Je vais…

Blogueuse compulsive, je ne pensais pas devenir une lectrice de l’ombre très occasionnelle… Car oui, je l’avoue, je trie sur le volet les articles que je lis, et ils sont de plus en plus rares. Je n’en suis pas fière, et je ne le revendique pas, simplement, c’est ma manière à moi de me protéger…

J’ai reçu des mails de certaines personnes qui voulaient avoir de mes nouvelles. Je n’ai même pas pris le temps de répondre parce que je n’arrive pas à savoir quoi dire. Parfois, on n’arrive plus à trouver les mots…  Je profite donc de cette tribune pour vous remercier pour vos pensées et m’excuser pour mon absence de réponse.

A la question: « Comment vais-je? », je dirais que je vais. Ni bien, ni mal. Les jours passent très vite et je me noie dans le travail. A raison de 50h par semaine, tout est devenu secondaire. Je n’ai plus d’énergie que pour me consacrer à l’essentiel. Et l’essentiel consiste à dormir, manger, bosser.

Conséquence plutôt positive: tout me glisse dessus! Même ma collègue incapable d’être bienveillante avec le fils qu’elle a accueilli depuis 9 mois déjà… Je mets des choses en place pour le préserver et lui montrer que dans ce bas-monde, des personnes bienveillantes existent, mais le reste, ça ne m’appartient pas… Donc: next !!

J’ai décidé de commencer par changer ce qui peut l’être et qui est à ma portée. Autrement dit, pas grand chose… Et d’arrêter de vouloir sauver la veuve et l’orphelin, tout en m’épuisant à vouloir rendre le monde meilleur. Le monde est ce qu’il est et, en toute humilité, j’ai appris à reconnaître que ce n’est pas moi, Julys, depuis mon petit caillou, qui vais révolutionner la face du monde. Tant d’autres ne se sentent même pas concernés par ce qui pourtant mériterait bien qu’on se batte! Et d’ailleurs, il y a tant de nobles combats si on y réfléchit bien !! Bref…

On ne sait toujours pas où demain va nous mener, mais on est concentré sur ici et maintenant. Impossible de se projeter pour le moment, ni dans un sens, ni dans un autre. La raison est simple: j’ai passé des années à essayer de digérer mon passé, puis des années à me projeter sur une future maternité. Et dans tout ça, je n’ai jamais vécu l’instant présent! Pourtant, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment: ne plus penser à hier ni à demain. Juste me concentrer sur aujourd’hui, en avançant au jour le jour.

Plus que jamais, je me sens donc en total décalage avec la blogosphère. Parce que dans le fond, et c’est bien légitime, la plupart des articles traitent de préoccupations sur l’avenir.

Quand on est dans l’attente, on se demande combien de temps cela va encore durer. Quand on est dans l’action, on se demande combien on va avoir de follicules, quelle taille ils feront, s’ils seront de qualité… Quand on a mis un orteil dans le train, notre présent est conditionné aux futurs examens sanguins ou échographiques et on retient son souffle en ne pensant qu’à demain.

Bref, quelque part, en plein parcours pmesque ou donesque, la vie se conjugue au futur.

D’ailleurs, je compatis sincèrement pour toutes ces situations que je ne connais que trop bien ou que je peux aisément imaginer.

Et puis, il y a cet impérieux besoin d’être Moi. Non pas que je ne l’ai pas été durant ces années que j’ai passé à me dévoiler ici !! Mais Moi, ce n’est pas la looseuse en série qui pourrait faire un peu pitié et qu’on voudrait pouvoir préserver tel un être un peu fragile… Pas plus que le solide roc qui se serait remis de ses dernières péripéties comme si de rien n’était.

Dans mon entourage, j’ai droit un peu à toutes ces réactions. Ceux dont les silences pesants ne viennent qu’illustrer le malaise et la peur de blesser. Et les autres, a contrario, qui font comme si rien ne s’était passé. Entre les deux attitudes, mon coeur balance… J’ignore ce que je préfère…

Pourtant, je voudrais juste que les gens arrivent à rester authentiques! Mais, à la fois, je sais que c’est compliqué et que, très probablement, j’aurais moi-même du mal à le rester si j’étais à la place de ceux qui me côtoient… J’ai bien conscience que ce n’est pas simple de savoir quoi dire ou faire. Probablement parce qu’il n’y a rien à dire ni rien à faire. Une présence bienveillante, un mail par ci par là qui n’attend pas forcément de réponse, une pensée fugace de temps en temps… Je crois que dans le fond, c’est tout ce dont j’ai besoin.

Il est donc temps pour moi non pas de fermer la porte de ce blog définitivement, car qui sait ce que l’avenir nous réserve?, mais, en tout cas, de fermer les fenêtres temporairement (ou pas)… Et, si d’aventure j’éprouve l’envie dévorante de m’exprimer sur la suite de notre aventure ou sur tout et n’importe quoi, je n’hésiterais pas !! En gros, je suivrais mes envies et picétout. Je crois qu’aujourd’hui, plus que jamais, j’ai le devoir de les écouter…

Alors, avant de retourner dans ma bulle sur la pointe des pieds, je voudrais juste te souhaiter du fond du coeur d’être toujours capable de faire preuve d’empathie et de bienveillance. Bienveillance envers les autres, mais aussi et surtout envers toi-même. C’est sans doute l’une des plus belles qualités humaines !!

Accepter que l’autre soit différent, porter ses chaussures, ne serait-ce que quelques instants, essayer de ne pas le juger , autant que faire se peut (ce n’est pas toujours facile, loin de là !!!) et, surtout, ne pas oublier que nul n’est parfait. L’autre pas plus que moi-même. On fait tous des erreurs et je crois qu’on fait surtout ce qu’on peut, comme on peut.

Par contre, savoir reconnaître ses erreurs est essentiel. Et on en fait tous. Si si !! Comment ça tu n’en n’as jamais fait? Que celui qui prétend ça me jette la première pierre. OUTCH !!!

Je crois qu’on se doit de se remettre en question pour espérer avancer. Et ça passe parfois par écouter ce que l’autre me dit… Enfin, si ce que dit l’autre est intelligible et argumenté hein. Parce que si c’est vulgaire et stérile (et on s’y connaît en stérilité, je te prie de me croire!), on n’a quand même pas que ça à foutre.

Je donne souvent cet exemple à mes élèves: un enfant n’apprend à marcher qu’après être tombé 1 fois, 10 fois, 100 fois… Mais à chaque fois, il réajuste sa démarche pour trouver un équilibre de moins en moins précaire, qui saura lui permettre de mettre un pied devant l’autre… Et oui, l’erreur est non seulement utile, mais indispensable !! Alors bordel, trompons-nous !!!

