Et sinon, l’adoption, c’est comment ?

Vendredi, nous avons célébré dans nos cœurs l’anniversaire de l’appel magique qui a fait de nous des parents et d’Elle notre enfant… Et aujourd’hui, c’est l’anniversaire de notre rencontre… ❤️

Durant tout notre parcours, il y a eu deux phases bien distinctes.

La première qui correspond à l’attente active, durant laquelle on s’est laissé totalement porté. D’un côté, en participant à l’enquête sociale avec plaisir. Il faut dire qu’on a eu la chance d’être merveilleusement accompagnés par Mme Bienveillance durant tout notre cheminement pour définir notre projet de parentalité.

Parallèlement, cette période était marquée par les examens médicaux, les traitements, les FIV… Avec le recul, je me demande souvent pourquoi je me suis infligée tout « ça ». J’aurais l’occasion d’y revenir dans un prochain post…

La fin de notre parcours pmesque, soldé par un cuisant échec, a alors laissé place au vide. Qu’on a tenté de remplir en commençant à faire symboliquement une place à notre enfant attendu, comme pour lui dire : « Ok, c’est plus long que prévu mais on ne lâchera rien ! »

Une fois la chambre installée et la décoration sobre posée, on est rentré dans la période la plus difficile : l’attente passive.

Qu’il a fallu combler tant bien que mal… J’en profite pour saluer mon double québécois qui me lit et pour lui dire que sa visite avec sa petite famille à ce moment de notre vie, qui commençait à laisser place au doute et au désespoir, aura été une vraie bouffée d’oxygène !

On a été à deux doigts de tout lâcher. J’étais arrivée au stade où j’envisageais de changer de vie. Tout plaquer : chats, mari, maison, boulot… Juste tout recommencer… Ailleurs… Mais je me raccrochais à cette phrase que je me suis si souvent répété durant toutes ces années de galère : « Ce n’est pas parce qu’on change le cadre que le tableau devient beau… »

Du coup, c’est durant cette période très inconfortable de vide et de doute que j’ai commencé à lire et regarder des reportages sur le thème de l’adoption.

Je me souviens avoir eu ce sentiment que l’adoption était finalement peu traitée dans la littérature (que ce soit la littérature spécialisée ou jeunesse), à tel point qu’un simple livre d’adoption était introuvable. Pour des dizaines de livres de naissance tout mignons, on ne trouvait que un ou deux livres d’adoption un peu kitsch…

Tout ça pour dire que j’ai rassemblé pour ceux qui s’intéressent à la thématique de l’adoption des reportages/film/livre que j’ai beaucoup aimé sur le sujet.

C’est évidemment loin d’être exhaustif mais ce sont quelques pistes pour ceux qui se lancent dans ce projet ou ceux qui les accompagnent. Ou encore pour les professionnels qui travaillent avec des enfants adoptés. Ou tout simplement pour ceux qui sont touchés par les histoires de ces familles extra-ordinaires et qui sont curieux d’en savoir un peu plus.

  • Film :

Pupille ❤️❤️

Mon avis :
Film bouleversant qui est assez fidèle, dans certains détails, à la réalité des ressentis et des relations qui se mettent en place autour de l’enfant. Bon, après, c’est légèrement romancé puisqu’à l’heure actuelle en France, les mères célibataires ne sont pas prioritaires par rapport aux couples hétéro. Il y a des cases et il faut avoir la chance de cocher toutes les bonnes pour faire partie des élus…

  • Reportages :

1. Il était une fois notre histoire ❤️❤️

Mon avis :
Documentaire réalisé en partenariat avec l’AFA (Agence Française de l’Adoption). Des professionnels partagent leur expertise et adressent des conseils avisés aux futures familles adoptives. Ces conseils sont illustrés par le témoignage de parents qui évoquent la construction de leur famille.

J’ai beaucoup aimé le côté pédagogique du reportage et le fait qu’il aborde les trois thèmes suivants :

– l’adoption de fratrie

– l’adoption d’enfants grands

– l’adoption d’enfants à besoin spécifique

2. Adoption : je t’aime, moi non plus : ❤️❤️

Mon avis :
Quand j’ai commencé à regarder ce reportage, je me suis dit : « Encore des histoires d’adoption qui se passent mal ! Pourquoi les médias ne parlent jamais des histoires heureuses? » J’ai eu quelques réticences du coup… Mais il faut avouer que les échanges entre les enfants et leurs parents sont parfois très poignants et qu’ils sont criants d’authenticité. J’ai versé quelques larmes en écoutant certains témoignages qui montrent, tant du point de vue de l’enfant que du parent, toute la complexité de l’attachement qui se fait rapidement ou pas.

3. Roman d’une adoption : ❤️❤️❤️

Mon avis :
Gros coup de cœur pour ces histoires croisées qui montrent à quel point cette aventure peut être un véritable parcours du combattant, particulièrement quand on ne rentre pas dans les fameuses cases évoquées plus haut… J’ai versé des litres de larmes devant l’histoire de Philippe et François, couple homosexuel qui se bat pour défendre son droit à la parentalité avec un amour profond et sincère. Et je nous ai tellement retrouvés dans l’histoire de Céline et Cédric, que j’ai souvent été bouleversée. Ces deux couples ont été suivis 4 années, du début du parcours à son issue. À voir absolument !

4. Dans les yeux d’Olivier – Adoption : une aventure à risque ❤️❤️

Mon avis :
Profondément touchée par ce documentaire qui retrace le parcours adoptif de 4 familles atypiques :

– Une mère célibataire qui adopte une petite fille avec un passé qui laisse des traces…

– Une famille qui adopte par choix des enfants porteurs de trisomie.

– Une femme qui prend sous son aile le fils de sa sœur décédée.

