Devenir mère…

Des années d’attente active, à enchaîner les essais pmesques, suivi d’une attente passive lors du processus d’adoption, nous ont obligé à combler un vide devenu au fil du temps trop envahissant.

Chéri travaillant beaucoup, je me suis réfugiée à l’époque dans la protection de ceux qui n’ont pas de voix. Parce que, sans doute, au-delà du combat qui est noble, m’occuper des animaux maltraités me permettait de me sentir utile. Vivante puisque utile.

Les boules de poils ont toujours été un refuge pour la petite fille que j’étais. Je me souviens ces nombreuses fois où j’allais me réfugier contre ma vieille chienne pour lui conter tous mes malheurs d’enfant. Elle ne cherchait pas à me consoler, avec le risque d’être maladroite, si ce n’est à coup de léchouilles ! Elle se contentait d’accueillir mes maux et d’être là…

Et toutes ces fois où, face aux épreuves auxquelles la célèbre Lassie était confrontée, je partais dans des sanglots incontrôlables !!

Mes premiers pas, je les dois à une chienne bien plus grande que moi, sur laquelle je prenais appui durant des vacances estivales…

Bref, Chéri, se sentant sans doute, à son tour, délaissé par mes nouvelles activités, s’est réfugié quant à lui dans le sport extrême. Et c’est sans nous en rendre compte que nous avons comblé le vide, chacun de notre côté, mais plus vraiment ensemble…

Aujourd’hui, notre princesse est venue remplir ce vide de la plus belle des façons.

Les présentations à nos familles ont été touchantes. Mon père, ce vieil homme hermétique, devenu quasi mutique au fil du temps, est méconnaissable. La maison de mon enfance vibre au rythme des « ma puce » par ci, « ma puce » par là.

Bon, il a fallu que je me fâche en menaçant de prendre mes jambes à mon cou pour qu’il arrête de donner son avis de Dr ès puériculture toutes les 30 secondes. En plus des remarques négatives incessantes sur tout ce qu’on fait ou ne fait pas. Je n’ai plus 15 ans boréal !!

En tout cas, aux yeux de tous, notre chérie est jolie comme un cœur, drôle, calme… Bref, elle a conquis tous les coeurs, même les plus cadenassés… C’est fou, l’effet d’un bébé !!

Alors, pour Elle, nous allons devoir apprendre à nous retrouver, Chéri et moi. À construire cette famille si longtemps attendu, sans continuer de fuir notre réalité, enfin devenue tellement sublime depuis ce jour de novembre dernier.

La fuite a été notre mode de survie à un moment où nous n’avions pas d’autres alternatives, si ce n’est celle de sombrer.

Aujourd’hui, nous devons couper avec ce mode de fonctionnement. Nous n’avons plus besoin de combler le manque, qui a laissé place désormais aux gazouillis, aux sourires et à une immense vague d’amour.

Je crois qu’il faut être extrêmement vigilant, quand l’infertilité et l’attente de l’enfant prend beaucoup de place, de ne pas trop s’éloigner de son conjoint, en fuyant une réalité qui peut devenir insupportable. De la même façon, une fois l’enfant arrivé, il paraît essentiel de ne pas lui faire porter la responsabilité de combler à lui seul le manque. Ce serait lui imposer une pression que j’ai moi-même trop subi enfant.

Je me souviens de toutes ces fois, avant que ma mère ne commette l’irréparable, où elle nous disait que nous étions sa seule raison de vivre. Que c’est dur de porter cette responsabilité ! Comme si le bonheur des parents ne dépendait que de l’enfant que nous sommes. Est-ce que si le parent n’est pas heureux, c’est que nous ne sommes pas un bon enfant ? C’est en tout cas sans doute les questions que la petite fille que j’étais alors se posait…

Notre fille ne sera jamais notre médicament. Elle sera la cerise sur le gâteau. Cet immense bonus qui vient embellir nos vies. Mais jamais elle n’aura pour mission de conditionner notre bonheur.

C’est une promesse que je me suis faite à 17 ans, à la mort de ma mère. Elle qui avait choisi de mourir obligeait alors par sa décision la jeune fille que j’étais à aller consulter une psy pour ne jamais reproduire les mêmes erreurs avec ma future progéniture.

Toutes ces pensées un peu confuses pour dire que devenir mère, c’est se reconnecter avec l’enfant qu’on a été. À la différence qu’on pose sur cet enfant un regard d’adulte et qu’on sait ce qu’on veut ou ce qu’on ne veut pas pour l’enfant dont on est devenu nous-mêmes parents.

J’ai accepté depuis ma première thérapie, à 17 ans, de ne pas être une maman parfaite. Je ne veux pas faire les mêmes erreurs que mes parents, mais je ne me leurre pas : j’en ferai d’autres !

L’essentiel, pour moi, est de toujours être dans la vérité avec notre fille. Et de lui dire chaque jour à quel point je l’aime. Lui donner le plus précieux, ce que je n’ai pas reçu à l’époque : la confiance. En la vie, en elle, aux autres…

Publicités

Les autres…

De l’avis de tous, notre fille est magnifique et très calme.