Il y a quelques mois, j’avais écrit un long laïus qui avait fait débat sur la maladresse… Ca ne m’avait pas valu que des amis d’ailleurs ! 😀 Mais je persiste et signe: pmette/pmec, pb ou milk (je veux pas faire ma féministe, mais pourquoi on ne parle jamais des filk d’ailleurs, hein???), on est toujours le maladroit de quelqu’un !! Les pb n’ont pas l’apanage de la maladresse. Pas plus que les autres.

D’ailleurs, si on y réfléchit bien, ce n’est pas un peu fatiguant ces distinguos abusifs? Pb vs pmette. Fertiles vs infertiles. C1 vs C52. On évolue tous dans un monde suffisamment vaste pour que chacun puisse avoir sa place nom d’une pipe en bois !!

Sur ce, comme on dit par ici: nartrouv !!

paix dalai-lama

 

 

 

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Solidaires !

En ces temps bien sombres où l’on pourrait facilement céder à la tentation de la haine, de la terreur et du dégoût, j’ai envie de me raccrocher à tout ce que l’humanité recèle de plus beau et de plus émouvant : l’amour et la solidarité!

solidarité

Et hier soir, j’ai eu une magnifique preuve de cette solidarité qui unit parfois les êtres bien au-delà des frontières, des différences ou de l’indifférence.

Un colis a parcouru des milliers de kilomètres pour se réfugier dans ma boîte aux lettres. Et ce n’est qu’en rentrant du restaurant où nous avaient convié nos BFF pour témoigner de leur soutien, que j’ai découvert le paquet, qui m’attendait sagement depuis quelques jours peut-être.

Ne mettant plus vraiment le nez dehors depuis notre retour, je n’avais en effet pas pris le temps de consulter mon courrier…

Tu t’imagines que j’ai ouvert l’emballage frénétiquement !!

Et j’ai découvert tant de jolies choses que j’ai été particulièrement touchée… La voix tremblante d’émotion, je n’arrêtais pas de répéter en boucle à un Chéri tout étonné: « C’est énorme! C’est énorme! C’est énorme! »

Même les minous n’ont pas été oubliés !

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Alors je sais ce qui a peut-être dû se passer dans l’esprit de mes onze bienfaitrices à l’annonce de notre verdict… Ce colis est parti avant les résultats et il regorge de messages d’espoirs… J’imagine donc qu’elles se sont dit, peut-être, l’espace d’un instant: « Oh putain, je n’aurais pas dû écrire telle ou telle chose! »

Pourtant, chacun de vos mots m’a bouleversé et m’a insufflé cette envie de continuer à me battre pour la suite !!

Vous avez su me redonner envie d’espérer, même si évidemment, je sais que la fin de l’aventure approche et que l’issue reste incertaine… Même si je suis épuisée et vidée… Pour le moment…

C’est comme si vous m’aviez tendu la main en me disant de ne pas sombrer…

Cette surprise ne pouvait pas mieux tomber que maintenant, dans ces moments où je me sens découragée et si désespérément seule…

Alors du fond du coeur: MERCI !!

Je me sens vraiment redevable de toute cette générosité que vous avez été nombreuses à me témoigner ces dernières semaines…

Vous êtes de vraies belles personnes !! Et j’ai envie de croire très fort et plus que jamais que le monde n’est pas condamné à vivre des tragédies telles que celles qui se sont produites ces derniers mois en Europe, et bien au-delà. Car ne l’oublions pas, si ces tragédies nous touchent d’autant plus qu’elles sont très proches de nous, plus loin, de tous temps, il y a des hommes, des femmes et des enfants, qui meurent sous les bombes ou sous les balles, dans l’indifférence générale…

Et la seule réponse que l’on peut apporter à ces atrocités consiste à essayer de laisser un monde apaisé à nos vos enfants, en continuant de faire preuve de bienveillance, d’empathie et de solidarité comme vous avez su le faire avec moi.

Bon sang que ça fait du bien !

Droit de réponse à la Teigne…

Alors voilà, j’ai attendu quelques jours avant de prendre la plume pour rédiger mon droit de réponse à la Teigne !

J’avais envie de la partager avec toi…

« Teigne,

Si je t’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour exprimer ma fatigue, ma tristesse ou ma colère par rapport à ce qu’on vit actuellement. Je n’en n’ai plus la moindre envie…

En revanche, je voudrais te dire que malgré l’image que tu sembles avoir de moi, je me sens forte. Fragile en ce moment, évidemment, mais qui ne le serait pas dans ce contexte ? Il y a une semaine à peine nous apprenions la fin de tous les espoirs que l’on fondait dans ce qui devait être l’ultime tentative !! Ultime parce qu’on l’espérait gagnante… Ce devait être celle qui allait changer nos vies, enfin…

On se bat depuis bientôt 5 longues années, sur tous les fronts. On ne se contente pas de déléguer nos gamètes à la médecine, crois-moi !! En premier lieu, on se bat tous les jours pour que notre couple soit plus fort. Mais on se bat aussi individuellement. A ce titre, j’ai fait un long travail sur moi qui m’a apporté énormément. Et ces dernières années, j’ai l’impression d’avoir pris conscience de tellement d’éléments qui m’ont permis de gagner en compréhension de moi-même et de mon histoire, en maturité et en sérénité aussi.

Malgré tout, faire un travail sur soi, aussi utile que cela puisse être, ça n’est pas magique. S’il suffisait d’aller voir un psy pour avoir un bébé, il n’y aurait plus d’infertiles sur cette planète… Or, ils sont quand même 1 couple sur 6, dont 1 sur 2 qui sort de ce parcours les bras vides…

Je crois que pour la plupart des gens, et moi jusqu’à tout récemment, il est rassurant d’imaginer qu’on puisse avoir un minimum de maîtrise sur ce genre de choses. Alors on teste tout ce qui pourrait nous promettre de changer la donne : ostéopathie, hypnose, psychogénéalogie, microkiné, magnétisme, acupuncture, médecine traditionnelle chinoise… Je ne t’apprends rien, puisque tu as déjà testé bon nombre de ces médecines parallèles !