– Un couple qui adopte deux frères en Amérique du Sud, avec les conséquences que peut parfois avoir l’adoption d’une fratrie.

  • Radio :

Abandonner et recevoir : la question de l’adoption

Mon avis :
Émission que je n’ai pas pu écouter en entier mais qui illustre bien le parcours de ces familles en construction.

  • Littérature :

« La normalité adoptive », de Johanne Lemieux ❤️❤️❤️

Si on ne devait en retenir qu’un, ce serait ce livre. Il permet aux familles et aux professionnels de comprendre véritablement les spécificités de l’adoption et les conséquences de l’abandon dans les relations d’attachement que l’enfant va nouer avec son entourage. Ce livre, en trois tomes, est une mine d’informations et donne des outils pratiques à mettre en place avec l’enfant. À lire absolument !

L’adoption et la séparation

Combien de fois j’ai pensé venir ici, sur cet espace qui a été un vrai refuge durant de longs mois ! Mais je crois que comme bon nombre d’anciennes pmettes devenues mamans, j’ai souffert et je souffre du syndrome de l’imposteur…

Je n’ai pas envie de crier mon bonheur. Sans doute par pudeur. Je mesure chaque seconde de ma vie l’immense chance qu’on a eu de recevoir, ce 29 novembre 2017, cet appel qu’on n’attendait plus. Bientôt 2 ans : c’est fou comme le temps défile !

Depuis l’arrivée de notre puce, nous sommes comblés. Elle a toujours été un bébé facile, nous donnant parfois cette impression de tout faire pour être aimée, quitte à s’oublier…

Aux yeux de tous, c’était le bébé idéal, qu’on voudrait pouvoir commander sur catalogue. Sauf que mon intuition me laissait penser que, peut-être, ce qui était bien pour nous ne l’était pas forcément pour elle…

Je me revois lui expliquer tant de fois qu’elle n’était pas obligée d’être parfaite et qu’on l’aimerait toujours pour ce qu’elle serait.

Et, en décembre dernier, il y a eu cette période de grandes décharges émotionnelles. Du jour au lendemain, elle s’est mise à ne plus dormir. Il fallait qu’on soit collé à elle et dès qu’on bougeait un cil, elle sursautait en hurlant, comme si on l’abandonnait une seconde fois… Ou plutôt une troisième fois, puisqu’on ne peut nier le traumatisme de la séparation avec la famille d’accueil, même si elle n’a jamais montré, à son arrivée, le moindre signe de traumatisme. Puis elle a eu une phase, au contraire, de rejet : on ne pouvait plus la calmer en la serrant fort dans nos bras : elle nous repoussait avec une grande violence…

Je sais, dans mon for intérieur, qu’avant cette « explosion », elle se niait complètement. Pour ne pas nous décevoir et s’assurer qu’on l’aime. Or, un bébé, par définition, ça pleure, ça chouine, ça hurle même parfois. Pas elle. Même malade, elle ne disait jamais rien. Beaucoup nous enviaient, là où je savais que ce n’était pas forcément positif, même si c’était franchement confortable, soyons clair !

Donc en décembre dernier, sans doute assurée de notre attachement réciproque, elle a eu une période de crise. Comme si elle s’autorisait enfin à extérioriser ce qu’elle avait trop longtemps étouffé. Je pouvais lire une telle détresse sur son visage… C’était un véritable crèvecoeur…

L’élément déclencheur a sans doute été les vacances et la séparation, temporaire, avec sa nounou.

J’ai compris que pour elle, les liens d’attachement étaient très forts et qu’elle était très insécure en cas de changement.

Malheureusement, on vient d’apprendre que sa nounou quitte le caillou fin janvier. Je suis si triste pour elle… Je l’imaginais conserver ce lien pendant quelques années mais elle va devoir encore une fois, si jeune, être confrontée à une énième séparation.

Mon cœur de maman est inquiet. Pourtant, elle est si résiliente. Hier, quand je suis rentrée du travail, elle m’attendait assise sur les escaliers extérieurs avec son père. Cette image m’a fait fondre de bonheur.

Je me suis assise à leurs côtés, regardant la mer face à nous et elle a rompu le silence en affirmant :

« – M. va partir. »

On lui a toujours beaucoup parlé. Est-ce cela qui explique qu’elle parle comme un livre ouvert depuis déjà des mois ? En tout cas c’est une vraie chance, pour nous comme pour elle, qu’elle arrive à exprimer ses besoins et ses ressentis si jeune.

Regards inquiets échangés avec son papa… Je lui dis :

« – Oui, tu as raison, elle va partir. Mais pas tout de suite. Tu as encore beaucoup de jours pour profiter d’elle et de tes copines ! »

Je lui demande alors si elle est triste et elle acquiesce en faisant un bruit avec sa bouche du style « Mmmm mmmm ».

On lui a alors demandé si elle savait où elle irait quand sa nounou partirait. Elle a de suite donné le nom de sa nounou de remplacement (3 mois par an, l’actuelle nounou s’asbentait et on était obligé de prendre une autre nounou temporairement).

J’ai été rassurée de voir que tout avait l’air ok pour elle.

Nos enfants adoptés ont tellement besoin qu’on leur parle, qu’on les rassure, qu’on les aime et qu’on les prépare aux changements. Peut-être que je ne peux pas faire du cas particulier de ma fille une généralité, mais ça paraît pourtant tellement normal après un parcours de vie aussi chaotique ponctué de nombreuses séparations, et donc de deuils…

Quand je l’imagine seule dans son couffin à la maternité, entourée de personnel médical, mon cœur se serre.

Quand je l’imagine quitter cet environnement et ce personnel à seulement 4 jours pour aller à l’autre bout du caillou chez de nouveaux inconnus, mon cœur se serre.