Aux amis qui galèrent depuis des mois avec leur fils, qui les réveillent toujours toutes les deux heures à presque 9 mois, et qui nous disent : « C’est pas juste… », j’avoue qu’après avoir compatis avec eux, je réponds souvent qu’en même temps, on a largement galéré avant qu’elle n’arrive dans nos vies et que les chefs d’oeuvre mettent souvent du temps pour être conçus. Je compatis réellement avec eux, mais c’est si étrange qu’aujourd’hui on soit ce couple qui suscite des jalousies, ou plutôt de l’envie…

Pour arriver jusqu’à Elle ce fut un long parcours du combattant. Alors on savoure juste, sans la moindre envie de culpabiliser d’avoir un bébé parfaitement parfait.

Niveau ressemblance, le dernier post de Mouchette m’a fait marrer. La plupart des gens qui me voient seule me regardent d’un air interrogateur. Avant de faire des grands gouzi gouzi à ma puce.

Hier, tandis que j’achetais du tissus pour confectionner une couverture pour mon bébé, la vendeuse m’a demandé : « Le papa est coloré ? » N’y voyez absolument rien de raciste hein !! Elle-même était métissée.

Jusqu’à présent, quand la boulangère me disait que notre fille avait une ressemblance avec son papa plus qu’avec moi, je ne répondais rien. Je me contentais de sourire niaisement d’un air gêné.

Mais hier, droite dans mes bottes, j’ai dit fièrement à cette vendeuse qu’on a adopté notre fille, anticipant sur THE question que les gens se posent systématiquement : « Elle est née ici, sur le caillou. »

C’est marrant comme les autres n’imaginent pas une seconde qu’on puisse adopter en local… Pour le commun des mortels, l’adoption passe nécessairement par l’international.

A chaque fois, les réactions sont remplies de surprise, d’étonnement mais aussi presque de fierté. Oui, les gens semblent fiers que nous soyons parents d’une petite fille d’ici.

Quand on sort en famille, plus de doute possible. La plupart des personnes qu’on croise doivent se poser des questions mais très peu osent les exprimer.

De notre côté, nous n’avons aucune difficulté à aborder le sujet tant c’est naturel pour nous. On ne le revendique pas mais on ne s’en cache pas.

Certains font des galipettes, d’autres passent par la case piquouzes, et certains passent par la case livraison express en « prêt à câliner ».

Je ne vois pas de différence notable dans la façon d’être parent jusqu’à présent.

La seule différence, c’est qu’on est très détendu et qu’on n’a pas vraiment de peur. Elle est là et rien ne pourra plus nous arriver. C’est ce à quoi je me raccroche très fort.

Après, la différence majeure est qu’on est suivi par Mme Bienveillance. De loin… Elle est venue deux fois depuis son arrivée mais franchement, c’était juste l’occasion de se retrouver en papotant.

Elle devrait rendre son rapport prochainement. Et nous pourrons alors entamer la procédure auprès du tribunal pour l’adoption plénière.

Comme Mouchette, on espère que notre fille portera officiellement notre nom d’ici décembre prochain.

Jusqu’à présent, ses papiers d’identité provisoires sont à ses noms de naissances, ou plutôt trois prénoms.

Lorsqu’on va chez un médecin ou à la pharmacie, elle n’est donc pas encore officiellement à notre nom. Pour le coup, on aurait pu la rattacher à notre carte vitale mais en tant que pupille, elle bénéficie de la CMU jusqu’au mois de ses un an.

Prochainement, on a prévu de venir en métropole pour la présenter à notre famille et nos amis. On a dû faire une demande écrite au tuteur et lui faire faire son tout premier passeport. Qui sera donc à ses prénoms de naissance.

Jusqu’à l’adoption plénière, tout doit passer par le conseil général. On a mis longtemps à obtenir ses premiers actes de naissance du coup. Et le passeport n’est toujours pas fait parce qu’on a dû envoyer le timbre fiscal et les photos au service qui fera faire le passeport pour nous.

Bref, ce ne sont que des détails.

Mais le jour où on recevra le jugement de l’adoption plénière, si ça ne changera absolument rien sur notre ressenti, ce sera une sacrée étape symbolique de franchi !!

La fameuse annonce…

Je venais de raccrocher, encore submergée d’émotions à l’idée d’imaginer que ce jour marquait le début de notre parentalité.

Je n’arrêtais pas de relire les quelques informations succinctes notées sur le premier morceau de papier que j’avais sous la main. Je répétais ces trois prénoms magnifiques que d’autres avant nous avaient choisi pour notre fille. C’est ce qui la rendait réelle, ces prénoms. Ce qui la faisait exister aux yeux de la société. Son identité, même provisoire.

Évidemment mes premières pensées se sont tournées vers celui qui a traversé toutes ces années de galère à mes côtés. Celui qui, au même titre que cet appel faisait de moi une maman, devenait en quelques secondes papa. Le père de mon enfant…

J’avais imaginé tant de scénarii durant ces années d’attente…

Avant la PMA, quand on pensait encore naïvement que ce n’était qu’une question de mois, je m’étais imaginée comme beaucoup acheter des petits chaussons de naissance que j’aurais caché sous le lit, en trouvant un prétexte ridicule pour qu’il se penche et découvre la surprise. J’étais alors toute excitée quand j’imaginais sa réaction !!