J’ai trouvé dans ces diverses techniques une forme d’apaisement. Pour être tout à fait honnête, je crois qu’elles m’ont permis de diminuer l’angoisse due à la passivité, en me donnant l’illusion que cela pourrait avoir un impact positif sur tout le reste…

Mais avec le recul, ce n’est pas sain. C’est juste une manière inconsciente d’exprimer le fait qu’on n’accepte pas la réalité, notre réalité. Réalité sur laquelle, en ce qui nous concerne, on n’a absolument aucune emprise…

D’ailleurs dans tout ça, j’en avais oublié une chose essentielle : donner la vie, c’est surtout une question de chance ! Si 1 couple sur 6 n’a pas la chance de pouvoir se reproduire comme il le voudrait, tous ces couples n’ont pas forcément de lourds vécus. Certains ont même eu une vie plutôt « facile » jusqu’à ce qu’ils soient confrontés à l’infertilité. A l’inverse, certains couples, avec une histoire de vie extrêmement douloureuse, n’ont aucune difficulté pour se reproduire. Certains enfants sont même conçus suite à des viols…

Alors non, non et non !! J’ai passé des années à me sentir responsable en me disant que quelque chose clochait dans ma tête, en pensant que j’avais un ou des blocages inconscients. Mais je crois surtout que c’est juste une question de (mal)chance. (Et une question environnementale aussi, mais ça, tout le monde a un peu trop tendance à l’occulter… Parce que ça signifierait que ça pourrait toucher tout le monde et donc pour le coup, c’est effrayant…)

Au même titre que quand on développe un cancer colorectal ou cérébral, on n’a juste pas tiré le bon numéro. Ce n’est pas de bol !!

On voudrait trouver des explications rationnelles, parce que ça nous permettrait de mettre du sens à l’insensé. Mais force est de constater que parfois, certaines choses n’ont pas de sens… Elles se produisent, on les subit et c’est comme ça… Stop à la masturbation intellectuelle !

Du coup, j’en viens donc à cette conclusion : la meilleure façon de surmonter les épreuves consiste juste à accepter que la vie n’est qu’une immense loterie. Parfois on gagne, parfois on perd. Mais finalement, ce n’est qu’une question de chance…

Or, sur ce facteur chance, on n’a absolument aucun contrôle ni aucune emprise. Les choses se passent comme elles doivent se passer à un instant T. C’est comme ça…

Je n’ai pas spécialement envie de revenir avec toi sur cette dernière claque qu’on vient de prendre. Ce que je sais, c’est que j’ai passé des mois et des mois à chercher à débloquer des verrous inconscients qui n’existent pas !! Mon cerveau, tout aussi puissant qu’il puisse être, n’a pas pu influer sur le fait qu’on n’obtienne aucun embryon vitrifié malgré deux donneurs fertiles, en apparence. La clinique elle-même l’a reconnu : c’est rare et ce n’est pas de chance…

Je n’ai pas l’intention d’endosser cette responsabilité bien trop culpabilisante !!

Et si on suivait cette logique du « C’est dans la tête », quid de ces messieurs ? On fait un enfant à deux, jusqu’à preuve du contraire… A moins que ce soient nos blocages respectifs qui créent un immense blocage nous empêchant de devenir parents ?! Et ben on n’est pas dans la mouise… Ca veut donc dire que tous les parents de la Terre sont exempts de blocages ?

Bref voilà ma théorie : même si c’est difficile à admettre, nous avons juste manqué de chance. Point final ! Mais est-ce que cela signifie qu’on doit oublier notre rêve pour autant ? Non, non et non !!! Ou peut-être que oui, mais ce sera à nous d’en décider. Quand nous serons prêts, si nous le sommes un jour…

Notre rêve, on va s’y accrocher, parce qu’on y croit et que personne, je dis bien personne, ne pourra nous le voler en nous disant ce qu’on doit envisager ou non pour la suite.

Que ce soit en pensant bien faire ou pas, tu t’es montrée extrêmement maladroite en me disant, seulement 5 petits jours après le résultat, comment nous devrions envisager notre avenir.

C’est comme si, quand tu essayais d’avoir A., juste après une nouvelle fausse-couche, je t’avais dit : « Mais enfin, arrête de t’entêter !!! A un moment donné, il faut que tu fasses un travail sur toi pour comprendre d’où viennent les blocages !! Et puis bon, vous ne pensez qu’à ça, vous ne vivez que pour ça. Il faut vivre !! »

A. ne serait pas auprès de vous aujourd’hui…

Et puis c’est étrange de nous conseiller de vivre. Est-ce qu’on donne l’image d’un couple mort ? Contrairement à beaucoup de couples infertiles qui se replient sur eux-mêmes (et je peux aisément le comprendre devant la difficulté de ce parcours et les nombreuses maladresses auxquelles on est bien trop souvent confronté…), on a toujours, et c’est notre force, continué d’avoir une vie sociale, de sortir (resto, ciné, concerts…), de rire, de vivre !! Sans jamais, à aucun moment, avoir l’impression d’être morts…

Sauf ces dernières semaines, mais j’étais alitée à cause de ma hernie…

Alors oui, aujourd’hui, parce que c’est tout récent, parce que c’est injuste et parce que c’est excessivement violent, on éprouve le besoin de se replier sur nous-mêmes. De s’enfermer dans une petite bulle d’amour le temps de digérer. Et de reprendre notre souffle. Mais ça ne fait pas de nous des morts-vivants !!

Je crois que nous sommes les seuls à-mêmes de savoir comment dessiner notre avenir à l’heure actuelle. Alors bien sûr, on n’a pas toutes les réponses, parce qu’on est sonné et un peu perdu. Mais ce que je sais, c’est qu’on n’a ni besoin de conseils, ni besoin de jugement, seulement de l’écoute, de l’affection, de l’empathie et du soutien.

Je terminerais en te disant que oui, on a déboursé 12000€ cette dernière année pour essayer d’atteindre notre rêve. Oui, on est ruiné pour le moment. Mais parfois, tu sais, certains rêves méritent qu’on dépense sans compter, parce qu’ils en valent réellement la peine. Jamais on ne fera une croix sur notre rêve pour des raisons strictement financières, même si c’est extrêmement violent de devoir s’endetter pour un projet aussi noble et beau que celui de pouvoir un jour donner la vie…

De la même façon, si d’aventure on devait envisager de repartir et que ça impliquait, notamment pour des raisons financières, morales et/ou logistiques, que je m’absente quelques jours, je n’hésiterais pas. Ce projet, c’est le projet de notre vie… Ce n’est pas une simple lubie ou un caprice passager…

Ce mail n’attend pas de réaction de ta part. C’était simplement important pour moi de te faire part de ce que je ressentais et je n’ai pas spécialement envie de revenir dessus.

Je te remercie d’avance de respecter mon besoin de ne plus évoquer tout ceci par la suite. »

Tu crois que c’est assez explicite? Je pourrais aussi me contenter de lui demander d’aller se faire foutre, mais tu en conviendras: c’est un poil vulgaire. Et puis, devant l’obligation de me la coltiner tous les jours au boulot, je suis un peu contrainte d’arrondir les angles…

Alors, j’envoie ou j’envoie pas?