Quand je l’imagine, après plus de 3 mois, être emmenée chez les inconnus que nous étions alors, mon cœur se serre et, à la fois, se remplit d’amour.

Après, je me pose mille questions sur ses ressentis. Est-ce que je ne projette pas sur elle mes propres ressentis ? Est-ce que ce n’est pas risqué de donner trop de place à l’adoption en cherchant à tout expliquer par son histoire ?

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, c’est une petite fille de plus en plus affirmée qui sait ce qu’elle veut et qui n’hésite pas à l’exprimer… Et ça, c’est déjà une belle victoire ! Non pas qu’en grande maso je rêvais du bébé « imparfait ». Mais c’est juste plus sain.

Des pensées…

Je ne suis plus très présente. Bon, plus du tout serait plus honnête. Pourtant, vous êtes présents dans mes pensées si souvent.

Cette blogo a été une vraie bulle d’oxygène quand on avait l’impression de couler… Elle permettait de ne pas se laisser envahir par le sentiment de solitude. Ensemble, on était tellement plus fort(e)s !!

J’ai souvent l’impression d’avoir abandonné lâchement le navire qui des années m’a permis de rester à flots.

L’arrivée de notre puce a été si soudaine que ça a été un véritable tsunami émotionnel. Mes journées étaient déjà bien remplies avant Elle, elles le sont d’autant plus aujourd’hui.

On a mis du temps à faire imprimer nos faire-parts et, au final, le rythme de nos vies nous dépassant totalement, nous en avons laissé un certain nombre dans une boîte en carton, oubliant de les envoyer… Ils sont toujours là, mais je n’ose plus les faire partir, évidemment…

Les premiers mois ont été bouleversants. J’étais si heureuse de découvrir notre fille et, à la fois, j’avais parfois du mal à prendre mes marques dans cette nouvelle vie.

Je crois que ce qui m’envahissait le plus, c’était ce sentiment de ne plus du tout avoir du temps pour moi… J’en avais pour ma fille, pour mon boulot, pour mon association, pour mon mari… Mais je me disais souvent: « Et moi dans tout ça ? » Avec un immense sentiment de culpabilité, puisque j’aurais tout simplement dû savourer ma nouvelle condition de maman.

« Tu as attendu 6 ans et demi, alors maintenant, profite et tais-toi !! », me soufflait une petite voix intérieure.

Il n’empêche que j’ai décidé de consulter une psychologue qui m’accompagne à devenir la femme, la mère, l’enseignante, l’épouse, etc que je suis.

Notre fille est un rayon de soleil. Elle va déjà sur ses 14 mois et progresse de jour en jour. La voir grandir et s’épanouir est un vrai bonheur.

Comme Mouchette, nous avons enfin reçu notre convocation au tribunal. Mais nous nous préparons à passer un moment pas très agréable.

Il faut savoir que cette partie purement administrative peut être difficile à vivre. Nous avons très bien vécu tout notre parcours, entourés uniquement par des personnes bienveillantes, mais cette étape n’est pas si simple.

Il y a eu ce dossier à remplir pour déposer au tribunal. La demande d’adoption plénière, dans laquelle on devait cocher une case qui stipulait qu’on n’avait pas d’enfant. WTF ?! J’ai bugué au moment de cocher. Parce que oui, on avait un enfant. Qui gazouillait et riait depuis des mois dans notre maison jaune.

Il a fallu également réécrire un pamphlet sur nos « motivations ». Oui oui !! Notre bébé était dans nos vies depuis 6 mois qu’on devait exprimer en quelques lignes les raisons qui motivaient notre envie de toujours La garder près de nous, en devenant officiellement ses parents…

Le côté officiel de l’adoption est dérangeant. Est-ce que cela signifie qu’avant le jugement, comme le stipule l’état civil de l’enfant, nous ne sommes que des parents « officieux »?

Nous savons que le passage au tribunal risque fort d’être très impersonnel et purement administratif. On risque de nous redemander pour une énième fois de justifier notre souhait d’adopter… Nous nous y préparons. J’espère rester calme, souriante et détendue. Mais d’avance, j’appréhende…

Que faudra-t-il pour être considérée comme la maman de mon enfant ? Enfant dont je prends le plus grand soin depuis bientôt un an ? Un simple papier signé par un juge fera donc de nous ses parents ?

Nous sommes ses parents depuis toujours. Nous étions destinés à Elle. Et inversement. Nous sommes persuadés que c’était Elle et pas une autre qui nous attendait. Tout ce parcours pour arriver jusqu’à Elle a pris sens le jour où la sonnerie du téléphone a résonné sur le caillou.

Nous ne nous laisserons pas déposséder de notre parentalité, tout administrative que soit cette étape.

En conclusion, je partage avec vous ce texte où tout est dit…:

Devenir mère…

Des années d’attente active, à enchaîner les essais pmesques, suivi d’une attente passive lors du processus d’adoption, nous ont obligé à combler un vide devenu au fil du temps trop envahissant.

Chéri travaillant beaucoup, je me suis réfugiée à l’époque dans la protection de ceux qui n’ont pas de voix. Parce que, sans doute, au-delà du combat qui est noble, m’occuper des animaux maltraités me permettait de me sentir utile. Vivante puisque utile.

Les boules de poils ont toujours été un refuge pour la petite fille que j’étais. Je me souviens ces nombreuses fois où j’allais me réfugier contre ma vieille chienne pour lui conter tous mes malheurs d’enfant. Elle ne cherchait pas à me consoler, avec le risque d’être maladroite, si ce n’est à coup de léchouilles ! Elle se contentait d’accueillir mes maux et d’être là…

Et toutes ces fois où, face aux épreuves auxquelles la célèbre Lassie était confrontée, je partais dans des sanglots incontrôlables !!

