Je te promets…

En décembre dernier, les actualités ne parlaient plus que du décès de l' »idole des jeunes », celui qui méritait un hommage national digne d’un chef d’état.

Il était attendu que l’héritage diviserait le si soudé clan H. et que ce conflit ferait couler beaucoup d’encre, les médias se délectant à l’idée de couvrir un conflit familial qui n’appartient pourtant qu’à la sphère privée.

En vrai, je dois avouer que je me fiche totalement de l’héritage de Johnny et des petites spéculations populaires qui donnent raison à untel ou untel.

En revanche, lire des propos si vils sur les deux plus jeunes filles de cet homme qui, quoiqu’on en dise, est responsable de ses choix en ce qui concerne son héritage, c’est juste écoeurant. Les traiter d’étrangères, les affubler de surnoms racistes (Ping et Pong, entre autre…) et remettre en cause leur filiation sous prétexte qu’elles ne sont pas des enfants biologiques, c’est juste à vomir.

Les réseaux sociaux révèlent décidément la face la plus immonde de certains CONcitoyens qui se permettent de parler sans filtre, sans réflexion et sans empathie.

Mais à la fois, je trouve que c’est sociologiquement essentiel de lire certains commentaires. De vraies études de cas ! Qui donnent tellement d’explications sur les raisons qui font que le monde en est là où il en est aujourd’hui…

Avant d’être adoptés, les enfants sont des enfants. Point. Pourquoi toujours stigmatiser ces enfants en précisant leur histoire ? Est-ce qu’on précise dans quelle position a été conçu un enfant biologique ? Est-ce qu’on précise en le présentant que c’est l’enfant biologique de Mr et Mme Tartampion ?

Combien de fois, avant que notre fille ne vienne bouleverser de la plus belle des manières notre quotidien, j’ai entendu autour de moi parler du fils/de la fille « adopté(e) » de tel ou tel couple que je ne connais ni d’Adam ni d’Ève ?

Et bien moi, j’en vois à la pelle des enfants « biologiques » qui souffrent de manque de soins, de carences éducatives, de maltraitance physique ou psychologique… Mais jamais leur filiation n’est précisée ou remise en cause.

En attendant, la grossesse dans un projet d’adoption dure souvent des années d’espoir et d’amour.

Je le savais depuis longtemps qu’on aurait à se battre contre les préjugés et stigmatisations…

Comme le discours des anti-GPA qui prétendent qu’il y a suffisamment d’enfants malheureux dans ce monde pour faire une BA en adoptant. WTF ?? Depuis quand on adopte pour se donner bonne conscience ?!

Quand toute sa vie un enfant entend qu’on ne le considère pas comme l’enfant de ses parents mais comme celui qui a été adopté, forcément qu’il va être confronté à une quête d’identité !!

L’adoption est une merveilleuse aventure. Et une sublime histoire d’amour…

Alors je fais un rêve… Le rêve que tous ceux qui évoqueront notre fille, ne le fassent qu’en présentant ce qu’Elle est vraiment. Une enfant. Avec des qualités et des défauts. Des goûts et des dégoûts. Une personnalité bien à Elle. Un nom et un prénom qui font d’Elle une personne unique. Point. Comme tous les enfants de ce monde dont on ne raconte pas forcément la vie à d’illustres inconnus, comme s’il y avait quelque chose d’exotique à connaître un enfant adopté tant ce n’est pas commun…

Alors je lui promets, à Elle, de toujours me battre pour que notre filiation soit aussi légitime aux yeux de Mr et Mme Tout-le-Monde qu’elle l’est et le restera pour nous.

Publicités

Besoin de conseils…

Je vous rassure, il ne sera point questions ici de conseils en puériculture mais bien de conseils médicaux.

L’amie d’enfance de Chéri, maman de deux adorables fillettes, nous a récemment écrit un message qui forcément me touche particulièrement puisque même si par chance c’était a priori léger chez moi, elle souffre d’endométriose.

Au scanner qu’elle a passé début janvier, ils ont mis en évidence un kyste de 4 cm sur l’ovaire droit + un nodule pulmonaire de 5mm.

Lors de sa gastro coloscopie fin janvier, ils ont trouvé un nodule de 2 cm au niveau du rectum, et des prélèvements ont été faits sur une zone de son intestin partis pour analyse (2 semaines d’attente avant les résultats).

Prochaine étape : IRM pour voir où en est la progression de la maladie.

À toutes les copinautes touchées par l’endométriose, qu’en pensez-vous ? Pourriez-vous me conseiller des spécialistes pour que je puisse l’orienter sans qu’elle ne perde de temps ou qu’elle soit mal prise en charge.