Ces gens-là…

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Dans les épreuves, il y a les autres. La famille, les amis, les connaissances, les collègues, ceux qu’on croise en allant faire nos courses…

Ces gens-là sont capables du meilleur, comme du pire.

J’en ai eu la parfaite illustration pas plus tard qu’hier…

D’abord… D’abord il y a mon médecin traitant, cette femme pleine d’empathie. Elle a voulu me filer des petites pilules roses pour m’aider. J’ai refusé, concédant par contre à prendre de forte doses d’homéopathie. J’ai quand même accepté de prendre une boîte d’un truc soit disant léger, juste au cas où… Si besoin… Parce que, si j’ai été bien incapable de reprendre le chemin du travail hier (rapport au fait qu’une classe, ça se prépare, et que ce n’est pas perdu au milieu des kleenex que je pouvais retrouver mon cartable de maîtresse…), la semaine prochaine, il va falloir y aller… Reprendre ma vie là où elle s’était arrêtée avant la hernie et avant ce cauchemar…

La hernie, d’ailleurs, ça va, ça vient. Il faudrait que je retourne chez ma kiné, parce qu’avant mon départ, elle me l’avait annoncé: « Ce sera long, très long… » « Comme toujours », eu-je envie de rétorquer…

C’est la réflexion qu’on se faisait avec Chéri ces derniers jours. On a toujours dû se battre pour obtenir ce que les autres ont si facilement. Ca a toujours été long… Mais on y est toujours arrivé malgré tout…

Donc parmi ces gens-là, il y a eu la gentille doc un peu hâtive. Hâtive parce que oui, je chiale à l’évocation de cet ultime revers et je ne sais plus vraiment de quoi demain sera fait, certes. Mais bon, je viens juste d’apprendre que potentiellement je risque de ne pas avoir d’enfants. J’insiste sur le pluriel, parce que je sais qu’on peut espérer un enfant par l’adoption ! Sauf que notre rêve, c’était d’en avoir au moins deux…

Et puis… Et puis il y a elle, ma BFF, à qui j’avais reproché d’avoir brillé par son absence lors de notre FIV 4. Elle était enceinte à l’époque et sans doute très mal à l’aise. Là, elle assure comme une chef !! Mr et Mme BFF font tout pour nous soutenir et quand elle m’a appelé hier pour me dire qu’ils avaient fondu en larmes en apprenant notre verdict, ça m’a touchée. Touchée aussi de l’entendre nous soutenir de tout son coeur et de toute son âme sur tous ces possibles qui s’ouvrent devant nous. Sans jugement, juste dans l’écoute et l’empathie…

Sa réaction fait écho à une autre de mes témoins de mariage. Elle aussi a su trouver les mots justes, sans chercher à me donner des conseils. Juste en étant là, et en partageant quelques larmes, entrecoupées d’un: « J’y croyais tellement putain! » Nous aussi…

Et puis… Et puis… Et puis il y a l’autre, qui est méchante comme une teigne. Qui me dit qu’il faut tout arrêter, qu’on y pense beaucoup trop et qu’on doit faire notre deuil. Qu’il faut se tourner vers d’autres projets, vivre, parce que ça prend beaucoup trop de place dans nos vies et que d’ailleurs, ça en prend tellement que de toute façon, même si demain on nous appelait pour l’adoption, on serait incapable d’accueillir un enfant. Qu’il faut que je travaille sur moi-même pour comprendre d’où viennent mes blocages. Que de toute façon, si ça ne marche pas, c’est parce que ça ne doit pas marcher, qu’il faut juste comprendre pourquoi. Que le cerveau est si puissant… Et que faire le deuil, ça ne veut pas dire renoncer à avoir un enfant de toute façon. Puisque c’est bien connu, ça arrive très souvent que des femmes tombent enceintes quand elles ont arrêté d’y penser !! Et que même que de toute façon, on n’a plus d’argent pour envisager une nouvelle tentative alors bon, on n’a pas vraiment le choix de s’arrêter là…

Ca m’a dévastée, évidemment… Sauf que je n’ai eu ni l’énergie ni le courage de lui dire d’aller se faire foutre…

Alors j’ai pris sur moi, tout en exprimant le fait que je n’étais pas d’accord.

L’ironie de l’histoire, c’est qu’elle me vampirise depuis des années avec ses histoires de couple et passe son temps à se plaindre de ses gamins. Et c’est moi qui doit faire un travail sur moi??? Que je fais d’ailleurs depuis 17 ans, avant même qu’elle ne sache ce que cela signifie !!! Comment peut-elle ne serait-ce qu’imaginer ce qu’on est en train de vivre en tenant des propos pareils?

Je vais lui écrire pour lui dire tout le mal qu’elle m’a fait en pensant me faire du bien. Et je vais l’exclure de ma vie. Définitivement. Certes, ce sera compliqué puisqu’on bosse ensemble et que je suis amenée à la côtoyer tous les jours. Mais désormais, on aura une relation purement professionnelle. Trop, c’est trop…

Le pire, dans tout ça, c’est qu’il y a un fond de vérité dans ses propos. On devrait tourner la page. Sans doute. Sauf que 5 petits jours seulement après avoir appris l’échec de cette tentative de tous les espoirs, je n’avais pas besoin d’entendre de telles inepties !!! Je n’ai rien contre les Gertrude hein !! Mais bordel, pas maintenant quoi… Et surtout pas le fameux « C’est dans la tête »… Parce que s’il y a bien quelqu’un qui a cherché pendant des mois à ouvrir ses verrous inconscients, c’est Bibi !! Et que j’ai enfin compris que non, bordel, CE N’EST PAS DANS LA TÊTE !!!