La PMA s’est ensuite invitée dans notre vie et les échecs se sont succédés. Très vite, j’ai abandonné le premier scénario en me disant que un test de grossesse positif ferait très bien l’affaire. Oui, j’avais quelque peu remisé le romantisme au placard… Ensuite, je me serai contentée d’un taux bhcg positif à lui présenter. A 3 chiffres, sans vouloir faire ma difficile…

Ce fut le cas suite à FIV 1. Mais c’était un taux ridiculement bas, à 2 chiffres. Et cette annonce avait été difficile parce que j’avais dû calmer les ardeurs de Chéri en lui expliquant que ce n’était pas gagné… Qu’on devait rester prudent vu le petit taux… La suite a été une suspicion de GEU pour laquelle j’ai dû subir une injection de methotrexate qui mettait violemment fin à tous nos espoirs, aussi infimes furent-ils…

Je crois que je ne me suis plus autorisée à me projeter sur une annonce suite à cet échec et tous ceux qui ont suivi.

Aussi, quand j’ai raccroché le combiné ce mercredi 29 novembre 2017, j’étais prise entre l’envie de lui faire une magnifique surprise et le besoin irrépressible de lui annoncer de suite, sans chichis ni fioritures. Juste parce que cet appel mettait fin à 6 ans et demi d’attente et que je n’avais qu’une envie, l’appeler de suite et sans tarder.

Je n’ai donc pas réfléchi à comment j’allais lui annoncer que ce jour verrait sa vie basculer.

J’étais submergée d’émotions et j’espérais tant qu’il décroche !! Sachant que quand il est au travail, ce n’est jamais gagné…

Par chance, il a décroché !!

Je me souviens lui avoir dit, la voix tremblante: « Chéri ? Tu es assis ? »

Ne comprenant pas, il m’a demandé de répéter. Plusieurs fois, les seuls mots qui sont sortis de ma bouche, chevrotants, sont : « T’es assis ? » Pour le romantisme on repassera…

Puis il a compris… Sans que je n’ai rien besoin de rajouter. Ses premiers mots ont été : « Non ??? Ça y est ? » Quand je vous le dis que pour le romantisme on repassera…

Et là on a pleuré ensemble et à distance… Des larmes contenues et discrètes mais qui étaient tellement parlantes…

J’ai dû lui dire en substance que le conseil général venait d’appeler. Que nous étions parents. Là, tout est un peu flou… D’après les souvenirs de Chéri, il n’a même pas demandé le sexe, trop envahi par l’émotion. Je lui en avais fait la remarque, me moquant gentiment : « Tu ne demandes même pas si c’est un garçon ou une fille ? »

Il a fallu attendre la pause déjeuner, qui arrivait vite, pour qu’on se retrouve. Je le vois arriver dans notre maison jaune, se diriger vers moi et me serrer très fort dans ses bras. Sans un mot. Juste nos larmes pour accompagner cet instant magique qui restera gravé dans nos mémoires…

Deux jours plus tard, nous découvrions le doux visage de notre princesse sur papier glacé… Et l’aventure commençait trois jours après…

En attendant que Chéri rentre du travail, la première personne que j’ai essayé de joindre sans succès est ma BFF. Puis j’ai appelé mon père, suivi de ma soeur…

J’aurais eu envie de le crier sur tous les toits. Comme si, ce jour-là, aucune nouvelle à travers le monde ne pouvait être plus importante que le fait que bordel, enfin, nous devenions papa et maman !!!

Les dernières secondes avant le miracle…

Un récent article de Choco sur la chambre vide m’a permis de me remémorer ces dernières secondes avant que le téléphone ne sonne et que notre vie bascule…

C’était un mercredi. Avec une classe très compliquée à gérer cette année, j’étais en plein burn out. Et donc en arrêt. Ma vie ne me convenait plus et ces années d’attente m’avait usée, lessivée, abîmée…

Pour la première fois de ma vie, j’étais dans une période où j’acceptais de baisser les armes et de reconnaître que oui, là, ça n’allait pas. Je m’autorisais à être triste et en colère.

Quand le téléphone a sonné, alors que depuis des semaines je n’étais plus que l’ombre de moi-même, avançant au jour le jour avec une furieuse envie de tout plaquer, je venais juste de prendre appui sur ce fond que j’avais touché, pour mieux rebondir.

La veille, je m’étais enfin motivée à cuisiner, préparer mes produits d’entretien (je fais tout « maison » depuis plusieurs mois), avec ce sentiment de prendre enfin soin de moi et de mon intérieur.

Je me sentais enfin prête à retourner au travail et à l’instant où la sonnerie du téléphone a retenti dans la maison jaune, je me revois être assise pour commencer à corriger les évaluations de mes élèves que j’avais traîné à corriger, accusant un retard monumental. Avec les conséquences que cela avait sur mon estime de moi, puisque je me sentais la pire des maîtresses…

Je me revois me lever pour décrocher, sans m’attendre du tout à ce qui allait suivre.

