Se tenir prêt…

Je ne sais pas par où commencer… Des semaines de silence font que j’ai cette drôle d’impression de vous être infidèle… Je suis si peu présente pour suivre vos aventures…

La vérité c’est que depuis le dernier échec donesque, Chéri et moi avons repris notre vie en main. On s’adonne chacun de notre côté à nos passions respectives: la course de montagne pour monsieur, la cause animale (si tant est que ce soit une passion…) pour madame !!

Parallèlement, on vit !! On ne s’est jamais vraiment arrêté durant notre parcours et c’est ce qui nous permet d’être toujours debout et d’être heureux malgré le manque et le vide. Je dois avouer d’ailleurs que je ne ressens pas vraiment ce manque ni ce vide… Je me demande même parfois si le désir est toujours là. Pourtant, je sais qu’on sera les plus heureux du monde le jour où la sonnerie du téléphone retentira !! Mais je crois qu’on a accepté notre vie comme elle est aujourd’hui…

Parfois, au détour d’une discussion de milk, je peux me sentir exclue. Mais sinon, je vis plutôt bien la situation.

Il faut dire que nous avons toujours eu la conviction que nous serions parents un jour ou l’autre. C’est cette certitude, à laquelle on se raccroche, qui rend l’attente plus douce.

On a parfaitement conscience que notre vie pourrait basculer du jour au lendemain. Et ce n’est pas imagé !! Quand un couple confronté à l’infertilité obtient enfin le St Graal d’une grossesse en regardant incrédule le résultat d’un TG ou d’une prise de sang, sa vie commence à basculer. Au début, il ne s’autorise pas à se projeter « parce qu’on ne sait jamais… »

La vie s’est souvent chargée de rappeler aux couples empêtrés dans un parcours pmesque à quel point elle pouvait être fragile…

Doucement mais sûrement, d’échographie en échographie, l’espoir grandit et on s’autorise à y croire timidement, puis de plus en plus au point de commencer à zieuter les magasins de puériculture.

Alors que quand on est dans un parcours d’adoption consécutif à des années de galères et d’échecs, on est confronté à un drôle de paradoxe. A la fois le parcours semble interminablement semé d’embûches, et à la fois tout finit par aller très vite.

9 mois pour une grossesse. 4 jours pour une adoption.

Alors depuis quelques mois, on vit dans l’incertitude de savoir quand on recevra l’appel qui fera basculer notre vie du jour au lendemain. Sans paniquer, sereinement.

On a acheté le berceau, la table à langer et un transat de compétition. Les doudous sont dans la place. On rassemble les vêtements que les amis ont conservé pour nous, en sélectionnant ceux qui sont le plus neutre possible. Un cheval à bascule trône dans THE chambre, côtoyant le joli mobile acheté lors de notre voyage de noces et le bel abat-jour qui se voudra rassurant le jour où…

Ce jour pourrait d’ailleurs arriver plus vite que prévu…

Vendredi dernier, comme chaque début d’année, j’ai contacté Mme Bienveillance pour faire le bilan de l’année précédente. Elle m’a annoncé que seulement 2 adoptions ont été prononcées en 2016. C’est peu…

Mais 2017 semblerait être un bon cru puisque de nouvelles adoptions ont eu lieu. Et il y a eu plusieurs accouchements sous X depuis… Ce qui a amené Mme Bienveillance à me dire: « Votre dossier va sortir: préparez-vous ! »

Quand j’ai entendu ces mots, je n’ai pas réalisé. J’étais avec une amie. Elle m’a demandé ce que je ressentais mais je crois que je ne ressentais pas grand chose sur l’instant. Ce n’est qu’une heure plus tard, avec un sourire niais, que je me suis entendue dire ces trois mots remplis d’émotion : « Je suis contente… »

Alors voilà, on n’en sait toujours pas plus, mais j’ai désormais la quasi certitude que 2017 fera de nous des parents !!

Mme Bienveillance s’est tout de même montrée prudente en ajoutant: « Je ne veux pas vous donner de fausse joie… » Elle ne pouvait pas tenir un autre discours.

Depuis, une connaissance m’a dit que ses voisins avaient récemment adopté sur le caillou. Quand je lui ai demandé, elle m’a dit qu’une fois qu’on leur a dit de se tenir prêt, tout est allé très vite: un mois plus tard ils devenaient parents…

Alors on ne sait pas quand ce sera notre tour, mais on est serein et remplis d’espoir !!

On commence à se poser des questions qu’on ne s’était jamais autorisés jusqu’ici: quel mode de garde? Quelle organisation au niveau du travail? Quelles aides espérer? Rédiger une liste d’adoption ou pas?

Bref, on se tient prêt…

Mes souhaits…

​Des semaines… Voire des mois !! Je me suis éloignée de ce blog qui a pourtant tellement compté parce que j’avais besoin de couper. Couper avec tout ce qui se rapporte de près ou de loin avec la PMA.

On ne s’en n’est pas forcément rendu compte quand on avait la tête dans le guidon pmesque, à enchaîner les essais  (et les échecs !), mais on a vécu ce parcours dans la violence. Violence des mots, violence des traitements et examens, violence des gestes, violence des résultats inférieurs à 2 ui.

On est toujours restés debout, unis, vaille que vaille !!

Aujourd’hui, on a appris à se reconstruire loin de la médicalisation.

Je me suis réappropriée mon corps si longtemps malmené et j’ai perdu 8 kg grâce à un simple rééquilibrage alimentaire. Étant en vacances en métropole, je vais forcément en reprendre, mais ce n’est pas très important puisque aujourd’hui, j’ai un minimum de contrôle sur ce corps qui m’appartient de nouveau.

Juste avant notre départ, les nouvelles concernant notre projet d’adoption n’ont pas été celles que l’on espérait.

Pour résumer, une collègue m’avait mis dans la tête qu’elle avait rêvé à plusieurs reprises que je deviendrai maman en décembre. « Je fais parfois des rêves prémonitoires », avait-elle ajouté, pour donner plus de poids au secret espoir qu’elle insufflait.

On se disait qu’il fallait raison garder. Jusqu’à ce qu’on partage un déjeuner avec cette copine assistante sociale, qui récemment a rencontré une petite princesse magnifique née sous X, et qui était persuadée que le destin de cette princesse et le nôtre seraient liés.

« J’en ai vu d’autres, mais là, je ne saurais pas expliquer pourquoi, je suis persuadée que c’est elle… »

Quand tu es dans l’attente passive d’une adoption, la plupart des gens ne t’en parlent pas. C’est LE sujet tabou par excellence.