Toutes les médecines parallèles n’ont d’autres desseins que d’essayer de te donner la douce illusion que tu peux avoir un minimum de maîtrise sur les évènements de la vie. Tu pourrais contrôler tes pensées, tes émotions, ton passé, ton présent et ton avenir. Mais c’est une illusion… On ne maîtrise rien. Rien de rien !! C’est le constat que je fais avec du recul. Mais dans le fond, c’est juste impensable d’admettre que la vie, ce n’est qu’une putain de loterie !! Certains tirent le gros lot et d’autres pas. Alors, refusant de l’admettre, on se réfugie dans tout un tas de pratiques plus ou moins rationnelles, parce qu’au moins, là, on a l’impression d’agir… Alors que ce n’est qu’une question de chance. Juste une question de chance…

Et puis… Et puis il y a Chéri, qui est beau comme un soleil, et qui m’aime pareil que moi j’aime Chéri… Même qu’on se dit souvent, qu’on aura des enfants, avec des yeux rieurs, avec parfois des pleurs… Et qu’on les aimera, qu’il fera bon être parents, et que si c’est pas sûr, c’est quand même peut-être… Parce que certains autres ne veulent pas… Parce que certains autres ne veulent pas… Ces autres, ils disent comme ça, que c’est trop beau pour nous, que je suis tout juste bonne, à consulter un psy…

Parfois quand on se regarde, semblant que c´est pas exprès, avec nos yeux mouillants, on se dit qu´on y  arrivera, on se dit que ça marchera… Alors pour un instant, pour un instant seulement, alors moi j’y crois fort… Pour un instant. Pour un instant seulement…

Mais il est tôt… Il faut que je retourne au lit…

Juste un merci de Chéri…

Suite au choc des résultats, une forme de déni s’est installé. Entre les bagages à faire puis à défaire, le voyage et les adieux, nous n’avons eu que peu de temps pour réaliser. Depuis hier, c’est très compliqué…

Les larmes coulent comme ça, sans crier gare, puis elles laissent place à un regard perdu dans le vide…

On a eu l’occasion de beaucoup discuter, avec Chéri, sur la suite de notre histoire. Après chaque échec, on avait toujours en tête la prochaine étape. Aujourd’hui, on ne sait plus vraiment ce qu’on veut et ce qu’on peut encore espérer…

Au cours de ces longs échanges, Chéri m’a confié l’envie de vous écrire et m’a demandé si je l’autorisais à s’exprimer ici, sur mon blog. Je lui ai lu chacun de vos messages de soutien et il a été extrêmement touché. Voici donc le message qu’il voulait vous transmettre aujourd’hui…

Voilà maintenant de longs mois, que dis-je, de longues années!, que j’entends d’une oreille attentive vos commentaires, réactions et autres soutiens que vous transposez sur le blog de mon amoureuse.

Je suis là, sans être là. Pas là par la parole ou l’écriture, mais partie intégrante de cette histoire de vie où je suis côte à côte avec ma chère et tendre moitié.

Tu vas sûrement te dire: « Mais que vient-il faire par ici celui-là? Quel est l’objet de sa visite sur cette tribune d’ordinaire si féminine? »

Je voulais simplement prendre la plume pour vous remercier toutes d’être là, de votre indéfectible soutien, de l’affection que vous nous témoignez.

Merci d’être là, pour elle que j’aime tant et qui a tant besoin de vous. Merci d’associer dans votre soutien l’illustre inconnu que je suis pour vous. Vous lui faites du bien et vous me faites du bien.

Il est très difficile dans ce douloureux parcours d’avoir un soutien et une écoute adaptés à ce que l’on ressent. Et qui de mieux placées que vous toutes, qui vivez chacune à des degrés différents des difficultés, parfois, à donner la vie, pour nous apporter un peu de réconfort?

Je n’ai jamais ressenti le besoin de retranscrire sur papier mes espoirs, ressentis, déceptions ou tout autre type d’émotions qui traversent notre coeur et notre âme dans ce parcours pmesque.

Mais je crois qu’aujourd’hui, sans votre présence, ce parcours ô combien difficile l’aurait été beaucoup plus.

J’aurais pu, ou plutôt j’aurais dû le faire beaucoup plus tôt. L’idée m’est apparue il y a seulement quelques jours. On va dire que j’ai été plutôt réactif pour une fois. 😉

Nous vivons actuellement le moment le plus douloureux de notre expérience pmesque. Je vous le redis donc encore une dernière fois: merci, merci, merci !!

Retour à la case (départ)…

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Avant toute chose, MERCI !!

J’ai ouvert ce blog pour de multiples raisons déjà évoquées ici. Et au début, il y a plus de deux ans déjà!, j’étais loin de me douter de la tournure que prendrait notre parcours, restant persuadée qu’un jour ou l’autre, tôt ou tard, la chance finirait par pointer le bout de son nez du côté du caillou…

J’étais également loin d’imaginer tout le soutien que je recevrais !!

D’ailleurs, tout comme je n’imaginais pas que l’histoire nous tiendrait en haleine aussi longtemps…, j’étais loin de me douter de toutes les belles rencontres, virtuellement réelles ou réellement virtuelles que j’allais faire. Certaines s’étant soldées par de vraies jolis moments partagés IRL…

Bref, tout ça pour dire que Chéri se joint à moi pour te dire à quel point chacun des messages de soutien reçus nous a permis de nous sentir moins seuls et ô combien ils sont importants pour nous en ces temps si difficiles…

Alors j’avoue, je suis trop épuisée pour répondre à chaque mail ou commentaire individuellement, mais je voulais que tu saches que dans le soutien il n’y a jamais de maladresse et que te lire est un précieux réconfort. Je tenais donc à te témoigner notre immense gratitude…

Sinon, comment on se sent?

Après un très long voyage bien éprouvant, physiquement car le vol était archi complet, et moralement, nous avons retrouvé le silence de notre maison jaune.

On est trop abasourdi pour penser et savoir ce que nous voulons vraiment aujourd’hui. On a sans doute besoin de temps.

Je crois qu’on est un peu comme des naufragés qui ne savent plus quelle direction prendre pour retrouver notre chemin…

En tout cas, j’espère que ceux qui me liront garderont à l’esprit que, pas plus que la FIV, le don n’offre de garantie. Les chances sont réelles, surtout en cumulatif (95% annoncés sur 3 essais, paraît-il). Mais il ne faut surtout pas négliger le facteur chance, celui-là même qui fait la différence dans chacun de nos parcours.

Et ne pas oublier tous ceux à qui la chance ne sourit jamais. Parce que nier leur existence serait nier leur souffrance…

Alors oui, parfois, avec un parcours qui s’éternise ou qui s’arrête subitement, on a peur de faire peur. Chapi l’a si parfaitement évoqué récemment.

Mais ce n’est pas contagieux et, surtout, fort heureusement, ça reste marginal et assez rare. Quoique, j’ignore si à ce jour il y a des statistiques officielles évoquant ceux dont on ne doit pas parler, ces parents sans enfants?

Bref, ne pas les oublier. Et arrêter avec les clichés à la con !!

Non ce n’est pas dans nos têtes, mais bien dans nos gamètes !! Et même que ce n’est pas que dans les utérus, mais aussi parfois dans les burnes !! Parfois, comme nous, tu peux même cumuler, c’est plus fun. Non, nous les femmes,  on n’est pas des grosses carriéristes qui tardent trop pour commencer les essais et qui n’ont que ce qu’elles méritent !! Non on n’a pas tous 40 ans. Ni même 25 ans.