Je me sentais juste mieux et prête à poursuivre mon chemin, celui de l’école et celui de ma vie en général, en faisant une croix sur l’enfant cette année encore.

J’imaginais cet énième Noël sans enfant. Et sans famille, puisque la nôtre est à 10.000 bornes d’ici…

Je me souviens comme hier de ces paroles entendues: « Mme Julys ? Mme X au téléphone, responsable du service adoption au conseil général. »

Dans ma tête, à ce moment-là, je n’imaginais pas encore la suite. Au contraire, je me disais: « Qu’est-ce qu’ils vont encore m’annoncer ? » Quand on est habitué à la poisse, on a du mal à imaginer que parfois la roue tourne…

Elle a poursuivi en me disant qu’ils avaient bien reçu notre courrier pour confirmer que nous avions toujours le projet d’adopter. Puis elle m’a demandé : « Est-ce que votre situation a changé depuis ? »

Moi, sur la défensive : « Non. Pas le moins du monde. On est toujours marié, dans la même maison, avec les mêmes boulots… »

Et là, ça devient un peu flou… En gros elle m’a annoncé que le conseil de famille s’était récemment réuni. Et je crois que c’est à cet instant que j’ai compris que notre vie allait changer…

À l’instant où j’écris ces lignes, je me sens envahie d’émotion… Je crois qu’il faut le vivre pour comprendre ce tsunami émotionnel que l’on ressent à l’instant où l’on comprend…

Et je souhaite à tous ces couples dans l’attente de le vivre un jour.

J’ai donc appris que nous avions une fille, qui était née à telle date, et qui se prénommait de telle façon. J’ai de suite adoré ses prénoms de naissance. A tel point qu’on a hésité un court moment à les conserver, alors que depuis toujours il était clair qu’on avait choisi son prénom…

Je me revois demander à Mme X un instant. J’avais besoin de m’asseoir et de noter toutes les informations qu’elle me donnait pour être certaine de ne rien oublier de dire à Chéri lorsque j’allais à mon tour lui annoncer qu’il allait devenir papa…

Je me souviens de ce mélange d’émotions: entre peur panique et joie immense.

Depuis, chaque jour, quand je regarde ma fille, je mesure la chance infinie qu’on a eu de recevoir cet appel et je ne cesse de me dire, et de lui dire, que toute cette attente, tous ces échecs, toutes ces larmes versées n’avaient de sens que parce que c’était Elle qu’on attendait. Et pas une autre.

Vous dire que la vie est un long fleuve tranquille une fois qu’on a atteint le graal serait mentir. On continue de faire face à des difficultés. D’autres difficultés.

La famille chats de la maison jaune a été bien malmenée ces derniers mois…

On a perdu une minette au mois d’août, mois où notre fille voyait le jour. Elle a disparu du jour au lendemain et on ne l’a jamais revue.

Celle qui est arrivée dans nos vies juste après l’ultime échec de notre FIV en République Tchèque, que j’ai sauvé d’entre les morts, dont je suis le plus proche aujourd’hui, que j’appelais « mon bébé » tant elle venait remplacer cet enfant qui décidément ne voulait pas arriver, est mourante. C’est une question de semaines ou de mois…

La plus âgée s’est faite attaquer par des chiens errants. On a eu très peur qu’elle ne s’en remette pas vu son vieil âge… Mais elle semble indestructible et si profondément accrochée à la vie…

Depuis une semaine, c’est un autre chat qui a disparu. Il était paisiblement vautré sur un coussin la dernière fois qu’on l’a aperçu. Et depuis il n’est jamais réapparu.

Nos chats ont été essentiels durant tout notre parcours. On a énormément projeté sur eux ce vide et ce manque laissé par l’enfant… Ils étaient nos enfants de substitution.

Alors on se dit que peut-être l’arrivée de notre fille les laisse croire qu’ils n’ont plus de raison d’être dans nos vies.

Toujours est-il que c’est douloureux. Mais que, évidemment, les épreuves de la vie sont bien différentes aujourd’hui !!

L’arrivée d’un enfant n’empêche pas les épreuves et on a toujours des raisons de ressentir de la tristesse. Mais il suffit de regarder notre princesse pour se dire que quoiqu’il arrive, on est chanceux, et que la vie peut aussi être drôlement jolie…

Je pense très souvent à chacun(e) d’entre vous. Que vous soyez dans l’attente d’un appel ou d’un résultat, dans l’espoir d’un joyeux dénouement, dans l’échec ou dans la réussite, malgré mes silences, je pense à vous.

Je te promets…

En décembre dernier, les actualités ne parlaient plus que du décès de l' »idole des jeunes », celui qui méritait un hommage national digne d’un chef d’état.

Il était attendu que l’héritage diviserait le si soudé clan H. et que ce conflit ferait couler beaucoup d’encre, les médias se délectant à l’idée de couvrir un conflit familial qui n’appartient pourtant qu’à la sphère privée.

En vrai, je dois avouer que je me fiche totalement de l’héritage de Johnny et des petites spéculations populaires qui donnent raison à untel ou untel.