On sait tous que certains praticiens sont plus compétents que d’autres…

Merci d’avance pour votre aide ou vos conseils.

De rires et de larmes…

Durant toutes ces années où j’étais spectatrice du bonheur des autres, je me suis toujours promis de ne pas remplir ce blog de mièvreries le jour où la routourne aurait pointé le bout de son nez.

J’ai souvent écrit sur la maladresse en disant qu’on était toujours le maladroit de quelqu’un. Alors c’est avec beaucoup de retenue, après avoir reçu plusieurs messages me demandant des nouvelles, que je viens en donner quelques unes sur les suites de l’aventure qui aura fait de nous des parents il y a quelques semaines maintenant…

À toutes celles qui n’auraient pas envie de lire ces quelques lignes, sachez que je le respecte et je le comprends.

Ceci dit, il me semble important de témoigner sur la parentalité adoptive. Tout simplement parce que c’est une parentalité un peu atypique.

Cinq petits jours après l’appel magique, nous avons rencontré notre princesse. C’était le lundi 4 décembre. Après quelques jours de découverte tout en douceur, nous l’avons accueillie chez Elle. C’était le vendredi 8 décembre.

Je me souviens avec émotion le jour où Elle est arrivée dans la maison jaune, accompagnée par l’éducatrice. Nous étions en train de trépigner d’impatience, avec un léger stress qui me faisait dire: « Est-ce qu’on va s’en sortir ? »

Et finalement, ce fut l’évidence…

Comme nous le disions à Mme Bienveillance hier, lors de sa première visite post adoption, dès qu’Elle est entrée dans nos vies, nous nous sommes sentis à l’aise. Chacun de nos gestes était assuré et je crois que nous n’avons jamais douté de nous ni d’Elle.

Elle… C’est un bébé magnifique, calme et souriant. Tous ceux qui ont la chance de la croiser tombent sous son charme. Mme Bienveillance a même dit d’Elle que c’était un « bébé catalogue ».

Nous nous sentons immensément chanceux.

Prise dans le tourbillon de cette nouvelle vie, je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser. Les premiers temps, je m’attendais à fondre en larmes dès que je poserai mon regard sur Elle. Mais pas du tout.

Pourtant, des larmes, il y en a eu. Plus tard. Et toujours à des moments inattendus.

Ce jour où je lui donnais le biberon en caressant son nombril… Cette petite cicatrice qui sera toujours un lien entre sa maman de ventre et Elle. Je la carressais amoureusement, comme pour remercier sa maman de ventre de nous avoir offert le plus beau cadeau de notre vie…

Il y a cette fois où nous sommes allés dans un hôtel réservé bien avant son arrivée. Dans sa ville de naissance… Là encore, sans crier gare, tandis que je la regardais sur ce grand lit king size, j’ai fondu en larmes. Dans cette ville qui avait accueilli ses premiers cris, je pensais à tous ces voyages et toutes ces découvertes qu’on allait pouvoir faire ensemble…

Puis il y a eu ce réveil mouvementé. Je venais de faire un terrible cauchemar. Tellement réel que je me suis réveillée en pleine crise d’angoisse… Il faut dire que fut un temps, il m’est arrivé de faire des rêves prémonitoires… Celui-ci voyait notre famille voler en éclat suite à une maladie grave de Chéri. Je me souviens ne jamais avoir été, comme beaucoup de ces mamans qui m’entourent, angoissée au point d’aller vérifier régulièrement la respiration de leur enfant. Non, j’ai toujours été confiante sur le fait qu’on l’avait tellement attendue que rien ne pourrait nous séparer désormais ! Sauf que c’était sans compter sur cette peur viscérale que tout s’écroule… Comme si je savais tellement à quel point la vie est fragile que je ne m’autorisais pas à croire que moi aussi, j’avais droit au bonheur…

Enfin, pas plus tard qu’hier, j’ai fondu en larmes en recevant un colis rempli de symboles… Ce colis qui a réuni nombre d’entre vous et qui est venu boucler la boucle… Vraiment, tous vos mots et toute cette générosité, à l’image de ce qui m’a fait tant de bien dans les moments les plus difficiles, ces dernières années, m’ont profondément émue et bouleversée. Merci… ❤

Même si aujourd’hui la blogo a beaucoup changé et que tous nos défis et délires se sont raréfiés, je crois vraiment qu’il y aura toujours un lien qui nous unira les unes aux autres. Un lien spécial et fort qui fait qu’en pleine tempête, nous seules arrivions à nous comprendre… Là où l’entourage était parfois maladroit ou inexistant.