Mes premiers pas, je les dois à une chienne bien plus grande que moi, sur laquelle je prenais appui durant des vacances estivales…

Bref, Chéri, se sentant sans doute, à son tour, délaissé par mes nouvelles activités, s’est réfugié quant à lui dans le sport extrême. Et c’est sans nous en rendre compte que nous avons comblé le vide, chacun de notre côté, mais plus vraiment ensemble…

Aujourd’hui, notre princesse est venue remplir ce vide de la plus belle des façons.

Les présentations à nos familles ont été touchantes. Mon père, ce vieil homme hermétique, devenu quasi mutique au fil du temps, est méconnaissable. La maison de mon enfance vibre au rythme des « ma puce » par ci, « ma puce » par là.

Bon, il a fallu que je me fâche en menaçant de prendre mes jambes à mon cou pour qu’il arrête de donner son avis de Dr ès puériculture toutes les 30 secondes. En plus des remarques négatives incessantes sur tout ce qu’on fait ou ne fait pas. Je n’ai plus 15 ans boréal !!

En tout cas, aux yeux de tous, notre chérie est jolie comme un cœur, drôle, calme… Bref, elle a conquis tous les coeurs, même les plus cadenassés… C’est fou, l’effet d’un bébé !!

Alors, pour Elle, nous allons devoir apprendre à nous retrouver, Chéri et moi. À construire cette famille si longtemps attendu, sans continuer de fuir notre réalité, enfin devenue tellement sublime depuis ce jour de novembre dernier.

La fuite a été notre mode de survie à un moment où nous n’avions pas d’autres alternatives, si ce n’est celle de sombrer.

Aujourd’hui, nous devons couper avec ce mode de fonctionnement. Nous n’avons plus besoin de combler le manque, qui a laissé place désormais aux gazouillis, aux sourires et à une immense vague d’amour.

Je crois qu’il faut être extrêmement vigilant, quand l’infertilité et l’attente de l’enfant prend beaucoup de place, de ne pas trop s’éloigner de son conjoint, en fuyant une réalité qui peut devenir insupportable. De la même façon, une fois l’enfant arrivé, il paraît essentiel de ne pas lui faire porter la responsabilité de combler à lui seul le manque. Ce serait lui imposer une pression que j’ai moi-même trop subi enfant.

Je me souviens de toutes ces fois, avant que ma mère ne commette l’irréparable, où elle nous disait que nous étions sa seule raison de vivre. Que c’est dur de porter cette responsabilité ! Comme si le bonheur des parents ne dépendait que de l’enfant que nous sommes. Est-ce que si le parent n’est pas heureux, c’est que nous ne sommes pas un bon enfant ? C’est en tout cas sans doute les questions que la petite fille que j’étais alors se posait…

Notre fille ne sera jamais notre médicament. Elle sera la cerise sur le gâteau. Cet immense bonus qui vient embellir nos vies. Mais jamais elle n’aura pour mission de conditionner notre bonheur.

C’est une promesse que je me suis faite à 17 ans, à la mort de ma mère. Elle qui avait choisi de mourir obligeait alors par sa décision la jeune fille que j’étais à aller consulter une psy pour ne jamais reproduire les mêmes erreurs avec ma future progéniture.

Toutes ces pensées un peu confuses pour dire que devenir mère, c’est se reconnecter avec l’enfant qu’on a été. À la différence qu’on pose sur cet enfant un regard d’adulte et qu’on sait ce qu’on veut ou ce qu’on ne veut pas pour l’enfant dont on est devenu nous-mêmes parents.

J’ai accepté depuis ma première thérapie, à 17 ans, de ne pas être une maman parfaite. Je ne veux pas faire les mêmes erreurs que mes parents, mais je ne me leurre pas : j’en ferai d’autres !

L’essentiel, pour moi, est de toujours être dans la vérité avec notre fille. Et de lui dire chaque jour à quel point je l’aime. Lui donner le plus précieux, ce que je n’ai pas reçu à l’époque : la confiance. En la vie, en elle, aux autres…

Les autres…

De l’avis de tous, notre fille est magnifique et très calme.

Aux amis qui galèrent depuis des mois avec leur fils, qui les réveillent toujours toutes les deux heures à presque 9 mois, et qui nous disent : « C’est pas juste… », j’avoue qu’après avoir compatis avec eux, je réponds souvent qu’en même temps, on a largement galéré avant qu’elle n’arrive dans nos vies et que les chefs d’oeuvre mettent souvent du temps pour être conçus. Je compatis réellement avec eux, mais c’est si étrange qu’aujourd’hui on soit ce couple qui suscite des jalousies, ou plutôt de l’envie…

Pour arriver jusqu’à Elle ce fut un long parcours du combattant. Alors on savoure juste, sans la moindre envie de culpabiliser d’avoir un bébé parfaitement parfait.

Niveau ressemblance, le dernier post de Mouchette m’a fait marrer. La plupart des gens qui me voient seule me regardent d’un air interrogateur. Avant de faire des grands gouzi gouzi à ma puce.

Hier, tandis que j’achetais du tissus pour confectionner une couverture pour mon bébé, la vendeuse m’a demandé : « Le papa est coloré ? » N’y voyez absolument rien de raciste hein !! Elle-même était métissée.

Jusqu’à présent, quand la boulangère me disait que notre fille avait une ressemblance avec son papa plus qu’avec moi, je ne répondais rien. Je me contentais de sourire niaisement d’un air gêné.

Mais hier, droite dans mes bottes, j’ai dit fièrement à cette vendeuse qu’on a adopté notre fille, anticipant sur THE question que les gens se posent systématiquement : « Elle est née ici, sur le caillou. »

C’est marrant comme les autres n’imaginent pas une seconde qu’on puisse adopter en local… Pour le commun des mortels, l’adoption passe nécessairement par l’international.

