleurs déjà entré dans la 11ème année…

Je me suis amusée à résumer ces 10 dernières années tandis qu’on était lové l’un contre l’autre. C’est tellement émouvant !! Certes, il y a eu ces trop nombreux échecs. Toutes ces larmes partagées. Mais il y a aussi eu tous ces fous rire, ces jolis instants volés, ces voyages inoubliables, ces espoirs ténus…

Ces deux dernières semaines, j’ai de nouveau pris le temps de réfléchir à notre projet parental. On a du coup commencé à regarder de nouveau les billets d’avion, juste au cas où, pour la RT… Puis, j’en suis arrivée à la conclusion que je n’envisageais pas de retourner en RT tant qu’on n’aurait pas montré notre dossier au Dr D, cette magicienne qui a aidé tant de couples en perdition à écrire une jolie suite à leur histoire. ❤

En décembre, on devait partir quelques jours dans une île voisine. Mais, une nuit comme les autres, je me suis réveillée brutalement avec la certitude que nous devions revoir nos plans en envisageant de rentrer passer les fêtes en famille, en couplant notre passage en Europe avec une rencontre avec Dr D et un voyage vers une destination inconnue.

Quelques jours plus tard, je prenais nos billets pour la métropole (merci aux incessants aller-retour des deux dernières années qui nous ont permis de financer un billet sur les deux avec les miles!) et je contactais le cabinet parisien pour fixer un rendez-vous, qui aura lieu le 5 janvier, jour de notre retour d’Islande.

Parallèlement, nous avons bouclé toutes les démarches pour être officiellement inscrits sur la liste des receveuses d’ovocytes. J’ignorais d’ailleurs totalement à quel point c’était un parcours du combattant en France !!

On a dû rencontré la présidente du tribunal de grande instance elle-même, qui nous a lu tout un tas d’articles de loi déshumanisants nous disant qu’en signant le papier, on s’engageait à ne pas revenir sur notre parentalité à la naissance de l’enfant, blablabla…

On a préféré en rire, mais franchement, c’était on ne peut plus froid et impersonnel. Très administratif quoi !

On a aussi occupé notre temps libre à rencontrer la généticienne, qui nous a annoncé qu’en fait, on n’était pas obligé de la rencontrer puisqu’on s’était déjà vu dans le cadre de la PMA. Chose importante: elle m’a dit que je devais absolument récupérer les résultats médicaux de mon frère, qui en une petite année à multiplier les phlébites (pas moins de 3, dont une qui a évolué en embolie pulmonaire…). Sauf qu’elle ne connait pas mon frère, qui n’est jamais allé chercher ses résultats et qui refuse qu’on lui parle de sa santé !! L’envie de le solliciter pour lui dire que j’ai besoin de ses résultats ne m’enchante pas le moins du monde… D’autant que je le lui ai déjà signalé…

Pour compléter ce dossier de receveuse, on a également dû rencontrer la psychologue de l’hôpital. Nous avons dû ressasser une sempiternelle fois nos histoires et notre histoire et j’avoue que ça nous a bien gonflé quand elle nous a annoncé qu’en général, elle recevait les couples deux fois avant de fournir le certificat, saint graal pour être inscrit officiellement donc.

Nous y sommes retournés hier et cet entretien a été centré sur l’enfant. Comment aborder la question du don (ou de l’adoption) avec lui?

Nous étions au clair vis-à-vis de cette question, puisque pour nous, hors de question qu’il y ait le moindre secret autour de la naissance de notre cerise. Ceci étant, elle nous a amené à réfléchir sur la nécessité de savoir comment le dire.

Pour faire court, selon elle, il ne faut pas vouloir dire les choses brutalement au nom de la transparence. L’idée est donc d’en parler quand on est prêt, tout en n’éludant pas les questions de l’enfant.

Ce qui est essentiel est d’accueillir la question de l’enfant, en lui disant « J’entends ta question, elle est très importante », sans être contraint d’y répondre dans l’immédiateté. On peut ainsi différer la réponse en disant à l’enfant: « Je vais répondre à ta question, quand j’aurais les mots/quand je serais prêt, … »

L’idée est surtout de ne pas lui mentir. Lui dire que oui, il y a quelque chose qu’il doit savoir, mais le lui dire surtout quand on/il sera prêt.

Pour réfléchir à cette question depuis bien longtemps, je m’étais toujours dit qu’on ne mentirait pas, au nom de cette sacro-sainte vérité à laquelle je suis tant attachée. Mais je crois qu’il faut avant tout penser à l’enfant et à la manière de lui dire les choses, sans le brusquer avec une vérité qui pourrait être difficile à entendre pour lui, si nous-mêmes nous ne prenons pas le temps de savoir comment la dire.

Au final, on était donc plutôt content de cet ultime échange avec la psy.

Enfin (j’ai gardé le meilleur pour la fin), nous avons revu Mme Bienveillance. On lui a confié nos craintes et notre peur que cela n’aboutisse jamais. Mais on est reparti enhardi par une nouvelle remplie d’espoir…

Nous faisons parti des 15 prochains dossiers qui seront présentés au conseil de famille !!! Sachant qu’elle en présente 6 par 6 et que, d’après elle, compte tenu de notre jeune âge (nous sommes les plus jeunes, et c’est un critère important apparemment), de nos rapports très positifs (2 avis très favorables), de notre situation (couple hétérosexuel marié: j’ai ainsi appris que les couples homosexuels, même mariés, n’avaient aucune chance, ce que Mme Bienveillance elle-même déplore évidemment…), nous avons un des meilleurs dossiers…

On est sorti de cet entretien en se surprenant à rêver: « Dans 3 ou 4 bébés, ce sera peut-être notre tour… »

Ce n’est pas sans émotion que j’écris cette dernière phrase… Nous n’avons jamais été aussi prêt du but !! 3 ou 4 bébés, nom d’une pipe en bois !!! Mais bon, gardons les pieds sur terre… Depuis le début de l’année, il n’y a eu que 2 naissances. Donc c’est très aléatoire et ça peut arriver très vite, comme dans longtemps…

Ce que nous avons appris, c’est qu’à partir du jour où nous recevrons l’appel, tout va s’accélérer. Pour la faire courte, une semaine plus tard, nous devrions rentrer à la maison avec notre cerise…

Du coup, c’est à la fois angoissant et excitant !! Evidemment, cela soulève des tonnes de questions: Serons-nous prêt? Comment préparer l’accueil en si peu de temps (heureusement qu’on a déjà commencé la décoration avant la RT…)? Saurons-nous l’aimer (et réciproquement)? Comment gérer la transition entre les années de vide et la semaine où tout bascule?