En revanche, lire des propos si vils sur les deux plus jeunes filles de cet homme qui, quoiqu’on en dise, est responsable de ses choix en ce qui concerne son héritage, c’est juste écoeurant. Les traiter d’étrangères, les affubler de surnoms racistes (Ping et Pong, entre autre…) et remettre en cause leur filiation sous prétexte qu’elles ne sont pas des enfants biologiques, c’est juste à vomir.

Les réseaux sociaux révèlent décidément la face la plus immonde de certains CONcitoyens qui se permettent de parler sans filtre, sans réflexion et sans empathie.

Mais à la fois, je trouve que c’est sociologiquement essentiel de lire certains commentaires. De vraies études de cas ! Qui donnent tellement d’explications sur les raisons qui font que le monde en est là où il en est aujourd’hui…

Avant d’être adoptés, les enfants sont des enfants. Point. Pourquoi toujours stigmatiser ces enfants en précisant leur histoire ? Est-ce qu’on précise dans quelle position a été conçu un enfant biologique ? Est-ce qu’on précise en le présentant que c’est l’enfant biologique de Mr et Mme Tartampion ?

Combien de fois, avant que notre fille ne vienne bouleverser de la plus belle des manières notre quotidien, j’ai entendu autour de moi parler du fils/de la fille « adopté(e) » de tel ou tel couple que je ne connais ni d’Adam ni d’Ève ?

Et bien moi, j’en vois à la pelle des enfants « biologiques » qui souffrent de manque de soins, de carences éducatives, de maltraitance physique ou psychologique… Mais jamais leur filiation n’est précisée ou remise en cause.

En attendant, la grossesse dans un projet d’adoption dure souvent des années d’espoir et d’amour.

Je le savais depuis longtemps qu’on aurait à se battre contre les préjugés et stigmatisations…

Comme le discours des anti-GPA qui prétendent qu’il y a suffisamment d’enfants malheureux dans ce monde pour faire une BA en adoptant. WTF ?? Depuis quand on adopte pour se donner bonne conscience ?!

Quand toute sa vie un enfant entend qu’on ne le considère pas comme l’enfant de ses parents mais comme celui qui a été adopté, forcément qu’il va être confronté à une quête d’identité !!

L’adoption est une merveilleuse aventure. Et une sublime histoire d’amour…

Alors je fais un rêve… Le rêve que tous ceux qui évoqueront notre fille, ne le fassent qu’en présentant ce qu’Elle est vraiment. Une enfant. Avec des qualités et des défauts. Des goûts et des dégoûts. Une personnalité bien à Elle. Un nom et un prénom qui font d’Elle une personne unique. Point. Comme tous les enfants de ce monde dont on ne raconte pas forcément la vie à d’illustres inconnus, comme s’il y avait quelque chose d’exotique à connaître un enfant adopté tant ce n’est pas commun…

Alors je lui promets, à Elle, de toujours me battre pour que notre filiation soit aussi légitime aux yeux de Mr et Mme Tout-le-Monde qu’elle l’est et le restera pour nous.

Besoin de conseils…

Je vous rassure, il ne sera point questions ici de conseils en puériculture mais bien de conseils médicaux.

L’amie d’enfance de Chéri, maman de deux adorables fillettes, nous a récemment écrit un message qui forcément me touche particulièrement puisque même si par chance c’était a priori léger chez moi, elle souffre d’endométriose.

Au scanner qu’elle a passé début janvier, ils ont mis en évidence un kyste de 4 cm sur l’ovaire droit + un nodule pulmonaire de 5mm.

Lors de sa gastro coloscopie fin janvier, ils ont trouvé un nodule de 2 cm au niveau du rectum, et des prélèvements ont été faits sur une zone de son intestin partis pour analyse (2 semaines d’attente avant les résultats).

Prochaine étape : IRM pour voir où en est la progression de la maladie.

À toutes les copinautes touchées par l’endométriose, qu’en pensez-vous ? Pourriez-vous me conseiller des spécialistes pour que je puisse l’orienter sans qu’elle ne perde de temps ou qu’elle soit mal prise en charge.

On sait tous que certains praticiens sont plus compétents que d’autres…

Merci d’avance pour votre aide ou vos conseils.

De rires et de larmes…

Durant toutes ces années où j’étais spectatrice du bonheur des autres, je me suis toujours promis de ne pas remplir ce blog de mièvreries le jour où la routourne aurait pointé le bout de son nez.

J’ai souvent écrit sur la maladresse en disant qu’on était toujours le maladroit de quelqu’un. Alors c’est avec beaucoup de retenue, après avoir reçu plusieurs messages me demandant des nouvelles, que je viens en donner quelques unes sur les suites de l’aventure qui aura fait de nous des parents il y a quelques semaines maintenant…

À toutes celles qui n’auraient pas envie de lire ces quelques lignes, sachez que je le respecte et je le comprends.

Ceci dit, il me semble important de témoigner sur la parentalité adoptive. Tout simplement parce que c’est une parentalité un peu atypique.

Cinq petits jours après l’appel magique, nous avons rencontré notre princesse. C’était le lundi 4 décembre. Après quelques jours de découverte tout en douceur, nous l’avons accueillie chez Elle. C’était le vendredi 8 décembre.