A chaque fois, les réactions sont remplies de surprise, d’étonnement mais aussi presque de fierté. Oui, les gens semblent fiers que nous soyons parents d’une petite fille d’ici.

Quand on sort en famille, plus de doute possible. La plupart des personnes qu’on croise doivent se poser des questions mais très peu osent les exprimer.

De notre côté, nous n’avons aucune difficulté à aborder le sujet tant c’est naturel pour nous. On ne le revendique pas mais on ne s’en cache pas.

Certains font des galipettes, d’autres passent par la case piquouzes, et certains passent par la case livraison express en « prêt à câliner ».

Je ne vois pas de différence notable dans la façon d’être parent jusqu’à présent.

La seule différence, c’est qu’on est très détendu et qu’on n’a pas vraiment de peur. Elle est là et rien ne pourra plus nous arriver. C’est ce à quoi je me raccroche très fort.

Après, la différence majeure est qu’on est suivi par Mme Bienveillance. De loin… Elle est venue deux fois depuis son arrivée mais franchement, c’était juste l’occasion de se retrouver en papotant.

Elle devrait rendre son rapport prochainement. Et nous pourrons alors entamer la procédure auprès du tribunal pour l’adoption plénière.

Comme Mouchette, on espère que notre fille portera officiellement notre nom d’ici décembre prochain.

Jusqu’à présent, ses papiers d’identité provisoires sont à ses noms de naissances, ou plutôt trois prénoms.

Lorsqu’on va chez un médecin ou à la pharmacie, elle n’est donc pas encore officiellement à notre nom. Pour le coup, on aurait pu la rattacher à notre carte vitale mais en tant que pupille, elle bénéficie de la CMU jusqu’au mois de ses un an.

Prochainement, on a prévu de venir en métropole pour la présenter à notre famille et nos amis. On a dû faire une demande écrite au tuteur et lui faire faire son tout premier passeport. Qui sera donc à ses prénoms de naissance.

Jusqu’à l’adoption plénière, tout doit passer par le conseil général. On a mis longtemps à obtenir ses premiers actes de naissance du coup. Et le passeport n’est toujours pas fait parce qu’on a dû envoyer le timbre fiscal et les photos au service qui fera faire le passeport pour nous.

Bref, ce ne sont que des détails.

Mais le jour où on recevra le jugement de l’adoption plénière, si ça ne changera absolument rien sur notre ressenti, ce sera une sacrée étape symbolique de franchi !!

La fameuse annonce…

Je venais de raccrocher, encore submergée d’émotions à l’idée d’imaginer que ce jour marquait le début de notre parentalité.

Je n’arrêtais pas de relire les quelques informations succinctes notées sur le premier morceau de papier que j’avais sous la main. Je répétais ces trois prénoms magnifiques que d’autres avant nous avaient choisi pour notre fille. C’est ce qui la rendait réelle, ces prénoms. Ce qui la faisait exister aux yeux de la société. Son identité, même provisoire.

Évidemment mes premières pensées se sont tournées vers celui qui a traversé toutes ces années de galère à mes côtés. Celui qui, au même titre que cet appel faisait de moi une maman, devenait en quelques secondes papa. Le père de mon enfant…

J’avais imaginé tant de scénarii durant ces années d’attente…

Avant la PMA, quand on pensait encore naïvement que ce n’était qu’une question de mois, je m’étais imaginée comme beaucoup acheter des petits chaussons de naissance que j’aurais caché sous le lit, en trouvant un prétexte ridicule pour qu’il se penche et découvre la surprise. J’étais alors toute excitée quand j’imaginais sa réaction !!

La PMA s’est ensuite invitée dans notre vie et les échecs se sont succédés. Très vite, j’ai abandonné le premier scénario en me disant que un test de grossesse positif ferait très bien l’affaire. Oui, j’avais quelque peu remisé le romantisme au placard… Ensuite, je me serai contentée d’un taux bhcg positif à lui présenter. A 3 chiffres, sans vouloir faire ma difficile…

Ce fut le cas suite à FIV 1. Mais c’était un taux ridiculement bas, à 2 chiffres. Et cette annonce avait été difficile parce que j’avais dû calmer les ardeurs de Chéri en lui expliquant que ce n’était pas gagné… Qu’on devait rester prudent vu le petit taux… La suite a été une suspicion de GEU pour laquelle j’ai dû subir une injection de methotrexate qui mettait violemment fin à tous nos espoirs, aussi infimes furent-ils…

Je crois que je ne me suis plus autorisée à me projeter sur une annonce suite à cet échec et tous ceux qui ont suivi.

Aussi, quand j’ai raccroché le combiné ce mercredi 29 novembre 2017, j’étais prise entre l’envie de lui faire une magnifique surprise et le besoin irrépressible de lui annoncer de suite, sans chichis ni fioritures. Juste parce que cet appel mettait fin à 6 ans et demi d’attente et que je n’avais qu’une envie, l’appeler de suite et sans tarder.

Je n’ai donc pas réfléchi à comment j’allais lui annoncer que ce jour verrait sa vie basculer.

J’étais submergée d’émotions et j’espérais tant qu’il décroche !! Sachant que quand il est au travail, ce n’est jamais gagné…

Par chance, il a décroché !!