En revanche, on souffre tous et toutes du même manque, d’autant plus quand on entrevoit définitivement sa vie sans enfant… Sans biberon, sans morve au nez, sans couches à changer. D’ailleurs,  si on se projette plus loin, on balaye tout de suite l’idée de ne jamais avoir de petits enfants et de finir comme deux vieux cons esseulés, avec la terreur de voir notre moitié partir avant nous. On balaye cette idée parce que ce n’est juste pas supportable…

Ces derniers jours post transfert et pré résultats, j’ai eu droit à cette vieille idée reçue de la part de notre entourage, qui pensait que c’était déjà in the pocket. Probablement que je le pensais moi-même secrètement. Ou tout du moins que je l’espérais fort…

Une amie m’a même laissé un message la veille de la prise de sang, en me disant qu’elle espérait que je n’avais pas trop de symptômes maintenant que j’étais enceinte !! WTF???

J’ai dû réfréner ses ardeurs, lui expliquant qu’en don, la grossesse, c’était comme les antibiotiques: pas automatique !!

Sa réponse: « Mais si, c’est une amie qui a eu ses enfants par don (FIV do 1 + TEV 1 = 2 bébés) qui m’a dit que c’était sûr: t’es enceinte !! »

Quand je lui ai annoncé l’échec par sms, je lui ai dit que j’espérais que sa collègue mesurerait la chance qu’elle avait eu…

Bon sinon, j’ai envoyé un mail au Dr Poule pour envisager la suite (formalités administratives pour l’inscription officielle sur liste d’attente pour le DO en local notamment) et il m’a répondu que la prise de sang à J9 c’était beaucoup trop tôt. Que je ne devais surtout pas arrêter les traitements (pourtant déjà arrêtés), et refaire une prise de sang à J14.

Ce à quoi, après quelques recherches liées à un très très léger regain d’espoir, j’ai fini par répondre qu’avec des blastos J5, J9 post transfert correspondait à J14 post ponction. Que c’était donc sans appel.

Évidemment, j’ai gogolisé pour être sûre de mon coup !!

Du coup, j’ai repris les médocs ce matin mais j’ai finalement une grande hésitation à poursuivre dans la mesure où je sais qu’il n’y a aucune chance.

Je dois admettre que je lui en veux un peu de nous avoir redonner un petit espoir, si infime fut-il…

Vivement l’arrivée du sang, qu’il accompagne une bonne fois pour toutes nos larmes.

Verdict…

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Je me demandais depuis le transfert comment j’allais annoncer le verdict de cette FIV de tous les espoirs ici, en ce lieu qui abrite mes états d’âme depuis des années maintenant.

Un positif annoncé tout en pudeur et émotion, c’est ce que je convoitais secrètement. D’ailleurs, j’y croyais fort. Très fort !

On parlait déjà de nos futures vacances aux Seychelles, en juillet, avec 1 ou 2 passagers clandestins…

Tous les jours, régulièrement, je passais ma main amoureusement sur ce ventre si tendu depuis ce 7 mars dernier. Ce ventre qui me donnait l’impression de porter la vie et d’être enceinte de 4 mois.

C’était beau, c’était doux.

Parfois, Chéri s’autorisait timidement à effleurer ce ventre de tous les espoirs. Timidement parce que bon, on ne sait jamais…

Ce matin, je me suis enfin sentie prête. Prête à me confronter à tous ces possibles. Et surtout remplie d’espoirs à l’idée qu’enfin la routourne se pointe par chez nous.

Chéri ne s’attendait pas à ce que je lui annonce que c’était pour aujourd’hui. La pression est montée d’un cran pour lui, comme pour moi.

En nous rendant au laboratoire, on s’est dit qu’aujourd’hui, quoiqu’il arrive, notre vie allait basculer.

Moins de deux heures après le prélèvement, on a reçu un sms qui nous signalait que les résultats étaient disponibles. On était en voiture. Tandis que Chéri conduisait, j’ai rentré frénétiquement les codes pour avoir accès aux résultats.

A cet instant, en bons habitués de la loose, j’étais partagée entre l’espoir fou d’un taux à 3 chiffres, et l’angoisse du traditionnel < à 0 ui.

Et c’est donc un taux extraordinairement routinier que j’ai alors vu s’afficher sur le fichier pdf: < à 0.6 ui.

Evidemment, c’est la claque. Le coup de massue. Le KO total qui fait qu’au moment où j’écris ces quelques mots, je ne réalise pas vraiment… Je suis sans doute en état de choc.

5 ans d’essais, dont 4 années de PMA. 3 IAC. 5 FIV, dont 1 FIV DD. Des centaines de médocs injectés ou ingérés. Des dizaines et des dizaines d’examens intrusifs, qui m’ont si souvent donné l’impression de ne plus disposer de mon corps. D’être violée, salie. Des milliers de kilomètres et des milliers d’euros.

C’était donc pour ça? Tout ça pour ça?

On ignore quelle sera la suite. Aucune accroche ne nous laisse rien présager de bon. Nous sommes ruinés au sens propre comme au figuré. Et nous aurons probablement besoin de temps pour nous projeter dans l’avenir.

A priori, aujourd’hui, on va ranger toutes ces mignonneries collectées au fil des années et de ces derniers mois, comme un doux souvenir de l’espoir que l’on s’est autorisé à ressentir et qui nous a permis de nous sentir si vivant !!

Aucun regret. Beaucoup d’amertume, évidemment. Et un profond sentiment d’injustice ! Pourquoi pas nous???

On va essuyer nos larmes qui ne sortent pas. On va rembourser nos dettes. On va essayer de réinventer une nouvelle vie, en voyageant autant que possible pour ne pas avoir le sentiment d’avoir raté une trop grande partie de notre vie. Et on va tout faire pour être heureux, parce que putain, on le mérite !!!

Nos athlètes n’étaient peut-être pas assez costauds, malgré les apparences… Je me dis qu’il y a sans doute eu un problème au niveau de la donneuse ou du donneur, pour avoir un tel résultat. Pour rappel: 0 embryon vitrifié. Fin de partie.Game over.

Dans le fond, ce n’est sans doute pas plus mal… Multiplier les tentatives pour des résultats incertains, à quoi bon?

Alors voilà, on a rêvé du happy end. On y a cru très fort. Si fort. Mais encore une fois, on se sera retrouvé du mauvais côté des statistiques. 65% de chance de réussite. On fait partie des 35% de loosers… Même pas un semblant d’accroche pour nous donner envie de nous endetter entêter encore. Tu sais, l’histoire du malentendu…

Peut-être que la suite ce sera une FIV Do sur le caillou ou ailleurs. Car même là nous ne sommes plus sûr de rien… Resterons-nous là-bas, alors qu’ici on ne voit ni nos anciens vieillir, ni nos jeunes grandir?