Je me souviens avec émotion le jour où Elle est arrivée dans la maison jaune, accompagnée par l’éducatrice. Nous étions en train de trépigner d’impatience, avec un léger stress qui me faisait dire: « Est-ce qu’on va s’en sortir ? »

Et finalement, ce fut l’évidence…

Comme nous le disions à Mme Bienveillance hier, lors de sa première visite post adoption, dès qu’Elle est entrée dans nos vies, nous nous sommes sentis à l’aise. Chacun de nos gestes était assuré et je crois que nous n’avons jamais douté de nous ni d’Elle.

Elle… C’est un bébé magnifique, calme et souriant. Tous ceux qui ont la chance de la croiser tombent sous son charme. Mme Bienveillance a même dit d’Elle que c’était un « bébé catalogue ».

Nous nous sentons immensément chanceux.

Prise dans le tourbillon de cette nouvelle vie, je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser. Les premiers temps, je m’attendais à fondre en larmes dès que je poserai mon regard sur Elle. Mais pas du tout.

Pourtant, des larmes, il y en a eu. Plus tard. Et toujours à des moments inattendus.

Ce jour où je lui donnais le biberon en caressant son nombril… Cette petite cicatrice qui sera toujours un lien entre sa maman de ventre et Elle. Je la carressais amoureusement, comme pour remercier sa maman de ventre de nous avoir offert le plus beau cadeau de notre vie…

Il y a cette fois où nous sommes allés dans un hôtel réservé bien avant son arrivée. Dans sa ville de naissance… Là encore, sans crier gare, tandis que je la regardais sur ce grand lit king size, j’ai fondu en larmes. Dans cette ville qui avait accueilli ses premiers cris, je pensais à tous ces voyages et toutes ces découvertes qu’on allait pouvoir faire ensemble…

Puis il y a eu ce réveil mouvementé. Je venais de faire un terrible cauchemar. Tellement réel que je me suis réveillée en pleine crise d’angoisse… Il faut dire que fut un temps, il m’est arrivé de faire des rêves prémonitoires… Celui-ci voyait notre famille voler en éclat suite à une maladie grave de Chéri. Je me souviens ne jamais avoir été, comme beaucoup de ces mamans qui m’entourent, angoissée au point d’aller vérifier régulièrement la respiration de leur enfant. Non, j’ai toujours été confiante sur le fait qu’on l’avait tellement attendue que rien ne pourrait nous séparer désormais ! Sauf que c’était sans compter sur cette peur viscérale que tout s’écroule… Comme si je savais tellement à quel point la vie est fragile que je ne m’autorisais pas à croire que moi aussi, j’avais droit au bonheur…

Enfin, pas plus tard qu’hier, j’ai fondu en larmes en recevant un colis rempli de symboles… Ce colis qui a réuni nombre d’entre vous et qui est venu boucler la boucle… Vraiment, tous vos mots et toute cette générosité, à l’image de ce qui m’a fait tant de bien dans les moments les plus difficiles, ces dernières années, m’ont profondément émue et bouleversée. Merci… ❤

Même si aujourd’hui la blogo a beaucoup changé et que tous nos défis et délires se sont raréfiés, je crois vraiment qu’il y aura toujours un lien qui nous unira les unes aux autres. Un lien spécial et fort qui fait qu’en pleine tempête, nous seules arrivions à nous comprendre… Là où l’entourage était parfois maladroit ou inexistant.

Ces dernières semaines, j’ai aussi beaucoup ri. Avec Elle. Mais aussi quand j’ai vu le regard étonné d’inconnus lorsqu’ils voyaient notre petite famille atypique. Je me suis imaginée ce qu’ils pouvaient se dire en voyant un petit bébé joliment métissé avec un papa et une maman blanc comme neige. Tandis que je faisais remarqué ces regards à Chéri, en lui disant que probablement certains devaient voir en moi une femme infidèle, lui s’est amusé d’imaginer passer pour le cocu de service.

Bref, notre famille est née… Et chaque jour est un pur moment de joie, entre rires et larmes.

Elle est là…

C’est par une magnifique journée ensoleillée que nous sommes allés à la rencontre de notre princesse.

Le matin, nous avons pris notre temps pour faire sa valise et la nôtre, sans précipitation. 

Juste avant le fameux appel, après des années de silence, nous avions recommencé à faire résonner les murs de la maison jaune au rythme des musiques qu’on aime. C’est donc en musique que nous avons passé cette dernière matinée sans notre puce.

Une heure de routes sineuses nous aura permis d’arriver jusqu’à Elle. La bienheureuse dormait dans son couffin quand on la découverte pour la première fois. 

On la regardait avec étonnement, sans trop réaliser que ce petit être était notre fille.

La Tatie, qui a pris soin d’Elle depuis sa sortie de la maternité, nous a alors raconté notre puce. 

C’est un bébé très calme, qui ne pleure que très rarement. Elle est très curieuse et adore observer ce qui l’entoure. Depuis peu, elle se montre bavarde. « C’est le top !« , je cite.