Ces dernières semaines, j’ai aussi beaucoup ri. Avec Elle. Mais aussi quand j’ai vu le regard étonné d’inconnus lorsqu’ils voyaient notre petite famille atypique. Je me suis imaginée ce qu’ils pouvaient se dire en voyant un petit bébé joliment métissé avec un papa et une maman blanc comme neige. Tandis que je faisais remarqué ces regards à Chéri, en lui disant que probablement certains devaient voir en moi une femme infidèle, lui s’est amusé d’imaginer passer pour le cocu de service.

Bref, notre famille est née… Et chaque jour est un pur moment de joie, entre rires et larmes.

Elle est là…

C’est par une magnifique journée ensoleillée que nous sommes allés à la rencontre de notre princesse.

Le matin, nous avons pris notre temps pour faire sa valise et la nôtre, sans précipitation. 

Juste avant le fameux appel, après des années de silence, nous avions recommencé à faire résonner les murs de la maison jaune au rythme des musiques qu’on aime. C’est donc en musique que nous avons passé cette dernière matinée sans notre puce.

Une heure de routes sineuses nous aura permis d’arriver jusqu’à Elle. La bienheureuse dormait dans son couffin quand on la découverte pour la première fois. 

On la regardait avec étonnement, sans trop réaliser que ce petit être était notre fille.

La Tatie, qui a pris soin d’Elle depuis sa sortie de la maternité, nous a alors raconté notre puce. 

C’est un bébé très calme, qui ne pleure que très rarement. Elle est très curieuse et adore observer ce qui l’entoure. Depuis peu, elle se montre bavarde. « C’est le top !« , je cite.

Tandis qu’Elle dormait, on n’a pas pu résister à la tentation de caresser sa peau. Elle est si douce…

Peu de temps après, elle s’est réveillée. J’ai essayé de la prendre dans mes bras mais elle était perturbée. J’ai eu peur…

Chéri a pris le relais et a su l’apaiser. J’ai été rassurée. 

Il faut comprendre que les premiers instants, je ne réalisais pas du tout. 

Vu qu’Elle râlait un peu, Tatie a commencé à lui donner le biberon. Et là… On s’est adoptée…

C’est difficile de décrire cette sensation qui m’a envahie. Je me suis mise à sa hauteur et j’ai plongé mon regard dans le sien. Et là, sans mot, on s’est parlé… Elle me fixait avec ses pupilles noires corbeau et ne me lâchait plus du regard. J’ai alors su que j’étais en train de devenir sa maman. On s’est dit 1000 choses en un regard rempli d’intensité…

Après que Chéri ait tenté de la prendre et de la calmer (Elle râlait de nouveau), j’ai finalement eu l’honneur de lui donner la fin de son premier biberon avec nous. Tandis qu’Elle suçotait dans le vide, j’ai osé retirer le biberon. Et Elle s’est mise à pleurer.

Tatie, tentant de la rassurer, a été submergée d’émotions et a fondu en larmes. C’était vraiment bouleversant… C’était la première fois, en 4 bébés, qu’elle craquait comme ça. 

Elle ne l’avait jamais vu pleurer… Elle s’est excusée mais je lui ai dit, les yeux bien humides, qu’on comprenait et qu’on avait une immense gratitude pour elle qui a pris soin de notre princesse depuis le début…

Après s’être ressaisie, elle a pris le temps de lui réexpliquer qu’elle nous la confiait parce qu’elle l’aimait et qu’elle savait qu’on lui offrirait une belle vie et qu’on prendrait soin d’Elle.

J’ai vraiment adoré que chaque adulte autour d’Elle prenne le temps de lui parler, de lui expliquer. Mme Dévouée, l’éducatrice, lui a dit ceci, avec une infinie douceur : « Tu te souviens de moi ? Je suis venue te chercher pour t’amener chez ta tatie et je t’avais expliqué que Tatie prendrait soin de toi le temps que je te trouve des parents. Ils sont là aujourd’hui. Papa et maman Julys. Tu vas voir: ils vont te donner beaucoup d’amour et tout ce dont tu as besoin. »

Puis elle lui a expliqué le déroulé de la semaine. 

Après la décharge émotionnelle de Tatie, Elle s’est apaisée. J’ai senti son petit corps se détendre et s’agripper à mon t-shirt. 

Nous sommes restés dans l’intimité de sa chambre tous les 3, et on lui a parlé à notre tour. Lui expliquant que sa maman de ventre l’avait accueilli dans son ventre et qu’on l’avait nous porté des années dans notre coeur. Que nous avons dû être patient parce que c’était Elle et nous… Et qu’on allait tout faire pour la rendre heureuse et prendre soin d’Elle.