Bref, ça cogite… Mais je crois que c’est plutôt sain de se poser ce genre de question.

Du coup, on a décidé de continuer notre vie et de profiter de tous ces moments seuls et à deux.

Chéri se prépare pour une course importante de 63 kilomètres. De mon côté, je prends le temps de fabriquer mes cosmétiques maison, ainsi que les produits d’entretien très prochainement. Je m’occupe aussi de ma décoration intérieure en faisant ce que je n’ai jamais le temps de faire quand je bosse. Comme, par exemple, fabriquer ma tête de lit en bois de palette, terminer le cadre de notre paroi de douche et confectionner des étagères à partir de vieux tiroirs recyclés.

Pour couronner le tout, je suis famille d’accueil pour deux chatons minuscules qui avaient à peine 2 mois quand je les ai récupérés. C’est assez chronophage… L’un d’entre eux me prend pour sa maman et il tête chaque partie de mon bras ou mon cou de manière compulsive, ce qui me fait totalement craquer !!

Avant eux, j’ai eu la chance de sauver un chiot de 2 mois et demi, lui aussi condamné à un triste sort…

Il est parti en métropole, dans un refuge. Si parmi vous quelqu’un vient à passer par Aix-en-Provence et qu’il a une forte envie d’adopter un adorable chiot royal bourbon made in Réunion, qu’il n’hésite pas !! Ce loulou est un amour !!

Que la séparation a été douloureuse d’ailleurs !! J’ai pleuré pendant deux jours… J’ai compris le transfert que j’avais fait sur lui lorsque j’ai dû m’en séparer… Il remplissait la maison jaune par sa présence quelque peu envahissante et il logeait dans cette chambre d’enfant toujours vide après tant d’années…

Je suis d’ailleurs  de plus en plus impliquée dans la protection animale. On peut dire qu’ici, il y a vraiment du boulot à ce niveau-là… La situation est presque hors de contrôle et les cas d’abandons, de maltraitance (voire de torture) et d’euthanasie se multiplient. Donc, si certains parmi vous sont intéressés par cette cause et veulent apporter un peu d’aide, elle sera bienvenue !! Nous arrivons à faire partir de plus en plus de chats/chiens en métropole, et nous avons parfois besoin d’un covoiturage, ou d’une famille d’accueil temporaire (1 ou 2 jours) pour les loulous qui sont en transit sur Paris, avant de rejoindre la province.

Bref, je lance une bouteille à la mer…

Pour conclure, aux travailleurs, je souhaite bon courage. Et aux vacanciers: bonnes vacances !!

Toujours debout !! Et besoin de vous…

Après un long silence, je reviens sur la pointe des pieds pour vous donner quelques nouvelles des troupes et faire appel à votre générosité pour un bien beau projet…

Que devenons-nous?

Entre le travail, la vie sociale qui a repris ses droits et les rendez-vous médicaux (les gynécos, c’est surfait: je passe dorénavant beaucoup de temps avec ma kiné et ma nutritionniste !), le temps passe très vite… Et ça nous va bien !!

Nous n’avons pas du tout le temps de penser à la suite et on se concentre sur l’instant présent. C’est plutôt agréable et on a l’impression d’être libéré de l’attente passive. Aujourd’hui, on vit et on arrête d’attendre ce qui ne vient pas.

paix

J’ai conscience que cette hyperactivité pourra un jour ou l’autre me rattraper, mais pour le moment, c’est ce qui nous convient.

Malgré tout, on a repris contact avec Mme Bienveillance pour envisager une nouvelle rencontre célébrant le deuxième anniversaire de notre agrément. Nous devons donc nous revoir prochainement.

J’en ai profité pour lui dire que nous commençons à réfléchir à la possibilité d’élargir nos critères, à savoir adopter un enfant plus grand en ouvrant nos démarches à l’international. Selon elle, c’est tout à fait normal d’envisager de modifier son projet initial mais elle nous déconseille de modifier les critères de l’âge, sans quoi le conseil de famille ne nous confiera jamais de bébé. Sauf qu’on n’est plus très sûr de vouloir à tout prix un bébé… Quant à l’adoption à l’international, depuis le caillou, c’est très très compliqué !! Seuls 3 OAA travaillent avec le CG du caillou (aucun représentant local et nous sommes le seul département français dans ce cas!), et l’AFA ne priorise apparemment pas les dossiers venant du bout du monde… Bref, on doit donc se revoir dans les prochaines semaines pour échanger sur notre projet d’adoption.

Concernant le don d’ovocytes, nous avons entrepris les démarches pour s’inscrire sur la liste d’attente ici. On nous annonce un délai de 1 an 1/2 à 2 ans, sachant que nous sommes inscrits depuis notre première rencontre avec le Dr Poule, au mois de novembre dernier.

Vendredi, nous avons donc rendez-vous au tribunal de grande instance, pour valider notre inscription sur la liste d’attente. Début juillet, nous aurons également rendez-vous avec la psychologue et la généticienne. Un vrai parcours de santé !!

Tant que je n’écarte pas les cuisses, ces démarches ne me gêne pas. Nous aurions pu faire les choses dans la précipitation, mais on prend notre temps. On a bien compris que finalement, après 5 ans d’attente, le temps qui passe est tout relatif.

5 ans ce mois-ci… C’est à la fois une éternité quand on était en pleine action et qu’on attendait un miracle, et, avec un peu de recul, à l’échelle de notre vie, c’est peu… Quand on regarde en arrière, on a l’impression que tout est allé très vite. Si vite.

On a également toujours dans un coin de notre tête l’idée de peut-être, un jour, retenter notre chance en RT. Mais ce n’est pas pour demain, ni même après-demain.

Mon rêve ultime était d’être mère avant mes 35 ans. Je crois qu’on a tous un rêve ultime… Pour certains, le rêve est de fonder une famille nombreuse. Pour d’autres, il consiste à avoir un enfant avant tel âge. Pour d’autres encore, les mieux lotis, l’espoir réside dans le fait d’avoir un garçon. Ou une fille.

Nous, par la force des choses, on a revu tous nos rêves au rabais. Être mère avant 35 ans, c’est râpé ! Je viens juste de souffler mes 35 bougies… Avoir 2 ou 3 enfants, c’est toujours possible, mais ce n’est pas gagné: soyons honnête! Quant au sexe de l’enfant, si déjà on en a un en pas trop mauvaise santé, on sera ravi !!