Tandis qu’Elle dormait, on n’a pas pu résister à la tentation de caresser sa peau. Elle est si douce…

Peu de temps après, elle s’est réveillée. J’ai essayé de la prendre dans mes bras mais elle était perturbée. J’ai eu peur…

Chéri a pris le relais et a su l’apaiser. J’ai été rassurée. 

Il faut comprendre que les premiers instants, je ne réalisais pas du tout. 

Vu qu’Elle râlait un peu, Tatie a commencé à lui donner le biberon. Et là… On s’est adoptée…

C’est difficile de décrire cette sensation qui m’a envahie. Je me suis mise à sa hauteur et j’ai plongé mon regard dans le sien. Et là, sans mot, on s’est parlé… Elle me fixait avec ses pupilles noires corbeau et ne me lâchait plus du regard. J’ai alors su que j’étais en train de devenir sa maman. On s’est dit 1000 choses en un regard rempli d’intensité…

Après que Chéri ait tenté de la prendre et de la calmer (Elle râlait de nouveau), j’ai finalement eu l’honneur de lui donner la fin de son premier biberon avec nous. Tandis qu’Elle suçotait dans le vide, j’ai osé retirer le biberon. Et Elle s’est mise à pleurer.

Tatie, tentant de la rassurer, a été submergée d’émotions et a fondu en larmes. C’était vraiment bouleversant… C’était la première fois, en 4 bébés, qu’elle craquait comme ça. 

Elle ne l’avait jamais vu pleurer… Elle s’est excusée mais je lui ai dit, les yeux bien humides, qu’on comprenait et qu’on avait une immense gratitude pour elle qui a pris soin de notre princesse depuis le début…

Après s’être ressaisie, elle a pris le temps de lui réexpliquer qu’elle nous la confiait parce qu’elle l’aimait et qu’elle savait qu’on lui offrirait une belle vie et qu’on prendrait soin d’Elle.

J’ai vraiment adoré que chaque adulte autour d’Elle prenne le temps de lui parler, de lui expliquer. Mme Dévouée, l’éducatrice, lui a dit ceci, avec une infinie douceur : « Tu te souviens de moi ? Je suis venue te chercher pour t’amener chez ta tatie et je t’avais expliqué que Tatie prendrait soin de toi le temps que je te trouve des parents. Ils sont là aujourd’hui. Papa et maman Julys. Tu vas voir: ils vont te donner beaucoup d’amour et tout ce dont tu as besoin. »

Puis elle lui a expliqué le déroulé de la semaine. 

Après la décharge émotionnelle de Tatie, Elle s’est apaisée. J’ai senti son petit corps se détendre et s’agripper à mon t-shirt. 

Nous sommes restés dans l’intimité de sa chambre tous les 3, et on lui a parlé à notre tour. Lui expliquant que sa maman de ventre l’avait accueilli dans son ventre et qu’on l’avait nous porté des années dans notre coeur. Que nous avons dû être patient parce que c’était Elle et nous… Et qu’on allait tout faire pour la rendre heureuse et prendre soin d’Elle.

C’était un vrai beau moment. On sentait qu’elle écoutait chaque mot prononcé en continuant de s’agripper à mon t-shirt. 

Je l’ai couverte de bisous et de caresses, humant son odeur pour l’emporter avec moi au gîte. 

On a pu profiter encore quelques instants d’Elle. Première couche changée avec succès ! 

Puis est venu l’heure de se séparer. Tranquillement posée sur son tapis d’éveil, on a pris le temps, chacun notre tour, de lui dire au revoir. Lui expliquant qu’on ne la quittait que pour un dodo et qu’on reviendrait vite pour apprendre à la connaître. Qu’on avait hâte de la retrouver. Elle nous écoutait attentivement, captivée, nous regardant avec ses yeux brillants. 

Voilà…

C’était le premier jour du reste de notre vie… Tout en douceur et en tendresse…

Nous sommes pressés de la revoir et encore plus de la voir remplir la chambre vide de la maison jaune… Sa chambre…

Vendredi, nous refermerons cette pièce, remplis d’amour et de reconnaissance. 

On est parents boréal !! 

Entre rêve et réalité…

Depuis mercredi et l’appel magique, à peine 3 petits jours se sont écoulés. Et pourtant, j’ai l’impression d’avoir vécu un condensé d’émotions sur plusieurs années !!!

Cette déferlante que l’on ressent est difficile à décrire avec des mots…

Mais je me prête à l’exercice. Pour Elle. Pour nous. Et pour tous ceux qui méconnaissent ce qu’on vit lorsque l’on est dans une démarche d’adoption. Pour ceux, aussi, qui sont dans ce même processus et qui se posent sans doute mille questions…

Entre rires et larmes, chaque jour nous offre son lot de nouvelles découvertes…

Pour commencer, il a fallu l’annoncer rapidement. Les réactions des proches nous ont beaucoup touchés !! L’arrivée de notre puce était tellement attendue par nos amis et nos familles… Nous en avons pris la pleine mesure… Elle suscite une telle vague de bonheur que c’est vraiment émouvant de lire, entendre ou voir la réaction souvent envahie d’émotions de nos proches…

Et nous dans tout ça ?