Et puis il y a ceux qui t’en parlent pour insuffler un espoir que tu essayes de mettre en sourdine en restant réaliste et objectif et BING !! Ceux-là feraient finalement mieux de se taire…

Juste avant notre départ en métropole pour les fêtes, j’ai contacté Mme Bienveillance. Une petite voix sourde murmurait au fond de moi que peut-être nous devrions annuler notre voyage… C’est avec cet espoir étouffé que je l’ai entendu me dire: « Vous pouvez partir tranquille ! Il n’y aura pas de conseil de famille avant février ! C’est très rare, mais cette année il y a eu 5 rétractations… »

Qu’il n’y ait pas de conseil de famille avant février, soit. Mais pourquoi me parler de ces 5 espoirs envolés quand nous avions estimé nos chances à 3-4 bébés ?

Petite aparté pour les non initiés : le conseil de famille est chargé de désigner une famille pour la vie pour un enfant né sous X.

Le conseil comprend en tout huit membres, soit :

– 2 conseillers généraux désignés sur proposition du président du conseil général ;
-1 membre de l’association d’entraide des pupilles et anciens pupilles du département ;
– 2 membres d’associations familiales, dont une association de familles adoptives ;
– 1 membre d’une association d’assistantes maternelles ;
– 2 personnalités qualifiées en matière de protection de l’enfance et de la famille.

Bref donc autant te dire que l’annonce de ces 5 rétractations rarissimes a été un uppercut qui aura fait couler les larmes dans mes yeux devenus arides.

J’étais à 2 doigts d’écrire à Mme Bienveillance pour lui dire qu’on laissait tout tomber. Qu’après tout on avait trouvé notre équilibre sans enfant et qu’on en avait ras le boule des espoirs déçus.

Évidemment, tu t’en doutes, j’ai su raison garder…

Depuis notre projet est pas mal malmené. Notre famille semble découvrir qu’on a déjà notre agrément depuis 2 ans et demi. Et ils commencent à se projeter sur l’arrivée d’un enfant « coloré »…

Vivant dans un dom, il y a environ 95% de chance que notre enfant soit métissé. Ce qui a toujours été une grande joie pour nous !!

Mais j’avais oublié qu’en métropole règne un climat raciste et intolérant.

Chez nous, que tu sois blanc, noir, jaune ou rouge, on s’en moque. On vit tous en relative harmonie et c’est un plaisir pour la maîtresse que je suis de voir au quotidien tout ce métissage symbole de tolérance et de liberté. 

Alors, quand ma nièce de 10 ans m’a dit: « Vous allez adopter un enfant noir? Je ne veux pas le voir si il est noir ! Et puis de toute façon ce ne sera pas votre enfant puisque tu ne l’auras pas porté. Ce n’est pas votre enfant biologique donc ce n’est pas votre enfant! »
Quoi de plus violent entre ces mots remplis de préjugés et d’intolérance, et le silence gêné de ma frangine qui n’est pas du tout intervenue pour recadrer le débat, me laissant me justifier et défendre mon projet toute seule?

Seule…

Ma tante aussi, lors d’un repas dominical, y est allée de son petit mot encourageant et rempli de bienveillance : « J’espère qu’il ne sera pas trop noir… »

Quant à mon frère, sous couvert d’humour, on s’est entendu dire: « Vous allez nous ramener un banania !! Lolilol »

Ma belledoche et l’oncle de mon amour se sont contentés de crier haut et fort: « De toute façon, loin des yeux, loin du coeur! »

J’avais préparé une lettre que je souhaitais donner à nos familles le soir de Noël. Dans cette lettre je donnais la parole à notre enfant qui devrait nous l’espérons entrer dans nos vies en cette année à venir. Je compte la modifier pour régler mes comptes une bonne fois pour toute avec ces membres de notre famille dans laquelle on ne se reconnaît plus.


« Loin des yeux, loin du coeur »
, paraît-il…

Bref, ce Noël ne s’annonce ni féerique ni magique mais OSEF: on se casse en Islande dans quelques jours !!!

Terminé les privations pour entretenir un lien déjà rompu. On pense à nous et notre petit qui viendra bientôt bouleverser nos vies. Le reste importe peu. On va vivre notre vie pour nous 3 et tout ceci ne fait que renforcer un peu plus cette famille en devenir que nous sommes déjà…

Je vous souhaite à tous de belles fêtes. Que cette année 2016 laisse place à plus de bienveillance et de douceur. Et que chacun arrive à trouver ce Bonheur qui finalement ne dépend que du regard que l’on pose sur les choses qui nous entourent.
Une pensée particulière à ceux qui traversent des moments difficiles en cette période de fêtes… 

Un anniversaire assez spécial…

Voilà deux ans hier que, devant notre famille et nos amis réunis, nous nous sommes redit « oui ». C’était de ces journées magiques, qu’on voudrait pouvoir suspendre dans le temps…

Le jour de la Saint-Amour, quel symbole !!

Il se trouve que ces dernières quarante-huit heures ont été riches en émotions et ponctuées de petits cadeaux de la vie me donnant l’illusion que tout était réuni pour célébrer l’évènement.

Pour commencer, il y a quelques jours, une amie m’a contactée sur Facebook pour avoir des informations sur le don d’ovocytes. Je précise que notre relation a été compliquée ces derniers mois (rapport à une grossesse vécue dans un contexte très particulier et annoncée très maladroitement, ou plutôt jamais vraiment annoncée quoi…).

Pour resituer un peu les choses, à l’échec de FIV 4, plutôt que de nous confronter aux « Et alors? » remplis d’espoir de notre entourage, j’avais pris le taureau par les cornes en écrivant un mail annonçant la fin de notre parcours en France, et le possible recours au don.

L’idée n’était évidemment pas de faire un appel aux donneuses potentielles qui seraient susceptibles de me lire, mais juste d’informer sur la suite de notre parcours et de témoigner auprès des gens qui nous étaient proches de la réalité de ce que l’on traversait et que nombre de couples traversent également.

Il se trouve que le 13 novembre 2015, sombre journée dans l’histoire de ce pays, nous étions avec cette amie, qui m’avait questionné sur la suite de notre parcours et sur le don. Elle m’avait alors glissé: « Tu sais, moi, ça ne me dérangerait pas de donner! » J’avais un peu botté en touche parce qu’encore à l’époque, je crois que je ne m’estimais pas suffisamment pour accepter un tel cadeau. J’avais répondu que l’idée que quelqu’un que je connais donne pour moi était difficile parce que sans doute que je me sentirais à jamais redevable, sans jamais pouvoir rendre une aussi belle preuve d’attachement.