Les galères apprennent à devenir humble… 🙂 Mais l’humilité n’empêche pas le bonheur. J’ai réalisé ces derniers mois que j’avais ce qu’il y avait de plus précieux: un homme qui m’aime et que j’aime. Oui, je sais: ça peut paraître bien mièvre dit comme ça, pourtant, je vois tant et tant de couples, dans notre entourage, qui malgré un ou plusieurs enfants ne respirent franchement pas le bonheur !!

Je crois définitivement que le bonheur ne réside pas dans le fait de devenir parent. C’est une cerise sur le gâteau, sans doute. Mais ce n’est pas le gâteau… Mon gâteau à moi, c’est mon couple !!

Durant des années, quand Chéri me disait qu’il préférait une vie avec moi et sans enfant à une vie sans moi avec des enfants, je dois bien admettre que je ne comprenais pas. Parce qu’à cette époque, j’étais aveuglée par ce désir vorace de devenir mère. Aujourd’hui, je peux le dire: j’ai toujours ce désir. Mais plus encore, je désire être heureuse, avec mon amoureux. Avec ou sans enfant. Et je sais que c’est tout à fait possible. On s’en donne les moyens en tout cas…

J’en viens maintenant à une demande un peu particulière…

Il y a quelques mois, ruinés par des aller-retours fivesques qui nous avaient ruiné, j’avais envisagé la possibilité de faire appel à de généreux donateurs pour nous aider à financer notre ultime tentative. Puis nous avons laissé tomber ce projet, parce que nous ne savions pas si nous voulions repartir, et aussi, sans doute, par une bonne dose de fierté mal placée, qu’on appellera orgueil…

Quand j’ai vu l’appel à l’aide de Mamanfwoggie, j’ai donc été particulièrement émue… Parce que forcément, ça a fait écho en moi, qui pourtant n’a pas vécu le tiers de ce qu’elle et sa compagne ont eu à traverser ces dernières années…

Si vous ne la connaissez pas, je vous invite à découvrir son blog. C’est l’histoire (extra)ordinaire d’un couple qui s’aime et qui se bat depuis des années pour fonder une famille. C’est l’histoire d’un couple de mamanges, qui a vécu la discrimination et l’injustice de ne jamais pouvoir bénéficier, comme vous et moi, de la moindre prise en charge gratuite en AMP !! Et c’est l’histoire de femmes qui, après avoir perdu leur beau petit, ont aujourd’hui et plus que jamais besoin de votre soutien !!

Je partage donc leur appel à l’aide et j’espère du fond du coeur qu’il sera entendu.

Merci d’avance pour tous ceux qui n’ont plus forcément les moyens de se battre face à l’injustice de l’infertilité… Merci pour nous. Merci pour elles !!

 

Votre aide pour un espoir, notre rêve. — Un Jour,  Mon Fils

(For english-speakers, the post in english is here) Aujourd’hui ce post est un peu particulier car je vous demande de l’aide, à vous, à toutes, simple visiteur sur ce blog ou amie dans la vraie vie. Je ne suis pas très à l’aise dans cet exercice, par fierté peut-être, par timidité probablement, par pudeur certainement mais il […]

via Votre aide pour un espoir, notre rêve. — Un Jour, Mon Fils

Je vais…

Blogueuse compulsive, je ne pensais pas devenir une lectrice de l’ombre très occasionnelle… Car oui, je l’avoue, je trie sur le volet les articles que je lis, et ils sont de plus en plus rares. Je n’en suis pas fière, et je ne le revendique pas, simplement, c’est ma manière à moi de me protéger…

J’ai reçu des mails de certaines personnes qui voulaient avoir de mes nouvelles. Je n’ai même pas pris le temps de répondre parce que je n’arrive pas à savoir quoi dire. Parfois, on n’arrive plus à trouver les mots…  Je profite donc de cette tribune pour vous remercier pour vos pensées et m’excuser pour mon absence de réponse.

A la question: « Comment vais-je? », je dirais que je vais. Ni bien, ni mal. Les jours passent très vite et je me noie dans le travail. A raison de 50h par semaine, tout est devenu secondaire. Je n’ai plus d’énergie que pour me consacrer à l’essentiel. Et l’essentiel consiste à dormir, manger, bosser.

Conséquence plutôt positive: tout me glisse dessus! Même ma collègue incapable d’être bienveillante avec le fils qu’elle a accueilli depuis 9 mois déjà… Je mets des choses en place pour le préserver et lui montrer que dans ce bas-monde, des personnes bienveillantes existent, mais le reste, ça ne m’appartient pas… Donc: next !!

J’ai décidé de commencer par changer ce qui peut l’être et qui est à ma portée. Autrement dit, pas grand chose… Et d’arrêter de vouloir sauver la veuve et l’orphelin, tout en m’épuisant à vouloir rendre le monde meilleur. Le monde est ce qu’il est et, en toute humilité, j’ai appris à reconnaître que ce n’est pas moi, Julys, depuis mon petit caillou, qui vais révolutionner la face du monde. Tant d’autres ne se sentent même pas concernés par ce qui pourtant mériterait bien qu’on se batte! Et d’ailleurs, il y a tant de nobles combats si on y réfléchit bien !! Bref…

On ne sait toujours pas où demain va nous mener, mais on est concentré sur ici et maintenant. Impossible de se projeter pour le moment, ni dans un sens, ni dans un autre. La raison est simple: j’ai passé des années à essayer de digérer mon passé, puis des années à me projeter sur une future maternité. Et dans tout ça, je n’ai jamais vécu l’instant présent! Pourtant, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment: ne plus penser à hier ni à demain. Juste me concentrer sur aujourd’hui, en avançant au jour le jour.

Plus que jamais, je me sens donc en total décalage avec la blogosphère. Parce que dans le fond, et c’est bien légitime, la plupart des articles traitent de préoccupations sur l’avenir.

Quand on est dans l’attente, on se demande combien de temps cela va encore durer. Quand on est dans l’action, on se demande combien on va avoir de follicules, quelle taille ils feront, s’ils seront de qualité… Quand on a mis un orteil dans le train, notre présent est conditionné aux futurs examens sanguins ou échographiques et on retient son souffle en ne pensant qu’à demain.

Bref, quelque part, en plein parcours pmesque ou donesque, la vie se conjugue au futur.

D’ailleurs, je compatis sincèrement pour toutes ces situations que je ne connais que trop bien ou que je peux aisément imaginer.