On oscille entre une immense vague d’amour qui nous submerge. Et beaucoup d’incrédulité: « C’est de nous dont on parle?? » 

Depuis l’appel, je me réveille les nuits pour vérifier si c’est bien réel… Je relis en boucle mon dernier post pour m’assurer que ce n’était pas qu’un rêve…

Jeudi, nous avons découvert Son histoire… C’était émouvant et à la fois je crois qu’on ne réalisait pas qu’on parlait de notre petite. C’est tellement abstrait pour le moment !

D’autant plus que le dossier n’étant pas redescendu, nous n’avons ce jour-là pas pu associer son histoire à son doux visage…

Il aura fallu attendre hier pour découvrir son petit minois. Nous avions décidé d’ouvrir le mail contenant les photos ensemble, avec Chéri. 

C’est avec une légère appréhension que nous avons ouvert le fichier. Et nous avons regardé ces photos avec étonnement : alors c’est elle, notre petite fille ? Silence ému…

C’est tellement difficile de réaliser !! Mardi nous n’étions pas parents. Mercredi nous le devenions. Du jour au lendemain…

Ces dernières semaines, nous parlions de plus en plus de tout arrêter. Je commençais à évoquer le deuil avec ma psy. Avec Chéri, on avait évoqué à plusieurs reprises la possibilité de tout vendre dans la chambre bébé… Et j’avais une furieuse envie de changer de vie. Tout recommencer à zéro…

Alors évidemment, j’ai une pensée émue pour toutes celles qui se sentent oubliées. Et je voudrais leur dire que je ne les oublierai jamais. Et que chaque jour je mesurerai la chance que j’ai eu de passer in extremis du bon côté… In extremis, parce que nous étions vraiment sur le point d’abandonner la bataille…

On a donc posé notre regard sur chaque photo pendant un long moment, les faisant défiler. Puis Chéri a été envahi d’émotion. À croire que les hommes sont plus expressifs, n’est-ce pas Mouchette ?

Nous avons alors eu envie de la montrer à la terre entière. Sans doute pour commencer à s’approprier notre parentalité…

Là encore, les réactions ont été si adorables…

Notre fille est une petite métisse qui porte sans doute en elle des origines indiennes et africaines. C’est typique sur le caillou, qui a une histoire riche de métissages.

Elle a de grands yeux noirs, ouverts sur le monde. J’ai regardé son regard maintes et maintes fois. Et j’étais rassurée de n’y lire ni tristesse ni inquiétude.

La prochaine étape va être LA rencontre. Tout va tellement vite…

Lundi nous allons faire sa connaissance. Les jours suivants, nous passerons tous ses temps d’éveil avec elle. Nous avons loué une chambre d’hôte pour être tout près d’Elle. Elle se trouve actuellement en famille d’accueil à l’autre bout de l’île. 

Puis vendredi, la travailleuse sociale, tellement bienveillante et disponible!, conduira notre puce jusqu’à la maison jaune où nous l’y attendrons avec impatience.

Je ne peux pas m’empêcher d’avoir une immense gratitude pour toutes ces personnes qui ont rendu l’histoire possible… À commencer par sa mère de ventre, évidemment… Je me demande ce qu’elle ressent aujourd’hui… Mais j’ai aussi beaucoup de reconnaissance pour Sa famille d’accueil, qui a pris soin d’Elle depuis sa sortie de la maternité, à seulement 4 jours de vie…

Depuis hier, je m’autorise à chanter les chansons que j’ai toujours eu envie de chanter à notre enfant pour en mémoriser les paroles… Je me prépare…

Est-ce que je suis prête ? Oui… J’ai peur, mais je suis prête…

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’adoption, voici le lien d’une émission que Mme Bienveillance m’avait conseillé de regarder la semaine dernière:

J’ai pris le temps de la visionner lors de ma première insomnie, juste après l’appel magique. Elle est juste et émouvante…

Je termine ce long laïus pour vous dire MERCI… D’avoir lu des « anciennes » (note que je n’ai pas dit vieilles !) comme Lucette ou Madame Pimpin, c’était vraiment touchant. Comme si la boucle était bouclée…

De lire également ces lectrices qui sortent de l’ombre pour l’occasion, c’est très émouvant… Cela montre que nous approchons d’un magnifique et inattendu (ou plutôt très attendu, bordel !!!) Happy End…

À suivre…

C’était un mercredi…

Durant 6 ans et 5 mois, j’ai réfléchi à tout un tas de scénarii… Je me suis posée mille questions… 

Et finalement, on se rend compte qu’on est toujours loin d’imaginer la réalité qui vient bousculer nos vies du jour au lendemain.

Pour certaines il aura suffit de quelques gouttes d’urine sur un bâton. Pour nous le bonheur était au bout du fil…

C’est emprunte d’émotion et d’une infinie gratitude que je tenais à te remercier, toi, ami(e) lecteur/lectrice qui m’as soutenue dans les moments de doute et d’espoir. Toi qui a toujours été présent malgré mes silences et qui s’est toujours montré fidèle là où je n’avais plus l’envie ou la force de l’être. 

Elle est née il y a 3 petits mois… Et elle nous attendait depuis comme nous l’avons attendu des années…

Le début du reste de notre vie commence maintenant…

Je suis maman… ❤