C’était un vrai beau moment. On sentait qu’elle écoutait chaque mot prononcé en continuant de s’agripper à mon t-shirt. 

Je l’ai couverte de bisous et de caresses, humant son odeur pour l’emporter avec moi au gîte. 

On a pu profiter encore quelques instants d’Elle. Première couche changée avec succès ! 

Puis est venu l’heure de se séparer. Tranquillement posée sur son tapis d’éveil, on a pris le temps, chacun notre tour, de lui dire au revoir. Lui expliquant qu’on ne la quittait que pour un dodo et qu’on reviendrait vite pour apprendre à la connaître. Qu’on avait hâte de la retrouver. Elle nous écoutait attentivement, captivée, nous regardant avec ses yeux brillants. 

Voilà…

C’était le premier jour du reste de notre vie… Tout en douceur et en tendresse…

Nous sommes pressés de la revoir et encore plus de la voir remplir la chambre vide de la maison jaune… Sa chambre…

Vendredi, nous refermerons cette pièce, remplis d’amour et de reconnaissance. 

On est parents boréal !! 

Entre rêve et réalité…

Depuis mercredi et l’appel magique, à peine 3 petits jours se sont écoulés. Et pourtant, j’ai l’impression d’avoir vécu un condensé d’émotions sur plusieurs années !!!

Cette déferlante que l’on ressent est difficile à décrire avec des mots…

Mais je me prête à l’exercice. Pour Elle. Pour nous. Et pour tous ceux qui méconnaissent ce qu’on vit lorsque l’on est dans une démarche d’adoption. Pour ceux, aussi, qui sont dans ce même processus et qui se posent sans doute mille questions…

Entre rires et larmes, chaque jour nous offre son lot de nouvelles découvertes…

Pour commencer, il a fallu l’annoncer rapidement. Les réactions des proches nous ont beaucoup touchés !! L’arrivée de notre puce était tellement attendue par nos amis et nos familles… Nous en avons pris la pleine mesure… Elle suscite une telle vague de bonheur que c’est vraiment émouvant de lire, entendre ou voir la réaction souvent envahie d’émotions de nos proches…

Et nous dans tout ça ?

On oscille entre une immense vague d’amour qui nous submerge. Et beaucoup d’incrédulité: « C’est de nous dont on parle?? » 

Depuis l’appel, je me réveille les nuits pour vérifier si c’est bien réel… Je relis en boucle mon dernier post pour m’assurer que ce n’était pas qu’un rêve…

Jeudi, nous avons découvert Son histoire… C’était émouvant et à la fois je crois qu’on ne réalisait pas qu’on parlait de notre petite. C’est tellement abstrait pour le moment !

D’autant plus que le dossier n’étant pas redescendu, nous n’avons ce jour-là pas pu associer son histoire à son doux visage…

Il aura fallu attendre hier pour découvrir son petit minois. Nous avions décidé d’ouvrir le mail contenant les photos ensemble, avec Chéri. 

C’est avec une légère appréhension que nous avons ouvert le fichier. Et nous avons regardé ces photos avec étonnement : alors c’est elle, notre petite fille ? Silence ému…

C’est tellement difficile de réaliser !! Mardi nous n’étions pas parents. Mercredi nous le devenions. Du jour au lendemain…

Ces dernières semaines, nous parlions de plus en plus de tout arrêter. Je commençais à évoquer le deuil avec ma psy. Avec Chéri, on avait évoqué à plusieurs reprises la possibilité de tout vendre dans la chambre bébé… Et j’avais une furieuse envie de changer de vie. Tout recommencer à zéro…

Alors évidemment, j’ai une pensée émue pour toutes celles qui se sentent oubliées. Et je voudrais leur dire que je ne les oublierai jamais. Et que chaque jour je mesurerai la chance que j’ai eu de passer in extremis du bon côté… In extremis, parce que nous étions vraiment sur le point d’abandonner la bataille…

On a donc posé notre regard sur chaque photo pendant un long moment, les faisant défiler. Puis Chéri a été envahi d’émotion. À croire que les hommes sont plus expressifs, n’est-ce pas Mouchette ?

Nous avons alors eu envie de la montrer à la terre entière. Sans doute pour commencer à s’approprier notre parentalité…

Là encore, les réactions ont été si adorables…

Notre fille est une petite métisse qui porte sans doute en elle des origines indiennes et africaines. C’est typique sur le caillou, qui a une histoire riche de métissages.

Elle a de grands yeux noirs, ouverts sur le monde. J’ai regardé son regard maintes et maintes fois. Et j’étais rassurée de n’y lire ni tristesse ni inquiétude.