Et puis, il y a cet impérieux besoin d’être Moi. Non pas que je ne l’ai pas été durant ces années que j’ai passé à me dévoiler ici !! Mais Moi, ce n’est pas la looseuse en série qui pourrait faire un peu pitié et qu’on voudrait pouvoir préserver tel un être un peu fragile… Pas plus que le solide roc qui se serait remis de ses dernières péripéties comme si de rien n’était.

Dans mon entourage, j’ai droit un peu à toutes ces réactions. Ceux dont les silences pesants ne viennent qu’illustrer le malaise et la peur de blesser. Et les autres, a contrario, qui font comme si rien ne s’était passé. Entre les deux attitudes, mon coeur balance… J’ignore ce que je préfère…

Pourtant, je voudrais juste que les gens arrivent à rester authentiques! Mais, à la fois, je sais que c’est compliqué et que, très probablement, j’aurais moi-même du mal à le rester si j’étais à la place de ceux qui me côtoient… J’ai bien conscience que ce n’est pas simple de savoir quoi dire ou faire. Probablement parce qu’il n’y a rien à dire ni rien à faire. Une présence bienveillante, un mail par ci par là qui n’attend pas forcément de réponse, une pensée fugace de temps en temps… Je crois que dans le fond, c’est tout ce dont j’ai besoin.

Il est donc temps pour moi non pas de fermer la porte de ce blog définitivement, car qui sait ce que l’avenir nous réserve?, mais, en tout cas, de fermer les fenêtres temporairement (ou pas)… Et, si d’aventure j’éprouve l’envie dévorante de m’exprimer sur la suite de notre aventure ou sur tout et n’importe quoi, je n’hésiterais pas !! En gros, je suivrais mes envies et picétout. Je crois qu’aujourd’hui, plus que jamais, j’ai le devoir de les écouter…

Alors, avant de retourner dans ma bulle sur la pointe des pieds, je voudrais juste te souhaiter du fond du coeur d’être toujours capable de faire preuve d’empathie et de bienveillance. Bienveillance envers les autres, mais aussi et surtout envers toi-même. C’est sans doute l’une des plus belles qualités humaines !!

Accepter que l’autre soit différent, porter ses chaussures, ne serait-ce que quelques instants, essayer de ne pas le juger , autant que faire se peut (ce n’est pas toujours facile, loin de là !!!) et, surtout, ne pas oublier que nul n’est parfait. L’autre pas plus que moi-même. On fait tous des erreurs et je crois qu’on fait surtout ce qu’on peut, comme on peut.

Par contre, savoir reconnaître ses erreurs est essentiel. Et on en fait tous. Si si !! Comment ça tu n’en n’as jamais fait? Que celui qui prétend ça me jette la première pierre. OUTCH !!!

Je crois qu’on se doit de se remettre en question pour espérer avancer. Et ça passe parfois par écouter ce que l’autre me dit… Enfin, si ce que dit l’autre est intelligible et argumenté hein. Parce que si c’est vulgaire et stérile (et on s’y connaît en stérilité, je te prie de me croire!), on n’a quand même pas que ça à foutre.

Je donne souvent cet exemple à mes élèves: un enfant n’apprend à marcher qu’après être tombé 1 fois, 10 fois, 100 fois… Mais à chaque fois, il réajuste sa démarche pour trouver un équilibre de moins en moins précaire, qui saura lui permettre de mettre un pied devant l’autre… Et oui, l’erreur est non seulement utile, mais indispensable !! Alors bordel, trompons-nous !!!

Il y a quelques mois, j’avais écrit un long laïus qui avait fait débat sur la maladresse… Ca ne m’avait pas valu que des amis d’ailleurs ! 😀 Mais je persiste et signe: pmette/pmec, pb ou milk (je veux pas faire ma féministe, mais pourquoi on ne parle jamais des filk d’ailleurs, hein???), on est toujours le maladroit de quelqu’un !! Les pb n’ont pas l’apanage de la maladresse. Pas plus que les autres.

D’ailleurs, si on y réfléchit bien, ce n’est pas un peu fatiguant ces distinguos abusifs? Pb vs pmette. Fertiles vs infertiles. C1 vs C52. On évolue tous dans un monde suffisamment vaste pour que chacun puisse avoir sa place nom d’une pipe en bois !!

Sur ce, comme on dit par ici: nartrouv !!

paix dalai-lama

 

 

 

Solidaires !

En ces temps bien sombres où l’on pourrait facilement céder à la tentation de la haine, de la terreur et du dégoût, j’ai envie de me raccrocher à tout ce que l’humanité recèle de plus beau et de plus émouvant : l’amour et la solidarité!

solidarité

Et hier soir, j’ai eu une magnifique preuve de cette solidarité qui unit parfois les êtres bien au-delà des frontières, des différences ou de l’indifférence.

Un colis a parcouru des milliers de kilomètres pour se réfugier dans ma boîte aux lettres. Et ce n’est qu’en rentrant du restaurant où nous avaient convié nos BFF pour témoigner de leur soutien, que j’ai découvert le paquet, qui m’attendait sagement depuis quelques jours peut-être.

Ne mettant plus vraiment le nez dehors depuis notre retour, je n’avais en effet pas pris le temps de consulter mon courrier…

Tu t’imagines que j’ai ouvert l’emballage frénétiquement !!

Et j’ai découvert tant de jolies choses que j’ai été particulièrement touchée… La voix tremblante d’émotion, je n’arrêtais pas de répéter en boucle à un Chéri tout étonné: « C’est énorme! C’est énorme! C’est énorme! »

Même les minous n’ont pas été oubliés !

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Alors je sais ce qui a peut-être dû se passer dans l’esprit de mes onze bienfaitrices à l’annonce de notre verdict… Ce colis est parti avant les résultats et il regorge de messages d’espoirs… J’imagine donc qu’elles se sont dit, peut-être, l’espace d’un instant: « Oh putain, je n’aurais pas dû écrire telle ou telle chose! »

Pourtant, chacun de vos mots m’a bouleversé et m’a insufflé cette envie de continuer à me battre pour la suite !!

Vous avez su me redonner envie d’espérer, même si évidemment, je sais que la fin de l’aventure approche et que l’issue reste incertaine… Même si je suis épuisée et vidée… Pour le moment…

C’est comme si vous m’aviez tendu la main en me disant de ne pas sombrer…

Cette surprise ne pouvait pas mieux tomber que maintenant, dans ces moments où je me sens découragée et si désespérément seule…

Alors du fond du coeur: MERCI !!