Et puis voilà qu’elle m’écrit pour me demander des informations. Je l’appelle pour qu’on en discute et j’apprends qu’elle y pense depuis mon fameux mail, qu’elle s’est déjà renseignée depuis longtemps sur le site http://www.dondovocytes.fr/ et qu’en gros, sa décision est prise, alors même qu’elle vient à peine d’accoucher…

La seule question qu’elle se posait ne concernait pas les démarches, puisqu’elle était déjà bien informée sur le sujet, mais juste savoir en quoi cela nous aiderait. WTF??? J’en suis restée bouche bée…

Son compagnon partage totalement cette envie et ils considèrent tous les deux que c’est tout à fait normal de faire un don quand on a été soi-même gâté par la vie !! C’est fou… Superbement fou…

Bref, donc je dois écrire à Dr Poule pour prendre des renseignements sur la suite et savoir quel est le délai pour le don, dans la mesure où elle a accouché le mois dernier.

C’est dingue parce qu’on n’est plus du tout proactif dans ce long cheminement, et on a l’impression que tout se décante doucement mais sûrement, maintenant qu’on n’attend plus vraiment… Ou plutôt qu’on attend sans attendre !

D’ailleurs, hier, j’ai fait une folie pour célébrer notre anniversaire. Je me suis rendue dans un dépôt vente d’articles de puériculture et j’ai acheté une table à langer et un lit… On s’autorise enfin à devenir parents parce qu’on le sent au fond de nos tripes, ce rêve n’a jamais été aussi proche de se concrétiser…

Et puis, on ne va pas se mentir, mais c’est aussi une manière de nous préparer à l’appel magique. Imaginer qu’on aura qu’une semaine pour tout préparer avant que bébé nous rejoigne dans la maison jaune, c’est beaucoup de stress !! Alors que là, sa petite chambre n’attendra que lui… Evidemment, il nous manquera beaucoup d’affaires, mais comme le disait Mme Bienveillance la dernière fois, « Pour commencer, l’essentiel est qu’il y ait un lit, des couches, de quoi manger et de l’amour! »

Alors c’est complètement dingo, mais je commence à m’autoriser à ressentir ces mots qui m’étaient inconnus jusqu’à présent: « On va avoir un bébé! » Tu y crois, toi qui me lis? ON VA AVOIR UN BEBE !!! J’y ai toujours cru, mais aujourd’hui, c’est une certitude ancrée au plus profond de moi…

D’ailleurs, pour me préparer à cette naissance, comme d’autres lisent Pernoud, pour ma part je dévore « La normalité adoptive », de Johanne Lemieux. J’ai même acheté le deuxième tome de son triptyque sur l’adopteparentalité.

J’ai même le projet de créer mon propre album d’adoption, grâce aux conseils avisés de certains copinautes qui m’ont laissé entendre que je pouvais me lancer. J’adore bricoler, mais je ne suis pas une experte en scrapbooking… Après, comme j’aime les défis, j’ai passé commande et j’attends avec impatience de recevoir mon colis pour me lancer.

Il faut savoir qu’il y a très trop peu d’ouvrages qui traitent de l’adoption. Que ce soit au niveau des albums de jeunesse, que des cadeaux à offrir quand l’enfant adopté est accueilli ou des livres informatifs. C’est là que je réalise à quel point les parents adoptifs sont une minuscule minorité…

Alors toi qui me lis, tu dois être un peu paumé peut-être. Don? Adoption?

A vrai dire, et il en a toujours été question, je répondrais « enfant » !! Peu importe comment il viendra bouleverser notre vie. On privilégie évidemment l’adoption, dans un premier temps. 3 à 4 bébés je le rappelle !!! 😀

Mais on laisse la porte ouverte au don, peut-être pour  petit deuz?

En tout cas, ce que je sais, c’est que je me sens pour le moment plutôt sereine et franchement heureuse de ma vie actuelle.

Les choses se passent comme elles doivent se passer… Ce n’est ni bien, ni mal. C’est juste…

paix place

 

 

On avance…

C’est fou comme quelques semaines d’absence peuvent donner cette impression d’être étrangère dans cet espace que j’ai pourtant alimenté si longtemps… Avant, les mots glissaient entre mes doigts, sur le clavier. Là, je me retrouve confrontée au spectre de la page blanche.

Que dire?

Je suis en vacances depuis deux semaines maintenant et je savoure le bonheur de ne rien faire. Ou de ne faire que ce dont j’ai envie (ce qui revient à ne pas faire grand chose…).

Pour savourer des instants à deux, Chéri a fait le viaduc (il a posé le vendredi et le lundi) et nous en avons profité pour nous évader une nuit dans un hôtel en bord de mer, pour célébrer nos 10 ans d’amour. On est d’ailleurs déjà entré dans la 11ème année…

Je me suis amusée à résumer ces 10 dernières années tandis qu’on était lové l’un contre l’autre. C’est tellement émouvant !! Certes, il y a eu ces trop nombreux échecs. Toutes ces larmes partagées. Mais il y a aussi eu tous ces fous rire, ces jolis instants volés, ces voyages inoubliables, ces espoirs ténus…

Ces deux dernières semaines, j’ai de nouveau pris le temps de réfléchir à notre projet parental. On a du coup commencé à regarder de nouveau les billets d’avion, juste au cas où, pour la RT… Puis, j’en suis arrivée à la conclusion que je n’envisageais pas de retourner en RT tant qu’on n’aurait pas montré notre dossier au Dr D, cette magicienne qui a aidé tant de couples en perdition à écrire une jolie suite à leur histoire. ❤

En décembre, on devait partir quelques jours dans une île voisine. Mais, une nuit comme les autres, je me suis réveillée brutalement avec la certitude que nous devions revoir nos plans en envisageant de rentrer passer les fêtes en famille, en couplant notre passage en Europe avec une rencontre avec Dr D et un voyage vers une destination inconnue.

Quelques jours plus tard, je prenais nos billets pour la métropole (merci aux incessants aller-retour des deux dernières années qui nous ont permis de financer un billet sur les deux avec les miles!) et je contactais le cabinet parisien pour fixer un rendez-vous, qui aura lieu le 5 janvier, jour de notre retour d’Islande.

Parallèlement, nous avons bouclé toutes les démarches pour être officiellement inscrits sur la liste des receveuses d’ovocytes. J’ignorais d’ailleurs totalement à quel point c’était un parcours du combattant en France !!

On a dû rencontré la présidente du tribunal de grande instance elle-même, qui nous a lu tout un tas d’articles de loi déshumanisants nous disant qu’en signant le papier, on s’engageait à ne pas revenir sur notre parentalité à la naissance de l’enfant, blablabla…

On a préféré en rire, mais franchement, c’était on ne peut plus froid et impersonnel. Très administratif quoi !