Je me souviens lui avoir dit, la voix tremblante: « Chéri ? Tu es assis ? »

Ne comprenant pas, il m’a demandé de répéter. Plusieurs fois, les seuls mots qui sont sortis de ma bouche, chevrotants, sont : « T’es assis ? » Pour le romantisme on repassera…

Puis il a compris… Sans que je n’ai rien besoin de rajouter. Ses premiers mots ont été : « Non ??? Ça y est ? » Quand je vous le dis que pour le romantisme on repassera…

Et là on a pleuré ensemble et à distance… Des larmes contenues et discrètes mais qui étaient tellement parlantes…

J’ai dû lui dire en substance que le conseil général venait d’appeler. Que nous étions parents. Là, tout est un peu flou… D’après les souvenirs de Chéri, il n’a même pas demandé le sexe, trop envahi par l’émotion. Je lui en avais fait la remarque, me moquant gentiment : « Tu ne demandes même pas si c’est un garçon ou une fille ? »

Il a fallu attendre la pause déjeuner, qui arrivait vite, pour qu’on se retrouve. Je le vois arriver dans notre maison jaune, se diriger vers moi et me serrer très fort dans ses bras. Sans un mot. Juste nos larmes pour accompagner cet instant magique qui restera gravé dans nos mémoires…

Deux jours plus tard, nous découvrions le doux visage de notre princesse sur papier glacé… Et l’aventure commençait trois jours après…

En attendant que Chéri rentre du travail, la première personne que j’ai essayé de joindre sans succès est ma BFF. Puis j’ai appelé mon père, suivi de ma soeur…

J’aurais eu envie de le crier sur tous les toits. Comme si, ce jour-là, aucune nouvelle à travers le monde ne pouvait être plus importante que le fait que bordel, enfin, nous devenions papa et maman !!!

Les dernières secondes avant le miracle…

Un récent article de Choco sur la chambre vide m’a permis de me remémorer ces dernières secondes avant que le téléphone ne sonne et que notre vie bascule…

C’était un mercredi. Avec une classe très compliquée à gérer cette année, j’étais en plein burn out. Et donc en arrêt. Ma vie ne me convenait plus et ces années d’attente m’avait usée, lessivée, abîmée…

Pour la première fois de ma vie, j’étais dans une période où j’acceptais de baisser les armes et de reconnaître que oui, là, ça n’allait pas. Je m’autorisais à être triste et en colère.

Quand le téléphone a sonné, alors que depuis des semaines je n’étais plus que l’ombre de moi-même, avançant au jour le jour avec une furieuse envie de tout plaquer, je venais juste de prendre appui sur ce fond que j’avais touché, pour mieux rebondir.

La veille, je m’étais enfin motivée à cuisiner, préparer mes produits d’entretien (je fais tout « maison » depuis plusieurs mois), avec ce sentiment de prendre enfin soin de moi et de mon intérieur.

Je me sentais enfin prête à retourner au travail et à l’instant où la sonnerie du téléphone a retenti dans la maison jaune, je me revois être assise pour commencer à corriger les évaluations de mes élèves que j’avais traîné à corriger, accusant un retard monumental. Avec les conséquences que cela avait sur mon estime de moi, puisque je me sentais la pire des maîtresses…

Je me revois me lever pour décrocher, sans m’attendre du tout à ce qui allait suivre.

Je me sentais juste mieux et prête à poursuivre mon chemin, celui de l’école et celui de ma vie en général, en faisant une croix sur l’enfant cette année encore.

J’imaginais cet énième Noël sans enfant. Et sans famille, puisque la nôtre est à 10.000 bornes d’ici…

Je me souviens comme hier de ces paroles entendues: « Mme Julys ? Mme X au téléphone, responsable du service adoption au conseil général. »

Dans ma tête, à ce moment-là, je n’imaginais pas encore la suite. Au contraire, je me disais: « Qu’est-ce qu’ils vont encore m’annoncer ? » Quand on est habitué à la poisse, on a du mal à imaginer que parfois la roue tourne…

Elle a poursuivi en me disant qu’ils avaient bien reçu notre courrier pour confirmer que nous avions toujours le projet d’adopter. Puis elle m’a demandé : « Est-ce que votre situation a changé depuis ? »

Moi, sur la défensive : « Non. Pas le moins du monde. On est toujours marié, dans la même maison, avec les mêmes boulots… »

Et là, ça devient un peu flou… En gros elle m’a annoncé que le conseil de famille s’était récemment réuni. Et je crois que c’est à cet instant que j’ai compris que notre vie allait changer…

À l’instant où j’écris ces lignes, je me sens envahie d’émotion… Je crois qu’il faut le vivre pour comprendre ce tsunami émotionnel que l’on ressent à l’instant où l’on comprend…

Et je souhaite à tous ces couples dans l’attente de le vivre un jour.

J’ai donc appris que nous avions une fille, qui était née à telle date, et qui se prénommait de telle façon. J’ai de suite adoré ses prénoms de naissance. A tel point qu’on a hésité un court moment à les conserver, alors que depuis toujours il était clair qu’on avait choisi son prénom…

Je me revois demander à Mme X un instant. J’avais besoin de m’asseoir et de noter toutes les informations qu’elle me donnait pour être certaine de ne rien oublier de dire à Chéri lorsque j’allais à mon tour lui annoncer qu’il allait devenir papa…

Je me souviens de ce mélange d’émotions: entre peur panique et joie immense.

Depuis, chaque jour, quand je regarde ma fille, je mesure la chance infinie qu’on a eu de recevoir cet appel et je ne cesse de me dire, et de lui dire, que toute cette attente, tous ces échecs, toutes ces larmes versées n’avaient de sens que parce que c’était Elle qu’on attendait. Et pas une autre.

Vous dire que la vie est un long fleuve tranquille une fois qu’on a atteint le graal serait mentir. On continue de faire face à des difficultés. D’autres difficultés.

La famille chats de la maison jaune a été bien malmenée ces derniers mois…

On a perdu une minette au mois d’août, mois où notre fille voyait le jour. Elle a disparu du jour au lendemain et on ne l’a jamais revue.