Je me sens vraiment redevable de toute cette générosité que vous avez été nombreuses à me témoigner ces dernières semaines…

Vous êtes de vraies belles personnes !! Et j’ai envie de croire très fort et plus que jamais que le monde n’est pas condamné à vivre des tragédies telles que celles qui se sont produites ces derniers mois en Europe, et bien au-delà. Car ne l’oublions pas, si ces tragédies nous touchent d’autant plus qu’elles sont très proches de nous, plus loin, de tous temps, il y a des hommes, des femmes et des enfants, qui meurent sous les bombes ou sous les balles, dans l’indifférence générale…

Et la seule réponse que l’on peut apporter à ces atrocités consiste à essayer de laisser un monde apaisé à nos vos enfants, en continuant de faire preuve de bienveillance, d’empathie et de solidarité comme vous avez su le faire avec moi.

Bon sang que ça fait du bien !

Droit de réponse à la Teigne…

Alors voilà, j’ai attendu quelques jours avant de prendre la plume pour rédiger mon droit de réponse à la Teigne !

J’avais envie de la partager avec toi…

« Teigne,

Si je t’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour exprimer ma fatigue, ma tristesse ou ma colère par rapport à ce qu’on vit actuellement. Je n’en n’ai plus la moindre envie…

En revanche, je voudrais te dire que malgré l’image que tu sembles avoir de moi, je me sens forte. Fragile en ce moment, évidemment, mais qui ne le serait pas dans ce contexte ? Il y a une semaine à peine nous apprenions la fin de tous les espoirs que l’on fondait dans ce qui devait être l’ultime tentative !! Ultime parce qu’on l’espérait gagnante… Ce devait être celle qui allait changer nos vies, enfin…

On se bat depuis bientôt 5 longues années, sur tous les fronts. On ne se contente pas de déléguer nos gamètes à la médecine, crois-moi !! En premier lieu, on se bat tous les jours pour que notre couple soit plus fort. Mais on se bat aussi individuellement. A ce titre, j’ai fait un long travail sur moi qui m’a apporté énormément. Et ces dernières années, j’ai l’impression d’avoir pris conscience de tellement d’éléments qui m’ont permis de gagner en compréhension de moi-même et de mon histoire, en maturité et en sérénité aussi.

Malgré tout, faire un travail sur soi, aussi utile que cela puisse être, ça n’est pas magique. S’il suffisait d’aller voir un psy pour avoir un bébé, il n’y aurait plus d’infertiles sur cette planète… Or, ils sont quand même 1 couple sur 6, dont 1 sur 2 qui sort de ce parcours les bras vides…

Je crois que pour la plupart des gens, et moi jusqu’à tout récemment, il est rassurant d’imaginer qu’on puisse avoir un minimum de maîtrise sur ce genre de choses. Alors on teste tout ce qui pourrait nous promettre de changer la donne : ostéopathie, hypnose, psychogénéalogie, microkiné, magnétisme, acupuncture, médecine traditionnelle chinoise… Je ne t’apprends rien, puisque tu as déjà testé bon nombre de ces médecines parallèles !

J’ai trouvé dans ces diverses techniques une forme d’apaisement. Pour être tout à fait honnête, je crois qu’elles m’ont permis de diminuer l’angoisse due à la passivité, en me donnant l’illusion que cela pourrait avoir un impact positif sur tout le reste…

Mais avec le recul, ce n’est pas sain. C’est juste une manière inconsciente d’exprimer le fait qu’on n’accepte pas la réalité, notre réalité. Réalité sur laquelle, en ce qui nous concerne, on n’a absolument aucune emprise…

D’ailleurs dans tout ça, j’en avais oublié une chose essentielle : donner la vie, c’est surtout une question de chance ! Si 1 couple sur 6 n’a pas la chance de pouvoir se reproduire comme il le voudrait, tous ces couples n’ont pas forcément de lourds vécus. Certains ont même eu une vie plutôt « facile » jusqu’à ce qu’ils soient confrontés à l’infertilité. A l’inverse, certains couples, avec une histoire de vie extrêmement douloureuse, n’ont aucune difficulté pour se reproduire. Certains enfants sont même conçus suite à des viols…

Alors non, non et non !! J’ai passé des années à me sentir responsable en me disant que quelque chose clochait dans ma tête, en pensant que j’avais un ou des blocages inconscients. Mais je crois surtout que c’est juste une question de (mal)chance. (Et une question environnementale aussi, mais ça, tout le monde a un peu trop tendance à l’occulter… Parce que ça signifierait que ça pourrait toucher tout le monde et donc pour le coup, c’est effrayant…)

Au même titre que quand on développe un cancer colorectal ou cérébral, on n’a juste pas tiré le bon numéro. Ce n’est pas de bol !!

On voudrait trouver des explications rationnelles, parce que ça nous permettrait de mettre du sens à l’insensé. Mais force est de constater que parfois, certaines choses n’ont pas de sens… Elles se produisent, on les subit et c’est comme ça… Stop à la masturbation intellectuelle !

Du coup, j’en viens donc à cette conclusion : la meilleure façon de surmonter les épreuves consiste juste à accepter que la vie n’est qu’une immense loterie. Parfois on gagne, parfois on perd. Mais finalement, ce n’est qu’une question de chance…

Or, sur ce facteur chance, on n’a absolument aucun contrôle ni aucune emprise. Les choses se passent comme elles doivent se passer à un instant T. C’est comme ça…

Je n’ai pas spécialement envie de revenir avec toi sur cette dernière claque qu’on vient de prendre. Ce que je sais, c’est que j’ai passé des mois et des mois à chercher à débloquer des verrous inconscients qui n’existent pas !! Mon cerveau, tout aussi puissant qu’il puisse être, n’a pas pu influer sur le fait qu’on n’obtienne aucun embryon vitrifié malgré deux donneurs fertiles, en apparence. La clinique elle-même l’a reconnu : c’est rare et ce n’est pas de chance…

Je n’ai pas l’intention d’endosser cette responsabilité bien trop culpabilisante !!

Et si on suivait cette logique du « C’est dans la tête », quid de ces messieurs ? On fait un enfant à deux, jusqu’à preuve du contraire… A moins que ce soient nos blocages respectifs qui créent un immense blocage nous empêchant de devenir parents ?! Et ben on n’est pas dans la mouise… Ca veut donc dire que tous les parents de la Terre sont exempts de blocages ?