On a aussi occupé notre temps libre à rencontrer la généticienne, qui nous a annoncé qu’en fait, on n’était pas obligé de la rencontrer puisqu’on s’était déjà vu dans le cadre de la PMA. Chose importante: elle m’a dit que je devais absolument récupérer les résultats médicaux de mon frère, qui en une petite année à multiplier les phlébites (pas moins de 3, dont une qui a évolué en embolie pulmonaire…). Sauf qu’elle ne connait pas mon frère, qui n’est jamais allé chercher ses résultats et qui refuse qu’on lui parle de sa santé !! L’envie de le solliciter pour lui dire que j’ai besoin de ses résultats ne m’enchante pas le moins du monde… D’autant que je le lui ai déjà signalé…

Pour compléter ce dossier de receveuse, on a également dû rencontrer la psychologue de l’hôpital. Nous avons dû ressasser une sempiternelle fois nos histoires et notre histoire et j’avoue que ça nous a bien gonflé quand elle nous a annoncé qu’en général, elle recevait les couples deux fois avant de fournir le certificat, saint graal pour être inscrit officiellement donc.

Nous y sommes retournés hier et cet entretien a été centré sur l’enfant. Comment aborder la question du don (ou de l’adoption) avec lui?

Nous étions au clair vis-à-vis de cette question, puisque pour nous, hors de question qu’il y ait le moindre secret autour de la naissance de notre cerise. Ceci étant, elle nous a amené à réfléchir sur la nécessité de savoir comment le dire.

Pour faire court, selon elle, il ne faut pas vouloir dire les choses brutalement au nom de la transparence. L’idée est donc d’en parler quand on est prêt, tout en n’éludant pas les questions de l’enfant.

Ce qui est essentiel est d’accueillir la question de l’enfant, en lui disant « J’entends ta question, elle est très importante », sans être contraint d’y répondre dans l’immédiateté. On peut ainsi différer la réponse en disant à l’enfant: « Je vais répondre à ta question, quand j’aurais les mots/quand je serais prêt, … »

L’idée est surtout de ne pas lui mentir. Lui dire que oui, il y a quelque chose qu’il doit savoir, mais le lui dire surtout quand on/il sera prêt.

Pour réfléchir à cette question depuis bien longtemps, je m’étais toujours dit qu’on ne mentirait pas, au nom de cette sacro-sainte vérité à laquelle je suis tant attachée. Mais je crois qu’il faut avant tout penser à l’enfant et à la manière de lui dire les choses, sans le brusquer avec une vérité qui pourrait être difficile à entendre pour lui, si nous-mêmes nous ne prenons pas le temps de savoir comment la dire.

Au final, on était donc plutôt content de cet ultime échange avec la psy.

Enfin (j’ai gardé le meilleur pour la fin), nous avons revu Mme Bienveillance. On lui a confié nos craintes et notre peur que cela n’aboutisse jamais. Mais on est reparti enhardi par une nouvelle remplie d’espoir…

Nous faisons parti des 15 prochains dossiers qui seront présentés au conseil de famille !!! Sachant qu’elle en présente 6 par 6 et que, d’après elle, compte tenu de notre jeune âge (nous sommes les plus jeunes, et c’est un critère important apparemment), de nos rapports très positifs (2 avis très favorables), de notre situation (couple hétérosexuel marié: j’ai ainsi appris que les couples homosexuels, même mariés, n’avaient aucune chance, ce que Mme Bienveillance elle-même déplore évidemment…), nous avons un des meilleurs dossiers…

On est sorti de cet entretien en se surprenant à rêver: « Dans 3 ou 4 bébés, ce sera peut-être notre tour… »

Ce n’est pas sans émotion que j’écris cette dernière phrase… Nous n’avons jamais été aussi prêt du but !! 3 ou 4 bébés, nom d’une pipe en bois !!! Mais bon, gardons les pieds sur terre… Depuis le début de l’année, il n’y a eu que 2 naissances. Donc c’est très aléatoire et ça peut arriver très vite, comme dans longtemps…

Ce que nous avons appris, c’est qu’à partir du jour où nous recevrons l’appel, tout va s’accélérer. Pour la faire courte, une semaine plus tard, nous devrions rentrer à la maison avec notre cerise…

Du coup, c’est à la fois angoissant et excitant !! Evidemment, cela soulève des tonnes de questions: Serons-nous prêt? Comment préparer l’accueil en si peu de temps (heureusement qu’on a déjà commencé la décoration avant la RT…)? Saurons-nous l’aimer (et réciproquement)? Comment gérer la transition entre les années de vide et la semaine où tout bascule?

Bref, ça cogite… Mais je crois que c’est plutôt sain de se poser ce genre de question.

Du coup, on a décidé de continuer notre vie et de profiter de tous ces moments seuls et à deux.

Chéri se prépare pour une course importante de 63 kilomètres. De mon côté, je prends le temps de fabriquer mes cosmétiques maison, ainsi que les produits d’entretien très prochainement. Je m’occupe aussi de ma décoration intérieure en faisant ce que je n’ai jamais le temps de faire quand je bosse. Comme, par exemple, fabriquer ma tête de lit en bois de palette, terminer le cadre de notre paroi de douche et confectionner des étagères à partir de vieux tiroirs recyclés.

Pour couronner le tout, je suis famille d’accueil pour deux chatons minuscules qui avaient à peine 2 mois quand je les ai récupérés. C’est assez chronophage… L’un d’entre eux me prend pour sa maman et il tête chaque partie de mon bras ou mon cou de manière compulsive, ce qui me fait totalement craquer !!

Avant eux, j’ai eu la chance de sauver un chiot de 2 mois et demi, lui aussi condamné à un triste sort…

Il est parti en métropole, dans un refuge. Si parmi vous quelqu’un vient à passer par Aix-en-Provence et qu’il a une forte envie d’adopter un adorable chiot royal bourbon made in Réunion, qu’il n’hésite pas !! Ce loulou est un amour !!

Que la séparation a été douloureuse d’ailleurs !! J’ai pleuré pendant deux jours… J’ai compris le transfert que j’avais fait sur lui lorsque j’ai dû m’en séparer… Il remplissait la maison jaune par sa présence quelque peu envahissante et il logeait dans cette chambre d’enfant toujours vide après tant d’années…

Je suis d’ailleurs  de plus en plus impliquée dans la protection animale. On peut dire qu’ici, il y a vraiment du boulot à ce niveau-là… La situation est presque hors de contrôle et les cas d’abandons, de maltraitance (voire de torture) et d’euthanasie se multiplient. Donc, si certains parmi vous sont intéressés par cette cause et veulent apporter un peu d’aide, elle sera bienvenue !! Nous arrivons à faire partir de plus en plus de chats/chiens en métropole, et nous avons parfois besoin d’un covoiturage, ou d’une famille d’accueil temporaire (1 ou 2 jours) pour les loulous qui sont en transit sur Paris, avant de rejoindre la province.

Bref, je lance une bouteille à la mer…

Pour conclure, aux travailleurs, je souhaite bon courage. Et aux vacanciers: bonnes vacances !!