Et puis, il y a l’adoption, qui est toujours resté dans nos coeurs depuis ce premier jour où on l’avait évoqué ensemble. Je n’en parlais que très peu ici, parce que je ne voulais pas tout mélanger et que nous menions de front le combat pour porter la vie, qui prenait beaucoup de notre temps et de notre énergie.

On sait qu’on peut espérer être appelé dans les 2 prochaines années, peut-être plus tôt si pour une fois on est veinard… Alors on va profiter de cette douce attente pour réinventer notre vie et la rendre la plus belle possible.

Je dois le dire, on est réellement usé et je crois que si le désir, l’espoir et l’envie n’ont jamais été aussi forts, ils ont été bien abîmés par ce chiffre sans appel: < à 0.6 ui…

J’espère du fond du coeur que toutes les mamans qui me lisent, mamans fertiles ou infertiles, via la PMA ou l’adoption, quand vous plongerez votre regard dans celui de votre/vos petits ce soir, vous aurez une pensée pour tous ceux qui sont sortis de ce si long et éprouvant parcours le coeur lourd et les bras vides…

Et comme je ne pouvais pas terminer ce billet sur une note de désespoir, j’ai envie de penser très fort à Anabelle et Carotte, en qui je fonde le peu d’espoir qu’il me reste aujourd’hui. J’ai envie de croire que tout est possible pour ces deux femmes courageuses et ô combien méritantes !!

Une histoire de prénoms…

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Juste avant de partir en RT, avec mon amoureux, on a osé reparler de ce qu’on avait laissé en stand bye depuis des années: le choix du prénom !! Enfin, DES prénoms…

Pour une fille, c’était entendu depuis toujours. C’est en lisant un roman très cher à mon coeur que, alors jeune collégienne au sortir de l’enfance, j’ai eu un immense coup de foudre pour ce prénom. Et j’ai toujours su que ce serait lui et pas un autre. Par chance, Chéri a adoré quand je le lui ai confié au début où on commençait à dessiner un avenir commun…

En revanche, pour le garçon, l’entreprise était plus difficile.

Il y a quelques semaines, juste avant notre départ, j’ai écumé un site de prénoms pour tenter de trouver celui de notre futur fils. Et après maintes recherches, il m’est apparu comme une évidence. J’ai aussitôt texté Chéri pour lui demander son avis, noyant celui que je convoitais secrètement au milieu de plusieurs autres, pour ne pas l’influencer. Et il a eu le même coup de coeur que moi !!

Alors voilà, on a déjà les prénoms… On a même mis une option auprès de nos BFF, qui commencent à évoquer le début des essais pour le petit deuz… Il ne manque plus que nos petits pour les faire exister réellement au niveau de l’état civil.

Ce qui m’a beaucoup touchée, c’est que récemment j’ai revu cette amie de toujours, qui n’a pas eu la chance d’avoir de fille. Et on parlait prénoms quand j’ai appris que celui qu’elle avait choisi depuis aussi longtemps que moi était le même que le mien… Je lui ai dit que si par chance un jour j’avais une fille, je lui donnerai ce prénom si cher à nos coeurs et que j’espérais que ce ne serait pas trop douloureux pour elle. Sa réaction m’a vraiment touchée, quand elle m’a répondu sans la moindre hésitation et le plus spontanément du monde: « Tu rigoles? Je serais tellement heureuse pour vous!!! »

Alors quand on est rentré de RT, on a voulu trouvé un surnom à nos deux poussières de vie. Ils devaient être tchèques, pour marquer leurs origines génétiques. Et parce que c’est là-bas que tout a commencé…

Comme on a choisi les prénoms, on a été très appliqués dans le choix des surnoms. Comme si on n’avait pas le droit à l’erreur, que c’était décisif pour la suite de l’aventure !!

On a donc opté pour Pavel et Martina. Pourquoi?

Tout simplement en référence à deux très grands sportifs tchèques, qui en leur temps ont été des winners.

Pavel Nedvěd est un footballeur qui a notamment excellé à la Juventus de Turin. En 2003, il a été récompensé par le Ballon d’Or, succédant ainsi à Ronaldo himself !! Peu après, Pelé et la FIFA l’incluent dans leur liste des 125 meilleurs joueurs de football vivants. Un vrai winner donc !!

Quant à Martina, la plus célèbre d’entre elle est sans doute Martina Navratilova, l’une des plus grandes joueuses de tennis de tous les temps. Elle a remporté 18 tournois du Grand Chelem en simple, 31 en double dames (un record), et 10 en doubles mixte, ce qui fait d’elle la deuxième joueuse la plus titrée de l’histoire du tennis féminin, simple et double confondus.

Alors bon, avec des prédispositions pareilles, les microbes, vous devez assurer !!!

Surtout qu’avant-hier,  on a regardé de plus près leur qualité. Et ma foi, c’est le top du top !! A J5, ils étaient en avance dans leur développement, puisqu’ils auraient dû être à ce stade à J6… C’est un HB (blasto éclos) et un XB (blasto expansé) qui m’ont été transférés.

Je n’ai pas l’ordonnance pour faire la prise de sang. Et c’est bête, mais ça m’arrange… Je fuis le verdict, parce que tant que je ne fais pas ce fameux prélèvement sanguin, tout est possible !!

J’ai envie de rester sur mon nuage en me persuadant que c’est la bonne, et de ne surtout pas redescendre avant des mois… Mais un jour ou l’autre, il faudra bien que je me lance… Je fuis parce que l’idée que ce soit notre ultime échec est juste inconcevable. On ne peut pas avoir fait tout ça pour ça…

Tous ces kilomètres, toutes ces tentatives, tous ces sacrifices… Ils vont bien finir par payer bordel !!

Alors on se raccroche à notre rêve… Et c’est rigolo, parce que cette nuit, Chéri et moi avons fait le même rêve, qu’on a partagé au réveil: un rêve dans lequel j’accouchais… Bordel, puisse ce rêve être prémonitoire !!!!

Ces rêves viennent se rajouter à ceux de Madame Pimpin, de Nanou et de ma frangine, toutes mamans de grum’s… Si seulement ça pouvait présager de la suite !!

Merci infiniment à toutes les pensées, les ondes positives et les croisages qui nous accompagnent. Verdict dans quelques jours…

rêve

Quelle aventure !!