Bref voilà ma théorie : même si c’est difficile à admettre, nous avons juste manqué de chance. Point final ! Mais est-ce que cela signifie qu’on doit oublier notre rêve pour autant ? Non, non et non !!! Ou peut-être que oui, mais ce sera à nous d’en décider. Quand nous serons prêts, si nous le sommes un jour…

Notre rêve, on va s’y accrocher, parce qu’on y croit et que personne, je dis bien personne, ne pourra nous le voler en nous disant ce qu’on doit envisager ou non pour la suite.

Que ce soit en pensant bien faire ou pas, tu t’es montrée extrêmement maladroite en me disant, seulement 5 petits jours après le résultat, comment nous devrions envisager notre avenir.

C’est comme si, quand tu essayais d’avoir A., juste après une nouvelle fausse-couche, je t’avais dit : « Mais enfin, arrête de t’entêter !!! A un moment donné, il faut que tu fasses un travail sur toi pour comprendre d’où viennent les blocages !! Et puis bon, vous ne pensez qu’à ça, vous ne vivez que pour ça. Il faut vivre !! »

A. ne serait pas auprès de vous aujourd’hui…

Et puis c’est étrange de nous conseiller de vivre. Est-ce qu’on donne l’image d’un couple mort ? Contrairement à beaucoup de couples infertiles qui se replient sur eux-mêmes (et je peux aisément le comprendre devant la difficulté de ce parcours et les nombreuses maladresses auxquelles on est bien trop souvent confronté…), on a toujours, et c’est notre force, continué d’avoir une vie sociale, de sortir (resto, ciné, concerts…), de rire, de vivre !! Sans jamais, à aucun moment, avoir l’impression d’être morts…

Sauf ces dernières semaines, mais j’étais alitée à cause de ma hernie…

Alors oui, aujourd’hui, parce que c’est tout récent, parce que c’est injuste et parce que c’est excessivement violent, on éprouve le besoin de se replier sur nous-mêmes. De s’enfermer dans une petite bulle d’amour le temps de digérer. Et de reprendre notre souffle. Mais ça ne fait pas de nous des morts-vivants !!

Je crois que nous sommes les seuls à-mêmes de savoir comment dessiner notre avenir à l’heure actuelle. Alors bien sûr, on n’a pas toutes les réponses, parce qu’on est sonné et un peu perdu. Mais ce que je sais, c’est qu’on n’a ni besoin de conseils, ni besoin de jugement, seulement de l’écoute, de l’affection, de l’empathie et du soutien.

Je terminerais en te disant que oui, on a déboursé 12000€ cette dernière année pour essayer d’atteindre notre rêve. Oui, on est ruiné pour le moment. Mais parfois, tu sais, certains rêves méritent qu’on dépense sans compter, parce qu’ils en valent réellement la peine. Jamais on ne fera une croix sur notre rêve pour des raisons strictement financières, même si c’est extrêmement violent de devoir s’endetter pour un projet aussi noble et beau que celui de pouvoir un jour donner la vie…

De la même façon, si d’aventure on devait envisager de repartir et que ça impliquait, notamment pour des raisons financières, morales et/ou logistiques, que je m’absente quelques jours, je n’hésiterais pas. Ce projet, c’est le projet de notre vie… Ce n’est pas une simple lubie ou un caprice passager…

Ce mail n’attend pas de réaction de ta part. C’était simplement important pour moi de te faire part de ce que je ressentais et je n’ai pas spécialement envie de revenir dessus.

Je te remercie d’avance de respecter mon besoin de ne plus évoquer tout ceci par la suite. »

Tu crois que c’est assez explicite? Je pourrais aussi me contenter de lui demander d’aller se faire foutre, mais tu en conviendras: c’est un poil vulgaire. Et puis, devant l’obligation de me la coltiner tous les jours au boulot, je suis un peu contrainte d’arrondir les angles…

Alors, j’envoie ou j’envoie pas?

Ces gens-là…

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Dans les épreuves, il y a les autres. La famille, les amis, les connaissances, les collègues, ceux qu’on croise en allant faire nos courses…

Ces gens-là sont capables du meilleur, comme du pire.

J’en ai eu la parfaite illustration pas plus tard qu’hier…

D’abord… D’abord il y a mon médecin traitant, cette femme pleine d’empathie. Elle a voulu me filer des petites pilules roses pour m’aider. J’ai refusé, concédant par contre à prendre de forte doses d’homéopathie. J’ai quand même accepté de prendre une boîte d’un truc soit disant léger, juste au cas où… Si besoin… Parce que, si j’ai été bien incapable de reprendre le chemin du travail hier (rapport au fait qu’une classe, ça se prépare, et que ce n’est pas perdu au milieu des kleenex que je pouvais retrouver mon cartable de maîtresse…), la semaine prochaine, il va falloir y aller… Reprendre ma vie là où elle s’était arrêtée avant la hernie et avant ce cauchemar…

La hernie, d’ailleurs, ça va, ça vient. Il faudrait que je retourne chez ma kiné, parce qu’avant mon départ, elle me l’avait annoncé: « Ce sera long, très long… » « Comme toujours », eu-je envie de rétorquer…

C’est la réflexion qu’on se faisait avec Chéri ces derniers jours. On a toujours dû se battre pour obtenir ce que les autres ont si facilement. Ca a toujours été long… Mais on y est toujours arrivé malgré tout…

Donc parmi ces gens-là, il y a eu la gentille doc un peu hâtive. Hâtive parce que oui, je chiale à l’évocation de cet ultime revers et je ne sais plus vraiment de quoi demain sera fait, certes. Mais bon, je viens juste d’apprendre que potentiellement je risque de ne pas avoir d’enfants. J’insiste sur le pluriel, parce que je sais qu’on peut espérer un enfant par l’adoption ! Sauf que notre rêve, c’était d’en avoir au moins deux…

Et puis… Et puis il y a elle, ma BFF, à qui j’avais reproché d’avoir brillé par son absence lors de notre FIV 4. Elle était enceinte à l’époque et sans doute très mal à l’aise. Là, elle assure comme une chef !! Mr et Mme BFF font tout pour nous soutenir et quand elle m’a appelé hier pour me dire qu’ils avaient fondu en larmes en apprenant notre verdict, ça m’a touchée. Touchée aussi de l’entendre nous soutenir de tout son coeur et de toute son âme sur tous ces possibles qui s’ouvrent devant nous. Sans jugement, juste dans l’écoute et l’empathie…