Toujours debout !! Et besoin de vous…

Après un long silence, je reviens sur la pointe des pieds pour vous donner quelques nouvelles des troupes et faire appel à votre générosité pour un bien beau projet…

Que devenons-nous?

Entre le travail, la vie sociale qui a repris ses droits et les rendez-vous médicaux (les gynécos, c’est surfait: je passe dorénavant beaucoup de temps avec ma kiné et ma nutritionniste !), le temps passe très vite… Et ça nous va bien !!

Nous n’avons pas du tout le temps de penser à la suite et on se concentre sur l’instant présent. C’est plutôt agréable et on a l’impression d’être libéré de l’attente passive. Aujourd’hui, on vit et on arrête d’attendre ce qui ne vient pas.

paix

J’ai conscience que cette hyperactivité pourra un jour ou l’autre me rattraper, mais pour le moment, c’est ce qui nous convient.

Malgré tout, on a repris contact avec Mme Bienveillance pour envisager une nouvelle rencontre célébrant le deuxième anniversaire de notre agrément. Nous devons donc nous revoir prochainement.

J’en ai profité pour lui dire que nous commençons à réfléchir à la possibilité d’élargir nos critères, à savoir adopter un enfant plus grand en ouvrant nos démarches à l’international. Selon elle, c’est tout à fait normal d’envisager de modifier son projet initial mais elle nous déconseille de modifier les critères de l’âge, sans quoi le conseil de famille ne nous confiera jamais de bébé. Sauf qu’on n’est plus très sûr de vouloir à tout prix un bébé… Quant à l’adoption à l’international, depuis le caillou, c’est très très compliqué !! Seuls 3 OAA travaillent avec le CG du caillou (aucun représentant local et nous sommes le seul département français dans ce cas!), et l’AFA ne priorise apparemment pas les dossiers venant du bout du monde… Bref, on doit donc se revoir dans les prochaines semaines pour échanger sur notre projet d’adoption.

Concernant le don d’ovocytes, nous avons entrepris les démarches pour s’inscrire sur la liste d’attente ici. On nous annonce un délai de 1 an 1/2 à 2 ans, sachant que nous sommes inscrits depuis notre première rencontre avec le Dr Poule, au mois de novembre dernier.

Vendredi, nous avons donc rendez-vous au tribunal de grande instance, pour valider notre inscription sur la liste d’attente. Début juillet, nous aurons également rendez-vous avec la psychologue et la généticienne. Un vrai parcours de santé !!

Tant que je n’écarte pas les cuisses, ces démarches ne me gêne pas. Nous aurions pu faire les choses dans la précipitation, mais on prend notre temps. On a bien compris que finalement, après 5 ans d’attente, le temps qui passe est tout relatif.

5 ans ce mois-ci… C’est à la fois une éternité quand on était en pleine action et qu’on attendait un miracle, et, avec un peu de recul, à l’échelle de notre vie, c’est peu… Quand on regarde en arrière, on a l’impression que tout est allé très vite. Si vite.

On a également toujours dans un coin de notre tête l’idée de peut-être, un jour, retenter notre chance en RT. Mais ce n’est pas pour demain, ni même après-demain.

Mon rêve ultime était d’être mère avant mes 35 ans. Je crois qu’on a tous un rêve ultime… Pour certains, le rêve est de fonder une famille nombreuse. Pour d’autres, il consiste à avoir un enfant avant tel âge. Pour d’autres encore, les mieux lotis, l’espoir réside dans le fait d’avoir un garçon. Ou une fille.

Nous, par la force des choses, on a revu tous nos rêves au rabais. Être mère avant 35 ans, c’est râpé ! Je viens juste de souffler mes 35 bougies… Avoir 2 ou 3 enfants, c’est toujours possible, mais ce n’est pas gagné: soyons honnête! Quant au sexe de l’enfant, si déjà on en a un en pas trop mauvaise santé, on sera ravi !!

Les galères apprennent à devenir humble… 🙂 Mais l’humilité n’empêche pas le bonheur. J’ai réalisé ces derniers mois que j’avais ce qu’il y avait de plus précieux: un homme qui m’aime et que j’aime. Oui, je sais: ça peut paraître bien mièvre dit comme ça, pourtant, je vois tant et tant de couples, dans notre entourage, qui malgré un ou plusieurs enfants ne respirent franchement pas le bonheur !!

Je crois définitivement que le bonheur ne réside pas dans le fait de devenir parent. C’est une cerise sur le gâteau, sans doute. Mais ce n’est pas le gâteau… Mon gâteau à moi, c’est mon couple !!

Durant des années, quand Chéri me disait qu’il préférait une vie avec moi et sans enfant à une vie sans moi avec des enfants, je dois bien admettre que je ne comprenais pas. Parce qu’à cette époque, j’étais aveuglée par ce désir vorace de devenir mère. Aujourd’hui, je peux le dire: j’ai toujours ce désir. Mais plus encore, je désire être heureuse, avec mon amoureux. Avec ou sans enfant. Et je sais que c’est tout à fait possible. On s’en donne les moyens en tout cas…

J’en viens maintenant à une demande un peu particulière…

Il y a quelques mois, ruinés par des aller-retours fivesques qui nous avaient ruiné, j’avais envisagé la possibilité de faire appel à de généreux donateurs pour nous aider à financer notre ultime tentative. Puis nous avons laissé tomber ce projet, parce que nous ne savions pas si nous voulions repartir, et aussi, sans doute, par une bonne dose de fierté mal placée, qu’on appellera orgueil…

Quand j’ai vu l’appel à l’aide de Mamanfwoggie, j’ai donc été particulièrement émue… Parce que forcément, ça a fait écho en moi, qui pourtant n’a pas vécu le tiers de ce qu’elle et sa compagne ont eu à traverser ces dernières années…

Si vous ne la connaissez pas, je vous invite à découvrir son blog. C’est l’histoire (extra)ordinaire d’un couple qui s’aime et qui se bat depuis des années pour fonder une famille. C’est l’histoire d’un couple de mamanges, qui a vécu la discrimination et l’injustice de ne jamais pouvoir bénéficier, comme vous et moi, de la moindre prise en charge gratuite en AMP !! Et c’est l’histoire de femmes qui, après avoir perdu leur beau petit, ont aujourd’hui et plus que jamais besoin de votre soutien !!

Je partage donc leur appel à l’aide et j’espère du fond du coeur qu’il sera entendu.

Merci d’avance pour tous ceux qui n’ont plus forcément les moyens de se battre face à l’injustice de l’infertilité… Merci pour nous. Merci pour elles !!