La prochaine étape va être LA rencontre. Tout va tellement vite…

Lundi nous allons faire sa connaissance. Les jours suivants, nous passerons tous ses temps d’éveil avec elle. Nous avons loué une chambre d’hôte pour être tout près d’Elle. Elle se trouve actuellement en famille d’accueil à l’autre bout de l’île. 

Puis vendredi, la travailleuse sociale, tellement bienveillante et disponible!, conduira notre puce jusqu’à la maison jaune où nous l’y attendrons avec impatience.

Je ne peux pas m’empêcher d’avoir une immense gratitude pour toutes ces personnes qui ont rendu l’histoire possible… À commencer par sa mère de ventre, évidemment… Je me demande ce qu’elle ressent aujourd’hui… Mais j’ai aussi beaucoup de reconnaissance pour Sa famille d’accueil, qui a pris soin d’Elle depuis sa sortie de la maternité, à seulement 4 jours de vie…

Depuis hier, je m’autorise à chanter les chansons que j’ai toujours eu envie de chanter à notre enfant pour en mémoriser les paroles… Je me prépare…

Est-ce que je suis prête ? Oui… J’ai peur, mais je suis prête…

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’adoption, voici le lien d’une émission que Mme Bienveillance m’avait conseillé de regarder la semaine dernière:

J’ai pris le temps de la visionner lors de ma première insomnie, juste après l’appel magique. Elle est juste et émouvante…

Je termine ce long laïus pour vous dire MERCI… D’avoir lu des « anciennes » (note que je n’ai pas dit vieilles !) comme Lucette ou Madame Pimpin, c’était vraiment touchant. Comme si la boucle était bouclée…

De lire également ces lectrices qui sortent de l’ombre pour l’occasion, c’est très émouvant… Cela montre que nous approchons d’un magnifique et inattendu (ou plutôt très attendu, bordel !!!) Happy End…

À suivre…

C’était un mercredi…

Durant 6 ans et 5 mois, j’ai réfléchi à tout un tas de scénarii… Je me suis posée mille questions… 

Et finalement, on se rend compte qu’on est toujours loin d’imaginer la réalité qui vient bousculer nos vies du jour au lendemain.

Pour certaines il aura suffit de quelques gouttes d’urine sur un bâton. Pour nous le bonheur était au bout du fil…

C’est emprunte d’émotion et d’une infinie gratitude que je tenais à te remercier, toi, ami(e) lecteur/lectrice qui m’as soutenue dans les moments de doute et d’espoir. Toi qui a toujours été présent malgré mes silences et qui s’est toujours montré fidèle là où je n’avais plus l’envie ou la force de l’être. 

Elle est née il y a 3 petits mois… Et elle nous attendait depuis comme nous l’avons attendu des années…

Le début du reste de notre vie commence maintenant…

Je suis maman… ❤

S’oublier soi-même…

Près de 3 mois sans donner signe de vie. C’est le dernier article de Mam’zelle Fleur qui m’a donné envie d’écrire.

La question qu’elle soulevait et que d’autres blogs ont déjà soulevé est : comment survit-on après l’échec de la PMA ?

Quand le vide devient trop envahissant, on a parfois tendance à remplir nos vies abondamment. Ce fut notre cas.

Depuis le cuisant échec de notre ultime tentative en République Tchèque, j’ai donc fui. Parce que c’était trop. Parce que je voulais reprendre le contrôle de ma vie et ne plus dépendre des examens gyneco en tous genres ou des traitements si contraignants.

Quel sentiment de liberté j’ai ressenti depuis ce mois de mars 2016 !! Je me suis sentie revivre. Une partie de moi s’était sans doute éteinte en Europe de l’Est mais celle que j’avais ramené sous les tropiques était tellement vivante !!

En janvier, il y a près d’un an, nous avons malgré tout rencontré Dr D. Avec des « Et si…? » dans la tête. (J’ai tellement été dans le déni depuis tout ce temps qu’il m’a fallu un certain temps pour me remémorer son nom de famille… Ça en dit long !!)

Sans surprise, en zieutant notre dossier, elle nous a laissé entendre que nous avions nos chances. En même temps, c’est un peu la Sainte Rita des Dr ès PMA… À croire qu’aucun dossier ne l’effraie !!

On est ressorti de son cabinet avec moultes examens à faire dès le lendemain, veille de notre retour sur le caillou, dans les plus prestigieux labo ou centre d’écho parisiens. Pour la modique somme de 300€…

La seule condition pour qu’elle accepte de nous suivre était que je rentre régulièrement en métropole pour les diverses étapes d’une potentielle nouvelle FIV. Aucun suivi n’étant envisageable à distance.

On s’est donc retrouvé en plein hiver, nous les expatriés insulaires, à faire le bilan de ce projet vers la parentalité dans un petit café parisien. 