Sa réaction fait écho à une autre de mes témoins de mariage. Elle aussi a su trouver les mots justes, sans chercher à me donner des conseils. Juste en étant là, et en partageant quelques larmes, entrecoupées d’un: « J’y croyais tellement putain! » Nous aussi…

Et puis… Et puis… Et puis il y a l’autre, qui est méchante comme une teigne. Qui me dit qu’il faut tout arrêter, qu’on y pense beaucoup trop et qu’on doit faire notre deuil. Qu’il faut se tourner vers d’autres projets, vivre, parce que ça prend beaucoup trop de place dans nos vies et que d’ailleurs, ça en prend tellement que de toute façon, même si demain on nous appelait pour l’adoption, on serait incapable d’accueillir un enfant. Qu’il faut que je travaille sur moi-même pour comprendre d’où viennent mes blocages. Que de toute façon, si ça ne marche pas, c’est parce que ça ne doit pas marcher, qu’il faut juste comprendre pourquoi. Que le cerveau est si puissant… Et que faire le deuil, ça ne veut pas dire renoncer à avoir un enfant de toute façon. Puisque c’est bien connu, ça arrive très souvent que des femmes tombent enceintes quand elles ont arrêté d’y penser !! Et que même que de toute façon, on n’a plus d’argent pour envisager une nouvelle tentative alors bon, on n’a pas vraiment le choix de s’arrêter là…

Ca m’a dévastée, évidemment… Sauf que je n’ai eu ni l’énergie ni le courage de lui dire d’aller se faire foutre…

Alors j’ai pris sur moi, tout en exprimant le fait que je n’étais pas d’accord.

L’ironie de l’histoire, c’est qu’elle me vampirise depuis des années avec ses histoires de couple et passe son temps à se plaindre de ses gamins. Et c’est moi qui doit faire un travail sur moi??? Que je fais d’ailleurs depuis 17 ans, avant même qu’elle ne sache ce que cela signifie !!! Comment peut-elle ne serait-ce qu’imaginer ce qu’on est en train de vivre en tenant des propos pareils?

Je vais lui écrire pour lui dire tout le mal qu’elle m’a fait en pensant me faire du bien. Et je vais l’exclure de ma vie. Définitivement. Certes, ce sera compliqué puisqu’on bosse ensemble et que je suis amenée à la côtoyer tous les jours. Mais désormais, on aura une relation purement professionnelle. Trop, c’est trop…

Le pire, dans tout ça, c’est qu’il y a un fond de vérité dans ses propos. On devrait tourner la page. Sans doute. Sauf que 5 petits jours seulement après avoir appris l’échec de cette tentative de tous les espoirs, je n’avais pas besoin d’entendre de telles inepties !!! Je n’ai rien contre les Gertrude hein !! Mais bordel, pas maintenant quoi… Et surtout pas le fameux « C’est dans la tête »… Parce que s’il y a bien quelqu’un qui a cherché pendant des mois à ouvrir ses verrous inconscients, c’est Bibi !! Et que j’ai enfin compris que non, bordel, CE N’EST PAS DANS LA TÊTE !!!

Toutes les médecines parallèles n’ont d’autres desseins que d’essayer de te donner la douce illusion que tu peux avoir un minimum de maîtrise sur les évènements de la vie. Tu pourrais contrôler tes pensées, tes émotions, ton passé, ton présent et ton avenir. Mais c’est une illusion… On ne maîtrise rien. Rien de rien !! C’est le constat que je fais avec du recul. Mais dans le fond, c’est juste impensable d’admettre que la vie, ce n’est qu’une putain de loterie !! Certains tirent le gros lot et d’autres pas. Alors, refusant de l’admettre, on se réfugie dans tout un tas de pratiques plus ou moins rationnelles, parce qu’au moins, là, on a l’impression d’agir… Alors que ce n’est qu’une question de chance. Juste une question de chance…

Et puis… Et puis il y a Chéri, qui est beau comme un soleil, et qui m’aime pareil que moi j’aime Chéri… Même qu’on se dit souvent, qu’on aura des enfants, avec des yeux rieurs, avec parfois des pleurs… Et qu’on les aimera, qu’il fera bon être parents, et que si c’est pas sûr, c’est quand même peut-être… Parce que certains autres ne veulent pas… Parce que certains autres ne veulent pas… Ces autres, ils disent comme ça, que c’est trop beau pour nous, que je suis tout juste bonne, à consulter un psy…

Parfois quand on se regarde, semblant que c´est pas exprès, avec nos yeux mouillants, on se dit qu´on y  arrivera, on se dit que ça marchera… Alors pour un instant, pour un instant seulement, alors moi j’y crois fort… Pour un instant. Pour un instant seulement…

Mais il est tôt… Il faut que je retourne au lit…

Juste un merci de Chéri…

Suite au choc des résultats, une forme de déni s’est installé. Entre les bagages à faire puis à défaire, le voyage et les adieux, nous n’avons eu que peu de temps pour réaliser. Depuis hier, c’est très compliqué…

Les larmes coulent comme ça, sans crier gare, puis elles laissent place à un regard perdu dans le vide…

On a eu l’occasion de beaucoup discuter, avec Chéri, sur la suite de notre histoire. Après chaque échec, on avait toujours en tête la prochaine étape. Aujourd’hui, on ne sait plus vraiment ce qu’on veut et ce qu’on peut encore espérer…

Au cours de ces longs échanges, Chéri m’a confié l’envie de vous écrire et m’a demandé si je l’autorisais à s’exprimer ici, sur mon blog. Je lui ai lu chacun de vos messages de soutien et il a été extrêmement touché. Voici donc le message qu’il voulait vous transmettre aujourd’hui…

Voilà maintenant de longs mois, que dis-je, de longues années!, que j’entends d’une oreille attentive vos commentaires, réactions et autres soutiens que vous transposez sur le blog de mon amoureuse.

Je suis là, sans être là. Pas là par la parole ou l’écriture, mais partie intégrante de cette histoire de vie où je suis côte à côte avec ma chère et tendre moitié.

Tu vas sûrement te dire: « Mais que vient-il faire par ici celui-là? Quel est l’objet de sa visite sur cette tribune d’ordinaire si féminine? »

Je voulais simplement prendre la plume pour vous remercier toutes d’être là, de votre indéfectible soutien, de l’affection que vous nous témoignez.

Merci d’être là, pour elle que j’aime tant et qui a tant besoin de vous. Merci d’associer dans votre soutien l’illustre inconnu que je suis pour vous. Vous lui faites du bien et vous me faites du bien.