 

Votre aide pour un espoir, notre rêve. — Un Jour,  Mon Fils

(For english-speakers, the post in english is here) Aujourd’hui ce post est un peu particulier car je vous demande de l’aide, à vous, à toutes, simple visiteur sur ce blog ou amie dans la vraie vie. Je ne suis pas très à l’aise dans cet exercice, par fierté peut-être, par timidité probablement, par pudeur certainement mais il […]

via Votre aide pour un espoir, notre rêve. — Un Jour, Mon Fils

Je vais…

Blogueuse compulsive, je ne pensais pas devenir une lectrice de l’ombre très occasionnelle… Car oui, je l’avoue, je trie sur le volet les articles que je lis, et ils sont de plus en plus rares. Je n’en suis pas fière, et je ne le revendique pas, simplement, c’est ma manière à moi de me protéger…

J’ai reçu des mails de certaines personnes qui voulaient avoir de mes nouvelles. Je n’ai même pas pris le temps de répondre parce que je n’arrive pas à savoir quoi dire. Parfois, on n’arrive plus à trouver les mots…  Je profite donc de cette tribune pour vous remercier pour vos pensées et m’excuser pour mon absence de réponse.

A la question: « Comment vais-je? », je dirais que je vais. Ni bien, ni mal. Les jours passent très vite et je me noie dans le travail. A raison de 50h par semaine, tout est devenu secondaire. Je n’ai plus d’énergie que pour me consacrer à l’essentiel. Et l’essentiel consiste à dormir, manger, bosser.

Conséquence plutôt positive: tout me glisse dessus! Même ma collègue incapable d’être bienveillante avec le fils qu’elle a accueilli depuis 9 mois déjà… Je mets des choses en place pour le préserver et lui montrer que dans ce bas-monde, des personnes bienveillantes existent, mais le reste, ça ne m’appartient pas… Donc: next !!

J’ai décidé de commencer par changer ce qui peut l’être et qui est à ma portée. Autrement dit, pas grand chose… Et d’arrêter de vouloir sauver la veuve et l’orphelin, tout en m’épuisant à vouloir rendre le monde meilleur. Le monde est ce qu’il est et, en toute humilité, j’ai appris à reconnaître que ce n’est pas moi, Julys, depuis mon petit caillou, qui vais révolutionner la face du monde. Tant d’autres ne se sentent même pas concernés par ce qui pourtant mériterait bien qu’on se batte! Et d’ailleurs, il y a tant de nobles combats si on y réfléchit bien !! Bref…

On ne sait toujours pas où demain va nous mener, mais on est concentré sur ici et maintenant. Impossible de se projeter pour le moment, ni dans un sens, ni dans un autre. La raison est simple: j’ai passé des années à essayer de digérer mon passé, puis des années à me projeter sur une future maternité. Et dans tout ça, je n’ai jamais vécu l’instant présent! Pourtant, c’est tout ce dont j’ai besoin en ce moment: ne plus penser à hier ni à demain. Juste me concentrer sur aujourd’hui, en avançant au jour le jour.

Plus que jamais, je me sens donc en total décalage avec la blogosphère. Parce que dans le fond, et c’est bien légitime, la plupart des articles traitent de préoccupations sur l’avenir.

Quand on est dans l’attente, on se demande combien de temps cela va encore durer. Quand on est dans l’action, on se demande combien on va avoir de follicules, quelle taille ils feront, s’ils seront de qualité… Quand on a mis un orteil dans le train, notre présent est conditionné aux futurs examens sanguins ou échographiques et on retient son souffle en ne pensant qu’à demain.

Bref, quelque part, en plein parcours pmesque ou donesque, la vie se conjugue au futur.

D’ailleurs, je compatis sincèrement pour toutes ces situations que je ne connais que trop bien ou que je peux aisément imaginer.

Et puis, il y a cet impérieux besoin d’être Moi. Non pas que je ne l’ai pas été durant ces années que j’ai passé à me dévoiler ici !! Mais Moi, ce n’est pas la looseuse en série qui pourrait faire un peu pitié et qu’on voudrait pouvoir préserver tel un être un peu fragile… Pas plus que le solide roc qui se serait remis de ses dernières péripéties comme si de rien n’était.

Dans mon entourage, j’ai droit un peu à toutes ces réactions. Ceux dont les silences pesants ne viennent qu’illustrer le malaise et la peur de blesser. Et les autres, a contrario, qui font comme si rien ne s’était passé. Entre les deux attitudes, mon coeur balance… J’ignore ce que je préfère…

Pourtant, je voudrais juste que les gens arrivent à rester authentiques! Mais, à la fois, je sais que c’est compliqué et que, très probablement, j’aurais moi-même du mal à le rester si j’étais à la place de ceux qui me côtoient… J’ai bien conscience que ce n’est pas simple de savoir quoi dire ou faire. Probablement parce qu’il n’y a rien à dire ni rien à faire. Une présence bienveillante, un mail par ci par là qui n’attend pas forcément de réponse, une pensée fugace de temps en temps… Je crois que dans le fond, c’est tout ce dont j’ai besoin.

Il est donc temps pour moi non pas de fermer la porte de ce blog définitivement, car qui sait ce que l’avenir nous réserve?, mais, en tout cas, de fermer les fenêtres temporairement (ou pas)… Et, si d’aventure j’éprouve l’envie dévorante de m’exprimer sur la suite de notre aventure ou sur tout et n’importe quoi, je n’hésiterais pas !! En gros, je suivrais mes envies et picétout. Je crois qu’aujourd’hui, plus que jamais, j’ai le devoir de les écouter…

Alors, avant de retourner dans ma bulle sur la pointe des pieds, je voudrais juste te souhaiter du fond du coeur d’être toujours capable de faire preuve d’empathie et de bienveillance. Bienveillance envers les autres, mais aussi et surtout envers toi-même. C’est sans doute l’une des plus belles qualités humaines !!

Accepter que l’autre soit différent, porter ses chaussures, ne serait-ce que quelques instants, essayer de ne pas le juger , autant que faire se peut (ce n’est pas toujours facile, loin de là !!!) et, surtout, ne pas oublier que nul n’est parfait. L’autre pas plus que moi-même. On fait tous des erreurs et je crois qu’on fait surtout ce qu’on peut, comme on peut.

Par contre, savoir reconnaître ses erreurs est essentiel. Et on en fait tous. Si si !! Comment ça tu n’en n’as jamais fait? Que celui qui prétend ça me jette la première pierre. OUTCH !!!

Je crois qu’on se doit de se remettre en question pour espérer avancer. Et ça passe parfois par écouter ce que l’autre me dit… Enfin, si ce que dit l’autre est intelligible et argumenté hein. Parce que si c’est vulgaire et stérile (et on s’y connaît en stérilité, je te prie de me croire!), on n’a quand même pas que ça à foutre.