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Comment résumer en quelques mots l’aventure que l’on vient de vivre ces trois derniers jours?

Si je ne devais retenir qu’un seul mot, je dirais qu’elle fut intense.

Nous avons retrouvé notre ami au style de vie atypique, qui a partagé ces trois jours avec nous. Quand il a fallu nous quitter, sans savoir quand ni où nous nous retrouverions, l’émotion était palpable.

Nous avons également rencontré Anabelle et son homme, avec qui on a passé de vrais bons moments, trop courts malheureusement.

C’est marrant comme certaines rencontres coulent de source. Comme c’est facile d’échanger et de trouver des sujets de discussion (autres que la pma) alors que la veille encore, on ne se connaissait pas.

Et puis, tu t’en doutes, il y a aussi eu LA rencontre.

Elle a eu lieu comme prévu lundi 7 septembre, dans cette clinique où tout est possible.

L’accueil était très agréable. Dans la salle d’attente, un couple tchèque avec sa petite. Ils venaient pour agrandir la famille.

J’ai demandé à notre interlocutrice, qu’on a eu le plaisir de rencontrer après des mois d’échanges, d’où provenait le plus gros de la patientèle. Les couples français arrivent sur le podium, se plaçant en troisième position après les tchèques et les slovaques.

Je crois qu’on a vécu ce moment comme si on était un peu déconnecté de la réalité.

C’était presque irréel d’accueillir deux très beaux embryons sans avoir vraiment donner de notre personne…

On a eu la chance de les voir, nos deux poussières de vie. Une caméra nous a permis de les découvrir avant qu’ils ne soient aspirés par la pipette et transférés au creux de mon utérus.

On a obtenu une photo souvenir de cette petite tâche blanche qu’on aura peut-être la chance de tenir au creux de nos bras dans quelques mois…

En rentrant dans notre appart, qu’on espère être aussi porte-bonheur qu’espéré, on s’est accordé une petite sieste bien méritée avant de passer le reste de la journée à refaire le monde avec notre ami et d’accueillir Anabelle et son homme pour un apéritif sans alcool. Où comment devenir sage comme une image en quelques heures !

Le soir venu, on a un peu déambulé dans les rues de cette ville magnifique qui mérite vraiment une halte.

Malheureusement, on n’a pu avoir qu’un aperçu puisque le jour de notre départ, il neigeait à gros flocons et que les rues étaient trop glissantes pour qu’on apprécie de piétiner sereinement. Surtout en mode couvade…

Au moment du départ, j’étais déjà nostalgique de refermer la porte de cet appartement qui a accueilli nos retrouvailles et nos espoirs. On s’est promis d’y revenir un jour…

Seul bémol, juste avant de partir, j’ai réalisé que j’avais perdu ce petit coeur en cornaline, symbole de fécondité, acheté dans une petite boutique de la ville de mes aïeux, le jour où nous avons rencontré Mr Magnéto.

J’en aurais pleuré, ne voyant dans cette perte que le signe d’un futur échec…

Essayant de ne pas focaliser sur cette perte,  avant de rejoindre Prague, on est allé dans ce petit village tchèque où vit notre ami et c’était un vrai beau moment, rempli de découvertes. J’y reviendrais peut-être ultérieurement…

Et c’est après deux heures et demi de route chaotique que nous sommes enfin arrivés dans la capitale.

Sachant très bien qu’on n’aurait que très peu de temps pour (re)visiter, nous sommes ressortis immédiatement pour se balader dans le quartier dynamique dans lequel on avait élu domicile pour une nuit.

Ce qui est saisissant en RT, c’est son histoire atypique. Comme disait notre ami, après avoir été sous le joug du communisme, le peuple tchèque est aujourd’hui sous le joug du capitalisme sauvage. Ils ont quitté un système qui les privaient de liberté, pour un autre système tout aussi aliénant, mais dans lequel ils ont l’illusion d’être libres…

Ce qui est frappant, c’est tous ces encarts publicitaires, toutes ces façades illuminées (on se croirait à Time Square à certains endroits), toutes ces chaînes de fast food ou autres grandes enseignes qui sont venues envahir le pays.

Dire qu’avant 1989, il n’y avait rien de tout ça…

Bref, fin de la parenthèse historico-économique.

C’est en rentrant à notre hôtel que j’ai vécu un moment très étonnant et émouvant. Tu te souviens du coeur en cornaline que j’évoquais ci-dessus?

En me déshabillant, vla ti pas que j’entends un gros vacarme. Mon coeur !!! Il s’était niché au creux de mon débardeur, juste au niveau de mon ventre. J’ai été vraiment émue et je me suis dit: « C’est un signe… »

Bref, comme tu le vois, je vois des signes partout. Quand je dis que désespérés que nous sommes on serait prêt à aller à Lourdes à cloche-pieds, si seulement ça nous garantissait un bébé !!

C’est sans doute ce qu’on appelle (dés?)espoir?

Bon, parce que malgré cet espoir on reste les rois de la loose internationale, je t’annonce qu’avant de regagner nos pénates, on a appris qu’on n’avait aucun embryon vitrifié.

C’est la douche froide. Voire glacée.

C’est rare. Encore plus en DD. M’est avis qu’un des deux donneurs, sans le savoir, présente sans doute des gamètes un peu pourris…

Mais bon, c’est la vie. C’est notre vie. Et c’est épuisant.

J’en aurais chialé. Parce que tu le sais, c’est notre dernière… Donc 0 embryon vitrifié = fin de partie si jamais…

Mais on n’a pas envie de penser à ça, concentrant tout notre amour et notre énergie pour ces deux espoirs qui sont, on l’espère si fort, encore au creux de moi aujourd’hui.

Évidemment, on ne s’attendait pas à un tel scénario. Du coup, ça remet en question la suite… Mais on n’en n’est pas encore là…

On est un peu fâché, il faut l’avouer. Parce qu’on n’a beau pas vouloir résumer cette aventure à son coût, il faut reconnaître qu’on paye au final aussi cher que tout ceux qui ont plusieurs chances. Ça pique…

Et puis, vu qu’ils ne vitrifient que les très beaux, en optant pour l’adoption embryonnaire (embryons vitrifiés donnés par des couples infertiles), on aurait fait des économies substantielles (1680€ vs 4200€). Tu les vois les glandes???

Bref, ainsi va la vie… Et la vie, plus que jamais, j’espère qu’elle est en train de s’installer en moi…

Ce que je retiens, c’est cet amour démesuré et inconditionnel qui m’a envahie juste après le transfert. J’en ai pleuré d’émotion…

Alors ça ne peut pas être autrement: Martina et Pavel, nos petits, on s’accroche bordel !!!