Il est très difficile dans ce douloureux parcours d’avoir un soutien et une écoute adaptés à ce que l’on ressent. Et qui de mieux placées que vous toutes, qui vivez chacune à des degrés différents des difficultés, parfois, à donner la vie, pour nous apporter un peu de réconfort?

Je n’ai jamais ressenti le besoin de retranscrire sur papier mes espoirs, ressentis, déceptions ou tout autre type d’émotions qui traversent notre coeur et notre âme dans ce parcours pmesque.

Mais je crois qu’aujourd’hui, sans votre présence, ce parcours ô combien difficile l’aurait été beaucoup plus.

J’aurais pu, ou plutôt j’aurais dû le faire beaucoup plus tôt. L’idée m’est apparue il y a seulement quelques jours. On va dire que j’ai été plutôt réactif pour une fois. 😉

Nous vivons actuellement le moment le plus douloureux de notre expérience pmesque. Je vous le redis donc encore une dernière fois: merci, merci, merci !!

Retour à la case (départ)…

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Avant toute chose, MERCI !!

J’ai ouvert ce blog pour de multiples raisons déjà évoquées ici. Et au début, il y a plus de deux ans déjà!, j’étais loin de me douter de la tournure que prendrait notre parcours, restant persuadée qu’un jour ou l’autre, tôt ou tard, la chance finirait par pointer le bout de son nez du côté du caillou…

J’étais également loin d’imaginer tout le soutien que je recevrais !!

D’ailleurs, tout comme je n’imaginais pas que l’histoire nous tiendrait en haleine aussi longtemps…, j’étais loin de me douter de toutes les belles rencontres, virtuellement réelles ou réellement virtuelles que j’allais faire. Certaines s’étant soldées par de vraies jolis moments partagés IRL…

Bref, tout ça pour dire que Chéri se joint à moi pour te dire à quel point chacun des messages de soutien reçus nous a permis de nous sentir moins seuls et ô combien ils sont importants pour nous en ces temps si difficiles…

Alors j’avoue, je suis trop épuisée pour répondre à chaque mail ou commentaire individuellement, mais je voulais que tu saches que dans le soutien il n’y a jamais de maladresse et que te lire est un précieux réconfort. Je tenais donc à te témoigner notre immense gratitude…

Sinon, comment on se sent?

Après un très long voyage bien éprouvant, physiquement car le vol était archi complet, et moralement, nous avons retrouvé le silence de notre maison jaune.

On est trop abasourdi pour penser et savoir ce que nous voulons vraiment aujourd’hui. On a sans doute besoin de temps.

Je crois qu’on est un peu comme des naufragés qui ne savent plus quelle direction prendre pour retrouver notre chemin…

En tout cas, j’espère que ceux qui me liront garderont à l’esprit que, pas plus que la FIV, le don n’offre de garantie. Les chances sont réelles, surtout en cumulatif (95% annoncés sur 3 essais, paraît-il). Mais il ne faut surtout pas négliger le facteur chance, celui-là même qui fait la différence dans chacun de nos parcours.

Et ne pas oublier tous ceux à qui la chance ne sourit jamais. Parce que nier leur existence serait nier leur souffrance…

Alors oui, parfois, avec un parcours qui s’éternise ou qui s’arrête subitement, on a peur de faire peur. Chapi l’a si parfaitement évoqué récemment.

Mais ce n’est pas contagieux et, surtout, fort heureusement, ça reste marginal et assez rare. Quoique, j’ignore si à ce jour il y a des statistiques officielles évoquant ceux dont on ne doit pas parler, ces parents sans enfants?

Bref, ne pas les oublier. Et arrêter avec les clichés à la con !!

Non ce n’est pas dans nos têtes, mais bien dans nos gamètes !! Et même que ce n’est pas que dans les utérus, mais aussi parfois dans les burnes !! Parfois, comme nous, tu peux même cumuler, c’est plus fun. Non, nous les femmes,  on n’est pas des grosses carriéristes qui tardent trop pour commencer les essais et qui n’ont que ce qu’elles méritent !! Non on n’a pas tous 40 ans. Ni même 25 ans.

En revanche, on souffre tous et toutes du même manque, d’autant plus quand on entrevoit définitivement sa vie sans enfant… Sans biberon, sans morve au nez, sans couches à changer. D’ailleurs,  si on se projette plus loin, on balaye tout de suite l’idée de ne jamais avoir de petits enfants et de finir comme deux vieux cons esseulés, avec la terreur de voir notre moitié partir avant nous. On balaye cette idée parce que ce n’est juste pas supportable…

Ces derniers jours post transfert et pré résultats, j’ai eu droit à cette vieille idée reçue de la part de notre entourage, qui pensait que c’était déjà in the pocket. Probablement que je le pensais moi-même secrètement. Ou tout du moins que je l’espérais fort…

Une amie m’a même laissé un message la veille de la prise de sang, en me disant qu’elle espérait que je n’avais pas trop de symptômes maintenant que j’étais enceinte !! WTF???

J’ai dû réfréner ses ardeurs, lui expliquant qu’en don, la grossesse, c’était comme les antibiotiques: pas automatique !!

Sa réponse: « Mais si, c’est une amie qui a eu ses enfants par don (FIV do 1 + TEV 1 = 2 bébés) qui m’a dit que c’était sûr: t’es enceinte !! »

Quand je lui ai annoncé l’échec par sms, je lui ai dit que j’espérais que sa collègue mesurerait la chance qu’elle avait eu…

Bon sinon, j’ai envoyé un mail au Dr Poule pour envisager la suite (formalités administratives pour l’inscription officielle sur liste d’attente pour le DO en local notamment) et il m’a répondu que la prise de sang à J9 c’était beaucoup trop tôt. Que je ne devais surtout pas arrêter les traitements (pourtant déjà arrêtés), et refaire une prise de sang à J14.

Ce à quoi, après quelques recherches liées à un très très léger regain d’espoir, j’ai fini par répondre qu’avec des blastos J5, J9 post transfert correspondait à J14 post ponction. Que c’était donc sans appel.

Évidemment, j’ai gogolisé pour être sûre de mon coup !!

Du coup, j’ai repris les médocs ce matin mais j’ai finalement une grande hésitation à poursuivre dans la mesure où je sais qu’il n’y a aucune chance.

Je dois admettre que je lui en veux un peu de nous avoir redonner un petit espoir, si infime fut-il…

Vivement l’arrivée du sang, qu’il accompagne une bonne fois pour toutes nos larmes.