Je donne souvent cet exemple à mes élèves: un enfant n’apprend à marcher qu’après être tombé 1 fois, 10 fois, 100 fois… Mais à chaque fois, il réajuste sa démarche pour trouver un équilibre de moins en moins précaire, qui saura lui permettre de mettre un pied devant l’autre… Et oui, l’erreur est non seulement utile, mais indispensable !! Alors bordel, trompons-nous !!!

Il y a quelques mois, j’avais écrit un long laïus qui avait fait débat sur la maladresse… Ca ne m’avait pas valu que des amis d’ailleurs ! 😀 Mais je persiste et signe: pmette/pmec, pb ou milk (je veux pas faire ma féministe, mais pourquoi on ne parle jamais des filk d’ailleurs, hein???), on est toujours le maladroit de quelqu’un !! Les pb n’ont pas l’apanage de la maladresse. Pas plus que les autres.

D’ailleurs, si on y réfléchit bien, ce n’est pas un peu fatiguant ces distinguos abusifs? Pb vs pmette. Fertiles vs infertiles. C1 vs C52. On évolue tous dans un monde suffisamment vaste pour que chacun puisse avoir sa place nom d’une pipe en bois !!

Sur ce, comme on dit par ici: nartrouv !!

paix dalai-lama

 

 

 

Solidaires !

En ces temps bien sombres où l’on pourrait facilement céder à la tentation de la haine, de la terreur et du dégoût, j’ai envie de me raccrocher à tout ce que l’humanité recèle de plus beau et de plus émouvant : l’amour et la solidarité!

solidarité

Et hier soir, j’ai eu une magnifique preuve de cette solidarité qui unit parfois les êtres bien au-delà des frontières, des différences ou de l’indifférence.

Un colis a parcouru des milliers de kilomètres pour se réfugier dans ma boîte aux lettres. Et ce n’est qu’en rentrant du restaurant où nous avaient convié nos BFF pour témoigner de leur soutien, que j’ai découvert le paquet, qui m’attendait sagement depuis quelques jours peut-être.

Ne mettant plus vraiment le nez dehors depuis notre retour, je n’avais en effet pas pris le temps de consulter mon courrier…

Tu t’imagines que j’ai ouvert l’emballage frénétiquement !!

Et j’ai découvert tant de jolies choses que j’ai été particulièrement touchée… La voix tremblante d’émotion, je n’arrêtais pas de répéter en boucle à un Chéri tout étonné: « C’est énorme! C’est énorme! C’est énorme! »

Même les minous n’ont pas été oubliés !

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Alors je sais ce qui a peut-être dû se passer dans l’esprit de mes onze bienfaitrices à l’annonce de notre verdict… Ce colis est parti avant les résultats et il regorge de messages d’espoirs… J’imagine donc qu’elles se sont dit, peut-être, l’espace d’un instant: « Oh putain, je n’aurais pas dû écrire telle ou telle chose! »

Pourtant, chacun de vos mots m’a bouleversé et m’a insufflé cette envie de continuer à me battre pour la suite !!

Vous avez su me redonner envie d’espérer, même si évidemment, je sais que la fin de l’aventure approche et que l’issue reste incertaine… Même si je suis épuisée et vidée… Pour le moment…

C’est comme si vous m’aviez tendu la main en me disant de ne pas sombrer…

Cette surprise ne pouvait pas mieux tomber que maintenant, dans ces moments où je me sens découragée et si désespérément seule…

Alors du fond du coeur: MERCI !!

Je me sens vraiment redevable de toute cette générosité que vous avez été nombreuses à me témoigner ces dernières semaines…

Vous êtes de vraies belles personnes !! Et j’ai envie de croire très fort et plus que jamais que le monde n’est pas condamné à vivre des tragédies telles que celles qui se sont produites ces derniers mois en Europe, et bien au-delà. Car ne l’oublions pas, si ces tragédies nous touchent d’autant plus qu’elles sont très proches de nous, plus loin, de tous temps, il y a des hommes, des femmes et des enfants, qui meurent sous les bombes ou sous les balles, dans l’indifférence générale…

Et la seule réponse que l’on peut apporter à ces atrocités consiste à essayer de laisser un monde apaisé à nos vos enfants, en continuant de faire preuve de bienveillance, d’empathie et de solidarité comme vous avez su le faire avec moi.

Bon sang que ça fait du bien !

Droit de réponse à la Teigne…

Alors voilà, j’ai attendu quelques jours avant de prendre la plume pour rédiger mon droit de réponse à la Teigne !

J’avais envie de la partager avec toi…

« Teigne,

Si je t’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour exprimer ma fatigue, ma tristesse ou ma colère par rapport à ce qu’on vit actuellement. Je n’en n’ai plus la moindre envie…

En revanche, je voudrais te dire que malgré l’image que tu sembles avoir de moi, je me sens forte. Fragile en ce moment, évidemment, mais qui ne le serait pas dans ce contexte ? Il y a une semaine à peine nous apprenions la fin de tous les espoirs que l’on fondait dans ce qui devait être l’ultime tentative !! Ultime parce qu’on l’espérait gagnante… Ce devait être celle qui allait changer nos vies, enfin…

On se bat depuis bientôt 5 longues années, sur tous les fronts. On ne se contente pas de déléguer nos gamètes à la médecine, crois-moi !! En premier lieu, on se bat tous les jours pour que notre couple soit plus fort. Mais on se bat aussi individuellement. A ce titre, j’ai fait un long travail sur moi qui m’a apporté énormément. Et ces dernières années, j’ai l’impression d’avoir pris conscience de tellement d’éléments qui m’ont permis de gagner en compréhension de moi-même et de mon histoire, en maturité et en sérénité aussi.

Malgré tout, faire un travail sur soi, aussi utile que cela puisse être, ça n’est pas magique. S’il suffisait d’aller voir un psy pour avoir un bébé, il n’y aurait plus d’infertiles sur cette planète… Or, ils sont quand même 1 couple sur 6, dont 1 sur 2 qui sort de ce parcours les bras vides…

Je crois que pour la plupart des gens, et moi jusqu’à tout récemment, il est rassurant d’imaginer qu’on puisse avoir un minimum de maîtrise sur ce genre de choses. Alors on teste tout ce qui pourrait nous promettre de changer la donne : ostéopathie, hypnose, psychogénéalogie, microkiné, magnétisme, acupuncture, médecine traditionnelle chinoise… Je ne t’apprends rien, puisque tu as déjà testé bon nombre de ces médecines parallèles !