Chéri était formel: trop c’est trop !! STOP !! 

Heureusement qu’il a su poser les limites. Parce que dans l’élan, je pense que j’aurais été physiquement capable de continuer à me faire violence, alors que mentalement j’étais déjà allée sans doute beaucoup trop loin dans le non-respect de moi-même…

Il aura fallu des mois de désillusion à attendre sans attendre un appel magique qui ne venait pas, une accumulation d’insomnies et une surcharge de travail pro et associatif, couplé à une classe ingérable cette année, pour que je finisse, par la force des choses, à me prendre le retour de manivelle en pleine tronche.

On peut essayer de forcer la roue à tourner dans le sens qu’on veut, la vie se charge toujours de nous montrer qu’on n’a aucun contrôle sur la manivelle…

Je suis littéralement vidée et épuisée. Fuir ces derniers mois a été mon moyen de survie. Je n’ai pas le sentiment de l’avoir choisi… C’était devenu vital. Mais aujourd’hui, je suis sans doute suffisamment forte pour affronter mes démons. Je m’autorise donc enfin à pleurer et à laisser s’exprimer timidement mes émotions. 

Pêle-mêle, on retrouve la tristesse, l’isolement et la solitude… Toutes ces années d’échec ont laissé place à un silence gênant. Plus personne ne prend de nouvelles. Juste un sincère : « Comment ça va vous…? » Non. Rien… Que ce soit pour la famille ou les amis, ça donne juste l’impression que nos 3 IAC et 5 FIV n’ont jamais réellement existé…

C’est terminé. Game over. On tourne la page. 

Si seulement c’était si simple…

Écrire sur cette attente, sur ces sentiments qu’on ressent ou qu’on étouffe quand on est sorti de ce parcours les bras vides, me semble essentiel… Pas tant pour moi que pour toutes celles qui pourraient se sentir isolées puisque appartenant bien malgré elles au cercle restreint de la loose tant redoutée… Ou celles qui sont terrifiées à l’idée d’en faire partie un jour…

La vérité c’est que quand on est confronté à l’injustice suprême d’être le fameux « 1 couple sur 2 » que la chance a boudé, on fait ce qu’on peut pour s’en sortir au quotidien. Sans recette miracle ou universelle. 

Certains sombrent, quand d’autres sont dans une fuite en avant. Beaucoup se rassurent en essayant de se concentrer sur les bons côtés d’une vie sans enfant. Pas de pipi/caca, pas de bobos, pas de cris, pas de crise d’adolescence… Évidemment, c’est plus « facile » de se concentrer sur les mauvais côtés de la parentalité que sur les bons…

Penser aux gazouillis, aux premiers mots, aux premiers pas, à tous les câlins manqués, c’est juste trop douloureux. Alors on se concentre sur le négatif. Ce qui ne nous rassure pas vraiment avouons-le…

Finalement, peu importe nos techniques de survie: on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Et c’est déjà beaucoup !!

Ce qu’il faut retenir c’est que l’être humain a une grande capacité de résilience. Confronté à la frustration, à la maladie ou au deuil, la plupart du temps il est capable de rester debout. Parfois vacillant, mais debout…

À toi qui es donc toujours dans l’attente, dans un parcours bien avancé ou même au tout début de ce parcours, dis-toi que quoiqu’il arrive, il ne sert à rien de vouloir vivre dans le passé ou d’anticiper sur le futur. Vis l’instant présent autant que possible. C’est encore le seul instant que l’on peut maîtriser et savourer.

À toi que la vie a fini par combler: cesse de culpabiliser d’être cet autre « 1 couple sur 2 ». Savoure plutôt chaque instant qui fait que la chance a fini par te sourire. Mais n’oublie jamais ce que tu as ressenti quand toi-même étais dans l’attente et le doute. Cet isolement, cette impuissance, cette immense peur du vide… Juste parce que c’est ce qui te permet encore plus de mesurer ton bonheur. Et parce que c’est la meilleure façon de ne pas imposer aux autres ce que tu n’aimais pas qu’on t’impose…

La blogo a tellement changé ces derniers mois !! Je me souviens avec nostalgie de ce lieu-refuge qui faisait qu’on se retrouvait dans nos galères, inventant des défis qui, l’espace d’un instant, nous permettaient de nous sentir moins seuls… Et de rire !! Parce que oui, qu’est-ce qu’on a ri !!