Celle qui est arrivée dans nos vies juste après l’ultime échec de notre FIV en République Tchèque, que j’ai sauvé d’entre les morts, dont je suis le plus proche aujourd’hui, que j’appelais « mon bébé » tant elle venait remplacer cet enfant qui décidément ne voulait pas arriver, est mourante. C’est une question de semaines ou de mois…

La plus âgée s’est faite attaquer par des chiens errants. On a eu très peur qu’elle ne s’en remette pas vu son vieil âge… Mais elle semble indestructible et si profondément accrochée à la vie…

Depuis une semaine, c’est un autre chat qui a disparu. Il était paisiblement vautré sur un coussin la dernière fois qu’on l’a aperçu. Et depuis il n’est jamais réapparu.

Nos chats ont été essentiels durant tout notre parcours. On a énormément projeté sur eux ce vide et ce manque laissé par l’enfant… Ils étaient nos enfants de substitution.

Alors on se dit que peut-être l’arrivée de notre fille les laisse croire qu’ils n’ont plus de raison d’être dans nos vies.

Toujours est-il que c’est douloureux. Mais que, évidemment, les épreuves de la vie sont bien différentes aujourd’hui !!

L’arrivée d’un enfant n’empêche pas les épreuves et on a toujours des raisons de ressentir de la tristesse. Mais il suffit de regarder notre princesse pour se dire que quoiqu’il arrive, on est chanceux, et que la vie peut aussi être drôlement jolie…

Je pense très souvent à chacun(e) d’entre vous. Que vous soyez dans l’attente d’un appel ou d’un résultat, dans l’espoir d’un joyeux dénouement, dans l’échec ou dans la réussite, malgré mes silences, je pense à vous.

Je te promets…

En décembre dernier, les actualités ne parlaient plus que du décès de l' »idole des jeunes », celui qui méritait un hommage national digne d’un chef d’état.

Il était attendu que l’héritage diviserait le si soudé clan H. et que ce conflit ferait couler beaucoup d’encre, les médias se délectant à l’idée de couvrir un conflit familial qui n’appartient pourtant qu’à la sphère privée.

En vrai, je dois avouer que je me fiche totalement de l’héritage de Johnny et des petites spéculations populaires qui donnent raison à untel ou untel.

En revanche, lire des propos si vils sur les deux plus jeunes filles de cet homme qui, quoiqu’on en dise, est responsable de ses choix en ce qui concerne son héritage, c’est juste écoeurant. Les traiter d’étrangères, les affubler de surnoms racistes (Ping et Pong, entre autre…) et remettre en cause leur filiation sous prétexte qu’elles ne sont pas des enfants biologiques, c’est juste à vomir.

Les réseaux sociaux révèlent décidément la face la plus immonde de certains CONcitoyens qui se permettent de parler sans filtre, sans réflexion et sans empathie.

Mais à la fois, je trouve que c’est sociologiquement essentiel de lire certains commentaires. De vraies études de cas ! Qui donnent tellement d’explications sur les raisons qui font que le monde en est là où il en est aujourd’hui…

Avant d’être adoptés, les enfants sont des enfants. Point. Pourquoi toujours stigmatiser ces enfants en précisant leur histoire ? Est-ce qu’on précise dans quelle position a été conçu un enfant biologique ? Est-ce qu’on précise en le présentant que c’est l’enfant biologique de Mr et Mme Tartampion ?

Combien de fois, avant que notre fille ne vienne bouleverser de la plus belle des manières notre quotidien, j’ai entendu autour de moi parler du fils/de la fille « adopté(e) » de tel ou tel couple que je ne connais ni d’Adam ni d’Ève ?

Et bien moi, j’en vois à la pelle des enfants « biologiques » qui souffrent de manque de soins, de carences éducatives, de maltraitance physique ou psychologique… Mais jamais leur filiation n’est précisée ou remise en cause.

En attendant, la grossesse dans un projet d’adoption dure souvent des années d’espoir et d’amour.

Je le savais depuis longtemps qu’on aurait à se battre contre les préjugés et stigmatisations…

Comme le discours des anti-GPA qui prétendent qu’il y a suffisamment d’enfants malheureux dans ce monde pour faire une BA en adoptant. WTF ?? Depuis quand on adopte pour se donner bonne conscience ?!

Quand toute sa vie un enfant entend qu’on ne le considère pas comme l’enfant de ses parents mais comme celui qui a été adopté, forcément qu’il va être confronté à une quête d’identité !!

L’adoption est une merveilleuse aventure. Et une sublime histoire d’amour…

Alors je fais un rêve… Le rêve que tous ceux qui évoqueront notre fille, ne le fassent qu’en présentant ce qu’Elle est vraiment. Une enfant. Avec des qualités et des défauts. Des goûts et des dégoûts. Une personnalité bien à Elle. Un nom et un prénom qui font d’Elle une personne unique. Point. Comme tous les enfants de ce monde dont on ne raconte pas forcément la vie à d’illustres inconnus, comme s’il y avait quelque chose d’exotique à connaître un enfant adopté tant ce n’est pas commun…

Alors je lui promets, à Elle, de toujours me battre pour que notre filiation soit aussi légitime aux yeux de Mr et Mme Tout-le-Monde qu’elle l’est et le restera pour nous.

Besoin de conseils…

Je vous rassure, il ne sera point questions ici de conseils en puériculture mais bien de conseils médicaux.

L’amie d’enfance de Chéri, maman de deux adorables fillettes, nous a récemment écrit un message qui forcément me touche particulièrement puisque même si par chance c’était a priori léger chez moi, elle souffre d’endométriose.

Au scanner qu’elle a passé début janvier, ils ont mis en évidence un kyste de 4 cm sur l’ovaire droit + un nodule pulmonaire de 5mm.