J’ai trouvé dans ces diverses techniques une forme d’apaisement. Pour être tout à fait honnête, je crois qu’elles m’ont permis de diminuer l’angoisse due à la passivité, en me donnant l’illusion que cela pourrait avoir un impact positif sur tout le reste…

Mais avec le recul, ce n’est pas sain. C’est juste une manière inconsciente d’exprimer le fait qu’on n’accepte pas la réalité, notre réalité. Réalité sur laquelle, en ce qui nous concerne, on n’a absolument aucune emprise…

D’ailleurs dans tout ça, j’en avais oublié une chose essentielle : donner la vie, c’est surtout une question de chance ! Si 1 couple sur 6 n’a pas la chance de pouvoir se reproduire comme il le voudrait, tous ces couples n’ont pas forcément de lourds vécus. Certains ont même eu une vie plutôt « facile » jusqu’à ce qu’ils soient confrontés à l’infertilité. A l’inverse, certains couples, avec une histoire de vie extrêmement douloureuse, n’ont aucune difficulté pour se reproduire. Certains enfants sont même conçus suite à des viols…

Alors non, non et non !! J’ai passé des années à me sentir responsable en me disant que quelque chose clochait dans ma tête, en pensant que j’avais un ou des blocages inconscients. Mais je crois surtout que c’est juste une question de (mal)chance. (Et une question environnementale aussi, mais ça, tout le monde a un peu trop tendance à l’occulter… Parce que ça signifierait que ça pourrait toucher tout le monde et donc pour le coup, c’est effrayant…)

Au même titre que quand on développe un cancer colorectal ou cérébral, on n’a juste pas tiré le bon numéro. Ce n’est pas de bol !!

On voudrait trouver des explications rationnelles, parce que ça nous permettrait de mettre du sens à l’insensé. Mais force est de constater que parfois, certaines choses n’ont pas de sens… Elles se produisent, on les subit et c’est comme ça… Stop à la masturbation intellectuelle !

Du coup, j’en viens donc à cette conclusion : la meilleure façon de surmonter les épreuves consiste juste à accepter que la vie n’est qu’une immense loterie. Parfois on gagne, parfois on perd. Mais finalement, ce n’est qu’une question de chance…

Or, sur ce facteur chance, on n’a absolument aucun contrôle ni aucune emprise. Les choses se passent comme elles doivent se passer à un instant T. C’est comme ça…

Je n’ai pas spécialement envie de revenir avec toi sur cette dernière claque qu’on vient de prendre. Ce que je sais, c’est que j’ai passé des mois et des mois à chercher à débloquer des verrous inconscients qui n’existent pas !! Mon cerveau, tout aussi puissant qu’il puisse être, n’a pas pu influer sur le fait qu’on n’obtienne aucun embryon vitrifié malgré deux donneurs fertiles, en apparence. La clinique elle-même l’a reconnu : c’est rare et ce n’est pas de chance…

Je n’ai pas l’intention d’endosser cette responsabilité bien trop culpabilisante !!

Et si on suivait cette logique du « C’est dans la tête », quid de ces messieurs ? On fait un enfant à deux, jusqu’à preuve du contraire… A moins que ce soient nos blocages respectifs qui créent un immense blocage nous empêchant de devenir parents ?! Et ben on n’est pas dans la mouise… Ca veut donc dire que tous les parents de la Terre sont exempts de blocages ?

Bref voilà ma théorie : même si c’est difficile à admettre, nous avons juste manqué de chance. Point final ! Mais est-ce que cela signifie qu’on doit oublier notre rêve pour autant ? Non, non et non !!! Ou peut-être que oui, mais ce sera à nous d’en décider. Quand nous serons prêts, si nous le sommes un jour…

Notre rêve, on va s’y accrocher, parce qu’on y croit et que personne, je dis bien personne, ne pourra nous le voler en nous disant ce qu’on doit envisager ou non pour la suite.

Que ce soit en pensant bien faire ou pas, tu t’es montrée extrêmement maladroite en me disant, seulement 5 petits jours après le résultat, comment nous devrions envisager notre avenir.

C’est comme si, quand tu essayais d’avoir A., juste après une nouvelle fausse-couche, je t’avais dit : « Mais enfin, arrête de t’entêter !!! A un moment donné, il faut que tu fasses un travail sur toi pour comprendre d’où viennent les blocages !! Et puis bon, vous ne pensez qu’à ça, vous ne vivez que pour ça. Il faut vivre !! »

A. ne serait pas auprès de vous aujourd’hui…

Et puis c’est étrange de nous conseiller de vivre. Est-ce qu’on donne l’image d’un couple mort ? Contrairement à beaucoup de couples infertiles qui se replient sur eux-mêmes (et je peux aisément le comprendre devant la difficulté de ce parcours et les nombreuses maladresses auxquelles on est bien trop souvent confronté…), on a toujours, et c’est notre force, continué d’avoir une vie sociale, de sortir (resto, ciné, concerts…), de rire, de vivre !! Sans jamais, à aucun moment, avoir l’impression d’être morts…

Sauf ces dernières semaines, mais j’étais alitée à cause de ma hernie…

Alors oui, aujourd’hui, parce que c’est tout récent, parce que c’est injuste et parce que c’est excessivement violent, on éprouve le besoin de se replier sur nous-mêmes. De s’enfermer dans une petite bulle d’amour le temps de digérer. Et de reprendre notre souffle. Mais ça ne fait pas de nous des morts-vivants !!

Je crois que nous sommes les seuls à-mêmes de savoir comment dessiner notre avenir à l’heure actuelle. Alors bien sûr, on n’a pas toutes les réponses, parce qu’on est sonné et un peu perdu. Mais ce que je sais, c’est qu’on n’a ni besoin de conseils, ni besoin de jugement, seulement de l’écoute, de l’affection, de l’empathie et du soutien.

Je terminerais en te disant que oui, on a déboursé 12000€ cette dernière année pour essayer d’atteindre notre rêve. Oui, on est ruiné pour le moment. Mais parfois, tu sais, certains rêves méritent qu’on dépense sans compter, parce qu’ils en valent réellement la peine. Jamais on ne fera une croix sur notre rêve pour des raisons strictement financières, même si c’est extrêmement violent de devoir s’endetter pour un projet aussi noble et beau que celui de pouvoir un jour donner la vie…

De la même façon, si d’aventure on devait envisager de repartir et que ça impliquait, notamment pour des raisons financières, morales et/ou logistiques, que je m’absente quelques jours, je n’hésiterais pas. Ce projet, c’est le projet de notre vie… Ce n’est pas une simple lubie ou un caprice passager…

Ce mail n’attend pas de réaction de ta part. C’était simplement important pour moi de te faire part de ce que je ressentais et je n’ai pas spécialement envie de revenir dessus.

Je te remercie d’avance de respecter mon besoin de ne plus évoquer tout ceci par la suite. »

Tu crois que c’est assez explicite? Je pourrais aussi me contenter de lui demander d’aller se faire foutre, mais tu en conviendras: c’est un poil vulgaire. Et puis, devant l’obligation de me la coltiner tous les jours au boulot, je suis un peu contrainte d’arrondir les angles…

Alors, j’envoie ou j’envoie pas?