Malheureusement, et j’avais écrit à ce sujet en suscitant un débat animé autour de la thématique de la bienveillance, la blogo est devenue au fil du temps un vaste concentré de puériculture et de témoignages sur la parentalité. Ce qui au demeurant peut être rassurant pour toutes celles en début de parcours, mais qui renvoie celles en fin de parcours à ce qu’elles côtoient déjà bien assez au quotidien… Ce n’est simple pour personne, me diras-tu à juste titre ! Et ça résume si bien la « vraie » vie… 

Parfois, je flâne sur mon fil de lecture et je n’y trouve plus ma place.

Que dire quand on est de l’autre côté ? On a vite fait de tourner en rond… Alors on se mure dans le silence et on prend sur soi. En serrant les dents. Comme dans la « vraie » vie…

Sans doute qu’il est temps que je réapprenne à devenir une bonne mère pour moi-même, avant de continuer d’espérer l’être par l’adoption. Adoption vers laquelle j’ai de plus en plus de mal à me projeter tant je suis lasse d’être encore du mauvais côté des stats… Combien de fois, ces dernières semaines, j’ai imaginé revendre tout ce qu’on avait amoureusement accumulé dans la chambre de bébé, et qui profite à tous les bébés de passage ?

Ce long monologue pour arriver à cette conclusion : on peut se sentir en effet oubliées quand on sort de ce parcours le ventre et les bras vides. Mais je suis persuadée que ce n’est pas le cas. Ce ne sont que des maladresses ou des silences gênés. La peur de blesser sans doute…

Alors que le plus risqué dans tout ça, finalement, c’est certainement de finir par s’oublier soi-même… Plus que de se sentir oublié des autres…

Il fallait bien que ça arrive un jour…

Il est 5h… Je n’arrive plus à trouver le sommeil. J’aimerais te dire que c’est lié à l’excitation d’une rencontre imminente avec notre enfant. Te raconter l’appel qui aurait tout fait basculer.

Mais non…

Ce qui a tout fait basculer et qui m’empêche de me rendormir, c’est ce sms découvert dans la nuit. Celui envoyé par ce couple d’amis « qui ne s’attendait pas à ce que ça marche du premier coup »…  Dont j’ai suivi la grossesse, allant même jusqu’à préparer avec la future maman l’arrivée de nos bébés respectifs.

Je n’ai rien dit quand elle trouvait normal que je ne puisse pas bénéficier du même congé maternité que toutes ces femmes qui ont porté la vie. Ben oui, « tu ne vas pas accoucher toi! » J’ai presque trouvé cela risible. Si si !! J’ai appris à rire de tout. Parce que rire rend les maladresses moins douloureuses et les mots moins piquants.

Pour ceux que cela questionnerait, j’aurai droit à 10 semaines. Aucun report possible ni congé patho évidemment !! Parce qu’en plus, je ne vais pas allaiter, MOI…

Bref donc j’ai passé 9 mois à parler layettes avec eux, à aller acheter du tissus pour qu’elle puisse confectionner des mignonneries pour nos bébés.

Au début de cette grossesse, on a évoqué la question du prénom. En disant, comme à chaque annonce, qu’on vivrait très mal le fait de se faire « voler » notre prénom, choisi avant même que la plupart des couples nous entourant ne se projettent vers la parentalité.

Bienveillants, ils nous avaient demandé l’initiale et le nombre de lettres du prénom du garçon  (attendant eux-mêmes un petit mec). Quand on leur avait dit, donnant des indications sur la longueur du prénom et sa sonorité (tant de syllabes, tel son final), ils avaient répondu soulagés que ce n’était pas dans leur liste. Ouf général !! On a pu souffler et trinquer !!

Alors j’ignore ce qu’il s’est passé dans leur tête, mais il semblerait qu’ils aient changé d’avis puisqu’ils se sont contre tout attente appropriés ce prénom qu’on protégeait amoureusement depuis des années. Ce prénom qu’on chérissait depuis le premier jour où, émus, nous l’avions répété en boucle pour mieux le faire nôtre, pour mieux le faire sien…

L’ironie veut qu’on se le fasse souffler au vol à quelques semaines de l’arrivée de notre petit, par le dernier couple qui, dans tout notre entourage confondu, n’avait pas encore d’enfant…

Je vis plutôt bien l’échec de la PMA. Je me projette avec un plaisir non dissimulé vers une parentalité adoptive. Tous ces mois de préparation de la chambre ont été un vrai bonheur !!

Ces derniers jours, un cap décisif a été franchi puisqu’on a contacté des assistantes maternelles. On se l’est enfin autorisé !!

Sur cette prometteuse lancée, j’ai même créé l’ébauche de ce qui sera notre liste d’adoption. J’ai pris beaucoup de plaisir à choisir chaque mot contenu dans l’image d’illustration que je partage avec toi en avant-première.