Lors de sa gastro coloscopie fin janvier, ils ont trouvé un nodule de 2 cm au niveau du rectum, et des prélèvements ont été faits sur une zone de son intestin partis pour analyse (2 semaines d’attente avant les résultats).

Prochaine étape : IRM pour voir où en est la progression de la maladie.

À toutes les copinautes touchées par l’endométriose, qu’en pensez-vous ? Pourriez-vous me conseiller des spécialistes pour que je puisse l’orienter sans qu’elle ne perde de temps ou qu’elle soit mal prise en charge.

On sait tous que certains praticiens sont plus compétents que d’autres…

Merci d’avance pour votre aide ou vos conseils.

De rires et de larmes…

Durant toutes ces années où j’étais spectatrice du bonheur des autres, je me suis toujours promis de ne pas remplir ce blog de mièvreries le jour où la routourne aurait pointé le bout de son nez.

J’ai souvent écrit sur la maladresse en disant qu’on était toujours le maladroit de quelqu’un. Alors c’est avec beaucoup de retenue, après avoir reçu plusieurs messages me demandant des nouvelles, que je viens en donner quelques unes sur les suites de l’aventure qui aura fait de nous des parents il y a quelques semaines maintenant…

À toutes celles qui n’auraient pas envie de lire ces quelques lignes, sachez que je le respecte et je le comprends.

Ceci dit, il me semble important de témoigner sur la parentalité adoptive. Tout simplement parce que c’est une parentalité un peu atypique.

Cinq petits jours après l’appel magique, nous avons rencontré notre princesse. C’était le lundi 4 décembre. Après quelques jours de découverte tout en douceur, nous l’avons accueillie chez Elle. C’était le vendredi 8 décembre.

Je me souviens avec émotion le jour où Elle est arrivée dans la maison jaune, accompagnée par l’éducatrice. Nous étions en train de trépigner d’impatience, avec un léger stress qui me faisait dire: « Est-ce qu’on va s’en sortir ? »

Et finalement, ce fut l’évidence…

Comme nous le disions à Mme Bienveillance hier, lors de sa première visite post adoption, dès qu’Elle est entrée dans nos vies, nous nous sommes sentis à l’aise. Chacun de nos gestes était assuré et je crois que nous n’avons jamais douté de nous ni d’Elle.

Elle… C’est un bébé magnifique, calme et souriant. Tous ceux qui ont la chance de la croiser tombent sous son charme. Mme Bienveillance a même dit d’Elle que c’était un « bébé catalogue ».

Nous nous sentons immensément chanceux.

Prise dans le tourbillon de cette nouvelle vie, je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser. Les premiers temps, je m’attendais à fondre en larmes dès que je poserai mon regard sur Elle. Mais pas du tout.

Pourtant, des larmes, il y en a eu. Plus tard. Et toujours à des moments inattendus.

Ce jour où je lui donnais le biberon en caressant son nombril… Cette petite cicatrice qui sera toujours un lien entre sa maman de ventre et Elle. Je la carressais amoureusement, comme pour remercier sa maman de ventre de nous avoir offert le plus beau cadeau de notre vie…

Il y a cette fois où nous sommes allés dans un hôtel réservé bien avant son arrivée. Dans sa ville de naissance… Là encore, sans crier gare, tandis que je la regardais sur ce grand lit king size, j’ai fondu en larmes. Dans cette ville qui avait accueilli ses premiers cris, je pensais à tous ces voyages et toutes ces découvertes qu’on allait pouvoir faire ensemble…

Puis il y a eu ce réveil mouvementé. Je venais de faire un terrible cauchemar. Tellement réel que je me suis réveillée en pleine crise d’angoisse… Il faut dire que fut un temps, il m’est arrivé de faire des rêves prémonitoires… Celui-ci voyait notre famille voler en éclat suite à une maladie grave de Chéri. Je me souviens ne jamais avoir été, comme beaucoup de ces mamans qui m’entourent, angoissée au point d’aller vérifier régulièrement la respiration de leur enfant. Non, j’ai toujours été confiante sur le fait qu’on l’avait tellement attendue que rien ne pourrait nous séparer désormais ! Sauf que c’était sans compter sur cette peur viscérale que tout s’écroule… Comme si je savais tellement à quel point la vie est fragile que je ne m’autorisais pas à croire que moi aussi, j’avais droit au bonheur…

Enfin, pas plus tard qu’hier, j’ai fondu en larmes en recevant un colis rempli de symboles… Ce colis qui a réuni nombre d’entre vous et qui est venu boucler la boucle… Vraiment, tous vos mots et toute cette générosité, à l’image de ce qui m’a fait tant de bien dans les moments les plus difficiles, ces dernières années, m’ont profondément émue et bouleversée. Merci… ❤

Même si aujourd’hui la blogo a beaucoup changé et que tous nos défis et délires se sont raréfiés, je crois vraiment qu’il y aura toujours un lien qui nous unira les unes aux autres. Un lien spécial et fort qui fait qu’en pleine tempête, nous seules arrivions à nous comprendre… Là où l’entourage était parfois maladroit ou inexistant.

Ces dernières semaines, j’ai aussi beaucoup ri. Avec Elle. Mais aussi quand j’ai vu le regard étonné d’inconnus lorsqu’ils voyaient notre petite famille atypique. Je me suis imaginée ce qu’ils pouvaient se dire en voyant un petit bébé joliment métissé avec un papa et une maman blanc comme neige. Tandis que je faisais remarqué ces regards à Chéri, en lui disant que probablement certains devaient voir en moi une femme infidèle, lui s’est amusé d’imaginer passer pour le cocu de service.

Bref, notre famille est née… Et chaque jour est un pur moment de joie, entre rires et larmes.