Et pourtant… Il a suffit d’un sms pour que mon ventre se noue, que mes yeux s’humidifient et que la tristesse ne m’envahisse… Je n’avais pas connu ce sentiment depuis tellement longtemps !! Au moins, cela prouve que je suis vivante et que je ne suis pas qu’une automate qui se laisserait entraîner par les aléas de la vie…

Ce qui est certain, c’est qu’on ne changera pas de prénom. Je l’ai annoncé dans mon sms de félicitations. Leur disant que c’était un magnifique prénom et que notre enfant, si c’est un garçon, porterait le même.

Ce qui pique ce n’est donc pas tant le fait que cela perturbe nos plans. Ce n’est pas envisageable ! Mais plus le fait qu’ils aient la primeur d’annoncer ce prénom assez rare…

Tu me diras: la parentalité n’est pas une compétition après tout. Je te répondrais heureusement !! Sans quoi on aurait fini bon dernier… Sans médaille ni bouquet de fleurs…

Bon, comme dit Chéri, toujours philosophe: « Yapluka avoir une fille !! »

mots mêlés 2

Une question de semaines?

C’est très étrange comme cet endroit sur lequel je me suis si souvent et longuement épancher durant tout notre parcours pmesque, est presque devenu étranger aujourd’hui…

Je suis devant cet écran blanc et je ne sais pas quoi dire.

Je pourrais commencer par te dire qu’on a l’impression de voir une lumière au bout du tunnel… C’est arrivé sur une pause déjeuner de Chéri. J’étais en train de travailler dans la chambre quand il est arrivé tout ému.

Je lui avais confié la mission d’appeler Mme Bienveillance pour savoir si, comme chaque année, nous devions envoyer notre courrier anniversaire pour dire qu’on maintenait notre candidature à l’adoption.

On connait évidemment la réponse !! Mais appeler d’un air naïf pour se rappeler à son bon souvenir est un bon moyen d’aller à la pêche aux infos… On fait ce qu’on peut que veux-tu!!

Et des infos, on n’espérait pas en avoir autant !!

Il faut dire que la dernière fois que j’avais contacté Mme Bienveillance il y a quelques semaines, c’était pour lui demander son avis sur le mode de garde à privilégier avec un enfant qui aura connu un début de vie difficile et qui aura un grand besoin d’être rassuré et d’apprendre à nouer des liens d’attachement avec son entourage, à commencer par nous !!

On s’était déjà posé tout un tas de question par rapport aux avantages des différents modes de garde.

Une nounou? L’idée d’avoir une personne référente dans un environnement plus contenant car plus exclusif nous paraissait être une bonne option, mais au moment de l’entrée à l’école, est-ce que la séparation n’allait pas être vécue comme un nouvel abandon? Et puis faut-il encore une nounou qui se déplace à la RAM pour permettre à l’enfant de faire des activités collectives…

La crèche? C’est beaucoup plus impersonnel. On nous a parlé de certaines crèches comme des usines où le bébé pouvait parfois pleurer pendant un moment avant que quelqu’un soit disponible pour s’en occuper… Mais il n’y a pas cet attachement exclusif qui peut à terme être difficile à gérer…

Pour le moment, on s’est dit qu’on attendait de faire la connaissance de notre enfant. Tout va dépendre de sa personnalité. A priori, on partirait sur un compromis: jusqu’à l’année précédent l’entrée à l’école, une nounou. Puis un an avant, la crèche… A voir…

Bref, lors de cette entretien téléphonique, Mme Bienveillance m’avait laissée entendre que notre dossier avait été présenté puisqu’elle avait lâché un: « Parfois j’ai dû mal à comprendre le choix du conseil de famille… »

Il se trouve que quand Chéri l’a appelée l’autre jour, elle lui a confirmé les conclusions qu’on avait tiré. Notre dossier est sorti. Il est même sorti à plusieurs reprises. Elle avait l’air toute perturbée, aux dires de Chéri, parce qu’au moment où il a appelé, avec sa collègue, elles étaient en train d’étudier notre dossier !! Du coup, sans vraiment le dire, elle a laissé entendre qu’elle y voyait un signe…

Pour ce qui est des chiffres, 8 naissances sous X ont eu lieu depuis le début de l’année. C’est énorme !! Parmi elle, une femme s’est rétractée pendant son délai de réflexion (2 mois). Il y a donc 7 bébés sous X, dont 2 ont été adoptés. Sur ces 5 bébés nés récemment, qui attendent leur famille, il y a donc de grandes chances que le nôtre soit parmi eux…

Quand Chéri m’a expliqué tout ça les yeux tout humides, j’avais du mal à réaliser !! On parle de nous là?

A suivre donc…